HISTOIRE HAT U DEL LE
frontales ; elles sont tres-courtes , styliformes, et composées seulement de trois articles, dont les deux premiers presque rudimentaires. L’espace compris entre l’insertion des antennes et la bouche est très-grand. L’appareil buccal ne présente rien de remarquable, si ce n’est que les mandibules manquent de branches palpiformes (1). Le thorax n’est divisé qu’en six articles ; les pièces épimériennes sont bien distinctes, et tous les segmens ont à peu près la même longueur. Les putes des deux premières paires sont petites, et s’insèrent au premier anneau thoracique, de chaque côté de la bouche; elles sont un peu comprimées, et diminuent graduellement de largeur vers le bout qui est pointu. Les pâtes des quatre paires suivantes se terminent par une main subcheliforme , dont le bord préhensile est fortement dentelé, et dont la grille formée par le sixième article seulement est très-longue; le premier article des pâtes de la troisième et quatrième paire est étroit, comme celui des pâtes précédentes ; mais aux pâtes de la cinquième et sixième paire cet article est lamelleux et très-large; enfin de toutes ces pâtes ce sont celles de la cinquième paire qui sont les plus longues. Quant aux pâtes de la septième paire, elles ne sont représentées que par un seul article lamelleux, assez semblable à la hanche des deux paires précédentes. Enfin l’abdomen se termine par une sorte de nageoire composée du quatrième anneau, des cinquième et sixième segmens soudés ensemble, d’une lame caudale impaire, et de trois paires de grandes lames ovalaires, semi- membraneuses.
(i) Dans l’espèce que j’ai examinée , il n'existait aucun vestige (l’appendice palpiforme inséré aux mandibules ; mais dans la ligure que M. Costa a donnée de ce genre , on voit de chaque côté de la bouche un petit appendice sétacé qui paraîtrait être un palpe mandibulaire, et qui est considéré par ce naturaliste comme une seconde paire d’antennes ; il serait possible que ces appendices ne fussent autre chose que les pièces terminales des pates-mâchoires devenues plus saillantes que d'ordinaire.
Throsine tie Niee. — P. Nicelensis (i).
(l‘l. 3o, fig. 21. )
Angle antéro-inférieur du pénultième article des pâtes des deux premières paires spiniforme et s’avançant beaucoup au delà des dentelures du bord situé au-dessus. Six dents, dont deux plus fortes que les autres sur le bord inférieur du pénultième article des pâtes de la cinquième paire. Troisième anneau de l'abdomen obscurément tricaréné en dessus. Appendices abdominaux des trois dernières paires arrondis postérieurement.
Longueur : environ i pouce.
Habite la Méditerranée. (G. M.)
LaPHRosiNE semi-lunaire (2), à en juger par la figure très-détaillée qu’en a donnée M. Costa, diffère de l’espèce précédente par l’absence d'une grosse dent à l’angle antéro-inférieur du pénultième article des pâtes antérieures , par la forme plus acuminée des lames natatoires que représentent les trois dernières paires de fausses pâtes, et par quelques autres caractères.
Genre PHRONIME. — Phronima (3).
Latreille a établi ce genre pour recevoir un Ampliipode trèscurieux , et dont on trouve une description sommaire dans 1 ouvrage de Forskal. Sous beaucoup de rapports, lesPhronimes ressemblent au genre Anchylomère , mais leur corps est mou, semi-transparent et beaucoup plus allongé. La tête est très-grosse, verticale, et ne porte que deux petites antennes insérées très -loin de la ligne médiane. Les mandibules n’ont point de grand palpe articulé comme chez les
(i) Dnctyloccra Nicelensis , Edrv. Ann. des Sc. nat. t. 9.0, p.2g3, et Atlas du Règn. anim. de Cuvier, Crust. PL 58, fis. 2.
(9) Pisitooë bispinosa? iïaffincsque, Précisée déeouv. Somiol. p. 23. — Phrosine semilunata ? Risso, Journal de Physique, 1822 , p. 9.45 ; et Hist. nat. de l'Eur. mérid. t. 5 , PL 3, fig. 10-12.— Desmarest, ConsuL p. 25g. — Costa, Fauna , Crust. PL 4, fig. 1-5.
(3; ^ auecr, Forskal, Descript. anim. — Phronima , Latreille, Ce. nera Crust. etc. — Lamarck , Leacli, Desmarest, etc.
Hypéries, mais les autres appendices de la bouche sont essentiellement les mêmes que chez ces animaux. Le thorax est très -large antérieurement, et se termine presque en pointe; on y compte sept anneaux , dont le premier est trèsétroit. Les, pâtes sont toutes longues , grêles et faibles ; celles des deux premières paires ont, en général, l’antépénultième article aplati et élargi antérieurement : celles des deux paires suivantes sont grêles et cylindriques dans toute leur longueur. Les pâtes de la cinquième paire sont les plus longues ; elles sont dirigées en arrière et terminées par une main forte, renflée et didactyle. Les pâtes des deux dernières paires sont faibles, subulées et reployées sur ellesmêmes. Enfin, entre les deux rangées formées par ces organes, ou trouve comme chez les autres Amphipodes une série d appendices membraneux, très-longs, vésiculeux et de forme ovalaire, disposés par paires sur chacun des segmens thoraciques , excepté le premier et le septième ; le nombre total de ces appendices est par conséquent de dix , et non de six comme on le croit communément, et s’ils remplissent les fonctions d’organes respiratoires ils servent aussi à retenir sous le corps les œufs et les jeunes qui viennent declorc. L’ abdomen est presque aussi long que le thorax : les trois premiers anneaux sont étroits et allongés; les fausses pâtes qui y correspondent sont remarquables par la grandeur de leur pédoncule, lequel est plus long que les deux lames natatoires qui les terminent. Le quatrième segment de l’abdomen est beaucoup plus court que les précédens; le sixième est confondu avec le cinquième , et se continue postérieurement avec une petite lame horizontale; enfin les fausses pâtes des trois dernières paires sont formées par un pédoncule long, grêle et cylindrique, portant à son extrémité deux petites lames pointues.
Ces Crustacés singuliers habitent l’intérieur d’une espèce de coque cylindrique, ouverte aux deux bouts, d’une texture gélatineuse absolument semblable à celle des Méduses les plus simples, et formée probablement par le corps dequelquc Beroe .
Sl-'iE sédentaire. — Phronima sedenlaric
deux articles a 'a|ns'>arent' Les antennes courtes et fornie'es de premières pa;rp ° ° pieill‘er est fort petit. Les pâtes des deux Prolonge^ au V C0lnPl'mées; leur antépénultième article se bifide à cause do J04*011? dc *a griffe , qui est cylindrique et paraît d’une épine à IV .? {.’clUc;sse de l’ongle terminal et de l’existence ‘rième paire * 11°mUe du dcinier article. Les pales de la qua-
IDi terminent colloa°n.8U,CS ?"e ” Préoédentesl les deux doigts d’une dent sur le I , ? • c'n1ui®me sont gros , courbes, et armés
Petites et nlns ivi 1°* mterne. Enfin les dernières pâtes sont plus M. ltisso a lu .<JUe CeUes de la sixi«»e paire. vant, est nacrée et ^ T !“ Phrouime sédentaire, à l’état vi- Elle st P011c^Uee de rouge.
Près de Bamy^en z5etlanddlterranée ’ ^ °n 1<a rencontrée aussi 2- Phronime atlantique. ~ P. Allantica (2).
verslebout /T* P,remiorcs Pa!res 8réles ct sans élargissement <l entre le d0,§t immobile et la base de la g (Te des pattes de la cinquième paire.
Patrie ?
M. Risso a décrit et figuré sous le nom de Pnaoxn.r sr une espece qui probablement ne diffère mère de 7 7™”“
les caractères oue rot „ i ■ &Uere de la precedcnte'3) :
que cet auteur y assigne ne suffisent même pas
rcîll ?7CCr Scdmtn™°< Forskal, op. rit n o5 r ctlus scdculnrius Herbst t -, Pl a lc- P- 90. — tancer gamma-
Latreille, Genc-ra Cru t’ etins\7’ ^ *-**”’**“ 'e&nto-h, H‘st. nat.des Crust 7 fi o 1 ’ r’ 56’ P1- a. %■ a et 3 wns vert, t. 5> ‘ etc'r~ L;ira;»rck, Hist. des anim’.
des Sc. nat. t » smarest> Consid. p. 257. — Edw Ann
v »■ « ,ffm ïyA”"' "" s'- l J.. 3, ï, ,4
fig. 1. 3 ’ C St' P1’ a5> Bg. 4, et Magas. zool. cl.
'Il ^°7i^°PlRnH^- Mt’ dCS ,Crustacés des environs t 5 sniai'est, pj ^ reproduite dans l'ouvrage de
t- 5, p. 0ü 45 , l.g. , ). Hist. nat. de l’Europe méridionale,
pour motiver sa distinction. 11 est vrai que dans la figure que M. liisso en a donnée et que M. Desmarest a reproduite, le troisième segment de l'abdomen est dépourvu de fausses pâtes , ce qui serait une anomalie très-remarquable ; mais il n’en est point parlé dans le texte, et c est probablement une erreur du dessinateur.
Si les Crustacés désignés par M. Raffinesque sous le nom générique de Sperchios étaient mieux connus, il faudrait peut-être les ranger auprès des Phronimes ; mais , dans l’état actuel de la science, il nous paraît impossible de se former des idées précises sur les rapports naturels de ces animaux avec les autres Amphipodes.