‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 29 sur 176 · XXI. Cinchona cordifolia · texte numérisé non relu

XXI. Cinchona cordifolia

(Weddell, Hist. nat. Qainq ., pag. 37, tab. XVII.)

. Arbres à feuilles ovales arrondies, obtuses, cordées ou légèrement atténuées à la base, pubescentes à la face inférieure ; capsules lancéolées, beaucoup plus longues que larges.

Var. a Vera, feuilles ovales, subcordées, pubescentes à la face inférieure.

( C . cordifolia, Mutis et Humb.; Mag. Gesc. nat. Freunde, Berl., 1807; — Walpers, Repert., V, 65. — C.pubescens a cordata, DC., Procl., IV, 353. — C. Goudoliana, Klotzscb, ex. herb. Boissier. — C. lutea, Pav., Quinol., in Howard, loc. cit. — C. Tucujensis, Ivurst. exTrkma op. ined.)

Habite, de la Nouvelle-Grenade au Pérou, presque toute la région cinchonifère de 1,700 à 2,700 mètres d’altitude.

Var. 3 Rotundifoua, feuilles arrondies obtuses, un peu pubescentes surles nervures de la face inférieure.

( C . rotundifolia , Pav., Mss. ex Weddell.)

Habite Loxa.

Quinquinas cordifolia. — Écorces roulées du C. lutea ( C . cordifolia). — D’après l’examen consciencieux qu’a fait M. Howard de l’écorce de C. lutea, cette espèce serait l’origine des quinquinas pâles de Jaen , dont nous traiterons à propos du C. subcordata.

Quinquina cordifolia plat (1). — a Cette écorce ne présente ni la couleur fauve ni les formes régulières des quinquinas orangés de la Nouvelle-Grenade. Elle est d’un jaune pâle, à surface externe plus ou moins ridée longitudinalement, *avec quelques lambeaux micacés; rarement roulée, souvent en forme de copeaux ou en plaques allongées plus épaisses ou plus ou moins obliquement tordues.

« C’est une espèce inférieure qu’on trouve assez rarement dans le commerce, et qui ne mérite pas cependant le mépris qu’on lui a voué. Elle est beaucoup plus efficace que certains quinquinas gris débités chez les droguistes, et qui ne contiennent que du tannin, beaucoup plus efficace que tous les succédanés qu’on a cherchés à grand frais au quinquina dans nos régions européennes. Nous l’avons souvent administrée dans nos voyages, à défaut

(1) Quinquina de Carthagène jaune pâle (Guibourt, loc. cit., 156). — Quinquina Maracaït'O (Del. et Bouch., 38, pl. XVIII). — China flava dura, Bergen. — Carthagena hard Cinchona bark, Pereira, 1642. — Vulgo Cascarilla muta ou Mula cascarilla des Péruvieus et des Boliviens. — Quina amarilla de Bogota.

Guibourt, Drogues, 6« édition. T. III. — 12

DICOTYLÉDONES CAL1CIFLORES.

d’autre, et toujours avec succès, en proportionnant les doses et en faisant réduire convenablement la décoction avec du jus de citron, acide qu’on a presque toujours sous la main en Amérique (1). » D’après MM. Delondre et Bouchardat, ce quinquina contient 10 à 12 grammes de sulfate de cinchonine et 2 ou 3 de sulfate de quinine.

M. Phœbus, après avoir étudié les caractères anatomiques de cette écorce, hésite à le rapporter au C. cordifolia. Les témoignages de tous les voyageurs et de tous les auteurs sont trop unanimes à cet égard pour que nous partagions les mêmes doutes.

Page 1