EXTRAIT
Rouge de sang.
Rouge brun.
Rouge de \in de Bourgogne.
Rouge.
Rouge fon-
Rougit.
Rougit.
Troublé forte-
Pté floconneux.
Pté.
Pté brunâtre.
Pté couleur de chair.
Pté lie de vin.
Pté rougeâtre
dant.
Pté abondant.
Pté abondant orangé rouge.
Pté abondant , orangé rouge.
Pté abondant.
Pté rouge - cendré.
Pté rougeâtre.
Pté rougeâtre abondant.
Pté couleur de chair.
Pté noirâtre.
Pté gris noirâtre.
Pté vert noir.
Pté vert - noirâtre.
Pté gris noirâtre.
Pté rougeâtre.
Pté rougeâ-' Ire.
Pté rougeâtre très abondant.
Pté gri.s-fauve.
Pté rosé très abondant.
Pté gris rosé très abondant.
Pté rouge;
Pté.
Très trouble.
Pté rougeâtre abondant.
Pté.
Pté.
Pté rougeâtre.
Pté coloré très abondant.
faible et désagréable. Le résidu est fort peu considérable et d’un brun noirâtre.
3° Toutes les liqueurs précipitées par le sulfate de fer, étant étendues d’eau aérée , passent au bleu , surtout celles des n"' 12 et 31,
IMCOTYLliDONüS CALICIFLORliS.
GOAHIES DE LÉGUMINEUSES.
Gomme arabique.
On noinnîc ninsi une gomme à cassure vitreuse, transparente , entièrement soluble dans l’eau , qui était autrefois apportée d’Arabie ou tout au moins d’Égypte; mais depuis très longtemps on la tire en très grande partie du Sénégal, qui en fait un commerce considérable. 11 en vient toujours cependant des deux pays que J’ai nommés d’abord , qui se distingue de celle du Sénégal par quelques caractères particuliers.
(iette gomme découle naturellement de plusieurs espèces d'acacia dont les principales sont ;
1° L'acacia vera. Cet arbre croît en Arabie et dans toute l’Afrique , depuis l’Égypte jusqu’au Sénégal; c’esf lui qui produit le bablah d’Afrique, le véritable suc d’acacia, la vraie gomme arabique et une partie de celle du Sénégal ;
2° L'acacia arabica, arbre de l’Arabie et surtout de, l’Inde , où il produit le bablah de l’Inde et la gomme de l’Inde;
3” L'acacia Ademonii de la Flore de Sénégambie, qui produit une gomme rouge , assez abondante , qui fait partie de celle du Sénégal ;
k° L'acacia seijal de Delile et de la Flore de Sénégambie , produisant tme gomme en larmes blanches , dures , vitreuses et vermiculées , qui fait également partie de celle du Sénégal ;
5” V acacia verek de la Flore de Sénégambie, qui habite l’Afrique occidentale , depuis le Sénégal ju.squ’au cap Blanc; c’est lui surtout tpii constitue la forêt de Sahel , la plus voisine du Sénégal , et qui fournit la vraie gomme du Sénégal, en larmes vermiculées, ovoïdes ou sphéroïdes , ridées à la surface, mais transparentes et vitreuses à l’ititérieur ;
6“ L'acacia gummifera de AVilldenovv, dont le fruit submoniliforme, cotonneux et blanchâtre, paraît ressembler à celui de Vacacia arabica. Cet arbre croît en Afrique , près de Mogador, et fournit très probablement la gomme de Barbarie;
7“ L'acacia decurrensde. Willdenow, croissant aux environs du itort .îaekson, dans la Nouvelle-Hollande, et fournissant une gomme soluble, différente de celle du Sénégal.
Caractères 'particuliers des gommes du commerce.
ctomme arabique vraie. Cette gomme est blanche OU l’OUSSC; mais on ne trouve guère <à Paris que la blanche ; elle y porte le nom de gomme turique, et est en petites larmes blanches et transparentes, qui , jouissant cependant de la propriété de se fendiller en tous sens à l’air, pa-
LÉGUMINliüSIiS. Ù09
raissclU opaques étant vues en masse. Elle se divise très facilement eu petiis fragments; elle est entièrement et facilement soluble dans l’eau, d’une saveur pour ainsi dire nulle.
Pomet et Lemery donnent le nom de gomme turique à la gomme arabique récoltée dans le temps des pluies , qui s’est agglutinée en masses plus ou moins considérables, claires et transparentes. Ce nom de gomme turique , appliqué ainsi à deux variétés de la gomme arabique , paraît tiré de celui de Tor, ville et port d’Arabie , non loin de l’isthme de Suez. Plusieurs auteurs font également mention d’une jedda ou
gedda , du nom d’un port appelé Giddah , situé proche de la Mecque ; mais je n’ai Jamais pu .savoir au juste ce que c’était que la gomme gedda.
nomme <iu Sénégal. On connaît dans le commerce deux sortes de gomme du Sénégal : 1" celle tin ba.s «lu fleui'e ou du Sénégal proprement dite; 2" celle du haut du fleuve ou dcGaiam. La gomme du bas du fleuve est la plus estimée. Lorsqu’elle est privée par le triage d’une petite quantité dégommés particulières et de quelques autres substances qui s’y trouvent mêlées, elle se compose, soit de larmes sèches, dures, non friables, peu volumineuses , rondes , ovales ou vermiculées, ridées à l’extérieur, vitreuses et transparentes à l’intérieur; d’une couleur jaune très pâle ou presque blanche ; soit de morceaux plus gros , sphériques ou ovales , pesant quelquefois jusqu’à 500 grammes ; moins secs, moins cassants, toujours transparents et d’une couleur jaune ou rouge. Les uns et les autres ont une saveur douce , qui paraît un peu sucrée ‘ou moins fade dans les grosses boules rouges, et ils sont entièrement solubles dans l’eau. Leur soluté, peu épais, en comparaison de celui des gommes d’acajou et de prunier, rougit le tournesol , se trouble abondamment par l’oxalate d’ammoniaque et est entièrement précipité par l’alcool.
La goinnno du haut du fleuve OU gomme de Galam , est en morceaux beaucoup moins réguliers que la précédente , souvent anguleuse ou brisée, mêlée de menus fragments, et offrant à cause de cela un brillant que n’a pas la gomme du bas du fleuve. Souvent aussi les Morceaux , vitreux et transparents à l’intérieur, sont recouverts d’une couche fendillée et opaque. Tous ces caractères sont dus à ce que cette gomme se rapproche de la nature de celle d’Arabie , et se fendille et devient friable h l’air, quoiqu’à un moindre degré. Elle est probablement produite par \' acacia vercc, tandis que celle du bas du fleuve est due presque exclusivement à Vacacia verck.
La gomme du Sénégal offre constamment un certain nombre de substances étrangères , qui sont ; 1“ des semences et quelquefois des fruits entiers du balanites œgyptiaca eje Dplile, arbre qui paraît açcompagner
UlO DICOTYLÉDONES CALICl FLORES,
les acacias, dos bords du Nil nu Séncgnl ; 2” du bdeliium, gotrune-résiiie dont il sera parlé plus tard ; 3" de la gomme kutera; U° une petite quantit(! d uniï gomme molle , d’une acidité bien marquée; 5" de la gomme pelliculée ; 6" de la gomme verte; 1° d(i la gomme luisante et mamelonnée; 8" de la gomme lignirode. Je dirai quelques mots de ces quatre dernières substances
Gomme peiiicuicc. Je désigne ainsi une gomme quelquefois blanche , 1q plus souvent d’un jaune rougeâtre et d’une transparence moins parfaite que la gomme du Séncgnl. Ce qui la distingue surtout est une pellicule jaune, opaque, qui recouvre presque toujours quelques points de sa surface. Cette pellicule, examinée au microscope, présente des cellules liexagones et <loit être considérée comme un épiderme végétal. Cette gomme se fond difficilement dans In bouche (T s’attache fortement aux dents: un gramme ayant ôté traité par 50 grammes d’eau, s’y est dissous moins promptement que les sortes précédentes, et a laissé un résidu insoluble ayant conservé la forme des moiceaux de gomme, et cependant peu considérable. La liqueur fdtrée rougi.ssait faiblement le tournesol , et précipitait abondamment par l’oxalate d’ammoniaque.
Gomme vcrie. Cette sorte est d’un vert d’émeraude qui se détruit k la lumière ; alors elle devient d’un blanc jaunâtre. Sa surface est ordinairement iuisanleet mamelonnée , et l’intérieur vitreux et transparent. Elle jouit des mêmes propriétés que la gomme pelliculée, c’est-à-dire qu’elle est tenace sous la dent, difficilement et incomplètement soluble dans l’eau.
Gomme ini.santc et mamelonnée. J’ai VU quelquefois dans le commerce des quantités considérables d’une gomme à peine colorée et de belle apparence, que l’on vendait comme gomme du Sénégal, et dont le bon marché séduisait. Alais celte gomme était en général en morceaux irréguliers, allongés, souvent creux à l’intérieur, toujours à' une apparence glacée et à surface mamelonnée. Or, ces deux caractères indiquent presque avec certitude une gomme en partie insoluble dans l’eau, et qui doit être rejetée du laboratoire du pharmacien. Il me paraît probable que ces trois gommes, pelliculée, verte et mamelonnée, ont une origine commune , dilTérenie de celle de la vraie gomme du Sénégal.
Gomme lignirode. Cette substauce est commune dans la gomme du Sénégal et porte dans le commerce le nom de marrons. Elle mérite quelque attention par la singidarité de sa formation. Elle est quelquefois jaunâtre, mais généralement d’une couleur brune foncée et noirâtre; elle est assez terne dans son aspect, opaque et raboteuse à la surface, ’lraitée par l’eau , elle lui cède de la gomme soluble semblable à la gomme arabique, et laisse un résidu du bois rongé. Or, en examinant ces
ftll
marrons , j’ai obsei vé dans la plupart une large cellule ovoïde qui avait servi de demeure h la larve d’un insecte; d’où j’ai conclu que cette sorte de mastic avait été pélrie par l’insecte lui-même , comme on sait que le font plusieurs espèces des ordres des névroptères et des hyménoptères. La gomme de l’Inde présente des marrons semblables , qui ont l’apparence du galipot, jointe à une couleur rouge assez prononcée.
Gomme de naritarie. Cette gomme vient de Mogador, dans le royaume de lilaroc. Elle est sans doute produite par Vacacia gummifera "Willd. Telle que je l’ai, elle est en larmes irrégulières, assez chargées d’impuretés, d’une couleur terne et un peu verdâtre, d’une transparence imparfaite. Elle paraîtrait, souvent luisante et glacée à sa surface, sans la poussière grise qui la recouvre. Elle est très tenace sous la dent , imparfaitement soluble dans l’eau , et de la même nature par conséquent que les gommes insolubles du Sénégal.
Gomme de Sicile. Ou m’a donné sous ce nom une gomme qui a tous les caractères de celle de nos arbres fruitiers et qui doit provenir des mêmes végétaux. Elle est en larmes généralement globuleuses, agglutinées ensemble, et chargées d'impuretés. Elle se divise dans l’eau en particules isolées, anguleuses et qui occupent un volume considérable. Le liquide (iltré est coloré , mais ne contient que des traces de gomme.
Gomme de France, Cette gomme est produite par les arbres fruitiers de notre |)ays, qui appartietinent à la tribu des amygdalées , do la famille des rosacée.s. Elle a été décrite page 29é.
Gomme de iTnde. Jl. Pcreira , dans sa Matière médicale, dit avoir reçu de Bombay trois sortes de gomme ; une marquée maculla best gum arabic , très semblable à la gomme, deGalam; une seconde, étiquetée mochn and Barbary gum, en grosses larmes rouges et rugueuses; une troisième, dénommée surat inferior gum arabic , en petites larmes brunâtres.
Quant à moi , la seule chose que j’aie connue pendant longtemps , sous le nom de Gomme de rindc , est une gomme brune , formée de larmes molles qui se sont soudées en une seule masse , laquelle ensuite a été cassée en morceaux anguleux, à peu près de la grosseur de la gomme du Sénégal (1). Cette gomme, paraissant avoir conservé long temps sa mollessè à l’air, s’est chargée d’impuretés et de sable; mais les parties pures sont transparentes, et offrent une grande variation de couleur, depuis le jaune pâle ju.squ’au rouge foncé ; effet dû à ce que le suc coloré de l’arbre , qui a coulé en même temps que la gomme , s’y est inégalement réparti. Celte gomme est molle et glutineuse sous la
(1) Cette gomme répond assez bien à la description de la gomme turique donnée par Pomet et Lemery
412 DICOTÏLÉDOfvKS CALICIFLOIIES.
dent, et d’une saveur douce; à pan les impuretés qu’elle contient, elle est entièrement et facilement soluble dans l’eau. Je suppose que cette gomme est produite par Vacacia arabica.
Ctoiiiiiic de l’Inde i»cHieuiéc. Il est arrivé de l’inde, en 1843 , une quantité considérable d’une gomme fort distincte de la précédente et composée de trois substances différentes ; 1“ Une petite quantité d’une gomme résine aromatique , assez semblable à l’oliban , en petites larmes demi-opaques et jaunâtres ; 2“ une quantité plus considérable d’une gomme pure, entièrement soluble dans l’eau , en larmes presque blanches, rondes ou vcrmiculées, comparables î» la plus belle gomme du Sénégal ; 3» une gomme pdiicniée, formant la plus grande partie de la masse. Cette dernière gomme est en larmes le plus souvent irrégulières , stalactiformes , ou convexes d’un côté , aplaties ou concaves de raulrc, et munies, très souvent, sur les deux faces , d’un feuillet d’épiderme jaune et opaque. Cette gomme est généralement d’un jaune de miel , brillante et transparente dans sa cassure : mais elle se ternit h l’air et présente un aspect général nébuleux et comme un peu nacré. Elle est dure, tenace, difficile à fondre et en partie insoluble dans l’eau, comme la gomme pelliculée du Sénégal ; mais elle s’en distingue par une odeur d’oliban qui la suit dans les préparations où on la fait entrer; de sorte qu’elle est tout à fait impropre aux usages de la pharmacie.
Gomme éicpiiantinc. Cctte gomme , dont je dois un échantillon à M. le docteur Pereira, est produite dans l’Inde et dans l’île de Ceylan , par des incisions faites à l’écorce du feronia elephnntum , arbre de la famille des aurantiacées. Elle recouvre l’écorce sous la forme d’un enduit brillant , comme vernissé , devenu très fragile par la dessiccation , et se brisant facilement en fragments brillants et transparents. Elle est incolore ou d’un jaune doré, très facilement soluble dans la bouche et dans l’eau. Enfin, elle ressemble beaucoup, par son apparence et scs propriétés, à la véritable gomme arabique, produite par l’acacia vera. Elle ne paraît pas être très abondante.
Gomme de rAnsti-alic mceidionnlc , soutk llUSlralian Gwn Pereira. Cette gomme paraît être produite ’^^vl' acacia decurrens Willd. Il en est arrivé 50 caisses à Londres en 1844; et c’est probablement la même que M. Ménier a présentée à la Société de pharmacie de Paris , en 1849 , et sur laquelle il a fait quelques essais d’application. Elle est en larmes assez volumineuses, tantôt stalactiformes et à surface luisante, tantôt globuleuses et à surface très rugueuse ou comme gercée. Celte gomme présente une teinte générale violacée qui la fait reconnaître. Cette teinte violacée est surtout bien apparente dans les larmes globuleuses, qui présentent, en outre, une poussière blanche dans le fond des gerçures. Cette gomme se dissout très facilement dans l’eau ; mais
LÉGUMÜNKÜSHS.
AÏS
la clissoliuion est trouble et laisse déposer une matière floconneuse insoluble. Enfin , il poids égal , cette gomme communique à l’eau une consistance bien moins épaisse et moins visipieuse que la gomme arabique. Elle est dune de nature dilïércnle, et pourra difficilement la remplacer, mènie dans les arts.
üomnsc ae Madagascar. 11 est arrivé en France , il y a quelques années, une quantité assez considérable de celte gomme, qui m’a paru être de la nature de la goimuc d’acajou dont il sera parlé plus loin (famille des lérébenthacées).
Sioiniiic du cap de SSonnc-Iitspcrancc. Depuis plus de vingt ans, celte gomme forme l’objet d’une importation considérable en Angleterre. D’après M. Burchell, elle est produite par une espèce A' acacia fort ressemblante à l’yi. vem, et qu’il nomme A. capensis. IM. Pereira ayant bien voulu m’envoyer le fruit de cet acacia, venu du cap avec la gomme , j’en donne ici la figure de grandeur naturelle (fig. 365) , de laquelle il résulte que cet acacia a de très grands l’apporls avec l’acacia
Fig. 368.
seyal de Delile. Nonobstant l’assertion de M. Burchell , qui prétend que la gomme du Cap n’est pas inférieure à celle de l’acacia vera, il paraît qu’elle est considérée par les marchands de Londres comme une sorte très inférieure; mais ceux qui s’attachent plus à la qualité réelle des cho.ses qu’à leur extérieur, donneront probablement raison à M. Burchell. La gomme du Gap possède, en effet, tous les caractères de la gomme du Sénégal , dite du haut du fleuve , produite par l’acacia vera, laquelle, malgré sa friabilité qui la brise pendant le transport, doit être considérée comme une gomme pure et de la meilleure qualité.
Gomme sngime <1h Chili. Iniportéc au Havrc, en 1841. Le nom que porte cette gomme ne prouve pas qu’elle soit due à un arbre de la
Uik DICOTYLÉDONES CALICIFLOIÎES.
famille des sapotées , ce nom étant donné , au Chili et au Pérou , à des arbres de familles dilîérenies. La gomme est en larmes arrondies, souvent d’un volume considérable, d’un brun noirâtre et opaque vue en masse , mais brune , vitreuse et transparente dans l’intérieur. Souvent la larme brune et transparente est recouverte d’une couche de grains do gomme, d’une couleur moins foncée, qui paraissent s’y être agglutinés. Le caractère principal de cette gomme consiste dans une odeur et dans une saveur assez fortes , animalisées , que l’on p-eut comparer à celles d’un jus de viande un peu altéré. Mise à tremper dans l’eau , elle s’y gonfle beaucoup et s’y divise par l’agitation en particules anguleuses insolubles. Une petite partie seulement de la gomme se dissout et peut être précipitée par l’alcool. Sous ce rapport , elle ressemble beaucoup à la gomme de prunier, mais elle est un peu plus soluble.
Gouiine ailragaute.
La gomme adragante exsude dans l’Asie mineure , en Arménie et dans les provinces septentrionales de la Perse , d’une espèce d’astragale
Fig. 366.
qui a été décrite , par Olivier, sous le nom à’astrayalus vertes. Cet arbrisseau (fig. 366) appartient à la section des astragales dont les
/il 5
slipules sont soudées avec le pétiole, et dont le pétiole persiste et durcit après la chute des folioles, en prenant la forme d’une longue épine. Les ûeurs sont sessiles et rapprochées an noinhre de 2 à 5, dans l'ai.sselle des feuilles; les folioles sont linéaires, velues , disposées sur 8 à 9 rangs.
Cet arbrisseau, cependant, n’esi pas le seul qui produise de la gomme adragante. h' astragalus creticus Li\m. , observé par Toufnefort sur le mont Ida de Crête, et par Sibtorp en Ionie, en produit également. Sieber indique aussi V oMragulus aristatus; mais i'astragaluS tragacantha L. , qui est Vast. uiassiliensis Lam. , n’en pi'oduit pas. Quant à l'astragalus giimmifer, que Labillardière a vu exploité sur le mont Liban, il ne produit qu’une gomme de qualité inférieure qui scia décrite ci-après sous le nom de gomme pseudo-adragante.
La gomme adragante existe dans les astragales dans un grand état de concentration ; car sa forme indique qu’elle a peine à se faire jour à travers l’écorce. Elle est en lanières ou en filets minces , contournés ou vermiculés. Elle est blanche ou Jaune , et opatpie. Elle est peu soluble dans l’eau ; mais elle s’y gonfle considérablement, eli absorbe une grande quantité, et forme un mucilage tenace et très épais. Elle est très usitée pour donner de la consistance aux loochs, et pour lier les pâtes que l’on destine à la préparation des pastilles.
On trouve dans le commerce deux sortes de gomme adragante, dont l’une est en suet.s ou en rubans déliés et ùeraifcttfe's, plus souvent jaunes que blancs. L’autre sorte, plus récemment connue, est en i»ia«|iies blanches , assez larges, marquées d’élévations arquées ou coiicenlric[ue.s. La différence entre ces deux sortes tient peut-être à ce qu’elles ne proviennent pas du même asti'agale (1) ; mais elle doit aussi être attribuée, au moins en partie, au mode d’extraction : la gomme vermiculée s’étant fait jour naturellement à travers l’écorce, tandis que la gomme en plaques doit avoir été obtenue par des incisions. Pour m’assurei' d’ailleurs si, indépendamment de la forme, il existait quel- ([ue autre différence enti'o elles , j’ai mis une partie de chacune en contact atec 48 parties d’eau. La gomme vermiculée s’est gonflée presque aussitôt et a bientôt occupé tout le volume de l’eau. Le lendemain la gomme en plaques, quoique gonflée, avait conservé sa forme, et n’était pas mêlée à l’eau ; mais par l’agitation, elle n’a pas tardé à, former un mucilage presque aussi épais que l’autre. Cependant il y a une différence entre les deux : le mucilage de la gomme en platjucs est presque transparent , plus lié et plus tremblant que l’autre , comme s’il
(1) D’après M. Th. Martins , la gomme vermiculée viendrait de Morée et serait produite par ['aslragalus creticus; là gomme en plaques serait tirée de Smyrne et serait due à l’astragalus verus.
/llü IMC.OTVI.fiDOMiS C.ALICII'I.OIIE.S.
contenait plus de gomme soluble; enfin, il sc colore à peine pai- l’iode : tandis que le mucilage de gomme venniculc'e prend une leinle bleue très manifeste par ce même réactif. Du reste, les deux mucilages étendus de 3 fois plus d’eau , conservent encore une certaine consistance gélatineuse uniforme , et les liqueurs filtrées jouissent des propriétés suivantes :
Teinture de tournesol ; rien.
Teinture d'iode; rien.
Oxalate d'ammoniaque ; trouble.
Alcool; y forme un précipité Iloconneux qui se rassemble en une seule masse opaque et muqueuse. Ce précipité , tout à fait distinct de celui que présente en pareil cas la gomme du Sénégal , montre (|ue c’est bien de la gomme adragante elle-même qui s’est dissoute dans l’eau, et non une portion analogue à la gomme Sénégal qu’elle pourrait contenir, comme cela a lieu pour la gomme d’acajou.
Eau de chaux ; rien.
Eau de baryte; la gomme est précipitée en flocons distincts et privés d’eau.
Acétate de plomb; rien.
Sous-acétate de plomb ; il se forme deux précipités : l’un pulvérulent , l’autre muqueux comme celui formé par l’alcool.
Proto-nitrate de mercure; précipité muqueux.
Quelle que soit la quantité d’eau froide que l’on emploie pour délayer la gomme adragante vermiculée , il en reste toujours environ la moitié qui ne se dissout pas, et cette partie insoluble bleuit fortement par la teinture d’iode. A la chaleur du bain-marie on obtient encore le même effet , c’est-à-dire une liqueur qui ne bleuit jias par l’iode et un résidu qui bleuit fortement; à l’aide de l’ébullition on obtient une dissolution plus avancée, mais non complète de la gomme; la liqueur alors bleuit par l’iode , mais la partie insoluble conserve toujours la même propriété dans un degré très intense. Quant à la gomme adragante en plaques, une ébullition suffisante dans une grande (pianlilé d’eau la dissout presque en totalité.
Le microscope peut nous donner une idée encore plus exacte de la nature de ces deux gommes adragante.'--.
La gominMc fine et vcrinicHice , diviséc daus l’cau , additionnée d’iode et examinée au microscope , présente :
1“ Une glaire sans limites visibles, parsemée de granules bleus d’amidon , sphériques et généralement d’un très petit volume ; à la lumière diffuse , cette glaire ne se manifeste que lorsqu’on imprime un tremblement à la table qui supporte l’instrument; alors tous les grains d’amidon qui appartiennent à une même glaire éprouvent un mouve-
tÉGUMINEUSES. hil
ment oscillatoire, en conservant leurs positions respectives , ce tjui est un indice du lien invisible qui les unit;
2“ Un gi aïul nombre de granules d’amidon isolés et libres au milieu de la liqueur, par suite de l’entière division de la matière gélatineuse ;
3° Des membranes gélatineuses, transparentes, légèrement colorées en jaune par l’iode , à contour fini et distinct , et représentant assez exactement un pétale de renoncule âcre. Ces membranes, que je suppose former un sac dans leur intérieur, sont parsemées de granules d’amidon réunis par groupes irrégulièrement disposés;
4" Des membranes plus compactes, épaisses, colorées en jaune, déchirées en parcelles distinctes , mêlées de granules d’amidon rassemblées en masses compactes;
5° Des fibres ligneuses.
Ces fibres ligueuses et les membranes compactes me paraissent accidentelles dans la gomme adragante. L’amidon lui-même, qui en fait partie nécessaire , comme corps végétal organisé, doit être isolé de la gomme proprement dite, lorsqu’on veut considérer celle-ci sous le point de vue chimique. Car il est évident que ce n’est pas lui , qui est inattaquable par l’eau , qui donne au mucilage de gomme adragante ses caractères particuliers ; la partie essentielle de la gomme adragante , celle à laquelle je donne, avec M. Desvaux, le nom A' adragantine , est la glaire gélatineuse du n" 1 , et celle du n° 2, qui , plus divisée encore dans le liquide, passe même à travers le filtre, et communique à la liqueur filtrée les propriétés que l’on a vues ci-dessus.
L’amidon de la gomme adragante diffère de ceux des céréales et des racines féculentes , en ce que ceux-ci sont composés d’un tégument plus ou moins insoluble et d’une substance interne très facilement soluble, tous deux colorables par l’iode; tandis que l’amidon de l’adragante paraît entièrement formé d’une matière dense organisée , qui cède à peine quelque peu de matière soluble à l’eau bouillante; aussi le résidu de l’ébullition dans l’eau de la gomme adragante vermiculée est-il formé A'ime grande quantité d'amidon, de fibres et de plaques ligneuses.
La gomiue adeaganie eu i>iaqucs , examinée au microscope dans les mêmes circonstances, ne laisse apercevoir que quelques grains d’amidon isolés (n°2), et quelques glaires gélatineuses (nM) parsemées d’amidon ; les parties les plus nombreuses , sans l’être encore beaucoup, sont des membranes pétaloïdes ( n" 3 ) , amincies , peu visibles, et offrant à peine quelques granules noirs imperceptibles; tout le reste a disparu par l’eau. [Jottrn. de chim. méd., t. VIII, p. 422. )
Suivant Bucholz , dont les résultats sont encore admis par beaucoup de chimistes, la gomme adragante est composée de 0,. 47 de gomme III. 27
/il 8 DICOTYLÉDONKS CALICIFLORKS.
soluble, semblable à la gomme arabique, et <le 0,43 d’une gomme
insoluble à froid , mais soluble dans l’eau bouillante. {Journ. de pharm. ,
t. II, p. 87.)
Ce que j’ai dit précédemment montre combien ces résultats sont fautifs , et l’on est étonné qu’ils aient été admis si généralement , quand on voit que Bucholz a traité cent grains de gomme adraganle par seize livres à’ c&a, que le traitement a duré au moins quinze jours, et que la masse du liquide a été évaporée sur le feu ; toutes circonstances qui ont dû altérer profondément le principe gommeux.
Plus récemment un chimiste français , dans un travail très étendu sur les gommes', a également admis que la gomme adragante était composée A'arahine, c’est-à-dire de gomme ideniiqiie avec celle d’Arabie, et de tesw’Mie, ou de gomme insoluble identiciue avec celle de Bassora ; mais ces résultats sont encore inexacts. La gomme adragante ne contient ni arabine ni bassorine, et est essentiellement formée par une matière organisée , gélatiniforme , qui se gonfle et se divise dans l’eau au point de pouvoir passer en partie à travers le lillrc , et (jui diffère beaucoup par ses caractères physiques et chimiques de la gomme arabique. Quant à la partie de la gomme adragante qui résiste même à l’ébullition dans l’eau . c’est, ainsi que je l’ai dit, un mélange d’amidon et de ligneux qui n’a rien de commun avec la bassorine.
(iouiiiie pscuilo-acli'aji:aiite «l Ooiiiiiic de Sassa.
Vers l’année 1830, je vis pour la première fois chez un commerçant une quantité considérable d’une gomme toute particulière , en masses mamelonnées, assez volumineuses, ou en forme d’ammonites; il y en avait aussi des morceaux qui représentaient pres(|ue exactement d’énormes limaçons retirés de leur cof|nille. Cette gomme est de couleur roussâtrc;sa surface est un peu luisante , et elle jouit d’une transparence plus marquée que la gomme adragante; elle en offre la saveur, mais mêlée d’âcreté; mise dans l’eau, elle y blanchit complètement, augmente de quatre à cinq fois son volume , y conserve à peu près sa forme et se dissout fort peu; la solution d’iode lui communique une couleur bleue très intense.
Bruce, dans son voyage en Abyssinie, a décrit un arbre nommé sassa {Inga sassa , AVilld.) , qu’il dit avoir vu chargé d’une si grande quantité de boules de gomme, qu’il en paraissait monstrueux. Cette gomme est rousse , d’un grain uni et serré ; elle se gonfle dans l’eau et y devient blanche; mais elle y conserve sa forme, ce qui la distingue de la gomme adragante , avec laquelle elle a d’ailleurs beaucoup de rapports. Les habitants s’en servent pour empeser les étoffes. Cette