Jæra a front blanc. — J. albifrons (i
Yeux assez rapprochés l’un de l'autre ; couleur générale cendrée ; front blanchâtre.
Des côtes de l’Angleterre.
Genre JÆRID1NE. — Jœridina (2).
Nous avons cru devoir établir une division générique particulière pour un petit Crustacé récemment décrit par M. Rathke, et rangé par ce naturaliste dans le genre Janira de Leacli ou Oniscode de Latreille. En effet, cet animal n’a pas les dernières fausse pâtes de l’abdomen conformées comme celles des Aselles , caractère qui pax-aît se rencontrer aussi chez les Janires , et il ressemble sous ce rapport, aussi bien que par sa forme générale, aux J seras. D’un autre côté, il diffère de ceux-ci par l’absence de la grande lame operculaire qui chez eux remplace les premières fausses pâtes , et recouvre toute la face inférieure de 1 abdomen.
Jæridina de Nordmann. — J. Nordmannii (3).
Corps ovalaire , très-large et cilié sur les bords. Tcte grande et ayant son bord antérieur trilobé ; yeux petits , circulaires et trèséeartés. Antennes internes très-courtes > les externes assez grandes et de même forme que chez le Jæra de Krôyer. Pâtes terminées par un ongle bifide ; dernier article de l’abdomen arrondi postérieurement , et portant à son extrémité une paire de fausses pâtes presque rudimentaires, composées d’un article basilaire et de deux petits appendices terminaux ; les faussespates branchiales à nu.
1(1) Oniscus albifrons , Montagu (Manusc. cité par Desm.). — JceT* albifrons , Leacli , Trans. of the Lin. Soc. vol. XI, p. 3-3 , etc. — " Dcsmavest , Consid. sur les Crust. p. 3i6. — Latreille, Règnanim. de Cuvier, 2 « édit. t. 4> P- 14I- (2) Jæra, Rathke , Fauna der Krym. (Mém. des Sav. étrang. de Saint-Pétersbourg, t. 3, p. 388).
3) Janira Nordmanni , Rathke, loc. cit. PI C, tig. i-5.
Genre ONISCODE. — Oniscoila (1).
Le genre Janirci de Leacli ou Oniscodc de Latreille ne diffère que très-peu du précédent , et ne devra probablement pas en être distingué ; du reste, on ne le connaît encore que très-imparfaitement.
“ Caractères généraux des Aselles, aux différences suivantes près. Crochets terminaux des quatorze pâtes bilkles. Yeux assez gros , placés plus près l’un de l’autre que chez les Aselles. Antennes intermédiaires plus courtes que lai- Gcle terminal sétacé des extérieures. »
Oniscode tachée. — O. maculosa (2).
“ Corps cendré , taché de brun. »
Des eûtes de l’Angleterre.
Le genre Liuceus de Raffmesque (3) a été établi dapiès un Petit Crustacé d’eau douce qui se trouve aux États-Unis d Amérique , et qui paraît appartenir à la tribu dont nous venons de nous occuper. Mais ce genre est trop imparfaitement connu pour qu’on puisse l’adopter.
FAMILLE DES CLOEORTIDES (4).
Les Cloportides sont remarquables par plusieurs particularités d’organisation. Au premier abord on croirait qu’ils ne sont pourvus que d’une seule paire d’antennes, caries antennes externes acquièrent seules
(1) Janira , Leacli , Edinb. Encyelop. t. 7, P- -P 4 , et Tiaus. of tlle Linn. Soc. vol. XI, p. 273. — Dcsmarést, Consul, p. 3i5. Le nom de Janira ayant été appliqué précédemment par M. Risso atUïl autre genre de Crustacés, Latreille y a substitué ici celui d Oniscode. ( Voy . Règn. anim. de Cuvier, 2e édit. t. 4» P- *4 )
(2) Janira maculosa > Leach, loc. cit. — Dcsmarést , loc. cit. * Oniscoda maculosa 9 Latreille , Règne anim. t. 4» P* 141, 2 3 4
(3) Annales ofnatur. n° 1. — Desmarest , Consid. p. 327.
(4) Cloportides , Latreille, Famille nat. pag. 297.
le développement normal, et celles de la première paire n existent f[U à l’état de vestiges. L’abdomen se compose de six- anneaux parfaitement distincts; mais le dernier de ces segmens ne présente pas , comme chez presque tous les autres Isopodes, des dimensions supé rieures à celles des segmens précédons , et ne constitue pas un grand bouclier destiné à recouvrir les fausses pâtes branchiales; il est au contraire très-petit et quelquefois meme presque rudimentaire (1). Quant aux pâtes , elles sont grêles et toutes simplement ambulatoires. Enfin les mandibules ne présentent pas de lige palpiforme.
Ces Isopodes , comme on le sait , sont moins essentiellement aquatiques que les autres Crustacés du même ordre ; la plupart vivent toujours à terre , et les autres demeurent souvent liors de l’eau pendant trèslongtemps sans en souffrir ; mais tous périssent promptement par l’influence de la sécheresse.
Nous les diviserons en deux tribus de la manière suivante :
1° Cloportides maritimes. Article basilaire des dernières fausses pâtes grêle, allongé, complètement à découvert, et terminé par deux appendices sLyliformes très-allongés.
2" Cloportides terrestres. Article basilaire des dernières fausses pâtes court et ne dépassant pas l’extrémité du dernier segment de l’abdomen.
TltlBU DES CLOPORTIDES MARITIMES.
Cette division correspond à peu près au genre Lygie de Fabricius, et comprend les Cloportides dont les
(l) PI. 3j, fig. ai ,
dernières fausses pales se composent d’un pédoncule allongé et de deux appendices terminaux Mitonnes et complètement à découvert en dessus (1). Ges Crustacés ^distinguent aussi de ceux de la tribu suivante par la conformation de leurs antennes, dont la ligelle terminale se compose d’un grand nombre d articles. Enfin leur corps est plus allongé et plus atténué postérieurement ; leurs pales sont plus longues et leurs fausses pales respiratoires sont branchiales comme chez les Isopodes ordinaires. Ce groupe a été subdivisé en deux genres , savoir :
Les Lygies, qui ont les deux appendices styliformes des dernières fausses pâtes insérés tout près 1 un de 1 autre sur l’extrémité tronquée de 1 article basilaire.
Les Lygtdies , qui ont l’article basilaire de ces memes fausses pâtes bifurqué en arrière et portant 1 un des Appendices styliformes à l’extrémité de chacune de ses tranches.
Genre LYGIE. — Ligia (2).
Les Lygies ont le corps peu bombé en dessus et à peu près ovalaire , mais beaucoup plus atténué postérieurement qu’eu avant. La tête est petite; les yeux circulaires et latéraux; le front presque droit, épais et saillant au-dessus de la base des antennes, qui s’insèrent, à la lace antérieure de la tête. Les antennes de la première paire sont rudimentaires et situées P''ès de la ligne médiane; celles de la seconde paire, insérées immédiatement en dehors des précédentes , sont au contraire très -grandes; leur pédoncule se compose de cinq articles
G) PI. 33, flg. 16.
(a) Onlscus , Limi. Fabriciiis, Tïasler, etc. — Cymothoa , Fabnj’Us > Knt. Syst. — Ligia , Fabricius , Supplem. p. 3oi. Latreille , winuvck . Leach , Desmavest , ttrandt , etc.
cylindriques, dont les deux derniers sont très-longs, et leur filet terminal en offre au moins une douzaine cl quelquefois environ trente. La bouche est très-saillante à la face inférieure de la tête. Les mandibules sont courtes , épaisses , fortement dentées et garnies sur leur bord triturant d’un petit appendice mobile ; les mâchoires ne présentent rien de remarquable; les pâtes -mâchoires offrent du côté externe de leur base un petit appendice court et lamellcux, et se composent chacune d’un grand article basilaire , portant, à quelque distance de son extrémité , une branche mobile , courte et large , composée de trois articles et beaucoup plus développée que chez les Cloportes. Les anneaux thoraciques présentent de chaque côté une pièce épimérienne distincte , qui a une forme quadrilatère, et qui se prolonge obliquement en bas et en dehors au-dessus de la base des pâtes; celles-ci sont- grêles, cylindriques et terminées par un petit article bionguiculé. L’abdomen est grand et composé de six anneaux, dont les deux premiers sont beaucoup moins larges que le dernier anneau thoracique et l’anneau qui les suit, de façon que ces deux derniers se rencontrent de chaque côté et emboîtent complètement les premiers; le sixième segment abdominal est petit , mais transversal et à peine enclavé dans le pénultième. Les fausses pâtes des cinq premières paires ont à peu près la même conformation que chez les Isopodes des familles précédentes; seulement les lames qui les terminent sont plus courtes et beaucoup plus larges. Enfin , les dernières fausses pâtes, insérées au bord postérieur de l’anneau correspondant , se composent d’un article basilaire allongé et de deux appendices styliformes insérés tout près l’un de l’autre à l’extrémité tronquée de l’article précédent.
Les Lygies vivent près des bords de la mer et se trouvent en général dans les endroits pierreux au-dessus de la limite des hautes eaux.
des crustacés.
§ i . Especes dont les antennes externes sont moins longues que le corps.
i. Lygie océanique. — L. occanica (i).
Corps couvert de granulations déprimées et irrégulières ; antennes externes ne dépassant pas le cinquième anneau du thorax, et ayant leur filet terminal composé seulement d'une douzaine d’articles. Thorax très-large en avant , et garni latéralement d un petit rebord saillant, l'aies courtes (celles de la cinquième pane n’atteignant pas l’extrémité de l’abdomen ) et insérées très - loin du bord latéral du thorax. Dernier anneau de l’abdomen treslarge, se prolongeant de chaque côté en arrière sous la forme d’une grosse dent lamelleusc , et ayant son lord postérieur régulièrement arqué au milieu. Dernières fausses pâtes insérées dans une échancrure du bord postérieur de l’abdomen , assez loin des angles latéraux , et moins longues que l’ensemble de l’abdomen ; leur article basilaire court , élargi en dehors , sillonné en dessus , et ayant l’angle postérieur externe prolongé en forme de petite dent pointue.
Habite nos côtes. (C. M.)