XY] INTRODUCTION
sida pendant long-temps dans le Groënland, comme pasteur, publia en 1780 une Faune de ces régions glaciales, et décrivit avec soin les Crustacés qu'on y rencontre (1).
Olivi entreprit, sur les bords de la mer Adriatique, une tâche analogue, et accompagna ses descriptions de quelques bonnes figures, chose dont on regrette l'absence dans l'ouvrage d’Othon Fabricius (2).
Muller fit connaître quelques espèces de Décapodes et d'Amphipodes des mers de la Norwège (3) ; mais son principal titre à la reconnaissance des entomologistes est son ouvrage sur les Entomostracés (4), animaux de la même classe, qui sont d’une petitesse microscopique, et qui néanmoins ont été étudiés par ce savant, non-seulement sous le rapport de leur forme et de leur caractère z00logique, mais aussi sous celui de leurs mœurs et de leurs habitudes.
La seconde moitié du dix-huitième siècle vit aussi paraitre plusieurs autres ouvrages d’une moindre importance pour la branche de la z00logie dont l’histoire nous occupe ici. Les opuscules de Baster (5), le voyage de Phipps (6), l'ouvrage
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(1) Fauna Grænlandica. Hafniæ et Lipsiæ, 1780, un vol. in-8.
(2) Zoologia Adriatica. Bassano, 1592, un vol. in-/.
(3) Zoologia Danica. 4 vol. in-fol,
(4) Entomostraca , seu Insecta testacea que in aquis Daniæ et Norwegiæ reperit. Un vol in-4.
(5) Opuscula Subcesiva. 2 vol. in-4 ; Harlem, 1762-1765. (6) Phipps, Voyage au pôle boréal fait en 1993 Un vol. in-4,
INTRODUCTION. XI) imprimé à la Havane par Parra (1), sont de ce nombre ; mais le travail purement descriptif le plus utile pour la science, qu'on aït publié pendant ce laps de temps,’ est sans contredit celui de Herbst (2); cet auteur n’aborde aucune des questions élevées de la zoologie, il ne s'occupe pas de la classification des Crustacés, comme le faisaient Linné et Fabricius, mais il donne des figures assez exactes de plus de deux cent cinquante espèces, et son recueil est indispensable pour l'intelligence de la plupart des ouvrages méthodiques; plusieurs des planches de Herbst sont copiées d’après celles de ses prédécesseurs; mais il possédait lui-même une belle collection de Crustacés, et a fait connaitre un grand nombre d'espèces nouvelles.
Les naturalistes, qui ont étudié les Crustacés sous le rapport de l'anatomie ou de la physiologie, sont bien moins nombreux que ceux dont l'attention s'est portée presque exclusivement sur les formes extérieures de ces animaux. Pendant le dix-septième siècle nous avons vu Swammerdam, Willis et quelques autres anatomistes se livrer à des recherches de cette nature; le siècle suivant ne produisit également qu'un petit nombre de travaux
(1) Parra , Descripcion de differentes piezas de historia natural , etc. Havana, 1587.
(2) Herbst. Versuch ciner naturgeschichte der Krabben und Krebse. 3 vol. in-4, avec un atlas in-fol. de 62 planches; Berlin, 1790-
CRUSTACÉS, TOME I. b
AI} INTRODICTION.
entrepris dans la vuede mieux faire connaître lastructure intérieure des Crustacés, le jeu de leurs orgaves, ou les particularités de leur mamière de vivre; et encore est-il arrivé que quelques-unes des découvertes qui en ont résulté sont restées ignorées de la plupart des naturalistes, et n'ont pas profité à la science.
Vers le commencement de l’époque dont nous faisons ici l'histoire, l’habile et infatigable observateur Réaumur publia une série d'expériences curieuses sur la mue des Ecrevisses et sur la reproduction des membres de divers Crustacés (1).
Rœsel étudia avec beaucoup plus de détails qu’on ne l'avait fait encore les parties internes de l'Écrevisse ; son travail renferme, quant à la détermination des organes, quelques erreurs graves; mais ses descriptions et ses figures sont très-exactes (2). Schæfters publia vers la même époque des détails intéressans sur l'anatomie des Apus (3). Enfin un naturaliste très-habile de Naples, Cavolini, donna un traité sur la génération des Crustacés, dans le-
(1) Sur les diverses reproductions qui se font dans les Écrevisses, les Homaris, les Crabes, etc., et entre autres sur celles de leurs jambes et de leurs écailles, Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, 1712.
Addition aux observations sur la mue des Écrevisses ; mémoires de l'Académie des sciences de Paris , 1718.
(2) Die Insecten Belustigung, in-4.
Ses observations sur les Crustacés se trouvent dans le troisième volume de ce recueil, publié à Nuremberg en 1755.
{3) Schæflers, Æbhandlungen von Insecten, in-4. Kegensburg, 1564, 2e. volume.
INFHODUCTION. xIX quel on trouve une foule d'observations de la plus haute importance sur l’organisation de ces animaux en général, mais qui n'a point fixé l'attention des auteurs plus récens (1).
À la fin du dix-huitième et au commencement du dix-neuvième siècle, il s'opéra dans toutes les branches de la zoologie une réforme importante dont les eflets contribuent puissamment aux progrès de la science. Au lieu de n'employer pour la classification des animaux que des divisions purement artificielles et basées sur tel ou tel caractère, choisi arbitrairement, on chercha à établir des méthodes sur l’ensemble de l’organisation, et à mettre, autant que possible , ces mêmes divisions en harmonie avec les divers types autour desquels les êtres divers semblent se grouper dans la nature. C'est à M. Cuvier que l'on doit en majeure partie cette innovation heureuse; mais, pour ce qui concerne les Insectes et les Crustacés, 1l a été devancé par M. Latreille,
Dès l’année 1796 , ce dernier savant avait publié les premiers essais d’une classification naturelle de ces animaux, dont il a depuis lors poursuivi sans relâche l'étude (2). Quelques années après, M. Cuvier fit apprécier les différences qui éloignent les Crus-
(1) Cawolini , Memoria sulla generazione die pesci e dei granchi. Un ‘ VA # " vol. in-4. Naples, 1787.
(2) Précis des caractères génériques des Insectes par M. Latreille, un vol. in-8. Brives, 1506.
xx INTRODUCTION.
tacés des Insectes, parmi lesquels Linné les avait placés, et en forma deux classes distinctes, dont les caractères sont puisés dans une organisation diflérente des organes les plus importans de Féconomie. Par la suite nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet; mais il nous faut ajouter ici que les observations de M. Cuvier, sur lastructureintérieure des Crustacés, dévoilèrent une foule de particularités curieuses qui n'étaient pas encore entrées dans la science (1).
Depuis l’époque dont nous venons de parler, la carcinologie a été enrichie d’un assez grand nombre d'ouvrages plus ou moins généraux , et de plusieurs écrits sur des points spéciaux de zoologie, d'anatomie et de physiologie.
Parmi les premiers viennent se ranger le petit traité de VAistoire naturelle des Crustacés, par Bosc, ouvrage que l’on regarde avec raison comme étant au-dessous de la réputation de son auteur (2), et le Système des animaux sans vertèbres de Lamarck (3), dans lequel ce savant proposa quelques modifications dans la classification des
(Gi) Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des animaux, par M. Cuvier, un vol. in-8. Paris, 1798.
Lecons d'anatomie comparée de M. Cuvier, rédigées par MM, Duméril et Duvernoy, 5 vol. in-8. Paris, 1799-1805.
(2) Histoire naturelle des Crustacés, par Bose, 2 vol. in-18, faisant suite à l'édition de Buffon de Castel. Paris, an X.
(3) Système des animaux sans vertèbres, par de Lamarck, un vol. in-8. Paris, 1801.