FLORES
Los ruiacécs .so parlagcut en cinq tribus que beaucoup do botanistes considèrent comme autant do rauiillc.s distinctes.
tribu : ZYGOCiiYLLÉiîS. rieurs hermapbroditc.s , régulières ; pétales distincts; étamines en nombre double, à filets hypogynes , nus ou accom|)agués d’une écaille. Ovaire entouré de glandes ou d’un disque lobé ; à plusieurs loges pluri-ovulécs, indiquées par des.sillons; style simple. Fruit capsulaire se partageant en plusieurs coques ou en plusieurs valves scpliléres ; endocarpe ne se séparant pas du mésocarpe; embryon à radicule montante, entouré d’uii endosperme (le genre Ir i b ukis cxceplé . Tiges herbacées ou ligneuses. Feuilles opposées , stipulées , le plus souvent composées ; pédoncules axillaires. Genres Iribulus , faijonia, zygophyllum , porliera, fjiiaja-
2” tribu : iiuxÉES. Fleurs hermapliroditcs-régulièrcs ; 4 ou 3 pétales ; étamines distinctes eu nombre double { triple dans le peganum) , portées sur le support de l’ovaire ; ovaire simple, à moitié divisé en 4 ou 8 lobes et partagé en autant de loges pluri-ovulées ; style simple ou divisé par le bas pour communiquer avec les loges. F'ruit capsulaire, dont les loges, écartées par le haut, s’ouvrent intérieurement en loi me de «oques, ou extérieurement parleurs valves cloisonnées; embrjmn endospermé à radicule montante. Tiges herbacées ou peu ligneuses. Feuilles alternes , souvent simples et couvertes de points glanduleux transparents. Genres peganum , ruta , haplophgllum , etc.
3' tribu: DIOSMÉES. Fleurs hermaphrodites, régulières ou irrégulières ; calice à 4 ou 8 divisions ; corolle à 4 ou 3 pétales distincts ou qucbiuef'ois soudes, rarement nuis; étamines en nombre égal ou double , hypogynes , rarement périgynes; pistil nu à sa base, ou entouré d’un disque libre ou adhéient au fond du calice; plusieurs ovaires réunis ou distincts , dont les styles sont réunis entièrement ou seulement à leur sommet, pour former un seul stigmate divisé en autant de lobes. Fruit tantôt simple, composé de capsules réunies, mono- ou dispermes ; plus souvent formé de capsules séparées ; l’endocarpe se détache intérieurement du mésocarpe, à l’époque de la maturité , et se sépare en deux valves qui recouvrent les graines ; embryon privé ou pourvu d’endosperme. Tiges presque toujours ligneuses. Feuilles opposées ou alternes, simples ou pennées, sans stipules , souvent parsemées de points glanduleux. Genres galipea , ticorea, esenbeckia, diosma , diclamnus, etc.
4' tribu : zanihoxylées. Fleurs régulières, diclincs par avortement; calice à 3 , 4,^üu o divisions ; pétales en nombre égal , rarement nuis ; fleurs mâles pourvues d'étamines en nombre égal ou double , insérées autour du support d’un pistil rudimentaire ; fleurs femelles portant autour du pistil des filets stériles, très courts; plusieurs ovaires réunis et surmontés d’un seul style , ou plus ou moins séparés et portant autant de styles itlus ou moins réunis; 2 ou 4 ovules dans chaque ovaire. Fruit tantôt simple , charnu ou capsulaire, à plusieurs loges; tantôt composé de plusieurs drupes ou capsules mono- ou dispermes, dont l’endocarpe se détache en partie ; embryon endospermé , à radicule montante et à lobes aplatis. Tiges ligneuses. Feuilles alternes ou opposées , non stipulées , simples ou souvent pennées , souvent ponctuées. Genres brucea, zanlhoxylum , blackburnia , loddalia, pie-
RÜTACÉES.
S' tribu : simakübkes. Fleurs régulières , hermaphrodites ou diclines par avortement ; corolle à 4 ou 5 pétales hypogyncs , alternant avec les divisions du calice ; étamines en nombre égal ou double , insérées sur un disque placé sous l’ovaire ; 4 ou S ovaires implantés sur un disque commun , contenant chacun un seul ovule attaché au sommet de la loge, et portant chacun Un style , lequel , d’abord séparé , se réunit bientôt avec les autres , en un seul style , terminé par 4 ou b stigmates. Le fruit se compose de 4 ou 5 drupes séparés , quelquefois réduits h un nombre moindre par avortement; tous secs et indéhiscents, contenant une seule graine iicndante , privée d’endosperme cl contenant un embryon à lobes épais , entre lesquels s’enfonce la radicule. Tiges ligneuses. Feuilles alternes, non stipulées, simples ou plus souvent composées. Genres quassia, simaruba, siniaba, samadera , etc.
Gajac ofllcinal (Rg. 382).
Guajacum officinale L. Arbre très élevé, dont le tronc acquiert quelquefois 1 mètre de diamètre , et dont la croissance est si lente , qu’il lui faut plusieurs siècles pour acquérir cette dimension. 11 croît dans les Antilles, et principalement à la Jamaïque, à Saint-Domingue, à Cuba et à la Nouvelle-Providence, une des îles Lucayes. Les divisions des rameaux sont souvent dicliotomes. Les feuilles sont opposées , pinuées sans impaire, à 2, souvent à 3, très rarement à Zt rangs de folioles sessiles , ovales ou obovées , fermes, glabres , d’un vert clair. Les folioles extrêmes ont 3 ou Zi centimètres de long sur 2 de large ; les folioles d’en bas sont plus
petites et plus arrondies. Fig. 382.
Toutes ont une nervure médiane très apparente (jui les divise en deux parties à peu près égales, plus une nervure secondaire extérieure , parlant comme la |)remière du point d’insertion. Les nervures latérales, naissant de la médiane , sont opposées ou alternes. Les fleurs sont bleues, pédonculées , presque disposées en ombelles au sommet des rameaux. Le calice est à 5 lobes obtus ; la corolle est à 5 pétales; les étamines sont en nombre double , h filets élargis à la base. Le fruit est une capsule charnue, réduite à 2 loges par avortement, presque en cœur, élargie et amiitcie sur les deux côlés , tronquée au sommet ,
500 mCOXYLÉDONES THALAMIKEORES.
avec une petite pointe courbe. Chaque loge renferme une semence osseuse (une avorte le plus souvent) suspendue à l’angle interne, pourvue d’un endosperme crevassé et corné, entourant un embryon droit , formé de 2 cotylédons foliacés et d’une radicule supère.
Bois tic gayac officinal. Ce bois arrive en troncs d’un fort diamètre, ou en bûches assez droites, recouvertes quelquefois de leur écorce. 11 est très dur, bien plus pesant que l’eau (pes. spéc. : 1,33), formé d’un aubier jaune plus ou moins épais et d’un cœur brun verdâtre. Il est pourvu d’une structure santaline difficile à observer, à cause de sa grande compacité, mais qui consiste en ce que ses couches sont alternativement dirigées à droite et à gauche , et se croisent en formant avec l’axe un angle de 30 degrés environ. La coupe perpendiculaire à l’axe , étant polie , présente à la loupe une rayure rayonnante très fine et très .serrée, parsemée çà et là de gros vaisseaux coupés , remplis de résine verte; mais la plus grande partie des vaisseaux ligneux sont tout à fait inapercevables. Ce bois n’a pas d’odeur sensible à froid; mais lorsqu’on le râpe, il prend une légère odeur balsamique et sa poussière fait éternuer. Sa râpure a une saveur âcre et strangulante ; elle est jaunâtre et devient' verte au contact de l’air et de la lumière, ou lorsqu’on l’expose à la vapeur nitreuse. Toutes ces propriétés sont dues h la résine dont le bois est imprégné. Le bois râpé est usité en teinture alcoolique ou en décoction dans l’eau ; il fournit, à l’aide de ce dernier moyen, un extrait gommo-résineux , d’une odeur balsamique très marquée. Ce bois râpé est acheté par les pharmaciens, dans le commerce de la droguerie, où il est versé par les tourneurs, qui emploient une grande quantité de gayac pour faire des mortiers ou des pilons, des roues de poulies, des roulettes de lits , et beaucoup d’autres objets pour lesquels la dureté est une qualité essentielle. Comme alors ce bois peut être mêlé h de la râpure de buis , il convient de s’assurer do sa pureté , soit en l’exposant pendant un jour ou deux à la lumière, soit en l’exposant, sous une cloche, à la vapeur nitreuse qui le verdit presque instantanément.
On trouve dans le commerce plusieurs variétés de bois de gayac , également supposées appartenir au gayacum officinaln , et dont je no puis indiquer la différence d’origine. 'La première , que je regarde comme le gayac le plus ordinairement employé , est en bûches cylindriques a.ssez régulières qui, pour un diamètre de 18 centimètres , offrent un aubier de 20 h 23 millimètres, régulier et bien séparé du bois. Cet aubier est d’un jaune de buis avec des mouchetures vertes , du côté interne, dues h des vaisseaux résineux ouverts. Le cœur est d’un vert noirâtre foncé , ou en acquiert la teinte a la lumière. Ce bois est inodore, comme le suivant.
UUTACÉliS. 501
Je nomme le second bois gayac à couclics irrégulières. Il est irrégulièrement cylindrique et souvent sa coupe transversale représente la section d’une poire, faite du pédoncule à l’ombilic (Geoffroy); l’aubier est proporlionnellement plus épais que dans le premier, et la matière résineuse , qui donne au cœur sa couleur verdâtre , est très inégalement répartie et ne suit pas la régularité des couches ligneuses. Enfin , la résine est moins abondante et laisse voir par intervalles la couleur jaune naturelle du bois , qui , par suite également , n’acquiert pas une couleur aussi foncée par l’action prolongée de l’air et de la lumière.
Je nomme la dernière sorte de bois gayac odeur de 'vanille. J’en possède un tronçon de 22 h 25 centimètres de diamètre, complètement privé d’aubier, soit naturellement, soit par la main de Ehomme. Il est excessivement dense , serré et d’un vert noirâtre uniforme tellement foncé, qu’on a peine à en distinguer les couches. Il est onctueux et gras au toucher, et il conserve , meme entier, une odeur balsamique très analogue a celle de la vanille.
Écorce de gayac officinal. Il y a uiie dizaine d’années cfu’il est arrivé une quantité considérable de cette écorce dans le commerce. Gomme elle différait beaucoup de celle que j’y avais vue plus anciennement, je la considérai comme une fausse écorce de gayac , jusqu’à ce que je l’eusse retrouvée sur un tronc de gayac à couches irrégulières. Ainsi c’est une écorce de vrai gayac. Elle est en morceaux plats ou cintrés, très durs, très compactes , épais de 3 h 5 millimètres , couverts d’une croûte cellulaire un peu fongueuse etja,unatre, se séparant souvent par plaques de dessus le liber et y laissant des taches vertes ou brunes. Le liber est jaune , amer, très uni à l’intérieur. Cette écorce fournit avec l’alcool une teinture jaune qui ne verdit pas par l’acide nitrique , ce qui indique que sa matière résineuse n’est pas de même nature que celle du bois.
Voici , d’après Trommsdorff, la composition comparée du bois et de l’écorce de gayac :
Résine . . 26 2,3
Extrait piquant et amer . 0,8 û,8
Matière colorante jaune brunâtre ... 1 Zi,l
Extrait muqueux avec sulfate de chaux. 2,8 12,8
Matière ligneuse . 69, A 76
Ainsi que je l’ai dit idus haut , la résine de l’écorce est différente de celle du bois. '
502 niCOTYLÉDONlîS THAr,AMIFr.ORES.
Bcsinc de (;»yac oïlicinal. On peiil oI)tpnir ccttc résilie, dans les pharmacies, en trailant le bois de gayac râpé par l’alcool rectifié; mais celle du commerce est obtenue , soit en faisant des blessures à l’arbre , soit à l’aide delà chaleur, en réduisant le tronc et les principaux rameaux en bûches ejue l’on perce d’un large trou suivant l’axe du bois ; on place ces bûches sur le feu , de manière que la résine liquéfiée par là chaleur du bois qui brûle à l’extérieur puisse couler par le trou et être reçue dans des calebasses.
r,a résine de gayac du commerce est en masses as.sez considérables, d’un brun verdâtre, friables et brillaules dans leur cassure. Ses laines minces sont presque transparentes et d’un vert jaunâtre. Conservée dans un bocal de verre, elle devient d’une assez belle couleur verte par les surfaces qui regardent le joui-. Elle renferme ordinairement des morceaux d’écorce et d’autres débris du végétal ; elle se ramollit sous la dent, a une saveur d’abord peu sensible, qui se change bientôt en une âcreté brûlante dont l’action se porte sur le gosier ; elle a une légère odeur de benjoin qui devient très sensible par la pulvérisation ou par le feu : sa poussière excite fortement la toux.
La résine de gayac donne avec l’alcool une dissolution brune foncée, qui devient blanche par l’eau. L’acide chlorhydrique y forme un précipité gris cendré ; l’acide sulfurique un précipité vert pâle ; le chlore un précipité bleu pâle. L’acide azotique n’y produit d’abord aucun changement; mais, au bout de quelrpies heures, le liquide devient vert, puis bleu, enfin brun, et forme alors un précipité brun. Eu arrêtant à temps l’action de l’acide avec de l’eau , on obtient de même un précipité vert ou bleu. L’action de l’acide azotique légèrement rutilant sur la teinture de gayac peut fournir un caractère distinctif et journalier de cette résine avec les autres. Si l’on expose un papier imbibé de teinture de gayac dans un bocal au fond duquel on a versé un peu d’acide azotique jaunâtre , la vapeur qui s’en exhale suffit pour colorer le papier en bleu.
La résine de gayac a été le sujet des rccherchi s d’un grand nombre de. chimistes. Suivant âl. Unverdorben , elle est formée de deux principes résineux, dont l’un est très soluble dans l’ammoniaque aqueuse, et dont l’autre forme avec cet alcali un composé goudronneux qui ne, sc dissout que dans 6000 parties d’eau. D’après Thierry, ancien pharmacien de Paris, la résine de gayac contient un acide particulier nommé jar.iqiie, ([n'W a obtenu en dissolvant la résine dans de l’alcool à 56 degrés centigrades , et distillant la teinture pour obtenir les 3/4 du liquide employé. Il reste dans le bain-marie une liqueur acide et jaunâtre surnageant la résine. On sature la liqueur par de l’eau de baryte, on évapore à moitié, on filtre, et l’on y ajoute do l’acide sulfurique en quan-
IlUTACÉES. 503
lili! exaclemciil. iirci'ssairè pour précipiter la barylo. Ou évapore en consistance sirupeuse et l’on traite le produit par l’étiier sulfurique, (jLii dissout l’acidc giiajacique et le donne cristallisé, après son évaporation. On le purifie par subliinalion. Cet acide est donc volatil, soluble dans l’élber, l’alcool et dans l’eau ; il diffère des acides ben/oi(iue et cinnamique par une beaucoiq) ))lus grande solubilité dans l’eau et par ses combinaisons salines. M. Deville l’a trouvé composé de C’^D^OC
Enfin ce dernier chimiste a obtenu, par la distillation à feu nu de la résine de gayac, une huile cfssentielle analogue par ses propriétés et sa coniposition à l’essence d’ulmairc ou hydrure de salicyle. Cette essence, que M. Deville nomme, hydrure de guajacyle, est composée de C>'tH^O'*.
Gayac à fruit tetragonc.
Guajacum sanetim L- Cet arbre croît en abondance dans l’îlc de Saint-Domingue , aux environs du port de la Paix , dans l’île de Portnllico et au Mexique; c’est lui, très probablement , qui se trouve figuré par Hernandez sous le nom de hoaxacan. Decandolle lui donne des feuilles à 5 ou 7 paires de folioles ovales-obtuses , mucronées ; des pétioles et des jeunes rameaux sous-pubescents. Des auteurs plus anciens lui donnent un bois couleur de buis, presque privé de cœur plus foncé ; des feuilles d’un vert foncé , longues de 8 ou 9 lignes , larges de 3 ou U, et des fruits rouges, létragones, semblables à ceux du fusain. D’après ces caractères, je ne doute pas que ce ne soit cette espèce de gayac qui ait été rapportée de Guatimala par M. Bazire, en 183é {Journ. de yharm. , t. XX, p. 520 ). Les échantillons qu’il m’en a laissés, tous faibles qu’ils sont , me permettront de faire connaître cette espèce plus complètement qu’on ne l’a fait jusqu’ici.
Hameaux supérieurs et pétioles sous-pubescents; pétioles très grêles, de la grosseur d’un fil , offrant les marques de 3 à 5 paires de folioles, y compris la terminale; folioles sessiles , épaisses, d’un vert foncé, très entières et mucronées; elles sont presque linéaires, un peu élargies cependant par le haut et un peu recourbées en sabre, à cause de l’inégalité de leurs deux moitiés: la moitié intérieure étant dressée contre le pétiole et presque droite , et la moitié extérieure se développant en une courbe ellipsoïde. La nervure médiane est à peine visible, rapprochée du bord interne de la feuille et presque semblable à d’autres nervures qui partent comme elle du point d’attache, pour se diriger vers l’extrémité. Longueur des folioles, 12 à 15 millimètres; largeur, 5 ou ü.
Les irmifs sont rouges , formés de h coques monosperraes opposées en croix , élargies et amincies sur le bord , terminées chacune ])ar une pointe aiguë. Les semences ont à peu près la forme et la grosseur d’une
50^1 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.
graine de citron; elles présentent sous un épisperme assez mince, blanc et peu consistant, un endosperme épais, corné, demi-transparent , d’une grande dureté, renfermant un embryon jaunâtre, à cotylédons foliacés.
Le bois, dont je n’ai qu’un simple éclat , est d’une couleur fauve uniforme ; il a une structure fibreuse et éminemment santaline ; néanmoins il est excessivement dur et compacte. Il a un aspect corné et il est translucide sur les bords. 11 ne change pas à la lumière. Sa coupe transversale polie présente la même rayure fine et rayonnante que le gayac officinal , mais parsemée d’un très grand nombre de points blanchâtres, provenant de la coupe des vaisseaux ligneux.
L’écorce cst recouverte d’un périderme crevassé noirâtre, recouvert par place d’une couche blanche crétacée. Le liber est très dur et formé de couches serrées , d’un gris noirâtre et livide. Cette écorce est toute couverte d’une résine transparente et d’un jaune verdâtre, dont il existe également quelques larmes détachées. Je pense avoir trouvé dans le commerce l’écorce et la résine de cet arbre.
Atncicniic écorce cic gayac. Cette écorce SC trouvc asscz bien décrite dans la Matière médicale de Geoffroy, qui l’attribue aussi au gayac à fruit tétragone. Elle est en larges morceaux cintrés , épais de é à 8 millimètres. Elle est pourvue â l’extérieur d’un périderme jaunâtre, fongueux et crevassé, qui s’enlève naturellement par petites plaques, en laissant des impressions en forme de coquille de différentes couleurs, et quand c’est le liber qui est mis à nu , il apparaît avec une couleur verte noirâtre. Le liber est aussi dur et aussi compacte que du bois, d’une couleur noirâtre et livide à l’intérieur. Sa surface interne est tantôt grise, tantôt noirâtre, offrant l’impression des fibres ligneuses de l’aubier, et quelquefois sillonnée de rides réticulaires , ainsi que le dit Geoffroy. Cette écorce est amère, peu résineuse et colore à peine l’alcool rectifié. Un papier trempé dans la liqueur et desséché ne se Colore ni à l’air ni à la lumière.
itésinc «le gayac en larmc.^. J’ai trouvé quelquefois cctto résine dans le commerce , sous la forme de larmes détachées , arrondies , presque transparentes et d’un jaune verdâtre. Écrasée sur le papier, elle devient à l’air d’un vert d’émeraude. Elle est si parfaitement semblable à celle rapportée par M. Bazirc, que je ne doute pas qu’elle ne soit produite par le (juajacum sanctum.
âl. Anthoine , négociant français que j’ai déjà cité ( page /i03 ) , m’a fait don d’un morceau de bois de gayacan {yuajacum arboreum ÜC.).
litJTACÉES.
11 provient d’un tronc tortueux , dépourvu d’écorce , qui , pour un diamètre de 26 centimètres, ne présente que 5 millimètres d’un aubier blanc et très régulier. Le bois est d’un fauve verdâtre , très nuancé par couches concentriques , avec un second cœur intérieur plus foncé. 11 se fonce lentement à l’air et tend à se rapprocher de la couleur du gayac officinal. Il est beaucoup plus âcre que les autres lorsqu’on le travaille, et l’ouvrier qui l’a poli l’a gratifié du nom de gayac lyique-Wiz. Sa coupe transversale présente une rayure fine et rayonnante , en lignes droites , non ondulées , et d’innombrables vaisseaux ligneux très petits, blanchâtres, disposés par petites lignes tremblées, dirigées dans le sens des rayons. Ce dernier caractère , qui est exceptionnel dans les bois de zygophyllées , forme au contraire le caractère distinctif et presque général des bois de sapotées (t. II, p. 543).
Chili , Porliera hygrometrica R. P. Guillemin m’a remis sous ce nom une tige d’arbre de 5 centimètres de diamètre , pourvue d’une écorce très rugueuse, grisé à la surface, mince, dure, compacte et d’une couleur noirâtre à l’intfricur. L’aubier est d’un jaune pâle et très dur. Le cœur est également très dur et très pesant; il est d’un vert noirâtre, devenant presque noir à l’air; la teinture alcoolique, séchée sur un papier, verdit à la lumière , comme celle du gayac.
Je mentionnerai , à la suite des bois de gayac , trois bois d’ébénisterie qui s’en rapprochent parleur dureté et leur grande densité , mais dont l’origine m’est inconnue. Le premier porte le nom de bois d’Ccainc. Je l’ai vu en morceaux équarris de 13 centimètres d’épaisseur, offrant sur les angles un reste d’aubier blanc , très dur et prenant le poli de l’ivoire. Le bois lui-même est fauve, noueux, très dur, très pesant, translucide lorsqu’il est en lame mince ; le tronc de l’arbre devait être tortueux et épineux. Le second bois portait , dans l’ancien droguier de l’Ecole, le nom de bois de gayac ; mais j’en avais, de mon côté, un morceau également fort ancien, étiqueté vrai grcnadillc. Ce bois est fort différent du grenadille ordinaire du commerc.', que j’ai attribué au brya ebenus (jj. 329). L’échantillon de l’Ecole représente un tronc de 10 centimètres de diamètre, très irrégulier dans sa forme et ayant des angles rentrants. Il porte les débris d’une écorce noire au dehors, jaunâtre en dedans, mince , légère et fibreuse. L’aubier est épais de 13 millimètres , de couleur de bois de noyer clair. Le cœur est de couleur de noyer foncé , avec des veines brunes irrégulièrement dessinées. Le mérite de ce bois consiste moins dans sa couleur que dans sa grande dureté et dans la beauté de son poli. L’ancien échantillon que j’en ai pèse 1,201 ; l’aubier en est très mince et de couleur de buis ; le cœur est de couleur de noyer très foncé ; le poli est égal à celui de l’ivoire ; ce bois est amer. La coupe transversale présente une rayure rayonnante de la plus grande fine.sse sans aucune apparence de tubes ligneux. Le dernier bois porte dans le commerce le nom de grenadille et est supposé être de même origine que le grenadille de Cuba. Je le nommerai ttrenadiilc jaune. Je l’ai sous la forme d’une petite bûche de 7 centimètres
506 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.
(le diamètre , pourvue d’une écorce dure cl compacte, assez .semblable à celle du gayac, mais beaucoup moins dure. L’aubier est jaune cl épais de 15 millimètres ; le cœur est d’un jaune brun. La coupe transversale présente une rayure très fine et rayonnante, parsemée de points blanchâtres très petits et très nombreux. Ce bois est susceptible d’un poli moins parfait que les deux précédents.
Ituc omciualc (fig. 3S3).
ItiUa grcweolem L., tribu des rulées. — Car. gén. : Calice à fi divisions; corolle à fi pétales concaves; 8 étamines; 8 pores ncctarifères à la base de Tovaire; 1 style: 1 capsule polysperme à fi lobes et à fi loges (la fleur terminale a une cinquième partie de plu.s. — Car.
spéc. : Feuilles décomposées ; lobes oblongs, le terminal obové; pétales entiers ou sous-dentés.
La rue est cultivée dans les jardins, où elle s’élève jusqu’à 12 ou 16 décimètres; elle répand une odeur forte, aromatique et désagréable. Elle est sudorifique , anlbclraintiquc et emménagogue.
On l’emploie verte ou sèche; on en relire l’buile volatile ; on en fait une eau distillée , une huile et un vinaigre par macération , etc.
L’e.ssence de rue est d’un jaune verdâtre , un peu épaisse , d’une odeur très désagréable et d’une saveur âcre et amère. Elle pèse 0,887; elle ne rougit pas le tournesol ; elle distille à 220 degrés. Sa composition répond a la formule C28n28o3.
Feuilles (le Biiclui.
Les feuilles de l*iiclni, Imoco ou i»occo, sont produites par plusieurs espèces de diosma , arbrisseaux aromatiques du cap de Bonne- Espérance , qui appartiennent à la tribu des diosmées; mais c est principalement le diosma crmata L. [barosrna crenotn YVilld. ) tpii paraît fournir les feuilles que l’on trouve dans le commerce.
Le diosma crenata (lig. 38fi) est un arbrisseau haut de 60 à 100 centimètres, garni de feuilles alternes très couiTement pétiolées ,
Fig. 383.
IlUTACliliS. 507
longues de 25 millimètres, ovakis- oblongiies , finement crénelées, entièrement glabres, rigides, d’un vert sombre en dessus, plus pfdes en dessous, aven quelques nervures obliques peu apparentes. Ces feuilles sont couvertes de glandes transparentes, indépendamment d’une étroite marge transparente tout autour. Ces pédoncules .sont à peu près aussi longs que les feuilles; le calice est à 5 divisions vertes et un peu pourprées ; la corolle est à 5 pétales bleuâtres, ouverts, courlemcnt onguiculé.s. Les étamines sont au nombre de 10 , dont 5 fertiles , alternes avec les pétales , et 5 opposées stériles, plus courtes de moitié, pétaloïdes, ciliées, obscurément glanduleuses au sommet. Il y a 5 ovaires réunis etauriculés au sommet , uniloculaires , contenant 2 ovules superposés, suspendus à l’axe central. Le style est unique, central, plus long que les étamines, atténué au sommet, terminé par un stigmate à 5 lobes. Le fruit est une capsule pentacoque , à coques un peu comprimées, auriculées au sommet du côté extérieur, couvertes de points glanduleux; l’endocarpe est cartilagineux , séparé du mésocarpe , s’ouvrant en 2 valves élastiques, monosperme.
Les feuilles de buchu du commerce sont mélangées de pétioles et de fruits. Elles sont douces au toucher, un peu brillantes, finement crénelées et chargées, principalement vers le hord et à la face inférieure, de glandes pleines d’huile, volatile. Leur odeur est très forte et analogue à celle de la rue ou de l’urine de chat ; leur goût est chaud , âcre et aromatique. L’essence est d’un brun jaunâtre , plus légère que l’eau , d’une odeur semblable h celle, des feuilles.
Les feuilles de buchu sont toniques, stimulantes, diurétiques et diaphoréliques. Elles itaraisseiU exercer une influence particulière sur les organes urinaires.
DICOTYLÉDONES ÏHALAMIFLOliES.
Racine rtc DIclainc blanc ou rte Fraxiiicllc.
Dictamnus albus L. (fig. 385). Tnbu des diosmées. Cette belle plante croît surtout dans le midi de la France et en Italie. Ses tiges simples, rondes, flexibles et fermes cependant, s’élèvent h la hauteur de G5 centimètres. Ses feuilles sont alternes, impari-pinnées , vertes, luisantes et fermes ; elles ressemblent , pour la forme , h celles du frêne , ce qui a valu h la plante son nom de froxinelle. Ses fleurs sont
disposées en grappes a 1 extré Fig. 38b.
a voulu s’assurer de la réalité di
ite des tiges ; elles sont pourvues d un calice h 5 divisions et tombant ; d’une corolle h 5 pétales irréguliers , développés , blancs ou purpurins , et marqués de lignes rouges plus foncées; les étamines sont au nombre de 10, à filets abai.ssés et couverts de poils glanduleux ; le style est décliné, le stigmate est simple. Le fruit est formé de 5 carpelles réunis au-dessous du centre , et dispermes. Toute la plante est très odorante, et l’on assure que l’émanation d’huile volatile qui s’en échappe , dans les pays méridionaux et par les soirées chaudes de l’été , est assez concentrée pour être quelquefois enflammée par l’approche d’un flambeau ; de sorte que la plante s’enveloppe pour un instant d’une auréole de feu. M. Biot, qui fait , n’a pu qu’enflammer succes¬
sivement, par l’approche immédiat d’un corps en ignition, les nombreuses utricules huileuses qui recouvrent toutes les parties supérieures de la plante, sans que cet effet soit devenu général, et surtout sans que jamais l’émanation odorante qui entoure naturellement le végétal ait pu s’enflammer par l’approche d’un flambeau {Ann. chim. phys., t. L, p. 386). D’autres personnes pensent cependant que le fait a pu être observé dans des contrées plus méridionales.
La racine de dictame est usitée en pharmacie , et seulement encore l’écorce mondée de la racine. On nous l’envoie toute préparée du fllidi ;
elle est blanche , roulée sur elle-même , d’une odeur presque nulle et d’une saveur amère. Elle fait partie de la poudre de Guttète. On donne
ItUTACÉES. 509
souvent en place, dans le commerce, le meditulliim même de la racine privée de son écorce. C’est une petite tromperie facile îi reconnaître.
Écorce fl’Auguslure vraie.
L’emploi de cette écorce , en Europe , ne remonte pas au delà de l’année 1788. Elle fut d’abord apportée en Angleterre de l’île de la Trinité, où l’arbre qui la produit avait été transporté des environs d’Aiigostura , ville de Terre-Ferme.
De même que la plupart des drogues exotiques , elle a été attribuée successivement h différents arbres, et entre autres au mo.gnolia glauca L.: mais il a été reconnu par MM. de Humboldt et Bonpiand qu’elle était produite par un arbre de la famille des rutacées, qui a reçu d’eux le nom de cusparia febrifuga , et qu’ils ont trouvé formant d’immenses forêts sur les bords de l’Orénoque. C’est ce même arbre qui a été nommé depuis par AYiUdenow honplandia trifoliata, et par Uccandolle gaiipea cusparia {Prodrennus II, 731). Cependant , d’après le docteur Hancock, ce ne serait pas le gaiipea cusparia qui produirait l’écorce d’angusture vraie ; ce serait une espèce voisine , qu’il a décrite et nommée gaiipea officmalis.
Voici les caractères du genre gaiipea : Calice court, cupuliforme, à 5 divisions. Corolle à 5 pétales , hypogynes , linéaires , inégaux , très souvent réunis par le bas en un tube pentagone. 5 étamines , rarement plus ou moins, plus ou moins adhérentes aux pétales , très rarement toutes fertiles; 5 ovaires insérés sur un disque déprimé, à 10 dents peu marquées , libres ou soudés par leur angle central , uniloculaires. Ovules doubles, superposés, attachés à la suture centrale, le supérieur a.scendaut, l’inférieur pendant; 5 styles distincts par la base, soudés au sommet. Capsule réduite à une ou deux coques monospermes , par avortement, bivalves, à endocarpe séparable et s’ouvrant avec élasticité ; semence réniforme , à test coriace ; embryon privé d’endosperme, homotrope, pourvu de deux grands cotylédons auriculés à la base, plissés, roulés l’un sur l’autre.
Le gaiipea cusparia DC. (fig. 386) , est un arbre majestueux , de 20 h 25 mètres d’élévation. Ses feuilles sont composées d’un pétiole long de 30 centimètres environ, terminé par trois folioles sessiles, ovales-lancéolées , aiguës, très aromatiques, dont celle du milieu égale la longueur du pétiole.
Les fleurs forment des grappes pédonculées vers l’extrémité des rameaux; elles sont blanches et pourvues, à l’extérieur, de fascicules de poils situés sur des corps glanduleux. Les étamines sont mona-
510 DICOTYLÉDONES TIIALAMIFl.OKES.
(lelplu'S , au nombre de 5 , dont une ou deux sculenieiU sont fertiles et les autres privées d’autlières.
Le fjalijjea ufficinulis liane, est un arbrisseau haut de 4 à 5 mètres, le plus ordinairement, et dont la taille n’excède jamais 10 mètres. Il a les feuilles trifoliées , et les folioles oblongues, pointues aux’deux extrémités, longues de 15 à 25 centimètres, portées sur un pétiole de même longueur. Les fleurs sont blanches et poilues ; les étamines distinctes , au nombre de 1 ou 2 fertiles , et de 1 à 5 stériles.
Les caractères extérieurs de l’écorce d’angusture sont variables , et on la trouve sous trois formes dans le commerce :
1“ Il y en a des morceaux courts, plats, minces, plus ou moins larges, recouverts d’un périderme gris - jaunâtre , mince et peu rugueux ; leur cassure est d’un brun jaunâtre, nette, compacte et résineuse; leur surface intérieure est d’un jaune fauve souvent rosé, et se divise facilement par feuillets : leur odeur et leur saveur sont un peu moins fortes (juc celles des variétés suivantes.
2" On en trouve d’autres morceaux qui sont longs de 16 à li() centimètres; qui ont une odeur forte, aninialisée, très désagréable; qui sont roulés et recouverts d’un périderme épais , fongueux , blanc et conune limoneux. Dessous ce périderme est l’écorce proprement dite, qui est brune, dure, compacte, et qui casse net sous la main. Cette écorce a une saveur amère , sur laquelle domine le principe odorant et nauséeux ; cette saveur passée, il reste à l’extrémité de la langue une impression mordicanic qui excite la salivation.
3° Enfin, on trouve des morceaux d’angusture qui tiennent le milieu entre les précédents, c’est-à-dire qu’ils sont plus longs, moins plats et plus épais que les premiers ; que leur enveloppe extérieure est grise , peu épai.sse et peu fongueuse , et qu’ils ont la même saveur et la même odeur que les derniers. Toutes ces écorces peuvent provenir du même arbre croissant dans des expositions différentes.
lUiTAC.ÉES. 511
La poudre d’angiislnrc a une couleur prcsriue senihlable à celle de la poudre de rhubarbe; sou infusion dans l’eau (!Sl très colorée, amère, odoranle el nauséeuse, comme l’écorce. Ses pro[)riétés médicales .sont d’èlre fébrifuge et anlidysseutérique.
lM. Saladiu a constaté dans l’écorce d’anguslui-e la présence d’un pi incipe amer cristallisable, auquel il a donné le nom de cusparin. Ce corps est blanc, non acide ni alcalin , insoluble dans l’éther et dans les huiles fixes et volatiles , très peu soluble dans l’eau , très soluble dans l’alcool à 0,835 de densité. Le cusparin , quoitiue non alcalin , se dissout avec facilité dans les acides affaiblis; l’acide sulfurique concentré le colore en rouge brun et le nitrate acide de mercure en rouge pour|)re, propriétés qu’il partage avec la salicine et qui les distinguent l’une et l’autre de la quinine [Journ. chim. næd., t. IX, 1833, p. 388).
J’ai raconté, dans le volume précédent (page 514) , comment, vers l’année 1807 ou 1808, de graves symptômes d’empoisonnement s’étant manifestés à la suite de l’usage de l’écorce d’angusture, on découvrit que cette écorce avait été mélangée d’une autre écorce fort dangereuse, qui fut désignée sous le nom de iansse angusturc, et qui fut reconnue plus tard pour être celle du sfryclinos nux-vomica. Cette écorce, qu’il importe beaucoup de distinguer de la véritable angusture, est beaucoup plus épaisse que celle-ci ; elle est compacte , pesante et comme racornie par la dessiccation. Sa substance intérieure est grise et son épiderme varie : tantôt il est peu épais, non fongueux, et est d’un gris jaunâtre , marqué de points blancs proéminents; tantôt il est fongueux et d’une couleur de rouille de fer. Du reste , cette écorce est inodore, et .sa saveur, qui est infiuimcnt plus amère que celle de la vérit.ible angusture , persiste très longtemps nu palais sans laisser d’àcreté à l’extrémité de la langue. Sa itoudre a une couleur bien différente de l’autre, car elle est d’un blanc légèrement jaunâtre.
Pour mettre encore mieux à même de distinguer ces deux écorces , je rappellerai la comparaison de leurs infusés aqueux que je fis il y a déjà beaucoup d’années. Elle pourra être utile , nonobstant des travaux plus récents faits sur ces mêmes écorces.
j’ai fait macérer pendant dix-huit heures U grammes de poudre de chacune des deux angustures dans 90 grammes d’eau, et j’ai filtré. Le résidu de l’angusture vraie avait encore une odeur et une saveur très fortes ; l’autre était toujours très amer.
DIGOTYLÉDOINES THALAMIFLORES.
De l’écorce.
Nulle.
Orangée; moilié moins l'on-
iTeinture de tournesol.
'Nitrate de baryte, ■pxalate d’ammoniaque.
Nitrate d’argent.
IlDeutochloruro de mercure.
ISulfate de fer.
d’acide nitrique ne dis
Précipité très aboii dant , blanc jaunâtre.
Précipité très abon
Précipité gris blan
châtre, très abondant, trouble léger.
Rien : l’acide chlorhy- Trouble léger , qui n’augdrique y forme ensuite mente pas par l’acide chlorhyun précipité jaune très drique ; la liqueur prend un abondant. aspect verdâtre. |
Précipité jaunâtre très Précipité blanc extrême-' abondant. ment abondant.
Rien. Rien.
!. Eu petite ou en grande Une petite quantité donne quantité , la liqueur sc une couleur vort-boutcillc fonce en orangé avec une une grande quantité , une] teinte verdâtre et préci- couleur orangée foncée avec pite ; l’acide nitrique ré- une teinte verdâtre ; la liqueur tablit la couleur primi- reste transparente. L’acide tive. nitrique ajouté peu à peu ré-jj
lablit la couleur vert - bouteille, puis celle de l’infusion.
En petite ou en grande En petite quantité, couleur quantité, couleur plus vert -bouteille transparente; foncée , légèrement ver- en plus grande quantité, coudâtre et grand trouble ; leur jaune légèrement verl’acide nitrique rétablit dâtre et léger trouble. L’ala couleur primitive. eide nitrique rétablit d’abord la couleur vert-bouteille, iniis la couleur de l’infusion , mais affaiblie.
Une petite quantité lîn petite quantité, couleur
trouble fortement la li- affaiblie , liqueur transpa-j queur ; couleur affaiblie; rente ; en grande quantité, en grande quantité , li- liqueur rouge transparente, queur rouge transpa-
En petite quantité , Rien,
trouble fortement ; un excès redissout le précipité sans rougir la li-
IlUIACÉES. 513
La leinlure do lounicsol , le sulfate de fer, le cyanure ferroso-polassique, aidé de l’acide chlorhydrique, et les alcalis, oirrenl les meilleurs moyens pour distinguer la véritable anguslure de la fausse.
On emploie au Brésil , comme fébrifuges et comme succédanées des quinquinas et de l’angusture , les écorces de plusieurs arbres ou arbrisseaux de la tribu des diosmées : tels sont le ticorea febrifuga St-Hil., dit 1res folhas brancas; Vesenbeckia febrifuga Mart., mmmk très fol bas vernielhas, larangeh'a do mato, quina et angostura; Vhortia brasiliana Vell. , dit quina do Canipo , etc. J’ai dit précédemment (p. 175) que j’avais reçu d’Allemagne , sous le nom &' esenbeckia febrifuga, une écorce tellement semblable à celle des exostemma, qu’il me paraît bien difficile qu’il n’y ait pas eu confusion entre elles.
Écorce de Clavaller jaune ou d’Épineiix jaune des Antilles.
Zanthoxylwn clava-Berculis L. , zanthoxylum caribœum Lamk. ; tribu des zanthoxylées.
Celte écorce a plusieurs traits de ressemblance avec la véritable anguslure; elle est mince, pourvue d’une odeur semblable, et elle offre une saveur amère très désagréable, qui laisse une impression d’âcreté au bout de la langue et qui porte à la salivation. Elle s’en distingue facilement cependant , parce qu’elle est d’un jaune serin et qu’elle colore la salive en jaune ; enfin elle est formée à l’intérieur de lames fibreuses qui l’empêclient de casser net.
L’écorce de clavalier jaune a été analysée par MM.' Clievallier et G. Pelletan, qui en ont retiré le principe amer et colorant à l’état cristallisé, et l’ont nommé zanthopicrite. L’écorce est fébrifuge et tinctoriale, mais peu usitée.
On a longtemps confondu avec l’espèce précédente le zanthoxylwn fraxinewn\(., qui croît dans l’Amérique septentrionale. Si les caractères botaniques ont permis celle confusion , ceux de l’écorce auraient suffi pour distinguer les deux arbres. L’écorce du zanthoxylum fraxineum est formée d’un épiderme gris, ridé transversalement par la dessiccation * et d’un liber presque blanc , d’une saveur faiblement mucilagineuse d’abord , qui se termine par une forte âcreté et qui excite la salivation. Les Américains nomment V ü\'h\'o iooth-ache tree (arbre au mal de dent) , otprickly ash, ou frêne épineux.
La plupart des autres espèces de zanthoxylum , et principalement celles qui appartenaient au genre fagora L., à présent réuni au premier, sont pourvues , dans toutes leurs parties , d’un goût de poivre aromatique cl brûlant, qui les fait servir d’épice dans les différents pays où elles croissent. Les plus connues sont : le fagara d’Avicenne, dont lit. 33
514 DlCOTYLÉDOKIiS TH ALAMIFI.ORIiS.
Clusius a figuré les fruits dans sca Exoticœ (lib. I, cap. xxiil);lc fayara heterophylla Lanik., croissant à l’île Bourbon , et le fagara pipurita L., que l’oii trouve décrit et figuré par Kænipfer, dans ses Amœnitates (p. 892 et 893 ). Tous les fruits de ces espèces paraissent être de petites capsules charnues , de la grosseur d’un grain de poivre à celle d’un très petit pois , tuberculeuses h leur surface , simples ou didynies, contenant une semence noire , luisante et peu aromatique , le principe actif résidant surtout dans l’enveloppe glanduleuse de la capsule. Mais j’en possède une espèce dillérenie, faisant partie d’une collection de plantes de la Chine, que je décrirai aussitôt que le temps me le permettra, mais dont j’extrais ce qui a rapport au fruit en question.
lloa-tsiao (tleur-poivre). Ce fruit, dans son état normal, me parait composé de 4 capsules sessiles à l’extrémité d’un pédoncule; mais il est rare que ces capsules se développent complètement toutes les quatre, et le ])lus que j’en aie trouvé, c’est trois avec une quatrième moitié moins grosse que les autres. Le plus ordinairement il n’y en a que deux et souvent une seule ; mais la différence que je trouve entre celte capsule solitaire et celles qui ont été décrites par d’autres auteurs, c’est qu’elle est constamment accompagnée à la base de 1, 2 ou 3 tubercules , qui représentent autant de capsules avor-
Les capsules développées sont de la grosseur d’un grain de poivre. Elles sont formées d’un mésocarpe tuberculeux, rougeâtre, translucide, âcre et très aromatique , enveloppant une coque blanche , de la consistance d’un parchemin, soudée avec lé mésocarpe dans la plus grande partie de son étendue. Tous deux s’ouvrent par une fente qui part du point d’attache interne , où les ovaires se touchaient, s’élève et se prolonge du côté externe, jusqu’aux trois quarts de la circonférence, et se termine vers la partie inférieure externe, par une petite couronne qui indique la place de l’insertion du style. L’ovaire était cependant formé de 4 carpelles accolés, dont les styles devaient partir de leur sommet et plutôt du côté interne ; mais chaque carpelle, en se développant , a éprouvé une évolution qui a porté le point d’insertion du style tout à faitau dehors du fruit. Dans chaque capsule ouverte, l’endocarpe présente seulement un commencement de séparation du côté interne. La semence est noire , luisante, portée sur un funiculc qui, en s’allongeant, a porté la base de la graine à la partie supérieure de la capsule, ainsi que Iq^eprésenle \e zanthoxylumearolinianum [[garé pav üærlner (tab. LXVIll). La semence est dure sous la dent et n’a qu’un léger goût huileux. Ce fruit, qui justifie la réunion opérée entre les fayara et les zanthoxylum, me paraît appartenir au jamma sansjo de Kæmpfer, p. 893.
Bois «le Qiiassl amer ou Bois amer «le Surinam,
Quassia amcœa L. , tribu des siiiiarüubées. Ce végétal a pris le nom d’iiti nègre de Surinam , nommé Quasai , qui , louché des bons procédés de Charles-Gustave Dahlbcrg, officier de la milice hollandaise, lui
UUTACÉI.S.
fit connaître les propriétés de la racine de l’arbre, qu’il appliquait depuis longtemps , en secret , à la guérison des fièvres pernicieuses. Dahlberg communiqua cette découverte à Linné, qui en fil le sujet d’une dissertation imprimée dans le sixième volume des Amœnitates acadernicœ , p. 516.
Le quas.si ou quassia (fig. 387) est un arbrisseau de la Guyane, à feuilles alternes, péliolées, composées de une ou deux paires de folioles avec impaire, l.es folioles sont sessiles, oblongues , pointues aux deux extrémités, glabres et entières; les pétioles sont ailés et articulés à l’endroit de l’insertion des folioles. Les fleurs sont hermaphrodites , disposées en grappes allongées , presque unilatérales ; le calice est fort petit, à 5 divisions profondes ; la corolle est assez grande et formée de 5 pétales rouges, contournés avant l’anthèse.
Les étamines sont au nombre de 10, accompagnées d’une écaille à la base interne des filets , qui sont fort longs et contournés. L’ovaire est formé de 5 carpelles surmontés d’un style simple. Le fruit est formé de 5 drupes ovoïdes isolés , portés sur un disque, contenant une semence pendante, privée d’endosperme.
Le bois de quassia que l’on trouve dans le commerce provient de la racine; il est sous forme de bâtons cylindriques, de 35 à 55 millimètres de diamètre, couverts d’une écorce unie, très mince, très légère, très amère, blanchâtre, tachetée de gris, peu adhérente au bois. Celui-ci est d’un blanc jaunâtre , léger, d’une texture assez fine cependant et susceptible d’un assez beau poli. Il est inodore, pourvu d’une amertume forte et franche, due à un principe cristallisable, nommé qmssine, qui en a été extrait par M. Winckler et examiné par M. Wiggers. La quassine est fort peu soluble dans l’eau, plus soluble dans l’alcool et
516 DICOTYI.ÉDONES Tll ALAMIFLOUKS.
(Inns l’clhcr, ftisililc par l’action de la chaleur; elle paraît composée de C2»ll'2ûC.
J’ai trouvé à Londres un morceau de tronc de ejuassia ayant 9 centimètres de diamètre, et pourvu d’une écorce toujours très mince, blanche à l’intérieur, couverte d’un épiderme d’un gris noirrure; le bois est d’un jaune très pâle, un peu moins serré que celui de la racine, mais susceptible encore d’un beau poli cl satiné. 11 ferait un joli bois d’ébénisterie (1).
Qiiassia de la Jaiual<(ue*
Pierœna excelsa Lindley, simaruha excelsa ,DC. , quaasia exccha Svvartz. Arbre d’une grande dimension , pourvu de feuilles pinnées avec impaire. Les fleurs sont petites, d’un jaune verdâtre, polygames; le calice est petit , à 5 divisions; la corolle a 5 pétales plus longs que le calice; les étamines sont au nombre de 5, aussi longues que la coi'olle, velues; 3 ovaires placés sur un réceptacle charnu; 3 fruits drupacés, globuleux, bivalves, implantés sur le réceptacle.
Le bois de cet arbre a été introduit dans le commerce, pour être substitué au quassia de Surinam. Il arrive en bûches qui ont souvent 35 centimètres de diamètre. Il est couvert d’une écorce très amère , épaisse de 1 centimètre environ, blanche et fibreuse à l’intérieur, mais cependant dure et compacte; l’épiderme est mince.et noirâtre. La surface extérieure présente des stries longitudinales et souvent des nervures proéminentes, formant une sorte do réseau lâche, longitudinal; la surface intérieure, qui est blanche, présente souvent aussi des nervures longitudinales et un peu ailées qui pénètrent dans le bois. Celui-ci est d’un jaune plus prononcé que le bois de quassia de Sui inam; mais il est d’une fibre beaucoup plus grossière , et moins susceptible de poli. Cependant comme il est satiné, qu’il présente des dimensions considérables et que sa grande amertume le rend inattaquable par les insectes, il pourrait être très utile dans la menuiserie. Il a une amertume au moins aussi forte que celle du qua.ssia de Surinam et ne paraît pas lui être inférieur sous le rapport de l’application médicale.
(1) M. Ihéodore Marlius m’a envoyé , sous le nom de quassia de (upunipo ou quassia paraensis , une racine qui re.ssemble beaucoup au quassia amara, mais que son frère pense être la racine d’un arbrisseau grimpant nommé tachi {lachia gmanensis Anbl.), de la famille des genlianées. Celle racine diffère de celle de quassia par son écorce plus épaisse et adhérente au bois ; par une teinte plus grise à l’intérieur et par des taches bleuâtres offertes par la coupe transversale ; enfin par une structure rayonnée que ne présente pas le
UUTACÉliS.
Écorce rtc Siinaroiiba.
Siinariéa officincdis DC. , simaruba amara Aubl., quassia siniarubah. Le simarouba (fig. 388) s’élève à 20 mèlres de hauteur et plus, sur un tronc de 8 décimètres de diamètre. Son écorce est assez épaisse, blanclie , fibreuse, légère et poreuse à l’intérieur, rugueuse à sa surface et couverte d’un épiderme mince , noir,' couvert de taches grises et blanches. Le bois est blanchâtre, fibreux, léger, à peu jiiès semblable à celui du quassia de la Jama'i'que. Les feuilles sont ailées, formées de 2 à 9 rangs de folioles alternes , presque sessiles , oblongucs, terminées à chaque extrémité par une pointe courte, Les fleurs sont mono'iciues , disiiosées en panicules rameuses et éparses. Elles sont fort ))etiles , formées d’un calice à 5 divisions, de 5 pétales un peu plus grands (juc le calice. Les Heurs mâles ont 10 étamines accomi)agnées à la base d’une écaille velue, et un ovaire stérile , à 5 lobes, entouré par les écailles staminales. Les fleurs femelles ne dilfèrent des Heurs mfiles que par rab.sence des étamines et parce que l’ovaire est surmonté d’un style à 5 cannelures , terminé par un stigmate à 5 divisions disposées en étoile. Le fruit est composé de 5 capsules drupacées , écartées les unes des autres , ayant à peu près la forme et le volume d’une olive.
Le simarouba croît dans les lieux humides et sablonneux de l’île de Cayenne et de la Guyane. Ses racines sont fort grosses , et s’étendent au loin, près de la surface de la terre, qui les laisse souvent à moitié découvertes. C’est l’écorce de ces racines que l’on enlève pour la faire sécher et la livrer au commerce. Elle est en morceaux longs de plus de 1 mètre , repliés sur eux-mêmes ; elle est d’un gris blanchâtre , très fibreu.se, légère , sans consistance , facile à déchirer dans le sens de sa longueur, mais très difficile à rompre transversalement et à pulvériser. Elle est très amère , fébi ifuge et antidyssenlériquc. Son principe amer paraît être le môme que celui du quassia.
DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.
FAMILLE DES OXALTDÉES.
Petit groupe de végétaux à feuilles très variées, dout les fleurs sont régulières , hermaphrodites , pourvues d’un calice à 5 sépales un peu soudés par la base. La corolle est à 5 pétales alternes , contournés dans le bouton , un peu réunis par la base ; les étamines sont mouadelphcs par la base des filets, au nombre de 10 , dout 5 alternes plus petites. Le pistil est composé de 5 carpelles unis entre eux dans toute leur longueur, portant chacun un style terminé par un stigmate simple. Le fruit est tantôt une capsule pentagone, ;i 5 valves, tantôt une baie oblongue , à 5 sillons et à 5 loges; les semences , en nombre variable, sont insérées à l’axe du fruit; elles sont pendantes, souvent pourvues d’un arille charnu , s’ouvrant avec élasticité par le sommet, lilles contiennent un embryon axile et homotrope, dans un endosperme charnu.
Cette petite famille , qui était comprise autrefois dans celle des géraniacées, ne renferme que les deux genres oxnlis et averrhoa. Celui-ci ne contient que deux arbres de l’Inde ( averrhoa carambola et averrhoa bilimbi) dout les fruits, très acides, servent h l’assaisonnement des mets; l’autre (oxalis) comprend environ 150 espèces, dont 3 seulement croissent naturellement en France (oxalis acetosella, corniculata, stricta). La plupart des autres appartiennent à l’Amérique ou au cap de Bonne-Espérance.
Surclle, Alieiuia ou Pain de Concou.
Oxalis acetosella L. (fig. 389). Racine écailleuse, comme articulée, rampante; tige nulle. Feuilles longuement pétiolées , composées de 3 folioles en cœur renversé , d’un vert pâle ; plusieurs hampes longues de 8 à 11 centimètres, garnies vers leur partie moyenne de deux petites bractées opposées , et terminées par une seule fleur blanche veinée de violet. Le fruit est une capsule pentagone , à 5 valves qui s’ouvrent longitudinalement sur les angles, avec élasiiciié; les semences sont ovales, couvertes par un arille qui s’ouvre par le sommet.
Les feuilles de cette espèce ont une saveur acide et assez agréable. On en faisait autrefois usage en médecine, comme rafraîchissantes et antiscorbutiques. En Suis.se et en Allemagne, où la plante est assez commune, elle concourt, avec les l'umex acetosa et acetosella, à la préparation du sel d’oseille (suroxalate de potasse).
Parmi les especes exotiques, il faut citer l’o.xaiîde crcnelcc (oxalis
GÉliAINIACÉliS. 519
cremta Jacq. ) , originaire du Pérou , que l’on peut cultiver en pleine terre , avec quelques précautions pour la garantir du froid de l’hiver. Ses racines fibreuses donnent naissance à des tubercules amylacés, jaunes, translucides , ovoïdes , et de la grosseur d’une noix, qui ont quelque ressemblance de forme avec ceux de la pomme de terre. Ces tubercules paraissent doués d’une acidité faible qui les rend un mets sain et assez agréable ; mais ceux récoltés en France ne m’ontprésenté qu’une saveur fade et assez insignifiante. Il est douteux qu’ils soient pourvus d’une propriété nutritive bien marquée.
FAMILLES DES GÉRANIACÉES , DES BALSAMINÉES ET DES TROPÉOLÉES.
Les GÉRANI.VCÉES soiit formées de plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles simples ou composées, opposées ou alternes, munies de stipules. Les fleurs sont complètes , régulières ou irrégulières , formées d’un calice libre , à 5 sépales souvent soudés par leur base. Les pétales sont au nombre de 5 , égaux ou inégaux, insérés à la base du gynopbore , libres ou légèreinent soudés à la base , alternes avec les divisions du calice. Les étamines sont insérées avec les pétales, ordinairement en nombre double, plus ou moins réunies par la base des filets, portant des anthères versatiles, à 2 loges; l’ovaire est composé de 5 carpelles verticillés , attachés par leur suture ventrale à la base d’un gynophore allongé en colonne; les ovules sont au nombre de 2 , .‘superposés et fixés à la suture ventrale ; les styles sont continus aux carpelles, distincts à la base, mais bientôt agglutinés à la colonne centrale qu’ils dépa.ssent , et terminés chacun par un stigmate simple. Le fruit se compose de 5 capsules uniloculaires, monospermes par avortement, se séparant à maturité de la base au sommet de la colonne centrale, et supportées chacune par leur style qui se relève en spirale et reste adhé-
52Ü DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.
rent à l’axe par son sommet. Les graines coiiticiinent im embryon sans endosperme , à cotylédons grands , foliacés, plissés et s’emboîtant mutuellement ; la radicule est allongée, renfermée dans une gaîne vaginale et dirigée vers le bas de la loge.
La famille des géraniacées se composait presque uniquement d’abord du genre géranium L., qui est devenu tellement nombreux en espèces que, pour en faciliter l’étude, on s’est décidé à le partager en trois, formant les genres erodium , géranium et pélargonium. Le genre géranium est caractérisé par scs Heurs régulières, à 5 sépales égaux , 5 pétales réguliers, et 10 étamines, dont 5 alternativement plus grandes, toutes fertiles; une glande nectarifère à la base des grandes étamines. Les arêtes ou les styles des capsules son glabres en dedans. Ce genre comprend plus de 60 espèces , dont la moitié croît naturellement en Europe. Plusieurs de ces dernières ont été usitées autrefois en médecine comme astringentes, vulnéraires et diurétiques.
Herbe sY Robert, bee-de-gruc, herbe à l'esquinaneie , géranium robertianum L. (Blackw. , t. èSO). Plante annuelle, à pédoncules biflorcs, herbacée, haute de 22 à 32 centimètres; à tiges rameuses , pubescentes, redressées, souvent rougeâtres, garnies de feuilles opposées, à 3 ou 5 lobes pinnaiifides. Les pétales sont entiers , d’un rouge incarnat , deux fois plus longs que le calice, qui est anguleux et terminé en pointes dures ; les carpelles sont glabres , et les semences lisses.
ecraniiiin des prés, géranium protense L. Plante vivace, à pédoncules biflores. La tige s’élève à la hauteur de 65 à 100 centimètres; elle est ronde , velue , ramifiée , garnie de feuilles opposées , assez grandes, hérissées de poils, profondément partagées en 5 ou 7 lobes pinnaiifides ; les pétales sont entiers , arrondis, assez grands et d’une couleur bleue. Celte plante croît naturellement dans les lieux humides, en Erancc et en Allemagne , et est cultivée pour l’ornement des jardins.
Géranium sanguin, géranium sanguineum L. (Clu.s. Rar. CII). Plante vivace , à pédoncules uniflores. Tige ramifiée dès la base. Feuilles opposées, pétiolécs , arrondies, partagées en 5 divisions trifides , à lobes linéaires. Les fleurs sont grandes , d’un rouge pourpre , portées sur de longs pédoncules axillaires, bi-bractéolés au milieu de leur longueur.
Le genre erodium ne diffère du précédent que par scs étamines, dont 5 opposées aux pétales sont stériles, et 5 alternes fertiles, et parles arêtes des capsules qui sont barbues en dedans. Ce genre comprend une quarantaine d’espèces qui avoisinent presque toutes le bassin de la Méditerranée. Une espèce répandue dans les lieux sablonneux du midi de la France exhale une odeur de musc très prononcée : c’est \’ erodium mosc/iatum 'Willd.
liALSAMINÉKS. 521
I,e »ç\wc pelLirg())i,miu , qui est le plus nombreux des trois, comprend près de /lOO espèces , la plupart originaires du cap de Bonne-Espérance et cultivées dans les jardins, à cause de l’élégance et de la beauté de leurs fleurs. Ce genre ne diffère pas des précédents par le nombre et la disposition des ovaires, non plus que par la débiscence du fruit; mais il s’en distingue par l’irrégularité de toutes les parties de la fleur. Le calice est à 5 divisions , dont la supérieure se termine inférieurement en un éperon tubuleux soudé avec le pédoncule ; les pétales sont au nombre de 5, rarement de k, plus ou moins irréguliers; il y a 10 étamines nionadelphes , inégales , dont é à 7 seulement sont fertiles ; les styles , persistants et roulés on dehors, sont barbus du côté intérieur, comme dans le genre erodium.
La plupart des pélargonium sont pourvus d’une odeur aromatique que .son intensité rend quelquefois fatigante ou désagréable, mais dans laquelle domine souvent les odeurs du musc , de la térébenthine , du citron et de la rose. Les espèces les plus aromatiques sont les pélargonium zonale , odoratissimmn, fragrans , peltatuin , cucxdlatmn, capitatum, graveolens, radula, roseum Willd., bahameum , suaveolens. Trois de ce^ espèces fournissent à la distillation une essence dont l’odeur se rapproche beaucoup de celle de la rose et qui sert à falsifier l’essence de roses : ce sont les pélargonium capitatum Ait., roseum AYilld. (variété du pélargonium radula) , et odoratissimmn (Voyez précédemment p. 277.)
Les BALSAMiNÉES soiu décrites différemment par les botanistes : les uns, leur donnant un calice diphylle caduc, et k pétales disposés en croix , irréguliers et dont l’inférieur se prolonge en éperon , leur trouvent de l’analogie avec les fumariacées et les papavéracées; mais les autres , se fondant sur leurs rapports beaucoup plus marqués avec les géraniacées , leur accordent un calice à 5 sépales inégaux , dont un se prolonge on éperon à la base ; une corolle à 5 pétales inégaux , dont un plus grand, concave et quelquefois bilobé, embrasse tous les autres dans la prélloraison. Les étamines sont au nombre de 5, alternes avec les pétales, ordinairement soudées par leurs anthères, qui sont biloculaires et introrses. Ovaire libre, oblong, cylindrique ou prismatique, à 5 loges , contenant un grand nombre d’ovules redressés , attachés aux angles internes, et terminé par un stigmate sessile, conique, entier ou à 5 lobes. Le fruit est une capsule h 5 loges, .s’ouvrant avec élasticité en 5 valves qui se détachent par la partie inférieure et se roulent de la base au sommet, en abandonnant l’axe central et une partie des clpisons. Les semences se composent d’un gros embryon homotrope , sans endosperme , à cotylédons planes et cbarnus , à radicule très courte, obtuse et supère.
522 mCOTYLÉDONKS TlIALA.iMIFI,OUES.
La famille des balsaminées est presque uniquement formée du genre impatiens L. , que plusieurs bolanistes divisent en deux genres balsamina et impatiens, le premier comprenant des plantes asiatiques annuelles, dont les fleurs se doublent facilement par la culture et qui sont cultivées pour rornement des jardins. Dans ces plantes, les 5 anthères sont biloculaires, les 5 stigmates sont distincts et les cotylédons sont épais. Dans le genre impatiens , 3 des anthères seulement sont biloculaires et les 2 autres, placées devant le pétale supérieur, sont uniloculaires; les stigmates sont soudés et les cotylédons sont planiuscules. Une espèce très commune dans nos bois tslV impatiens noli-tangere L. , dont les fruits mûrs ne peuvent être touchés .sans s’ouvrir avec élasticité et sans lancer au loin leurs semences. Cette plante passe pour être fortement diurétique.
Les TROPÉOLÉES forment encore une annexe très peu nombreuse de la famille des géraniacées , dont le type se trouve dans la capucine , tropœohim majus L. Cette plante , originaire du Pérou , est d’une culture très facile et devenue populaire en Europe. Elle est annuelle et pous.se dé sa racine fibreuse des tiges nombreuses, déliées , cylindriques, succulentes, vertes et ILsses, qui s’élèvent, au moyen de supports , à la hauteur de plus de 2 mètres. Ses feuilles sont alternes , dépourvues de stipules, longuement pétiolées, ombiliquées, arrondies et entières , larges de 6 à 8 centimètres, lisses et un peu glauque.s. Ses fleurs sont axillaires, très longuement pédonculées, solitaires, mais très nombreuses et se développant successivement , grandes , d’une forme élégante et d’un jaune ponceau très éclatant. Elles sont pourvues d’un calice coloré profondément divisé en cinq parties , dont la supérieure se prolonge à la base en un cornet creux , qui s’ouvre au fond de la fleur. Les pétales, au nombre de 5, paraissent attachés au calice et sont alternes avec .ses divisions. Les deux supérieurs sont sessiles et éloignés du pistil, à cause de l’ouverture de l’éperon qui les en sépare. Les trois inférieurs, portés sur des onglets, de l’autre côté du pistil, sont plus rapprochés de lui et presque bypogynes ; leur limbe est cilié inférieurement. Les étamines, au nombre de 8 , à filets distincts, à anthères allongées , entourent l’ovaire et sont insérées sur le disque qui le supporte. L’ovaire est trigone , libre, surmonté d’un style persistant, terminé par 3 stigmates aigus. Le fruit se compose de 3 coq ti es soudées, charnues, fongueu.ses , loruleuses à leur surface, se séparant à maturité, mais indéhiscentes et renfermant une seule semence pendante , volumineuse, dont le test est presque soudé avec l’endocarpe. L’embryon est dépourvu d’endo.spermc ; les cotylédons sont droits, soudés en une masse charnue, et pourvus à leur base de deux oreillettes qui cachent la tigelle ; la radicule est supère.
AJllJÉLIUKES. 523
Les fleurs de la grande capucine ont un goût piquant et agréable qui, joint à leur belle couleur orangée, les fait rechercher pour mêler dans les salades. Toute la plante participe du même goût , qui approche de celui du cresson , et la fait regarder comme antiscorbutique et diurétique. Ses fruits , confits dans le vinaigre , sont employés comme assaisonnement.
FAMILLE DES AMPÉLIDÉE3.
Arbres ou arbrisseaux souvent grimpants , à feuilles inférieures opposées, simples ou composées, accompagnées de stipules; les feuilles supérieures sont alternes, très .souvent opposées à des pédoncules convertis en vrilles rameuses. Les fleurs sont disposées en grappes opposées aux feuilles ; le calice est très court , libre , à 4 ou 5 dents peu marquées, revêtu intérieurement d’un disque hypogyne, annulaire, lobé sur son contour. La corolle est formée de 4 ou 5 pétales valvaires, libres ou adhérents entre eux par la partie supérieure; les étamines sont au nombre de 4 ou 5, opposées aux pétales; l’ovaire est appliqué sur le disque, le plus souvent à 2 loges, contenant chacune 2 ovules dressés, anatropes; le style est simple, court, terminé par un stigmate' en tête. Le fruit est une baie à 2 loges, lorsque l’ovaire n’en a que 2 , ordinairement monospermes. Les semences .sont dressées , couvertes d’un épiderme membraneux , d’un test osseux, et, à l’intérieur, d’un troisième tégument rugueux; l’embryon est droit, placé à la base d’un endosperme cartilagineux ; la radicule est infère.
En mettant à part le genre /ee«, qui se distingue des autres ampélidécs par ses pétales soudés à la base , par ses étamines monadelphes et par son ovaire à 3-6 loges, celte famille se trouve pre.sque réduite aux trois genres cfsszfs, miipelopsis el vitis. Le premier est caractérisé par ses fleurs à 4 pétales s’ouvrant de haut en bas, à la manière ordinaire, par ses étamines au nombre de 4, et par son ovaire à 4 loges (de (landolle). Le genre vitis , le plus important des trois , puisque c’est lui qui comprend la vigne, présente 5 dents au calice, 5 pétales à la corolle , 5 étamines, un ovaire el un fruit à 2 loges ; mais ce qui le distingue particulièrement, ce sont ses pétales qui sont soudés par le haut et qui se séparent du calice par le bas, formant une .sorte de coiffe qui recouvre pendant quelque temps le pistil et les étamines. Enfin , le genre ampélopsis tient le milieu entre les deux précédents, étant pourvu de 5 pétales et de 5 étamines comme les vignes; mais ses pétales s’ouvrant du sommet à la base , comme dans les cissus. C’est à ce genre qu’appartient la vigne vierge [ampélopsis quinquefolia Midi.) , arbrisseau à
DICOTYLÉDONES TH ALAiMlEl.OUES.
liges sarmenicuses et raclicanles de rAinériquc septentrionale, cultivé depuis longleiniis en Europe, où on l’emploie pour former des berceaux cl cacher la nudité de murs élevés , exposés au nord.
Vigne ciiltivCc et Italsin.
Le raisin est le fruit de la vigne, vifis vinifera L. (fig. 390), arbrisseau sannenteux , originaire de l’Asie, mais cultivé de temps immémorial dans le midi de l’Europe, et formant depuis longtemps une des inincipalcs richesses de Fig. 390. la France. Scs caractères
génériques sont d’avoir un calice très petit, une corolle à 5 pétales caducs , rapprochés en vofile et s’ouvrant de la hase au sommet ; pas de style; un stigmate; une baie polysperme. Son caractère spécifique est d’avoir les feuilles lobées , sinuées - dentées , nues ou cotonneuses ; de plus , le port en est très facile à recünuaîire : la tige est noueuse , tortueuse et recouverte d’une écorce très fibreuse et crevassée ; il en sort tous les ans, au printemps , des rameaux ou sarments très vigoureux, qui bientôt surpasseraient la hauteur des plus grands arbres si on les laissait croître ; mais on a le soin d’arrêter celte force d’ascension en taillant ces rameaux à des époques déterminées par la culture, et cela dans la vue de forcer la sève à se porter vers les bourgeons que l’on suppose devoir donner du fruit. Ces rameaux sont garnis de nœuds d’espace en espace , et de vrilles h l’aide desquelles ils s’attachent aux arbres voisins ou aux supports qu’on leur présente. Les fruits sont des baies pédicellées et disposées en grappe sur un pédoncule commun ; ils sont d’abord verts et acerbes , mais ils deviennent acidulés et plus ou moins doux et sucrés. Ces fruits sont ronds ou ovales , plus ou moins gros, plus
AMPÉili)Éi;s, 525
011 moins savoureux, veroâlrcs, dorés, rouge pourpre ou presque noirs, selon les pays, les procédés de cullure , et les variélés qui sont exlrêmenienl nombreuses, ,1c ne cilcrai qu’une seule de ces variélés, en raison du produit particulier qu’elle donne à la pharmacie : c’est le verjus, ainsi nommé parce que son fruit mûrit difficilement dans nos climats ou mûrit fort tai d : aussi l’emploie-t-on vert , et lorsque ce fruit , ayant cessé d’être acerbe, mais n’étant pas encore sucré , a acquis une acidité franche. Le suc qu’on en retire porte également le nom de verjus; on en fait un sirop, et on l’emploie comme assaisonnement dans les cuisines.
Tout le monde connaît les usages du raisin et les produits qu’il fournit à la vie domestique , aux arls et à la chimie : il nous donne le vin , le vinaigre , l’alcool et le tartre , dont je traiterai séparément ; en outre , on le fait sécher dans beaucoup de pays, soit pour l’usage de la table, soit pour la pharmacie.
Kaisins de Hamas. Ges raisiiis étaient autrefois la principale sorte officinale; ils sont rares aujourd’hui dans le commerce. Suivant la description qu’en fait Pomet, ils sont très grands, ajtlatis, de la grosseur et de la longueur du bout du pouce, secs, fermes, d’un goût fade et peu agréable , et ne contiennent ordinairement que deux pépins. Ils viennent dans des boîtes demi-rondes, nommées bustes. On leur substitue souvent les i-aîsîns de Calabre, qui soiit gras, mollasses et d’un goût sucré , aussi bien que les jnbîs.
Raisins de Maiaga. Gcs raisins soiit employés aujourd’hui, dans les pharmacies, sous le nom de raisins de Damas et sont aussi très usités pour les desserts. Ils viennent en caisses du ))oids de 7 à 30 kilogrammes. Ils sont en grappes entières , dont la rafle est anguleuse et d’un jaune rougeâtre; les plus gros grains sont longs de 24 à 27 millimètres, larges de 15 à 17 ; ils ont une teinte violacée et sont glauques à leur surface , excepté sur les points proéminents, qui sont rougeâtres et luisants. Ils sont presque transparents à la lumière , qui permet d’y distinguer deux semences rapprochées du centre. Ils ont une saveur de muscat fort agréable et sucrée.
Raisins au soleil. Ges raisins viennent egalement d’Espagne. Iis sont plus petits que les précédents, les plus volumineux n’ayant que 15 à 18 millimètres de longueur sur 8 à 10 d’épaisseur. Ils sont privés de leur ralle, mais sont munis chacun de leur pédoncule propre. Ils sont assez généralement terminés en pointe du côté du pédoncule, et sont profondément ridés et sillonnés en tous sens; ils ont une couleur rouge assez prononcée sur toutes les parties saillantes et polies par le frottement ; tandis que les sillons sont d’une couleur bleuâtre et glauque ; les pépins manquent très souvent. 'Lels que je lésai vus, et un peu
526 DICOTïLÉDONIiS THALAMIFLORliS.
anciens déjà, ils sont presque opaques et ont un léger goût de fermenté,
qui est en outre sucré et un peu aigrelet.
Raisins de Proience , raisins de eaisse , raisins aux jnbis.
D’après Pomet, ces raisins vieiineiU surtout de Roquevaire et d’Ouriol. Lorsqu’ils sont mûrs , on les cueille en grappes, on les trempe dans une lessive chaude de carbonate de soude, et on les fait sécher au soleil , suides claies. Quand ils sont secs, on les renferme dans des caisses de hois blanc , plus longues que larges , et du poids de 9 h 20 kilogrammes. Ces raisins sont en partie pourvus de leurs rafles et en partie égrenés. Ils sont arrondis, un peu aplatis, d’un jaune blond, presque transparents à la lumière, lorsqu’ils sont récents; mais ils deviennent promptement opaques, par la cristallisation du glucose qu’ils contiennent, et qui souvent vient s’effleurir à leur surface. Ils ont une saveur sucrée et acidulé, et contiennent de deux à quatre semences volumineuses.
Raisins de Sanios. Ces raisins, que je n’ai vus que très altérés , ont beaucoup de ressemblance avec ceux de Provence. Ils sont comme eux en grappes ou égrenés, arrondis et d’une couleur jaunâtre ; mais ils sont plus petits et plus serrés sur la grappe et sont pourvus de deux semences. Ils ont une saveur très sucrée et musquée. Le vin que ces raisins produisent , dans l’île de Samos, est célèbre sous le nom de malvoisie.
Raisins de Smyrne. Pomet lie parle pas de ces raisins qui paraissent être assez nouveaux dans le commerce. Ils sont extrêmement propres et réguliers, pourvus de leur petit pédoncule, mais privés de rafles. Ils sont généralement ovales ou elliptiques , et un peu aplatis ; ils sont longs de 12 h là millimètres, larges de 7 à 10, d’un blond pâle, presque transparents à la lumière et coiiiplétcment privés de semences , ce qui les rend très agréables à manger et très appropriés pour les pâiisseries. Ils sont très sucrés et ont un goût de raisin muscat.
Raisin.^ de Corinthe. Ces rai.siiis sont très anciennement connus. Ils doivent leur nom, moins à ce qu’ils proviennent véritablement de Corinthe qui en produit peu, qu’à leur provenance d’Analolico , de Missoloiiglii, de Lépaiite, de Patras et de l’île Céplialonie, qui entourent l’ouverture de l’ancien golfe de Corinthe. Depuis-longtemps ils viennent principalement de l’île de Zante, dont ils portent aujourd’hui le nom dans le commerce. Ils sont égrenés avec soin , d’un brun noirâtre, arrondis, fort petits, et incomplètement privés de semences , qui sont d’ailleurs peu perceptibles , en raison de leur petit volume. Ils ont un goût sucré et un peu astringent. Ils viennent entassés et pressés en une seule masse , dans des tonneaux d’un poids considérable. Les Anglais en consomment une grande quantité pour en composer différents mets et des pâtisseries dont l’usage s’est également répandu en Prance.
AMPÉLIÜÉIÎS. 527
Kaisins de Maroc. Pomel fait aussi ineiilion de ces raisins qui sont égrenés , noirs , arrondis , de la grosseur de nos raisins noirs ordinaires qui seraient desséchés. Ils sont bien sucrés et conliennent de une à trois semences qui les rendent peu agréables pour la bouche.
Vin.
Le vin se retire du raisin. Lorsque ce fruit est mûr, on le cueille et on le réunit dans de grandes cuves, où on le foule avec les pieds. Le suc qui en sort se nomme moût. On l’abandonne sur son marc pendant trois ou quatre jours, durant lesquels la fermentation s’établit. On reconnaît qu’elle commence lorsqu’on voit se former à la surface de la liqueur des bulles qui vont rapidement en augmentant. Ces bulles , qui sont de l’acide carbonique, soulèvent les débris solides du fruit , et une écume épaisse composée surtout de ferment altéré. Celte écume et ces débris soulevés au-de.ssus du liquide en forment ce qu’on nomme le chapecm.
Peu à peu l’effervescence se calme et le chapeau s’affaisse. Alors on soutire le li()uide dans des tonneaux. Il porte déjà le nom de vin.
Le vin continue de fermenter dans les tonneaux , mais lentement , parce que la plus grande partie des agents de la fermentation est déjà détruite. La combinaison des autres principes devient aus.si plus intime; la quantité d’alcool augmente , et cet alcool opère la précipitation d’une partie du to’ére contenue dans le vin, et celle de la lie qui se compose encore de débris atténués de fruits et de ferment , combinés avec de la matière colorante du vin. Telle est la manière générale dont on obtient les vins rouges.
Les vins blancs se font avec les raisins blancs. On peut cependant aussi en faire avec les raisins rouges; mais alors, au lieu de laisser fermenter le moût sur son marc, au moyen de quoi il se colore en rouge en dissolvant la matière colorante de l’épiderme du raisin , ou le soutire dès que le grain est écrasé , et on le laisse fermenter dans les tonneaux.
Pour obtenir les vins blancs mousseux , on les met en bouteilles peu de temps après qu’ils sont dans les tonneaux , et bien avant que la fermentation lente dont on vient de parler soit achevée. Par ce moyen , l’acide carbonique est forcé de se dissoudre dans le vin, et s’y dissout d’autant plus que la résistance qu’on oppose à son échappement est plus forte. Lorsque la itression qu’il exerce sur le liquide est parvenue à un certain terme , la fermentation s’arrête , et le vin forme un dépôt qui se rassemble dans le cou des bouteilles qu’on a l’attention de tenir renversées. On débouche un peu la bouteille pour soutirer ce dépôt , et on l’abandonne de nouveau à elle-même. On la débouche de même plusieurs
528 DICOTYLÉDONJiS TlIAI.AMll'LOIiKS.
fois, et tant qu’il sc rassemble de la lie dans le cou ; enfin on assnjetiit
fortement le bouchon : un reste de fermentation ramène bientôt le vin
à une complète saturation d’acide carbonique, et alors il en contient une
si grande quantité en dissolution , qu’on ne peut le verser dans un verre
sans le remplir aussitôt de cette mousse pétillante qui plaît tant aux
buveurs.
On fait encore des vins de liqueur ou vins sucrés. On les prépare en Espagne, en Italie, dans le midi de la France et dans tous les pays chauds, où le suc de raisin reçoit une plus grande élaboration et sc charge d’une très grande quantité de sucre : alors une partie de ce principe résiste h la fermentation , et le vin reste sucré. Pour augmenter encore la quantité proportionnelle du sucre dans le raisin , on a soin , lorsqu’il est mûr, de tordre la grappe et de la laisser quelque temps sur pied dans cet état, ce qui agit surtout en concentrant le suc par l’action du soleil; on peut encore faire évaporer le moût sur le fru, mais ce procédé est bien inférieur au premier.
Le pharmacien emploie trois sortes de vin : le rouge , le blanc, et le sucré, qui est ordinairement celui d’Alicante ou de Malaga, ou ces mêmes vins simulés que l’on fabrique dans le midi de la France. Il est assez difficile de leur assigner des caractères de choix , qui dépendent beaucoup du goût particulier de chacun ; il est plus facile d’indiquer les moyens de reconnaître quelques unes des falsifications auxquelles ils sont sujets.
Le vin rouge contient neuf substances principales qui sont : de l’eau, de l’alcool, de l’acide acétique, des surtartrates de potasse et de chaux, du sulfate de potasse, une matière dite extractive , un principe colorant rouge soluble dans l’alcool , du sucre et du ferment. Le vin blanc ne diffère guère du précédent que par l’absence de la matière colorante rouge. De là nous voyons déjà que les vins doivent donner de l’alcool h la distillation , laisser cristalliser du tartre par l’évaporation , rougir le tournesol, précipiter le nitrate de baryte , l’oxalate d’ammoniaque et les dissolutions métalliques. Mais il faut observer ;
1° Que l’acide acétique du vin étant hors de sa nature , quoiqu’il y existe toujours, moins un vin en contiendra, et par suite moins il rougira le tournesol, meilleur il sera.
2° Que, bien que le vin précipite l’oxalate d’ammoniaque en raison du tartrate de chaux qu’il contient, cependant le précipité est peu abondant, et un vin dont on aurait saturé l’acide avec de la chaux ou son carbonate, se reconnaîtra toujours facilement, en comparant la quantité de précipité qu’y forme l’oxalate avec la quantité formée dans un vin naturel.
3° Que si, par une mesure coupable, un marchand de vin avait saturé
AMPÉI.IDÉl'S. 529
cet excès d’aciclc acétique avec de la liliiarge, le meilleur moyen à employer pour le reconnaître, ne sera pas l’acide stdfliydrique ou les sulfliydrates, qui forment des précipités plus ou moins abondants et diversement colorés avec les vins : il faudra user de préférence d’une dissolution de carbonate ou de sulfate de soude; on formera ainsi un préci|)ité blanchâtre de carbonate ou de sulfate de plomb , qu’on laissera bien déposer, qu’on lavera et qu’on traitera par riiydrogène sulfuré: alors la moindre quantité de plomb existante dans ce précipité sera décelée par la couleur noire qu’il prendra.
h° Que le sucre n’existe qn’en très petite quantité dans le vin rouge, de France, et en quantité d’autant moindre que la fermentation a été plus parfaite. Si donc, après avoir fait évaporer un vin rouge à siccité, et avoir traité à froid le produit par de l’alcool très rectifié pour dissoudre la matière colorante, on s’aperçoit qu’il reste, outre le tarire, une matière molle , visqucu.se et sucrée , on en conclura que le vin examiné a été altéré par l’addition d’une certaine quantité de sucre, de mêlasse, ou môme de sirop de raisin , et , quel qu’ait été le but de cette addition, un vin qui n’en offrira pas le caractère sera préférable.
5" Quant à la coloration des vins blancs ou peu foncés en rouge, à l’aide de baies de sureau ou d’autres matières analogues, il y a peu de moyens de la reconnaître. Mais il paraît certain que celte falsification est bien moins commune qu’on ne l’a supposé, et que la coloration des vins blancs ou peu colorés de Champagne et de la Basse-Bourgogne , est opérée principalement au moyen de vins du Midi très foncés.
Les vins ont une valeur commerciale bien différente et qui dépend souvent moins de la proportion de leurs principaux éléments que d’un arôme particulier ou bouquet , dont la nature est peu connue; car il ne paraît pas que cet arôme doive être confondu avec l’huile essentielle découverte par M. Deleschamps, que âlM. Liebig et Pelouze ont reconnue être un éther (éther œnanthique) composé d’éther hydratique et d’un acide gras nommé acide œnanthique. Malgré cette valeur commerciale si différente, on ne peut se dissimuler que l’alcool ne soit l’élément principal du vin, et celui qui servira tôt ou lard de base à la perception de l’impôt. Il n’est donc pas hors de propos d’indiquer les moyens qui sont employés pour déterminer la richesse des vins en alcool.
Le moyen le plus direct est la distillation, pour laquelle M. Gay-Lussac a proposé un petit appareil que l’on trouve chez tous les fabricants d’appareils et de produits chimiques, et qui peut être d’ailleurs facilement remplacé par un très petit alambic ordinaire, muni de son serpentin. On introduit dans la cucurbite de l’alambic trois mesures quelconques de vin, soit trois demi-décilitres ou 300 demi-centimètres cubes, et on distille jusqu’à ce qu’on ait obtenu exactement le tiers du volume du lit. 34
SdO DlCOTYI.ÈOOiNKS GALICIFr.OKliS.
vin , on nn demi-décililrc. On amène ce produit à la tempéralnre de 15 degrés centigrades , et on y plonge un alcoomètre centésimal. Supposons cpie ce produit marciue 36 degrés à l’alcoomètre ; comme il est évident qu’il est trois fois plus alcoolique que le vin, on prend le tiers de .36 , et on en lire la conclusion que le vin contient 12 centièmes de soti volume d’alcool pur ou anhydre.
Il est utile , en faisant l’opération précédente , de prendre pour récipient un tube cylindrique de verre contenant de 120 à 150 dcmi-ccntimètrescubes, et gradué pardemi-ceiUimètres; |)arce quesi, par mégarde, 011 avait recueilli une quantité de produit supérieure à 100 divisions, on ne serait pas obligé de recotumencer l’oiiéralion ; il suffirait, au lieu de
prendre le tiers ou les du degré alcoométrique du produit, de multiplier ce degré par Supposé, par exemple, (|u 1 l II t
le même vin que ci-dessns, on ail retiré 110 mesures de produit, qui ne marquera plus que 32°, 75 ; pour trouver le degré alcoométrique du
vin, il faudra multiplier 32,75 par , cl l’on trouvera encore le
nombre 12 , pour le degré alcoométrique cliercbé.
On a proposé d’autres procédés fondés, soit sur la dilatabilité de l’alcool , plus grande que celle de l’eau . par l’actinn de la chaleur, soit sur le point d’ébnllition du liquide. On conçoit, en elfet , que l’eau se dilatant, en itassant de zéro à lOü degrés , de 0,()é66 de son volume primitif, tandis que l’alcool , dans les mêmes circonstances , se dilate de 0,1254 , les divers mélanges de ces deux liquides se dilateront d’autant plus qu’ils conliendi’onl plus d’alcool , et d’autant moins qu’ils contiendront plus d’eau, (l’est sur ce principe qu’est fondé le dilatométré alcoumétrique do Silbermann , décrit dans le Juurncd de pharmo.cie et de chimie^ t. XV, p. 100.
Pareillement, l’eau bouillant à 100 degrés et l’alcool pur à 78 degrés, sous une pression barométrique de 76 centimètres, on conçoit qu’un mélange d’eau et d’alcool entrera en ébullition à une température d’autant plus rapprochée de 100 degrés, qu’il contiendra plusd’ean,el d’autant plus rapprochée de 76 degrés qu’il renfermera plus d’alcool , et qu’il est facile de déterminer, par expérience, à quelle température doit bouillir un mélange quelconque d’eau et d’alcool, (l’est après avoir déterminé ces températures , auxquelles les principes fixes du vin n’apportent pas de variation appréciable, que M. Gonati a proposé l’emploi d’un ébulUomipe fait connaître immédiatement, d’après la température d’ébtillitiüti du vin , la quantité réelle d’alcool qu’il contient. (Voir le Journ. de pharvi. et cidrn., t. XV, p. 95.)
AMPÉLlDÉliS. 531
Voici , d’après M. Gay-Lussac, la quaiUité d’alcool pur, en volume , conlenue dans 100 parlies d’un assez grand nombre de vins :
Chypre . 15,1
Madère très vieux . 10,0
Malaxa . 15,1
J urançon blanc ( Jlasses-Py-
réiiccs) . • • • • 1S,2
Jurançon rouge . 13,7
bauyuls-sui'-Mer (l’yrénées-
Orienlalcs . 18,03
Collioure [Id.] . 15,59
Kivesalles {Id.) . 14,50
Pyrénées-Orientales (1). . . 14,68
Grenache . 16
Sainl-Gcorgcs (Hérault). . . 15
Prontignan {Id.) . 11,8
Pagnols (Gard) . 17
Vauvert {Id.} . 13,3
Crmitago rouge . 11 ,3
Côte-Rôtie (Rhône) . 11,3
Vins de poids du Midi. ... 13
— communs du Midi. . . . 9,8 Saulerne blanc (Gironde). . 16,0
Romme blanc (id.) . 12,2
Saint-Pierre-du-Mont (id.). 11,5 Rarsac blanc , premier cru. 14,7
— — deuxième cru . 12,6
— — troisième cru . 12,1
Poudcnsac blanc, prem. cru. 13,7
- deuxième cru . 13,0
- troisième cru . 12,1
Château-LaOilte . 8,7
Chàteau-Margaux . 8,7
Château-Latour . 9,3
Chàteau-Haut-Rrion . 9,0
Chàteau-Destournel . 9,0
Rrannes-Mouton . 9,0
Léoville . 9,1
Grave-Larose-Kirwan . ... 9,8
Cantenac. . . 9,2
Giscours . 9,1
Lalagune . 9,3
Ïherme-Cantenac . 9,1
Ïronquoy-Lalandc . 9,9
Saint-Estèphe . 9,7
Phelan (2) . 9,2
ïokai (Hongrie) . 9,1
Rous vins de Rourgogne . 11,0
Volnay ( Côte-d’Or) . 11,0
Mâcon . 10,0
Chanipague mousseux . 11,0
Vins du Cher . 8,7
Coteaux d’Angers . 12,9
Sauraur . 9,9
Vins de l’Ouest . 10,0
-- blancs de la V'endée . 8,8
Waehenheim (Rhin) . 11,9
Forst . 11,5
Scherwiller (Ras-Rhin) . 11,0
Westhoffen ( Westphalie ) . . . . 10,0
Molsheim . 9,2
Rarr . 6,9
Ergersheim . 6,0
Chàtillon (près de Paris) .... 7,6 Verrières ( Seine-et-Oise ) . . . . 6,2 Vin de la Société œnophyle ... 9,3
id. en bouteilles . 10,5
Vin au détail (à Paris) . 8,8
— de lies pressées ( Paris ) . . . 7,6
Cidre le plus spiritueux . 9,1
— le moins spiritueux . 4,8
Poiré . 6,7
Ale de Burlon . 8,2
— d’Edimbourg . 6,7
Porter de Londres . 3,9
Petite bière de Londres . 1,2
Rière vieille de Strasbourg. ... 3,5
— nouvelle . 3,0
— rouge de Lille. ........ 2,9
— blanche id . 2,9
— de Paris . 1,9
lils, du Perpignan. Le premier nombre apparlienl à uu vin de 4816* d’une ulcoolici(é excep-
moyenue de 86 vins de loiUe.s localités, analyses par M. Bonis.
(2) Les réstillals relaüfs aux vins de la Gironde .«îonl empruntés à M, Fauré,
SSS DICOTYLÉDONES TIIALAMIFEORES.
Le CIDRE est une liqueur vineuse que l’on fait surtout en Normandie et en Picardie, avec le sue de petites pommes agrestes {malus acerl/a) qui y sont fort communes (voir précédemment, page 269). On récolle ces pommes depuis septembre jusqu’en novembre. On les laisse en las pendant quelque temps pour achever de les faire mûi'ir et y développer plus de principe sucre. On les écrase, on y mêle ordinairement une certaine quantité d’eau , et on les exprime. On reçoit le suc dans une grande cuve , d’où il est ensuite versé dans des tonneaux où il fermente lentement; ce n’est guère que vers le mois de mars qu’il est bon à mettre en bouteilles et à boire.
La BIÈRE se prépare avec de l’orge , à l’aide de plusieurs opérations indispensables pour en déterminer et en régler la fermentation.
On commence par faire tremper le grain d’orge dans l’eau, afm.de le ramollir et de le disposer à la germination; on l’étend ensuite sur un plancher en une coiicite uniforme d’environ 50 centimètres, et on le remue de tenips en temps pour empêcher qu’il ne s’écliauffe trop. Au bout de quelques jours on voit le germe paraître. Lorsqu’il a acquis de 3 à 5 millimètres de longueur, on arrête l’opération en desséchant l’orge dans une étuve chauflée à 60 degrés. La germination a pour but de développer dans l’orge une plus grande abondance de principe sucré : mais il faut l’arrêter à temps par la dessiccation, car autrement le sucre se détruirait. L’orge germé, séclié et privé do scs germes, se nomme drèche ou malt.
On moud la drèche gro.ssièrement , et on la met dans une grande cuve à double fond, dont ou laisse l’intervalle des deux fonds vide. On y fait arriver de l’eau presque bouillante par le bas, de manière à couvrir la drèche, et on brasse fortement le tout; deux ou trois heures après on soutire l’eau , et oti la reniplace par de nouvelle, afin de mieux épuiser la drèche. Ou réunit les liqueurs qui contiennent tous les agents de la fermentation , et on les fait évaporer pour les concentrer. Sur la fin on y ajoute de la fleur de houblon, dont le principe amer et astringent doit déterminer la fermentation qui va suivre à être alcoolique plutôt que acéteuse; car on a remarqué que le moût d’orge, mis à fermenter sans houblon , ne donnait guère que du vinaigre. Après que cette plante a bouilli pendant un instant dans la liqueur, on passe celle-ci et on la reçoit dans une grande cuve, où l’on ajoute assez de levure délayée pour y établir une prompte fermentation. Cette fermentation est des plus tumultueuses , et donne naissance à une écume abondante, très riche en ferment. C’est celte écume qui formcla leviire dont je viens d’indiquer l’emploi, et qui , en outre, étant lavée à grande eau pour lui enlever son amertume , est employée ]iar les boulangers pour faire lever le pain.
AMPÉLIDÈES. 533
Lorsque la fcrmenlalion est apaisée , on distribue la bière dans de petits tonneaux , où elle continue de fermenter et de jeter de l’écuine pendant plusieurs jours; alors on ferme le tonneau et on la livre au commerce.
La bière demande à être bue promptement , à cause de sa facilité à s’aigrir. Elle contient moins d’alcool que le cidre, et à plus forte raison que le vin.
La bière est quelquefois employée à composer une bière anliscorbutique , pour laquelle on suit la même formule que pour le vin. Il faut seulement y ajouter une certaine quantité d’alcool , eu même temps que les plantes, afin d’empêcher qu’elle ne s’aigrisse. C’est au surplus ce que l’on fait, même en employant le vin blanc qui sert à la préparation du vin antiscorbulique.
Alcool.
L’alcool est un des produits de la fermentation vineuse ou alcoolique (1) : ainsi , tous les liquides qui ont subi cette fermentation en contiennent plus ou moins et peuvent en donner par la distillation. Le vin est celui, de tous qui en contient le ])lus et qui donne l’alcool de meilleure qualité : le cidre en contient plus que la bière; en en retire en outre des marcs de raisin , des graines céréales fermentées , de la pomme de terre et de sa fécule préalablement convertie eu glucose ; de différents fruits , et notamment des cerises écrasées et fermentées avec leur noyau; de la mélasse, du vesou, du riz, etc. Tous ces alcools portent dilférents noms, comme ceux à’ eaux-de-vie ou à' esprits-de-vin, do marc^ de grains, de pommes de terre, de fécule, et ceux de kirchîvasser, taffia, rhum, rack, etc. Tous ont un goût particuliei- ou bouquet qui les fait reconnaître et différemment estimer des connaisseurs. Le rhum est quelquefois prescrit au pharmacien en place d’eau-de-vie de vin.
On retire l’alcool du vin par la distillation : le plus ancien procédé consiste simplement à mettre du vin dans la cucurbito d’un très grand alambic muni d’un serpentin, et à le soumettre à l’action immédiate du feu. On obtient par ce moyen un liquide alcoolique qui marque de /i6 à 56 degrés à l’alcoomètre centésimal ; on le nomme communément Mu-de-vie. Ce liquide est incolore et peu agréable lorsqu’il vient d’être distillé; mais en le laissant vieillir dans des tonneaux de chêne, il acquiert une couleur ambrée et un goût plus parfait. Lorsqu’on veut convertir l’eau de-vie en esprit plus fort, on la distille de nouveau , et
(1) Je renvoie aux traités de chimie et à ma Pharmacopée raisonnée, p. 73, pour la théorie de la fermentation alcoolique.
534 DICOTYLÉDONES TU ALAMIELOliES.
on obtient nn liquide marquant environ 75 degrés à l’alcoomèlrc, nommé eau-de-vie double. Enfin, cette eau-de-vie double, distillée de nouveau, acquiert de 82 h 85 degrés et prend le nom d' esprit-de-vin. Dans le commerce , on y ajoute le terme tccbnique trois-six , qui se marque comme la fraction |, et qui indique que cet alcool , coupé avec moitié do son volume d’eau , reforme de l’cau-de-vie à 56 degrés. Les autres degrés ont également d’autres fractions qui les désignent, comme y, et d’autres.
Depuis longtemps déjà, le procédé qui vient d’être indiqué a été remplacé par des appareils plus compliqués, dont la première exécution est due à Édouard Adam , et qui se trouvent décrits dans un mémoire de M. Duportal sur la distillation des vins {Annnles de chimie, t. LXXVIT, p. 178). Dans ces appareils, la vapeur alcoolique qui se dégage de la cucurbite est reçue successivement dans deux vases contenant du vin qu’elle échauffe et fait entrer en ébullition ; toute ta vapeur qui part du dernier de ces vases est reçue dans d’autres vases vides qu’on laisse échauffer h différents degrés , suivant la force que l’on veut donner au produit, et est enfin reçue dans nn grand serpentin rafraîchi avec du vin. Comme on le pense bien , ce vin échauffe est porté ,. soit dans les deux premiers récipients , soit dans la cucurbite , où il 'exige moins de temps et de combustible pour entrer en .ébullition pour la première fois.
Outre cet avantage, qui est déjà considérable, outre la meillenre qualité et la plus grande quantité du produit , on peut encore, comme je viens de le dire , en laissant plus ou moins échauffer les vases intermédiaires (ce qui y condense d’autant moins ou d’amant plus d’alcool faible), obtenir celui qui coule du serpentin à un degré différent, et jusqu’à 90 degrés, point que l’on ne pouvait atteindre par le moyen de l’ancien alambic , qu’après trois ou quatre distillations successives. Ces résultats , qui sont immen.ses et qui ont donné une si grande extension au commerce des esprits, auraient dû mériter à leur auteur une récompense nationale : il est mort dans le dégoût.
L’alcool doit avoir un goût franc e.t être peu coloré. Anciennement on reconnaissait facilement celui retiré du vin, dit esprit de Montpellier, de celui qui était extrait des marcs de raisin ou des grain.s. Ces derniers, mêlés h partie égale d’acide sulfurique, brunissaient fortement en rai.son de la carbonisation d’nne matière huileuse qu’ils contenaient , et qui résultait du mauvais procédé suivi pour leur préparation , tandis que l’alcool du vin restait presque incolore ; mais depuis qu’on a a|)pliqué aux esprits de marcs et de grains les procédés d’Édouard Adam , celle différence n’existe plus, et il n’y a qu’un odorat et un goût exercés qui puissent les faire distinguer.
\.Ml’ÉLlDftl'.S. 535
I.’alcool, à ses différciUs degrés, esl très employé par les pharmaciens, comme excipient des teinUires cl des esprits aromatiques , et puni' préparer les élliers. Il sert aussi au chimisle dans ses analyses , ayant la propriété do dissoudre certains corps à l’exclusion d’autres ; tels sont, parmi les minéraux, les sels déliciuescents, et, parmi les végétaux, les huiles volatiles, les résines, quelques huiles fixes, et différents acides et principes colorants.
vinaigre.
Le vinaigre , comme l’indique son nom, est du vin aigri ou acidifié. La fermentation qui le produit se nomme fermentation acétique; elle peut s’exercer sur tous les corps qui ont d’abord subi la fermentation alcoolique; ainsi, le cidre et la bièi-e peuvent également donner une sorte de vinaigre, qui est bien moins agréable que celui du vin.
Pour changer le vin en vinaigre, on constiuit une longue étuve dont ou entretient la température entre 2ü et 25 degrés; on dispose- dans cette étuve plusieurs rangées de tonneaux dont on laisse la bonde ouverte , et qu’on a percés d’un autre trou , latéralement et à la partie stipérieure, afin d’y augmenter le renouvellement de l’air; on remplit ces tonneaux aux deux tiers de vin rouge ou blanc, mais plus ordinairement de vin blanc : tous les huit ou dix jours on change le vin de tonneau , et au bout de trente jours environ , l’opération est terminée. C’est l’habitude qui apprend à connaître, en le goûtant , quand le vin est autant aigri que possible; il ne faut pas dépasser ce terme , car l’air continuant d’agir sur le vinaigre le détruirait. (Voir, dans ma Pharmacopée raisonnée, p. 75, la théorie de la transformation de l’alcool en acide acétique.)
Le vinaigre est blanc ou rouge selon le vin employé. Il diffère du vin surtout parce qu’il contient beaucoup d’acide et peu d’alcool; on y trouve, du reste, le principe colorant du vin , une matière’ muqueuse et des surtartrates de potasse et de chaux. Le meilleur vinaigre blanc nous vient d’Orléans ; mais on en fabrique de très grandes quantités 5 Paris avec de l’orge ou de la bière, de la mélasse, du glucose et d’autres substances susceptibles d’éprouver les fermentations alcoolique et acétique ; de plus, l’acidité de ces différents vinaigies est souvent rehaussée par une addition d’acide acétique retiré du bois, et quelquefois au moyen d’une petite quantité d’acide sulfurique ou chlorhydrique.
A part l’addition de ces deux derniers acides, qui constitue une fraude très répréhensible, je ne crois pas qu’il faille condamner, sans examen, les autres mélanges; Je regarde, au contraire, comme un in ogrès utile, lorsque la chimie esl parvenue à produire des cor|)s tels que l’acidc acétique retiré du bois , la
536 DICOTYLÉDONES TIIALAMIfLOKES.
(Icxlrinc et le sucre de dexirine , l’application de ces corps à queUpie grande fabrication, cl la concurrence qu’ils viennent faire à d’autres matières premières d’un prix plus élevé. Il faut y mettre deux conditions cependant : la première est que le produit fabriqué ne contiendra rien de nuisible à la santé; la seconde est qu’il ne sera pas vendu sous le uom , ou comme provenant d’une autre fabrication. Cette dernière condition est d’autant plus équitable dans le cas présent , que le vinaigre de vin conserve une grande prééminence de qualité sur les autres, et qu’il y aurait perte pour l’acheteur à prendre comme vinaigre de vin du vinaigre de bois ou de glucose. Je n’entrerai pas ici dans le détail de toutes les expériences à faire pour arriver à la distinction de ces différents vinaigres. Je renvoie, à cet égard, aux différents Mémoires de M. Chevallier, ainsi qu’à celui que j’ai publié dans \e Journal de pharmacie et de chimie, t. X, p 407, et je me bornerai à donner les caractères principaux d’un bon vinaigre de vin.
Ce vinaigre, provenant du vin blanc, est limpide, d’un jaune un peu fauve et assez foncé ; d’une densité de 1018 à 10-20 (■2“,ü0 à 2” ,75 au pèse-liqueur de Baumé). Il possède une saveur très acide, mais dépourvue d’âcreté, et ne rend pas les dents rugueuses au loucher de la langue ; il se trouble un peu par le nitrate de baryte et l’oxalale d’ammoniaque , et très faiblement par le nitrate d’argent. Il sature de 6 h 8 centièmes de son poids de carbonate de soude pur et desséché , et doit être d’autant plus estimé que son acidité est plus forte , entre ces deux limites. Il prend , par la saturation, une couleur de vin de Malaga et acquiert une légère odeur vineuse, sans mélange d’odeur empyreumatique. Il contient environ 2g‘.,5 de bitartrate de potasse par litre et ne renferme ni matière gommeuse , ni dextrine , ni glucose. Il ne contient également aucune substance métallique qui puisse prendre une couleur brune noirâtre par un sulfhydrate alcalin , ou rouge-brique par le cyanure ferrosopotassique.
Tout vinaigre qui s’écartera beaucoup des caractères précédents , c’est-àdire qui sera trouble, d’un jaune très pâle, d’une densité inférieure à 1016 , d’une faible acidité et qui saturera moins de 6 centièmes de carbonate de soude (1) ;
Ou qui sera acide au point de corroder les dents et qui précipitera instantanément et abondamment par le nitrate de baryte ou le nitrate d’argent ;
Ou qui aura une saveur âcre ou une odeur désagréable ;
Ou qui se colorera en brun-noirâtre par le sulfhydrate de potasse, ou en rouge par le cyanuré ferroso-potassique ;
Ce vinaigre devra être regardé comme suspect et soumis à un examen ultérieur qui permette de statuer délinitiveraent sur sa qualité.
Tartre brut et Crème de Tartre.
Le larlre est une croûte saline qui se forme contre la paroi interne des tonneaux dans lesquels on conserve le vin ; il est composé d’un peu de lie , de matière colorante, et surtout de bitartrate de potasse
JonriMt (le phannneie et de chimie, t, X , p, 415.
wia-iACiiES. 537
mélo ou couibinô h une cerlaiiie fiuantilé de tailrale de chaux ; il est rouge ou blanc, selon le vin qui l’a foui'iii ; il a une saveur aigrelellc et vineuse, et brûle sur les charbons en répandant une odeur qui lui est propre. Il est employé en pharmacie pour préparer les boules de Mars ou de Nancy.
On purifie le tartre en grand à Montpellier. Pour cela on lofait fondre dans l’eau bouillante, on y délaie quatre où cinq pour cent d’une argile pure, qui ne tarde pas à s’emparer de la matière colorante et à la précipiter ; ou passe, on évapore à pellicule et on lai.ssc cristalliser ; les cristaux séchés portent le nom de crème de tartre. C’est du bitartrate de potasse assez pur, à cela près du tartrate de chaux qu’il contient. 11 est cristalli.sé en prismes obliques à base rliombe ; mais on y trouve aussi une assez grande quantité de petits tétraèdres isolés.
On doit choisir la crème de tartre en cristaux bien prononcés, blancs, et d’une saveur acide assez marquée. 11 faut la conserver dans un endroit sec, car elle s’altère à l’humidité : elle acquiert alors une forte odeur d’acide acétique.
La crème de tartre sert à préparer tous les autres tartrates et l’acide tartrique. On peut la considérer soit comme un tartrate double d’eau et de potasse = C^'O^Os.lJO -f C^|lW,KO; soit comme un tartrate simple hibasique, dont une des bases est l’eau et l’autre la potasse ; on le représente alors par la formule C®n'*0“' (HO, KO), qui est plus simple que la première.
FAMILLES DES MÉLIACÉES ET DES CÉDRÉLACÉES.
La famille des méliacéeS comprend des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes , non stipulées , simples ou composées. Les fleurs ont un calice gamosépale , à 4 ou 5 divisions ; une corolle à 4 ou 5 pétales valvaircs ; des étamines en nombre double des pétales , rarement en même nombre ou en nombre supérieur au double ; les étamines sont toujours monadelphes et forment, au moyen de leurs filets soudés , un tube qui porte les anthères. L’ovaire est placé sur un disque annulaire, et présente 4 ou 5 loges contenant le plus souvent 2 ovules collatéraux ou superposés. Le style est simple et terminé par un stigmate plus ou moins divisé en 4 ou 5 lobes. Le fruit est tantôt sec , caitsulaire , s’ouvrant en 4 ou 5 valves septifères; tantôt drupacé et parfois uniloculaire par avortement. Les graines sont dépourvues d’ailes, mais souvent accompagnées d’un arille charnu. L’embryon est pourvu d’endosperme dans la tribu des mcliècs, et privé d’endosporme dans celle des trichüiées.
Les méliacées, malgré leurs propriétés très actives, sont à peine
538 mcO'l'YI.ÉDÜNKS THALAMIl'XOllKS.
connues des médecins, en Europe. L’î>ï.é«i;trrt« séîjdnM.’: [melia azt;darac/t L.) est un grand arbrisseau de Perse et de Syrie, depuis longtemps naturalisé dans le midi de l’Europe , dont toutes les jtarties sont amères , fortement purgatives et aiitlielmintiques ; mais il peut devenir vénéneux à une dose trop élevée. Eu Améririue, les guarea trichiiiuides L. , Sivartzii , purgans Saint-Hilaire, cathartica Mart. ; de môme que les Inchüiu cathartica iMart. et liauanensis ,lacq. , sont remarquables par leur forte qualité purgative et émétique.
L’ccorce de campa de la Guyane est vantée comme fébrifuge. Suivant la description qu’en ont donnée i\ni. Pétroz et Robinet {Joiirn. pharrn. , t. VII, p. 351), elle est épaisse de 5 millimètres , couverte d’un épiderme gris et rugueux, d’un rouge brun foncé à l’intérieur et d’une saveur amère. Sa cassure est assez nette et présente des couches concentriques de couleur alternativement jilus claire et plus foncée; sa surface interne est moins foncée en cotdeur (|ue la masse môme de l’écorce, et présente plusieurs couches de fibres. L’examen chimique de cette écorce, fait par .11.11. Petroz et Robinet, permet de croire qu’elle contient un alcaloïde amer et fébrifuge qu’il serait très intéressant d’y rechercher de nouveau.
Le fruit du carapa de la Guyane est une capsule ligneuse , ovoïde, longue de 8 à 10 centimèti es , marquée de h côtes arrondies et de U sillons, s’ouM'ant en 4 valves et contenant de 7 à 8 semences assez volumineuses, jn'essée.s les unes contre les autres, fixées à l’axe du fruit et diversement anguleuses , suivant la place tpi’elles occupent dans l’amas globuleux formé par leur réunion, (les semences sont pourvues d’un test rougeâtre et coriace; l’amande est formée de 2 cotylédons épais dont on retire par expression une huile jaunâtre, en partie liquide et en partie solide, dans les pays chauds, mais entièrement figée à la température moyenne de nos climats.
Celte huile est très amère et .sert à un grand nombre d’usages , en Amérique. Non seulement elle est généralement appliquée .à l’éclairage, mais les Indiens la mêlaient autrefois au rocou et s’en peignaient le corps, le visage et les cheveux, dans un but de |)nrure et pour se mettre à l’abri de la piqûre des insectes; les Nègres chasseurs s’en frottent encore les pieds, dans le môme dernier but, et on en frotte également les meubles que l’on veut préserver des insectes. Cette huile est aujourd’hui apportée à Marseille , avec beaucoup d’autres , pour la fabrication du savon.
Le bois de cara|;a est fibreux, assez léger, rougeâtre, inattaquable par les insectes.
Semences de toHioucoiina ; carapa touloucoimn Guill. , caropd guineensis Sweet. Le toulouconna est un grand arbre de la Sénégambie
CÉOKliLACÊliS. 539
qui diffère de celui de la Guyane par ses fleurs peiilanières el par ses fruits pentagones et s’ouvrant en 5 valves. Les semences forment au milieu du fruit un amas globuleux, et sont composées d’un test rougeâtre, dur, pre.sque ligneux , tuberculeux à sa surface , et d’une amande un peu ro.sce, dure, très gra.sse, fournissant par expression une huile amère , d’un jaune pfde et ayant la consistance de l’huile d’olives figée. Ces semences sont souvent très aplaties, ayant été superposées les unes aux autres suivant la hauteur du fruit; mais on en trouve aussi qui ont la forme d’un cinquième de sphère et qui ont dû être disposées circulairemont autour de l’axe , et quelques antres, arrondies, qui paraissent avoir été isolées au milieu du fruit. Ces .semences et leur huile .sont importées à iMarseille pour la fabrication du savon.
La famille des cilDRKt.ArÈES se distingue de celle des méliacées , de laquelle elle a été distraite par RL L. Brown , par ses ovules plus nombreux , insérés en double série, dans chaque loge de l’ovaire, sur des trophospermes soudés à l’axe , et par ses graines ailées , ordinairement pourvues d’endosperme. Elle comprend des arbres exotiques, la plupart très élevés, dont les écorces sont employées comme fébrifuges, et dont les bois, très estimés pour l’ébénisterie, forment un objet de commerce considérable. Parmi les écorces fébrifuges , je citerai celles du soymida fcbrifuqn de l’Inde, du cedreln febrifugn de ,Tava , du swietema Mnhndes Antilles et celle du hhnya senegolensis delà Sénégambic, de laquelle RI, Eugène Caventou a retiré un principe amer, résinoïde, neutre aux réactifs, qui paraît jouir de la propriété fébrifuge de l’écorce. Celle-ci , telle que RI. E. Caventou l’a eue , paraît ressembler beaucoup à celle du carapa de la Guyane. Elle est large, cintrée, épaisse de 7 à 8 millimètres , couverte d’un épiderme gris-blanchâtre , h surface peu rugueuse. Dessous l’épiderme, l’écorce est d’une couleur rouge qui diminue d’intensité en allant de l’extérieur h l’intérieur ; la cassure est grenue vers l’extérieur, ensuite un peu lamelleuse et se termine, sur le bord interne, par une série simple de fibres ligneuses aplaties. La coupe transversale rendue nette, à l’aide d’un bon instrument tranchant, et vue à la loupe , donne l’explication des caractères précédents. On trouve, en effet, que cette écorce est formée d’une matière rougeâtre presque pulvérulente, entremêlée de grosses fibres blanches, rangées comme par cercles concentriques , et dont les cercles sont beaucoup plus continus cl plus rapprochés du côté intérieur de l’écorce. La surface interne est formée par l’agglutination des fibres ligneuses dont il a été parlé plus haut et assez unie. La saveur de l’écorce est très amère.
Le bois du khaya senegalensis est connu dans le commerce .sous les noms d’acajoH «lu «cn.-Kai et do caïicccira. Il ressemble beaucoup à l’acajou Mahogoni , mais il est d’une texture plus grossière, garde
540 DlCOTYLl'iDOKES TIIALAMIFLOKLS.
plus difficilement le poli et présente souvent une teinte vineuse peu
agréable. Il est beaucoup moins estimé.
Acajou ifiaiiogoni, swieleiiia Mcihogoni !.. Cet arbre est très abondant dans les Antilles et principalement à Saint-Domingue, à Cuba, et dans la province de Honduras au Mexique. Il a une croissance rapide et parvient à des dimensions considérables. Son bois est compacte , d’une texture fine et serrée, d’une couleur rougeâtre claire qui devient h l’air d’un rouge plus foncé nuancé de brun. Il est facile à travailler et susceptible d’un beau poli satiné. On en fait une consommation considérable pour la fabrication des meubles , quoiqu’on ne l’emploie le plus souvent que plaqué sur chêne tu bois blanc, après l’avoir réduit en feuilles d’une grande minceur, h l’aide d’une scierie mécanique.
Le bois d'acajou dont on fait le plus d’usage en France est celui tic Haïti ou Saint-Bomiiiguc ; il provient Surtout de la partie espagnole del’île; il est d’une couleur vive, d’une fibre line et serrée, pesant de 28 à 34 kilogrammes le pied cube. Il vient en poutres équarries, nommées billes, qui ont le plus communément de 40 à 68 centimètres d’équarrissage et de 2“', 3 à 3“,3 de longueur ; mais on en trouve aussi de petites billes de 32 à 49 centimètres d’équarrissage et 65 à 130 centimètres de longueur, provenant de rameaux fourchus dont le bois est reclierché sous le nom à'acajoit ronceux.
L’acajou de Cuba est uu peu plus lourd cjuc Celui de Ha'iti et d’une couleur moins brillante; les billes ont de 32 à 54 centimètres d’équarrissage sur 4 à 6 mètres de longueur, avec une des extrémités taillée en pointe et percée d’un trou.
L’acajou de Honduras paraît être d’iiuc cspècc différente ; il a la fibre plus grosse et moins serrée et no pèse que 20 à 25 kilogrammes par pied cube. Il parvient à une grosseur telle qu’on en fait des billes de 13 à 16 décimètres d’équarrissage sur 3 h 5 mètres de longueur ; il a une couleur plus i)fdc et tirant quelquefois sur le jaune. On trouve pourtant un acajou de Honduras dont le grain est fin , et dont la couleur rosée ne brunit pas avec le temps, ce qui lui donne du prix.
Acajou femelle , acajou à planches , OU ccdrcl odorant ( CCclrelaodorataL.). Grand et bel arbre de l’Amcriquequisc distingue des sivietenia par ses étamines qui sont libres et au nombre de cinq seulement (1). Le fruit, de même que celui de Mahogoni, est une capsule ligncu.se , pentagone, à 5 valves, contenant un placenta ligneux , libre, central , chargé de semences imbriquées , comprimées et munies à leur bord d’une aile membraneuse. Seulement ce fruit est bien plus petit
(1) Les sivietenia ont 10 étamines réunie.5 en un tube denté au sommet , et portant les anthères du côté interne.
CÊDRÉLACÉliS. 541
que celui du AJahogoiii , cl puui vu d’uiie odeur féiide cl alliacée , qui passe dans la chair des perroquels qui s’en nourrissent. L’écorce de l’arbre est aussi imprégnée d’une odeur fétide insupportable. Quant au bois, il est très léger, poreux, rougeâtre, amer, inattaquable par les insectes, et pourvu, quand il est sec, d’une odeur aromatif[ne agréable, analogue à celle du genévrier de Virginie. Il sert avec avantage à faire des charpentes de maisons, des meubles communs, ou des intérieurs de meubles d’ornement, des barques très légères et pouvant soutenir de lourdes charges sur l’eau. On en fait aussi des caisses pour le sucre et des boîtes pour les cigarres.
«ois d’Amhoinc. Bois fort rare et fort cher provenant des loupes d’un arbre des Moluques. Ces loupes et les portions de bois qui les accompagnent ressemblent beaucoup au bois d’acajou de Honduras, de sorte qu’il ne me paraît pas douteux que ce bois ne soit produit par un arbre voisin des simetenia. Peut-être est-ce par la flindersia amboivensis de Poiret, arbo7' omlidife^'o. de Rumphius, quoique ce dernier ne parle aucunement de l’utilité de son bois.
Bois satiné de l'Inde, efi.s/ tWiO)?, du Commerce anglais.
Ce bois est comparable pour la forme , le volume, la couleur et le poli satiné au i»ois d'iii.spnniiie décrit page 490 ; mais il est inodore et sa coupe perpendiculaire à l’axe présente , à la loupe , des lignes radiaires continues, très serrées , ne contenant généralement entre elles qu’une rangée de petits points blanchâtres , disposés par petits groupes interrompus. Je ne sais si c’est par suite d’une erreur d’origine , maison m’a donné comme venant du Brésil, sous le nom de satine janne de Para, une bûclie cylindrique de 11 centimètres de diamètre, dont le bois ne diffère pas du satin-wood de l’Inde que j’ai acheté à Londres en 1843.
Rndlicher cite encore, comme bois de cédrélacées connus dans le commerce anglais, un l>ois ronge de rindc {l'ed-wood) fourni par le soyniida feb'ifuga, et un i>ois jaune de l’iinstraiasie {sXustralia ijeUotu-u'ood] , dû â Voxleya xanthoxyla.