‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 20 sur 121 · VI. Quinquirna de Lima gris ordinaire · texte numérisé non relu

VI. Quinquirna de Lima gris ordinaire

Vrai huanuco des Allemands. Tubes généralement réguliers, longs , cylindriques, de la grosseur d’une plume à celle du petit doigt ; épiderme fin, légèrement fendillé et d’un gris blanchâtre assez uniforme ; les plus fines écorces sont très minces, compactes, et présentent une cassure nette, rougeâtre, cemme formée de couches agglutinées ; les écorces plus âgées sont plus épaisses et offrent une cassure ligneuse. L’épaisseur et la nature ligneuse de cette écorce sont cause qu’elle conserve sa forme cylindrique par la dessiccation, et qu’elle offre très rarement les rides longitudinales qui caractérisent la sorte précédente. Elle est dure sous la dent, $’y écrase difficilement et présente une saveur amère et astringente. Elle à une odeur assez faible. Quant à la couleur interne , elle est d’un jaune orangé dans les écorces saines et nouvellement livrées au commerce, et cette couleur passe au fauve uniforme dans les droguiers. Les écorces qui vieillissent dans le commerce s’altèrent el prennent à l’intérieur une couleur terne et grisâtre.

Les caractères du quinquina de Lima gris ordinaire se retrouvant dans les écorces les plus grosses et les plus âgées, il en résulte que ce quinquina est une espèce bien distincte, dont les signes particuliers ne tiennent pas à la jeunesse de l'écorce. Ainsi, je possède des rouleaux de quinquina de Lima offrant un développement de 16 centimètres sur une épaisseur de 4 millimètres, et une partie d’écorce cintrée épaisse de 13 millimètres, qui présentent le même épiderme fin, gris blanchâtre,

longues elles-mêmes, pour la plupart, de 20 à 27 cent. et larges de 13 à 16. Elles sont minces, vertes et très glabres en dessus, veineuses en dessous , un peu pubescentes à la base des veines, qui sont pourprées. Les jeunes feuilles sont glauques et un peu pubescentes ; les stipules sont ovales et réunies à la base. La panicule est très grande, munie de fleurs très nombreuses , presque sessiles et rassemblées par bouquets à l'extrémité des pédoncules secondaires ou tertiaires. Le calice est très petit, à 5 dents aiguës; la corolle est très petite également (longue d'environ 7 millimètres) , tomenteuse et rougeätre en dehors, blanche et laineuse en dedans, terminée par 5 lobes cbtus ; les étamines sont très courtes et incluses; le style ne dépasse pas les étamines, Les fruits sont semblables à ceux du cinchona condaminea, mais ils sont plus petits, plus allongés, presque lisses et à peu près cylindriques; leur longueur varie de 7 à 16 millimètres et leur largeur de 5 à 6. Cette espèce est caractérisée par la petitesse de ses fleurs et de ses fruits comparée à l'ampleur de ses feuilles.

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légèrement fendillé et très adhérent au liber ; le même liber compacte ; dur, ligneux , d’une teinte fauve uniforme; seulement ces grosses écorces présentent une saveur amère bien plus développée et qui approche de celle du calisaya. Voici différentes synonymies de ce quinquina :

Sous le nom de quina negra A* especie, n° 37 des écorces, le Musée britannique possède un bel échantillon de quinquina gris fin de Lima, sans aucun mélange.

Le n° 17 bis des écorces, nommé cascarilla provineia de Jaen, de Loxa , est le même quinquina un peu plus gros.

Le no 17, nommé cinchona vulgo provinciana, species nova de Loza , est du quinquina gris fin de Lima mêlé de gris pâle ancien.

Enfin le n° 50 présente, sous les noms de quina blanca, pata de Gallinazo , À especie, de Loxa, du quinquina gris de Lima mélangé de Lima rouge, de lima blanc et de blanc de Loxa.

Le n° 37 ci-dessus, du Musée britannique , pourrait faire supposer que le quinquina gris de Lima est produit par le cinchona glandulifera, dont l’écorce est généralement désignée au Pérou sous le nom de negra ou de negrilla, et cette opinion pourrait être corroborée par les raisons suivantes :

41° Laubert donne à l'écorce du cinchona glandulifera, envovée par Tafalla, des caractères qui s'accordent beaucoup avec ceux du quinquina gris de Lima (Pull. pharm., & IE, p. 318).

2% D'après le docteur Pæppig, l'écorce du cinchona glandulifera est considérée comme la plus belle de celles qui viennent du Cuchero, et celle qu’il à rapportée, dont je dois un échantillon à M. Reichel, pharmacien à Hohenstein (Saxe), a été comparée ou assimilée à la plus belle sorte de loxa. |

Mais l’examen même que j'ai fait de cette écorce me la fait regarder comme étant d’une qualité inférieure et très différente du véritable quinquina huanuco.

D'ailleurs, les n°* 17 et 17 bis du Musée britannique , contrairement à l'opinion précédente, rapportent le quinquina gris de Lima au cinchona micrantha, et cette conclusion tire une grande force de ce que le premier quinquina de Lima est également produit par cet arbre: car alors les deux quinquinas de Lima que l’on trouve ordinairement mélangés dans le commerce ne seraient que deux variétés d'écorce du mème arbre, où que lécorce de deux variétés de la même espèce de cinchona. A

Enfin, le n° 50 du même Musée, quoique mélangé d'écorces étranoères, el quoique. portant un noni donné communément au c/nchont ovata, ne contredit pas Fopinion précédente, parce que le docteur

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Pœæppig nous prévient que la jeune écorce du cñchona micrantha porte aussi au Pérou le nom de pata de gallinayo (griffe de vautour). Il est donc possible, en effet, que tout le quinquina de Lima gris soit produit par le cènchona maicrantha.

J'ai toujours admis, cependant, que le quinquina de Lima, gris ordinaire, était produit par le cinchona lanceolala , et je ne vois pas encore de motifs suffisants pour abandonner cette opinion , qui est fondée tant sur les caractères donnés par Ruiz à l’écorce du cinchona lanceolata (caractères entièrement conformes à ceux du quinquina de Lima le plus ordinaire), que sur ce que cet arbre croît abondamment sur les montagnes de Panatahuas, très voisines de celles de Huanuco, de sorte que son écorce doit faire partie de celles qui sont embarquées à Lima. En définitive, je ne puis me décider entre cette origine et la précédente.

Quinquina de Lima gris, variété ligneuse, Anciennement , j'ai donné spécialement à ce quinquina le nom de Auanuco, parce que je lui trouvais tous les caractères indiqués par Laubert pour cette sorte de quinquina ( Bull. pharm.,t. X1, p. 309); mais, comme on l’a vu, les Allemands appliquent le nom de Auanuco à toutes les sortes de Lima : d’ailleurs celui-ci ne me paraît être qu'une variété du quinquina de Lima ordinaire.

Grosseur du pouce; épaisseur de 3 ou 4 millimètres ; forme entièrement roulée ; surface raboteuse avec des fissures transversales très rapprochées ; croûte mince, noirâtre, inais recouverte par places d’une matière crétacée. Cette croûte est sans goût; elle se sépare tres facilement du liber, par tres petites plaques, et y laisse des impressions rirculaires très nombreuses. La cassure du liber est compacte et ligneuse : la couleur interne est celle du quinquina calisaya ; la saveur est amère et un peu pâteuse , l'odeur presque nulle.

Quinquina de Guayaquil, Sous ce nom, j'ai reçu anciennement de M. Pereira une écorce qui ne me paraît pas difféger de la précédente. Elle possédait , lorsque je l’ai recue, une légère odeur de #yrtus pimenta qu’elle a perdue par l’exposition dans une étuve, ce qui montre que cette odeur était accidentelle.

VIE, Quinquina de Lima blanc.

Ce quinquina arrive mélangé aux autres sortes de Lima. Pendant longtemps je n’en ai eu que les grosses écorces, ce qui nr’avait empêché d’en faire une sorte séparée; mais j'en possède aujourd’hui les fines écorces qui assurent la distinction de l'espèce.

112 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES,

Écorces fines, longues, roulées, n'offrant presque aucune fissure transversale, et présentant, presque uniquement, des stries ou déchirures longitudinales, petites, superficielles et très nombreuses. La surface, non usée, est presque entièrement blanche; mais elle devient fauve partout où le frottement a fait disparaître l’efflorescence blanche ; car la croûte, quoique mince, est de nature fongucuse et facile à user. Le liber est mince, compacte, à cassure assez nette, mais fibreuseagglutinée, et d’une couleur jaunâtre, fauve orangée ou rougeûtre. La saveur en est manifestement amère et astringente.

Grosses écorces, souvent grosses comme le pouce ou davantage, ordinairement revêlues d’une couche crétacée ; croûte médiocrement rugueuse, caractérisée par les mêmes déchirures longitudinales que les jeunes écorces , avec très peu de fissures transversales. Cette croûte est le plus souvent mince et adhérente au liber ; mais quelquefois aussi elle est plus épaisse , fongueuse et peut se séparer en plusieurs couches. Le liber est épais, d’un jaune prononcé ou un peu rougeûtre ; la cassure en est compacte et serrée vers l'extérieur, tout à fait d'apparence ligneuse à l’intérieur. Il est plus souvent spongieux que dur sous la dent: d’une saveur manifestement amère, d’une odeur faible.

Quoique ce quinquina se rapproche par son aspect extérieur des quinquinas blancs, cependant il conserve de trop grands rapports avec les autres quinquinas de Lima pour pouvoir en être séparé , et je lui ai conservé son ancienne place. Je l'ai trouvé au Musée britannique sous le nom de cascarilla con hoja de Zambo, de Loxa (écorce n° 48), et chez M. Delessert, sous celui de cascarilla boba de hojas moradas ; cascarilla purpurea R. P. (lettre C).

VIH. Quinquina de Lima trés rugueux , imitant je Calisaya.

Probablement le £ascarilla lagartijada de Laubert (Bullet. pharm., t. IT, p. 298). Les plus petites écorces de ce quinquina ont une teinte grise bleuâtre assez uniforme, due au mélange de la légère couche blanche qui les recouvre avec la couleur brune noirâtre de la croûte. Cette croûte est fine, très adhérente au liber, très rugueuse et très fendillée ; dans les gros morceaux , elle acquiert /a dureté et la rugosité de celle du quinquina calisaya. Le liber Ini-même est très dur, pesant, a cassure nette, lorsqu'il provient des jeunes branches ; d’une apparence ligneuse, surtout au centre, dans les plus gros morceaux. 1] n’est pas rare que la cassure des écorces roulées laisse apercevoir, vers la partie externe, nn cercle de substance d'apparence résinense, quel-

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quefois jaune et transparente comme du succin. La saveur de ce quinquina est à la fois amère, astringente et aromatique ; les grosses écorces imitent tellement le calisava non mondé de son épiderme, qu'il faut les examiner morceau à morceau pour les distinguer. Le premier est généralement d’une couleur plus obscure , d’une dureté plus grande sous la dent, d’une amertume bien moins marquée; cnfin il ne précipite pas la dissolution de sulfate de soude, ce qui forme le caractère essentiel du vrai calisaya.

Le quinquina lagartijada n’est pas non plus sans analogie avec le quinquina de Loxa gris compacte de Joseph de Jussieu (1"° espèce) ; mais il en diffère par sa couleur extérieure grise argentée, par son épaisseur et sa cassure ligneuse. Ce quinquina existe au Musée britannique sous le nom de cascarilla amarilla fina de urilusinga (n° 42 des bois), et sous celui de cascarilla crespilla de Jaen, de Loxa (écorce n°2), tandis que le cascarilla crespilla de Jaen, de Loxa, n°1 et 2 des bois, m'a paru avoir plus de rapport avec le quinquina gris de Joseph de Jussieu. Je ne crois pas qu’on puisse rien conclure d’une svnonyinie aussi peu certaine. Celle qui suit me paraît mieux assurée.

Écorce du cinchona glandulifera. du docteur Pœppig (1). Je dois à l’obligeance de M. Reichel deux échantillons de cette écorce , l’un étiqueté cascarilla negrilla fina o provinciana negrilla , et Vautre

(4) Cinchona glandulifera R. P. (fig. 279). Arbuste de 4 mètres environ, produisant plusieurs troncs droits, Fig. 279. de 8 centimètres de diamètre ; feuilles ovées-lancéolées, fermes, épaisses , très écartées de la branche, très courtement pétiolées ; limbe glabre et brillant en dessus, à nervures velues en dessous, ainsi que les jeunes rameaux.

Corolle très petite, d’un blanc rosé, velue; élamines courtes et incluses ; capsule petite, trois fois plus longue que large, s’ouvrant de bas en haut. Les feuilles sont pourvues d’une glande à chaque aisselle de nervure secondaire ; mais ce qui distingue celle espèce de toutes les autres à feuilles scrobiculées, c'est que les glandes sont plus apparentes à la face supérieure de la feuille qu'en des-

sous. '

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