XXXVIL. Quinquina blanc de Loxa
Je nomme ainsi plus particulièrement un quinquina que j'ai trouvé anciennement mêlé en assez grande quantité au quinquina gris fibreux de Loxa (n° 1v), et dont voici les caractères :
A. Petites écorces longues et roulées, ne dépassant pas un millimètre d'épaisseur ; épiderme très uni, d’un blanc de craie, d’un blanc grisâtre ou d’un gris rosé ; surface interne presque aussi unie que celle de la cannelle, ou légèrement sillonnée. Dans les écorces qui n’ont pas souffert , cette surface offre une couleur rougeâtre assez vive, tandis que la substance même du liber est d’une couleur très pâle. Saveur astringente et amère, pâteuse et désagréable ; odeur assez développée, semblable à celle des quinquinas gris.
B. Les plus grosses écorces ont de 2 à 5 millimètres d’épaisseur ; elles sont presque plates, dures, compactes ou à cassure fibreuse, mais d’une texture très fine. La coupe polie a l'apparence du bois d’acajou. La surface extérieure de l’écorce est inégale, raboteuse , blanche dans toutes les parties qui n’ont pas été usées par le frottement. La surface interne est toujours lisse et d’un rouge plus prononcé que le reste.
XXXVIH. Quinquina blanc fibreux de Jaen.
J'ai trouvé anciennement ce quinquina mélangé dans une caisse de lima gris fin. Plus récemment, ainsi que je l'ai dit plus haut, en 1839, on a présenté à l’acceptation de la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris des surons de quinquina qui étaient tellement disposés que, tout autour et immédiatement sous la peau, il y avait une couche de vrai quinquina de Lima, tandis que tout l’intérieur était composé en partie de quinquina gris pâle de M. Dubail (xxxv1), et en partie d’un quinquina qui se distinguait du précédent par une surface plus blanche, par une croûte plus épaisse et un peu fongueuse, et par une texture interne plus grossière et plus fibreuse. Ce dernier quinquina porte, dans ma petite collection de Loxa, le nom de cascarilla [lamada de Provineia. C'est lui principalement qui constitue le quinquina de Jaen que M. Manzini a décrit dans le Journal de pharmacie (tom. XXV, p. 659), sous le nom peu euphonique de quinquina Jean.
151 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
AXXIX. Autre quinquina blanc de Loxa.
Ce quinquiva n’est probablement qu’une forme particulière du précédent ; cependant il porte un nom différent, étant désigné de cette manière dans ma petite collection de Loxa : Calasaya extracto hecho de Cola , ce qui veut dire, je pense, Calasaya, nom dérivé de Cola. Je l'avais trouvé anciennement mélangé au premier quinquina blanc de Loxa (xxXVII) , et j'en ai retiré également une certaine quantité du quinquina blanc de Jaen. La courte description que j'en ai donnée dans la 2° édition de l'Æistoire abrégée des drogues simples me paraît très exacte et j'y reviens : Écorces de la grosseur du doigt à celle du pouce et davantage; épaisseur de 2 à 7 millimètres; croûte fout à fait blanche, douce au toucher, velontée, mince et très unie dans certaines écorces, épaisse, fongueuse et crevassée dans d’autres; cassure fibreuse, assez grossière, presque blanche à l'intérieur, mais devenant avec le temps d'un rouge assez vif à l'air. Saveur extrémement amère, suivie d’astriction.