I. cexRE CRABE. — Cancer
Le genre Crabe renfermait jadis tous les Décapodes Brachyures, mais on en a successivement resserré les limites , et afin de faciliter létude de ces animaux , nous avons été conduits à pousser plus loin cette réforme.
Le groupe auquel nous conservons ce nom se compose d’un assez grand nombre d'espèces faciles à reconnaître à leur forme 4; nérale et à la disposition de leurs pates. La carapace (PI. 16, fig. 1) de ces animaux est très-large (presque toujoursau moins une fois et demie aussi large que longue), assez régulièrement ovalaire et très-convexe en dessus ; ses bords antérieurs et latéraux forment une ligne courbe trèsrégulière, qui de chaque côté se recourbe en arrière et er dedans, de facon à décrire plus que la moitié d'une ellipse dont le contour semble se continuer sur la partie postérieure des régions branchiales pour aller gagner le niveau de la région intestinale, Le front est large, très-incliné et peu saillant ; toujours il est divisé sur la ligne médiane par une fissure ou une petite échancrure , et souvent il paraît quadrilobé à cause de la saillie que forme sa partie moyenne, ainsi que les angles externes. Les bords latéro-anttrieurs de la cara-
(1) Cancer. Linn.— Fabr. — Latr. — Desm, — Carpilius; Leach, Ruppell, op. cit.
DES CRUSTACÉS. 373 pace sont très-longs et en général tranchans; ils se dirigent presque directement en dehors , puis serecourbent en arrière, et enfin reviennent en dedans vers leur extrémité postérieure ; les bords latéro-postérieurs sont très-courts et forment avec le bord postérieur un angle très-ouvert ; en général ils sont un peu concaves. Les diverses régions de la carapace sont ordinairement peu distinctes. Les orbites sont presque circulaires ; on n’y distingue pas d'angle externe, mais la portion externe de leur contour paraît comme froncé par lexistence de trois fissures linéaires et presque parallèles, dont deux sont placées en haut et une au-dessous du niveau du bord latéral de la carapace ; enfin au-dessous de leur angle interne , les paroïs de ces cavités sont interrompues par un hiatus que remplit l'antenne externe. La région antennaire est large, mais très-courte ; les fossettes antennaires sont transversales, et l'épistome presque linéaire (PI. 16, fig. 2) L'article basilaire des antennes externes est presque droit et ne touche au bord inf(rieur du front que par son angle antérieur et interne ; la tige mobile de ces appendices est extrêmement courte, et s'insère dans lhiatus du bord orbitaire, de facon à pouvoir se reployer dans l'orbite. Le troisième article des pates-méchoires externes (fig. 3) est plus large que long, et presque carré, son angle antérieur et interne est à peine tronqué, et son bord antérieur est entier. Le plastron siternal est presqu'une fois et demie aussi long que large, et ses bords latéraux sont presque droits; le sillon qui loge l'abdomen du mâle est trèsprofond, et les sutures qui séparent les derniers anneaux thoraciques sont presque transversales. Les pates antérieures sont grosses , courtes et disposées de façon à pouvoir s'appliquer exactement contre les régions ptérygostomiennes ; la main présente en dessus une crête plus ou moins tranchante, et les pinces sont cannelées en dehors et en dessus , armées dans toute leur longueur de dents compriméeset tranchantes, et pointues à leur extrémité. Les pates suivantes sont très-courtes, très-comprimées, et garnies en dessus d’une crête
tranchante ou d’une rangée de fortes épines qui s'étend jusqu’à l'insertion du tarse, lequel est court, renflé et armé d’un petit ongle corné. Enfin l'abdomen ne présente rien de particulier, si ce n’est que chez le mâle les appendices de la première paire sont très-longs et filiformes à leur extrémité, et que l’on n’y distingue ordinairement que cinq articles. La plupart des espèces de ce genre habitent l'Océan indien, et il n’est pas rare d’en trouver à l'état fossile.
$ A. Espèces dont la carapace est lisse, sans bosselures ni sillons distincts.