‹ Histoire naturelle des crustacésChapitre 235 sur 258 · V. cexre LUPÉE.— Lupea Leach · texte numérisé non relu

V. cexre LUPÉE.— Lupea Leach

La plupart des Lupées sont remarquables par laplatissement et la grande étendue transversale de leur carapace (PL 17, fig. 1). En général le diamètre transversal de ce bouclier dorsal a plus du double de sa longueur. Le front est presque toujours étroit et beaucoup moins saillant que le bord inférieur ou l'angle externe de l'orbite; les bords latéro-antérieurs de la carapace sont au contraire trèslongs et forment en général, avec le bord antérieur, un segment de cercle très-régulier et très-ouvert; chacun d'eux est armé de neuf dents plus ou moins saillantes et spini-

(1) Latreille, Encyc. t. X, p. 192. Cancer navigator? Herb. t. II, P- 195, PL. 37, fig. 5.

(2) Portunus Fab. — Bosc. Hist. nat. des Crust. t. I, p. 209. — Latr. Hist. nat. des Crust. et des Insectes, t. VI; Encycl. Méthod. t. X, etc. — Lam. Hist. nat. des Anim. sans vert. t. V. Lupea. Leach. Edinb. Encyc. art. Crustaceology, v. 9, p. 390, etc. — Desm. Considérations sur les Crust. p. g7. — Lat. Règne animal , 2e. édit. t. IV, p. 33.

formes, et dans Pétat actuel de la science, ce caractère, d’une importance tout-à-fait secondaire , suffit pour distinguer les Lupées de tous les autres Portuniens. Enfin, la dernière de ces épines est en général beaucoup plus grandes que toutes les autres et se porte directement en dehors ; mais quelquefois elle ne diffère pas de celle qui la précède. Les orbites sont ovalaires et dirigées obliquement en avant et en haut ; leur paroi inférieure n'arrive pas jusqu'au front, et il existe au canthus interne une large échancrure que rempiit l’article basilaire de l’antenne externe (PL. 19, fig. 2.) ; au bord supérieur de ces cavités on remarque deux fissures. Les fossettes qui logent les antennes internes sont peu profondes et à peine recouvertes par le front ; la lame verticale qui les sépare entre elles est armée d’une pointe spiniforme qui se prolonge souvent au devant du bord antérieur de la carapace; en dehors ces cavités sont complétement séparées des orbites, et la tige des antennes qui sy insèrent est assez courte pour s’y reployer en entier. L'article basilaire des antennes externes se soude au bord inférieur de l'angle supérieur et externe du front ; il a peu de largeur et donne insertion par lextrémité de son bord interne à la tige mobile formée par des articles suivans, de façon que cette tige, dont la longueur est considérable , paraît naître du canthus interne de l'œil, et que rien ne s'oppose à ce qu'elle se reploie en dehors pour se cacher dans la cavité orbitaire. L’episiome est extrêmement étroit, et le cadre buccal est à peu près carrée, mais en général plus large en avant qu’en arrière. Le troisième article des pates-mächoires externes ( PI. 17, fig. 3) est assez fortement tronqué en avant et en dedans. Le plastron sternal est presque toujours assez bombé longitudinalement, trèslarge et à peine resserré postérieurement ; sa suture médrane en occupe les trois derniers segmens ( fig. 4 ). Les pates de la première paire sont très-grandes ; on y observe toujours un certain nombre d'épines, et les doigts sont allong s et pas notablement courbés en dedans. Les pates des trois

paires suivantes sont beaucoup moins longues et ont toutes à peu près la même grandeur ; tantôt l’article qui les termine est grèle, arrondi, styliforme et en général canelé, d'autres fois il est aplati, lamelleux et natatoire ; dans le premier cas, ces pates paraissent destinées spécialement à la marche, tandis que dans le second leur disposition est plus favorable à la natation Les pates de la cinquième sont trèes-fortes et constituent, par l'élargissement de leurs deux derniers articles, des rames puissantes ; le troisième article qui entre dans leur composition (ou la cuisse), est en généralgros, mais très-court, et ne présente presque jamais d’épines comme chez les Thalamites ; enfin, le dernier article est toujours ovalaire. Chez la femelle , l'abdomen ne présente rien de remarquable, seulement sa longueur est trèsconsidérable ; chez le mâle sa structure est la même que dans les genres précédens; on n’y voit que cinq pinces distinctes, le troisième, le quatrième et le cinquième anneaux étant soudés entre eux, les trois premiers segmens sont toujours très-larges ; mais au niveau du quatrième il y a un rétrécissement brusque, et les trois derniers sont plus ou moins étroits.

Les Lupées sont des Crustacés essentiellement Pélagiens et se rencontrent souvent en pleine mer. Plusieurs voyageurs en ont vu au milieu de locéan, n’ayant pour lieu de repos que des fucus flottans. La facilité avec laquelle ils nagent est extrême ; et, d’après les observations de Bosc, il paraitrait même qu'ils ont la faculté de se soutenir à la surface de l’eau , dans un état stationnaire et sans exécuter aucun mou-

vement apparent.

Ce genre peut se diviser en trois petits groupes secondaires faciles à distinguer par les caractères suivans :

AA. Espèces ayant le corps très-épais et bombé en dessus ; les pates de la première paire grosses et peu allongées ; la main notablement moins longue que la carapace,

LuPÉES coNvExES.

$ A. Espèces ayant le corps très-comprimé; les pates de la première paire très-allongées ; les mains presque toujours plus longues que la carapace.

C. Tarse des pates des deuxième, troisième et quatrième paires aplati, lamelleux, et de forme presque lancéolée.

LUPÉES NAGEUSES.

B. Tarse des pates des deuxième, troisième et quatrième paires étroit et styliforme.

LUPÉES MARCHEUSES.

1e". Sous-genre. LUPÉES CONVEXES.

Les Lupées de cette subdivision diffèrent des suivans par la convexité de leur carapace et la brièveté de leurs pates antérieures , caractère qui les rapprochent des Portunes ; aussi est-ce dans ce dernier genre qu’on les a rangés jusqu'ici; mais c’est avec les Lupées qu'elles ont réellement le plus d’analogie.

Ce sous-genre ne renferme encore qu’une seule espèce. te]

Page 1