‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 62 sur 121 · FAMILLE DES OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES OMBELLIFÈRES

Cette nombreuse et importante famille est une des plus naturelles du règne végétal; mais c’est aussi une de celles où les genres et les espèces sont les plus difficiles à déterminer.

Elle comprend des végétaux herbacés ou rarement frutescents, à tige fistuleuse, et à feuilles alternes, engaînantes par la base du pétiole, généralement divisées ou décomposées.

Les fleurs sont petites et disposées en ombelles ; c’est-à-dire qu’elles sont portées sur des pédoncules qui partent d’un même point de la tige et qui s'élèvent sensiblement à la même hauteur, ou à la même distance du point de séparation. Quelquefois l’ombelle est simple , lorsque les pédoncules ne se divisent pas et ne portent qu’une fleur ( exemple le genre kydrocotyle) ; mais elle est presque toujours composée, ce qui a lieu lorsque chaque pédoncule partant de la tige se divise lui-même en un certain nombre de pédicelles ombellés.

Très souvent les ombelles générales ou les ombelles partielles, qui prennent le nom d’ombellules, portent à leur base une ou plusieurs folioles ou bractées qui composent une collerette où un #nvolucre, lorsqu'elles sont situées à la base de l’ombelle générale ; et un #nvolucelle quand elles se trouvent au point de départ des ombellules. La présence ou l'absence des involucres et des involucelles, ainsi que le nombre plus ou moins grand de folioles dont ils se composent , est un des caractères qui servent à distinguer les genres.

Chaque fleur d’ombellifère est composée d’un calice adhérent avec l'ovaire, persistant et formant l’enveloppe extérieure du fruit ; d’une coroile à 5 pétales distincts; de 5 étamines alternes avec les pétales : l'ovaire forme 2 loges contenant chacune 4 ovule renversé. Il est surmonté de 2 styles, terminés chacun par 4 stigmate. Le fruit est un diakène , formé de deux demi-fruits ({méricarpes DC.) qui se séparent presque toujours à maturité, en emportant chacun la moitié du calice. Ces méricarpes, en se séparant, restent suspendus à la partie supérieure d’un support commun simple ou dédoublé , nommé carpophore, et ils sont toujours marqués à la partie extérieure de 5 côtes , qui forment la moitié des 10 nervures primitives du calice. Les intervalles qui séparent les côtes saillantes du fruit portent le nom de vallécules. On y observe souvent des vaisseaux résinifères nommés bandelettes (vittæ DC.), dont le nombre et la disposition servent aussi à la distinction des genres. Chaque semence du fruit présente un endosperme volumineux, charnu, corné et souvent huileux. L’embryon est droit , homotrope, petit, situé à la partie supérieure de l’endosperme,

M. de Candolle a divisé la famille des ombellifères en trois sousfamilles fondées sur la forme différente de l’albumen , et ensuite en dix-sept tribus déterminées par la forme extérieure du fruit. Voici seulement les trois sous-familles.

ORTHOSPERMES : Endosperme plan du côté interne. Exemples : les genres sanicula, seseli, archangelica, Ssiler, cuminum, thapsia, eryngium , elc.

CAMPYLOSPÈRMES : Albumen offrant du côté interne un sillon longitudinal, par suite de l’introflexion des bords du fruit. Exemples : les genres caucalis, scandiz, onthriscus, cherophyllum, conium , smyrnium , lc.

COFLOSPERMES : Albumen recourbé en dedans de bas en haut. Exemple : le genre cortandrum.

Les ombellifères sont en général des plantes actives, riches en huiles volatiles et en résines, que l’on trouve répandues dans toutes leurs parties et principalement dans leurs racines et dans leurs fruits, dont un très grand nombre sont usités. Quelquefois aussi elles sont pourvues d’un suc très délétère , comme le sont les différentes plantes qui portent le nom de ciqué, l’œnanthe safranée et plusieurs autres. Ce sont elles également qui fournissent la plupart des gommes-résines usitées en pharmacie, telles que l’assa-fœtida, le sagapénum, le galbanum, la gomme ammoniaque et l’opopanax. Je traiterai de ces derniers produits après avoir parlé d’abord des racines d’ombellifères alimentaires et médicinales, des feuilles ou plantes alimentaires ou vénéneuses, et des fruits aromatiques les plus usités.

Racine de Carotte.

Daucus carotta XL. Cette plante, si intéressante comme plante potagère, croit naturellement partout, dans les champs; mais la racine en est grêle, ligneuse, dure, non sucrée, et pourvue d’une saveur âcre et aromatique; les tiges sont chargées d’aspérités et s'élèvent de 60 à 100 centimètres. Les feuilles sont amples , légèrement velues , deux ou trois fois ailées, à folioles très divisées ; les ombelles sont blanches ou un peu rougeûtres , touffues , pourvues d’un involucre pinnatifide, Les fruits sont très petits, arrondis, mais ordinairement séparés en deux carpelles aplatis du côté interne , et recouverts de l’autre de longs poils rudes , blancs, visibles à la simple vue et qui les font paraître hérissés. Ils ont une faible odeur herbacée qui, par la trituration , devient forte et térébinthacée. La saveur en est amère, âcre et camphrée.

Cette plante, cultivée dans les jardins potagers, a éprouvé une trausformation complète, quant à sa racine, qui est devenue grosse, charnue , sucrée, propre à la nourriture des hommes et des animanx.

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On en retire assez facilement du sucre cristallisé identique avec celui de la canne et de la betterave, et si nous n'avions pas cette dernière racine, on est fondé à croire que la carotte pourrait la remplacer.

Panais cultivé,

Pastinaca sativa L. Plante haute de 1400 à 130 centimètres, dont la tige droite, ferme et cannelée, est garnie de feuilles ailées, à folioles ovales, assez grandes, dentées, un peu lobées et incisées, Les fleurs forment une ombelle de 20 ou 30 rayons; elles sont formées d’un calice à peine visible, entier ; d’une corolle à 5 pétales égaux , entiers, roulés en dedans; de 5 étamines et d’un ovaire infère chargé de 2 styles courts, réfléchis, à stigmates obtus. Le fruit est comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes aplatis, blanchâtres, avec une teinte rougeätre ; ils sont échancrés au sommet, pourvus, du côté extérieur, de 3 côtes dorsales aplaties, et encadrés tout autour par une membrane marginale. Du côté interne, la surface est plane, avec deux fissures en forme de croissants.

La racine de panais cultivé est bisannuelle, pivotante, charnue, blanchâtre, d’une saveur un peu aromatique et sucrée. Elle contient 10 à 12 pour 100 de sucre. C’est un aliment sain et nourrissant, mais qu’il faut éviter de confondre avec la racine de grande ciguë, qui lui ressemble un peu par la forme et la saveur. Pour éviter cette méprise, qui a été quelquefois funeste, il faut n’arracher de terre, dans les prés ou dans les champs, que les panais munis de leurs feuilles ; ou mieux encore , il faut ne manger, dans les campagnes, que ceux qu’on a cultivés soi-même. |

On vend sur les marchés, dans tout l'Orient, une racine de sekakul qui passe pour un aliment très nourrissant et aphrodisiaque : c’est une espèce de panais, nommée pastinaca sekakul Russel (pastinaca dissecta Vent.). Notre panais lui-même passe pour être légèrement aphrodisiaque, et l'on recommandait autrefois de ne pas en donner aux personnes obligées de garder la chasteté. La racine de ehervi (sum sisarum L.) et le minsin du Japon (sum ninsi L.) jouissent de la même réputation; le céleri, variété cultivée de l’ache des marais ( apium graveolens L.), la partage également.

Racine d’Ache.

On connaît en pharmacie deux plantes qui portent le nom d’ache : l’une est lache des marais, ou paludapium , ou ache proprement dite; J'autre est l'ache de montagne ou la livèche , toutes deux appartenant à la famille des ombellifères. Pour éviter toute confusion à l'avenir, nous

donnerons à la première plante seule le nom d'acke, et à la seconde celui de liveche.

Ache des marais, apium graveolens XL, tribu des ammidées. Cette plante (fig. 290) se trouve dans toute l'Europe , sur le bord des ruisseaux et au milieu des marais. Sa tige est sillonnée , rameuse, haute de 2 pieds. Ses feuilles sont longuement pétiolées, une ou deux Fig, 290.

fois ailées, à segments cunéiformes-incisés, lisses et un peu luisantes, Ses fleurs sont d’un blanc légèrement verdâtre, disposées en ombelles axillaires ou terminales, presque sessiles et dépourvues d’involucres et d'involucelles ; les pétales sont arrondis et entiers. Le fruit est brunâtre, très menu , globuleux, composé de deux mériearpes dont chacun est marqué de 5 côtes saillantes et blanches. Ce fruit a une odeur semblable à celle de la racine dont nous allons parler, et une saveur amère, âcre, très aromatique.

La racine d’ache est grosse comme le pouce, grise au dehors, blanche en dedans, fusiforme, souvent divisée en plusieurs fortes radieules; elle jouit d’une odeur forte et suave qui a de l’analogie avec celle de l’angélique, et elle présente une saveur aromatique et amère à laquelle succède une assez grande âcreté, Cette racine est une des

‘cinq racines apéritives, et, à ce titre, fait partie du sirop de ce nom. C’est elle qui lui communique son odeur agréable, odeur qui résiste même à la cuisson; mais il faut observer que, très souvent, on lui substitue la racine de livèche, plante assez commune dans nos jardins, et qui est presque la seule dont on récolte la racine à Paris; tandis que la racine tirée d'Allemagne , qui est celle que je viens de décrire, paraît être la vraie racine d’ache : c’est donc elle qu’il faut préférer.

* D'après de Candolle, la racine d’ache récente serait vénéneuse , ou au moins très suspecte. Il est vrai qu’elle présente une assez grande âcreté, mais je ne la crois pas dangereuse. Dans tous les cas, la dessiccation et la cuisson doivent lui enlever toute qualité nuisible.

La semence d’ache faisait autrefois partie de plusieurs électuaires

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purgatifs et de la poudre chalybée. On ne la trouve plus dans le commerce , et le seul fruit qu'on débite sous ce nom est celui de la liveche.

Les botanistes regardent comme de simples variétés de l’ache des marais deux plantes très usitées dans l’art culinaire , sous le nom de céleri : l’une est le eéleri ordinaire, apium dulce de Miller, remarquable par la longueur de ses pétioles, qu’on a soin de soustraire à l’action de la lumière , afin de les blanchir et de les attendrir (c’est ce qu'on nomme étioler) ; l’autre est le eéleri-rave, Où apium rapaceum, dont la racine napiforme et succulente égale souvent la grosseur des deux poings.

Racine de Livèche.

Levisticum officinale Kock; ligusticum levisticum L., de la tribu des angélicées. Cette plante (fig. 291), croît naturellement dans les montagnes du midi de la France, mais elle est cultivée presque partout dans les jardins. Elle s’élève à la hauteur d’un homme. Sesfeuilles sont très grandes, deux ou trois fois ailées et composées de folioles planes, cunéiformes, incisées vers le sommet ; elles sont de plus d’un vert foncé, luisantes et coriaces. Les fleurs sont jaunâtres, terminales, disposées en ombelles pourvues d'involucres et d’involucelles polyphylles. La marge du calice est peu marquée ; les pétales sont arrondis, entiers, avec une pointe courte recourbée en dedans, Le fruit est blanchâtre, aplati, formé de deux méricarpes qui se séparent à la marge. Ces méricarpes sont pourvus de à côtes ailées, dont les 2 marginales sont deux fois plus larges que les autres, mais toujours peu distinctes du fruit ; les vallécules ne présentent qu'un seul vaisseau résinifère , tandis que les commissures en offrent de 2 à 4. La coupe transversale présente une amande aplatie, rectangulaire, entourée d’un péricarpe foliacé , avec

3 dents triangulaires sur la face extérieure, et 2 dents proéminentes plas développées sur les angles de la face interne. Ces fruits ont une odeur faible en masse, une odeur de térébenthine lorsqu'on les froisse sous les doigts, une saveur très amère et térébinthacée; ce sont les seuls que l’on trouve dans le commerce, sous le nom de semence d'ache.

La racine de livèche est épaisse, noirâtre au dehors, blanche en dedans, d’une odeur forte et d’une saveur âcre et aromatique, comme le reste de la plante. Cette racine est celle que l'on emploie généralement à Paris sous le nom de racine d'ache. Lorsqu'elle est sèche, ell: est grosse comme le pouce, plus ou moins, grise à l'extérieur, ridée longitudinalement ou transversalement, offrant souvent à sa partie supérieure, et à la distance de 3 à 5 centimètres, plusieurs renflements dus à de nouveaux collets qui se forment chaque année. L'intérieur est jaunâtre et spongieux, d’une saveur parfumée , un peu sucrée et un peu âcre. L'odeur est fort agréable ct tient de celle de l’angélique.

Racine d’Angélique officinale.

Archangelica officinalis Hoffm. , angelica archangelica L., tribu des angélicées (fig. 292).

L’angélique croit surtout en Laponie, en Norvége, en Bohême , en Suisse , dans les Pyrénées, dans les montagnes de l'Auvergne. On la cultive aussi dans les jardins ; alors , de bisannuelle qu’elle est naturellement, elle peut devenir vivace.

Sa racine es!

grosse, charnue,

très odorante, et peut fournir au printemps, par une incision faite à la III. 1

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partie supérieure, un suc gommo-résineux , d’une forte odeur de musc. Cette racine se divise en un grand nombre de rameaux qui s’enfoncent perpendiculairement dans la terre. Sa tige s'élève à la hauteur de 100 à 130 centimètres. Elle est grosse, creuse, cannelée, verte, très odorante ; ses feuilles, également odorantes, sont grandes, deux fois pinnées, à segments sous-cordés, lobés et finement dentés; le lobe extrême est triparti; le pétiole embrasse la tige en formant une coupe ou un sac ouvert; les fleurs sont d'un blanc verdâtre, disposées en une grande ombelle hémisphérique munie d’un involucre fort petit, et d'involucelles partiels dont les folioles égalent les ombellules. Le fruit est blanchâtre , comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes à 3 côtes dorsales élevées et rapprochées , et à 2 côtes latérales élargies en une membrane qui double le diamètre du fruit. La semence est volumineuse, en forme de navette, convexe du côté externe , creusée en gouttière du côté interne ; elle est isolée du péricarpe et toute couverte de vaisseaux à suc résineux-balsamique, qui lui commueniquent une odeur et une saveur très fortes et très agréables d’angélique.

La racine d'angélique nous est apportée sèche de la Bohême, des Alpes et des Pvyrénées. Elle se compose du corps de la racine et de grosses fibres rassemblées en faisceau (fig. 293). Elle est grise à l'extérieur et très ridée , blanchâtre à l’intérieur, d’une odeur forte très agréable, d’une saveur amère, musquée, âcre et persistante. Il faut la choisir bien sèche, nouvelle, non vermoulue, et la conserver dans un endroit sec, avec l'attention de la cribler souvent ; car elle attire l’humidité et se laisse très facilement attaquer par les insectes. Peut-être les pharmaciens devraient-ils, en raison de la vétusté ordinaire de la racine d’angélique du commerce, faire sécher eux-mêmes, après la chute des feuilles et à la fin de la première année, celle de la plante cultivée dans nos jardins : je m'en suis procuré de celte manière qui est fort supérieure pour la force et la suavité de son odeur à celle du commerce.

L'eau dans laquelle on fait infuser la racine d'angélique.prend une couleur jaune, le goût el l'odeur de la racine, mais dans un faible

re

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degré. L'alcool se charge de principes plus actifs, et l’éther en dissout aussi quelques uns. 1000 grammes de cette racine donnent ordinairement 8 gram. d'huile volatile, 200 à 250 gram. d'extrait alcoolique, résineux et balsamique, ou bien 300 à 375 gram. d’extrait aqueux, d’une odeur faible.

D’après MM. Mayer et Zeuner, la racire d'angélique contient trois acides volatils, dont un , l'acide valérianique , y aurait été difficilement soupçonné. Peut-être est-il le résultat d’une transformation subie par quelque autre principe volatil.

Pour obtenir ces acides, on fait bouillir la racine avec de l’eau tenant en suspension de l’hydrate de chaux. La liqueur brune qui en résulte est concentrée, additionnée d’acide sulfurique en excès et distillée. Le produit distillé consiste dans une eau trouble acide, mélangée d'essence acide. On sature le tout par la potasse, on concentre fortement la liqueur, on l’acidifie de nouveau par l'acide sulfurique et on distille. On obtient ainsi un liquide très acide , trouble, surnagé d'acide valérianique buileux et tenant en dissolution une portion de ce même acide mélangé d’acide acétique et du troisième acide, qui a reçu le nom d'acide angélicique. On obtient celui-ci cristallisé par le refroidissement de la liqueur. 1l est blanc , fusible à 45 degrés, volatil à 190 et distillant sans altération. Il a paru composé de C'°H$O4,

La racine d’angélique entre dans la composition des alcoolats thériacal et de mélisse composé, et dans celle du baume du commandeur. Les feuilles récentes font partie de l’eau vulnéraire, simple et spiritueuse. Les confiseurs forment un condiment très agréable et stomachique avec les tiges. Les fruits, qui étaient aussi employés autrefois, ne le sont plus aujourd’hui.

On trouve chez les herboristes, indépendamment de la racine d’angélique de Bohême, dont je viens de parler, une autre racine plus grosse, plus blanche , à radicules moins nombreuses. et d’une odeur presque nulle. Beaucoup de personnes ont pris celte dernière racine pour celle de l’angelica sylvestris de Linné ; mais c’est la racine de l’archangelica, cultivée dans les jardins et récoltée à la fin de la seconde année, lorsque la plante à fructifié et est parvenue au terme de son existence ; tandis que celle que l’on peut récolter à la fin de la première année , après la chute des feuilles, est au moins aussi aromatique que celle qui nous arrive de la Bohême et des autres lieux susnommés.

Racine de Sambola ou Sambula.

- Racine pouvant avoir, dans son entier , la forme et le volume d’une betterave , mais souvent surmontée de plusieurs bourgeons distincts, et

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partagée par le bas en plusieurs grosses radicules. Telle que le commerce me l’a présentée, il y a une dizaine d'années, elle était coupée en tronçons dont le plus considérable à 11 centimètres de diamètre et h centimètres d'épaisseur. Ces tronçons sont couverts à la circonférence d'un épiderme gris, papyracé , et sont marqués de stries circulaires très nombreuses. La partie supérieure de la racine , qui se rétrécit en un ou plusieurs collets, présente des poils rudes et courts, disposés par rangs circulaires, devant provenir de la destruction d’écailles qui entouraient les bourgeons radicaux. A l’intérieur, la racine est d’un blanc farineux ; elle contient en effet beaucoup d’amidon et elle devient en peu de temps la proie des insectes. La surface des morceaux coupés depuis longtemps est comme salie par une matière adipo-résineuse jaunâtre , exsudée à l’intérieur. Enfin cette racine est remarquable par une forte odeur de musc, qui fait supposer qu’elle doit être produite par une plante ombellifère voisine des angéliques. Elle à été apportée de Russie, mais elle vient peut-être de l’intérieur de l’Asie.

Racine d’Angélique du Brésil.

J'ai reçu sous ce nom, de M. Théodore Martius, une racine ligneuse, pivotante , épaisse de 5 à 6 centimètres, longue de 11, et divisée à sa partie inférieure en plusieurs rameaux, les uns perpendiculaires , les autres horizontaux. Cette racine est composée d’un bois dur et compacte, d’un gris jaunâtre, lequel est recouvert d’une écorce mince, d’un gris brunâtre, crevassée par place dans sa longueur. Cette racine offre une odeur et une saveur franches de fenouil, plus fortes et accompagnées d’amertume dans l'écorce. Un botaniste distingué paraît avoir attribué cette racine à une rutacée; mais il semble qu’elle soit plutôt due à une aralie, dont une espèce ligneuse , l’aralia spinosa L., porte dans l’Amérique septentrionale le nom d’ungelica tree.

Racine d’Impératoire.

Imperatoria ostruthium L., peucedanum ostruthium Koch ; tribu des peucédanées (fig. 294 ).

L'impératoire croît sur les Alpes de la Suisse et de la Savoie. Sa racine, qui est dirigée obliquement près de la surface du sol, donne naissance à une tige haute de 65 centimètres, garnie de feuilles longuement pétiolées, à gaîne ample , terminées par trois larges folioles pinnatisectées, ou palmati- lobécs , à segments ovales-oblongs et dentés. Ces feuilles donnent à l’impératoire une assez grande ressemblance avec l'angélique ; mais son ombelle plane la rend très facile à distinguer. L'involucre est nul ; les involucelles sont composées d’un petit nombre

de folioles ; le limbe du calice est peu apparent; les pétales sont blancs, terminés par une dent recourbée en dedans et échancrée. Les fruits sont comprimés par le dos, formés de 2 méricarpes pourvus de 3 côtes dorsales filiformes et de 2 marges très élargies. Les vallécules sont à un seul vaisseau résineux ; les commissures en offrent deux.

La racine d’impératoire sèche est grosse comme le doigt, un peu aplatie, brune, très rugueuse à l'extérieur et comme marquée d’anneaux. Elle à une texture fibreuse et une couleur jaune verdâtre à l'intérieur. Elle possède une odeur analogue à celle de l’angélique, mais moins agréable et plus forte, et une sayeur très âcre et aromatique. Toutes ces propriétés disparaissent AA avec le temps, et il n’est UT pas rare de trouver dans 0 le commerce la racine d’impératoire vermoulue, noirâtre à l’intérieur, tombant en poussière lorsqu'on la casse, et d’une odeur faible. Il faut donc la choisir récente et telle que je l'ai décrite d’abord. Elle entre dans l’eau impériale, l’eau thériacale, l'esprit carminatif de Sylvius. Elle donne de l'huile volatile à la distillation.

L’impératoire porte en Savoie, dans les montagnes, le nom d’ofours, soit que ce nom provienne de l’altération du nom latin osfruthrum , soit que le nom botanique ait été formé sur le nom vulgaire.

Racine de Méum.

Meum athamanticum Jacq., «æthusa meum L., tribu des sésélinées.

Cette plante croît dans les Alpes, les Pyrénées et autres montagnes du midi de l’Europe. Sa racine est vivace , allongée, entourée à son collet de fibres nombreuses qui sont les débris des anciens pétioles; sa tige est droite, un peu rameuse, haute de 35 à 50 centimètres ; les

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feuilles sont deux à trois fois ailées, portées sur des pétioles dilatés et ventrus, et composées de folioles très nombreuses, glabres, courtes et capillaires; les fleurs sont blanches , très petites ; les fruits portent sur chaque méricarpe 5 côtes saillantes et aiguës, dont les 2 marginales sont un peu dilatées ; la coupe de chaque semence est demi-circulaire.

La racine de méum, telle que le commerce la présente, est grosse comme le petit doigt, longue de 11 centimètres, grise au dehors, blanchâtre en dedans, d’un tissu lâche, d’une saveur et d’une odeur de racine de livèche , mais plus faibles : sa saveur est mêlée d’un peu d’amertume. On la reconnaît surtout à son collet, entouré d’un grand nombre de poils rudes et dressés, de même que dans la racine de chardon-roland. On pourrait donc quelquefois la confondre avec cette dernière ; mais la racine de chardon-roland est en général beaucoup plus grosse , plus longue , et, de plus, est d’une odeur désagréable. La racine de méum est très peu usitée maintenant.

Racine de Chardon-Roland ou de Panicaut.

Eryngium campestre XL, tribu des saniculées. Car. gén. : tube du calice couvert de squamules et de vésicules, à 5 lobes foliacés. Pétales dressés, connivents, échancrés et recourbés en une pointe de la lonsueur du pétale. Fruit ové, couvert d’écailles épineuses, privé de côtes et de vaisseaux résineux, formé de 2 méricarpes soudés dans toute leur longueur avec le carpophore.

Herbes épineuses dont les fleurs sessiles sont réunies en capitules et entourées de bractées inférieures en forme d’involucre ; d’autres bractées plus pelites et squamiformes se trouvant mélangées aux fleurs.

Car. spée. : feuilles radicales amplexicaules, multifides, pinnées-lancéolées ; feuilles de la tige auriculées ; involucres linéaires-lancéolés surpassant les capitules arrondis ; paillettes subulées.

Cette plante (fig. 295) est remarquable en ce que, appartenant aux ombellifères , elle a néanmoins par ses feuilles et ses involucres épineux , tout le

Fig. 295.

port d’un chardon. Elle croît dans les champs et le long des chemins. Sa tige se divise en un grand nombre de rameaux qui se terminent par des capitules placés à une égale distance du centre, ce qui donne à la plante une forme arrondie. Sa racine est grosse comme le doigt ou comme le pouce, blanche , sueculente et fort longue. Lorsqu'elle est sèche, elle est grise à l'extérieur, et marquée, comme par anneaux, de fortes aspérités. Elle est blanche ou jaunâtre à l’intérieur, d’un tissu spongieux , d’une saveur douceâtre miellée, ayant quelque analogie avec celle de la carotte, d’une odeur assez marquée et qui n’est pas agréable.

Cette racine présente très souvent , à sa partie supérieure, un amas de poils en forme de pinceau, qui est dû au débris des feuilles de l’année qui à précédé sa récolte. On observe ces fibres surtout au printemps, avant que la plante ait poussé de nouvelles feuilles : ce sont elles qui lui ont valu le nom d’eryngium , barbe-de-chevre. Quant au nom français de chardon-roland , il paraît résulter de la corruption de l'ancien nom chardon-roulant , parce que la plante ressemble à un chardon et que, lorsqu'elle se dessèche sur terre vers l’automne , elle est emportée par les vents et roule au loin au travers des champs, en raison de sa forme arrondie.

La racine de chardon-roland est diurétique.

Autre espèce usitée : eryngium maritinnun , OU panicaut de mer, Cette plante se distingue de la précédente par ses rameaux courbés ; par ses feuilles radicales longuement pétiolées et à limbe entier, arrondi-cordiforme , denté-épineux ; par ses paillettes à trois pointes. Elle croît sur les bords de la mer.

Sanicle.

Sanicula europæa L. ; même tribu que la précédente. Car. gén. : ombelle rameuse irrégulière ; ombellules hémisphériques, à fleurs presque sessiles, dont celles du centre avortent souvent par oblitération du pistil. Calice des fleurs fertiles couvert d’aiguillons crochus; celui des fleurs mâles, lisse. Pétales dressés, connivents, échancrés par le haut et recourbés en une longue pointe intérieure ; fruit globuleux non spontanément séparable. Méricarpes privés de côtes et couverts d’aiguillons crochus ; carpophore indistinct.

La sanicle pousse de sa racine des feuilles longuement pétiolées , dures, vertes, luisantes, palmées , à 4 ou 5 lobes profonds, dentés ; incisés ou trifides ; sa tige s'élève à la hauteur de 35 centimètres environ ; toutes ses fleurs sont sous-sessiles et polygames ; elle croît dans les lieux ombragés; elle n’est pas aromatique et est seulement amère et astringente,

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Cerfeuil cultivé.

Anthriscus cerefolium Hoffm., chærophyllum sativum Lam., scandix cerefolium L., tribu des scandicinées. Le cerfeuil est une plante potagère odorante, à tige rameuse, glabre, haute de 50 à 60 centimètres ; ses feuilles sont molles, deux ou trois fois ailées , à folioles un peu élargies et incisées ; les fleurs sont blanches , petites, disposées en ombelles latérales, presque sessiles , à 4 ou 5 rayons pubescents; l’involucre est nul; les involucelles sont formés de 2 à 3 folioles tournées d'un même côté ; les pétales sont inégaux, obovés, terminés par une languette repliée en dedans; les fruits sont allongés, comprimés latéralement , presque cylindriques , noirs, lisses, terminés par un rostre court, marqué de 5 côtes.

Le cerfeuil croît naturellement dans le midi de l’Europe et est cultivé dans les jardins potagers. On l’emploie comme assaisonnement dans les cuisines, à cause de son odeur agréable et de sa saveur parfumée, dépourvue de toute amertume ou âcreté.

Cerfeuil sauvage, anthriscus sylvestris Hoffm., chærophyllum sylvestre L. Plante à tige fistuleuse, rameuse, striée, velue dans sa partie inférieure, un peu renflée à chaque nœud, haute de 60 à 100 centimètres; feuilles grandes, deux ou trois fois ailées, glabres ou un peu velues; fleurs blanches disposées en ombelles à 8-12 rayons ; fruits lisses, luisants, d’un brun noirâtre à maturité. Cette espèce croît dans les prés et dans les haies : elle a une odeur forte, désagréable et une saveur âcre un peu amère; on la dit malfaisante ; cependant les ânes l’aiment beaucoup, ce qui la fait nommer persil d'âne; on peut se servir de ses tiges pour teindre la laine en vert.

Cerfeuii odorant OÙ cerfeuil musqué ; myrrhis odorata SCOP. , chærophyllum odoratum Yam. Tige fistuleuse, cannelée, un peu velue,

haute de 60 à 100 centimètres ; feuilles larges, trois fois ailées, légèrement -velues, à folioles ovales-aiguës, incisées et dentées. Fleurs blanches avortant au centre des ombelles, à involucres nuls, à involucelles polyphylles ; fruit comprimé latéralement , long de 9 à 14 millimètres, profondément cannelé. Toute la plante a une odeur d’anis. C'est un bon fourrage pour les animaux. On l’emploie aussi comme assaisonnement.

Cerfeuil peigne-de-Vénus, scandix pecten L. Cette plante, commune dans les champs, se reconnaît à ses fruits terminés par un rostre très long et aigu qui les fait ressembler à des dents de peigne.

Cigué oflicinale.

Conium maculatum XL, cicuta major Lam., tribu des smyrnées. Cette plante (fig. 296) s’élève à la hauteur de 100 à 130 centimètres ; sa tige est cylindrique, fistuleuse, lisse, souvent marquée de taches bruves, rameuse supérieurement; ses feuilles sont grandes, tripinnées, à folioles pinnatifides , pointues, d’un vert noirâtre, un peu luisantes en dessus et douces au toucher. Les fleurs sont blanches et disposées en ombelles très ouvertes, pourvues d’un involucre polyphylle réfléchi, et d’involucelles à 3 folioles placées du côté extérieur de l’ombelle. Le calice est presque entier ; les pétales sont obcordés, un peu échancrés supérieurement, avec une pointe courte recourbée en dedans. Le fruit est ovale, globuleux, comprimé latéralement, formé de 2 méricarpes à 5 côtes égales, crénelées ou tuberculeuses. Les vallécules sont striées longitudinalement, mais privées de vaisseaux résineux.

La ciguë est pourvue d’une odeur nauséeuse désagréable. Elle est narcotique, vénéneuse et célèbre par la mort de Socrate et de Phocion qui, condamnés à boire du suc de ciguë, périrent ainsi victimes de l'envie de leurs concitoyens (1).

La ciguë est néanmoins très usitée en médecine. On l’emploie souvent dans les engorgements des viscères abdominaux , et dans les affections squirrheuses et cancéreuses. On l’administre alors en poudre, en teinture ou en extrait.

La ciguë est très aqueuse et demande à être séchée promptement à l'étuve, si l’on veut conserver à ses feuilles leur belle couleur verte. Lorsqu'on la pile récente, elle donne un suc d’un beau vert, qui, filtré, laisse sur le filtre un parenchyme vert très abondant en chlorophylle. Le suc filtré, étant soumis à l’action du feu, laisse coaguler de

Fig. 296.

4) On présume que le breuvage destiné à faire périr les condamnés, à Athènes, contenait, indépendamment du suc de ciguë , de l’opium, dont les propriétés s’accordent mieux avec les symptômes de la mort de Socrate, telie qu'elle est rapportée par les historiens,

202 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

l’albumine et retient tous les sels de la ciguë, qui sont en assez grand nombre , la gomme , le principe colorant, et enfin le principe vénéneux , ou la cicutine, à l’état de combinaison avec un des acides de la plante.

Pour obtenir la cicutine, M. Geiger a distillé de la ciguë fraîche avec de la potasse caustique et de l’eau ; le produit distillé a été neutralisé par l'acide sulfurique, évaporé en consistance sirupeuse, et traité par l'alcool absolu, qui précipite le sulfate d’ammoniaque et dissout celui de cicutine. On distille l'alcool , on mêle le résidu avec un soluté concentré de potasse caustique et on distille dans une cornue. La cicutine passe avec de l’eau, dont on la sépare par décantation. Elle est sous forme d’une huile jaunâtre , dont l'odeur forte rappelle celle de la ciguë et du tabac ; elle est soluble dans l’eau , neutralise les acides, et exerce sur les animaux une action (rès vénéneuse, De même que la nicotine et les autres alcalis organiques obtenus par la distillation , avec l'intermède des alcalis minéraux, elle ne contient pas d’oxigène; sa couposition est représentée par la formule C'5H'6 Az,

Fécule d’arracacha, On trouve dans les environs de Santa-Fé ra Bogota, et on y cultive une plante nommée arracacha (arracacha esculenta DC., conium arracacha Hook.), très voisiné de la ciguë officinale, mais à fruits non tuberculeux et à racine tubéreuse, féculente et alimentaire. La fécule en a été importée en Europe.

Ciguë vireuse ou Cicutaire aquatique.

Fig. 297. Cicuta virosa L., cicutaria aquatica Lam., tribu des ammidées. Cette plante (fig. 297) croit sur le bord des étangs et dans les eaux stagnantes. Elle présente souvent une souche ou tubérosité radicale ovoïde , celluleuse et cloisonnée dans son intérieur , de laquelle s'élève une tige haute de 40 à 60 centimèt., cylindrique , fistuleuse et

rameuse ; ses feuilles sont deux ou trois fois ailées, à folioles ternées, étroites-lancéolées, dentées en scie. Les fleurs sont blanches , disposées en ombelles privées d’involucre et pourvues d’involucelles polyphylles. Le calice est à 5 dents foliacées; pétales obcordés avec une pointe recourbée en dedans ; fruit arrondi, contracté latéralement, didyme ; méricarpes à 5 côtes égales, un peu aplaties; vallécules remplies par un seul vaisseau ; carpophore biparti ; section de la semence circulaire.

La ciguë vireuse présente une odeur désagréable et est remplie d’un suc jaunâtre qui est un poison pour l’homme et les animaux ; elle a été employée dans quelques pays aux mêmes usages que la ciguë officinale.

Petite Ciguë,

Ache des chiens, faux persil Ou ciguë des jardins; @{husa C1napium L., tribu des ammidées. La petite ciguë (fig. 298) s’élève à la hauteur de 50 centimèt. ; sa tige est rameuse , glabre, cannelée, rougeâtre par le bas ; ses feuilles sont d’un vert foncé, deux ou trois fois aïlées , à folioles pointues et pinnalifides. Les ombelles sont planes, très garnies, dépourvues d’involucre, et munies d’involucelles à 3 folioles situées du côté extérieur et pendantes. Le calice est presque entier ; les pétales sont blancs, inégaux, obovés, échancrés par le haut et terminés par une languette recourbée en dedans ; le fruit est globuleux-ovoïde, composé de 2 méricarpes à 5 côtes épaisses, dont les 2 marginales sont un peu plus développées : les vallécules sont à un seul vaisseau et les commissures en présentent deux.

Cette plante est très pernicieuse et la ressemblance de ses feuilles avec celles du persil, au milieu duquel elle croît souvent , a plus d’une fois donné lieu à de funestes accidents. On peut la reconnaître , cependant, à sa tige ordinairement violette ou rougeûtre à la base, à ses feuilles d’un vert plus foncé et exhalant une odeur désagréable lorsqu'on les froisse entre les doigts, tandis que celles du persil ont une odeur

Los

aromatique et agréable ; enfin à ses involucelles unilatérales et pendantes.

Persil,

Petroselinum satioum Hoffin., apium petroselinum L., tribu des ammidées (fig. 299). On cultive le persil dans les jardins potagers ; il peut s’y élever à la hauteur de 100 à 130 centimètres. Ses feuilles

sont décomposées, à folioles fer-

mes, luisantes, cunéiformes et

incisées. Les fleurs sont blanchä-

tres, disposées en ombelles péæ donculées, pourvues d’un invo- + - lucre oligophylle et d’involucelles # polyphylles et filiformes, La racine est simple, grosse comme le doigt, blanche, aromatique. Cette racine, récemment séchée , est légère, d’un gris jaunâtre, ridée à l’extérieur, pourvue d’un #meditullium jaune, non ligneux; elle offre une odeur faible, mais agréable, et une saveur de carotte légèrement âcre. Comme elle ne tarde pas à perdre ces propriétés, en même temps qu'elle devient la proie des insectes , il convient de la choisir récente. Cest une des cinq racines dites apéritives. Les feuilles sont résolutives étant appliquées à l’extérieur ; leur plus grand usage est dans l’art culinaire.

Le fruit du persil est aussi employé en pharmacie : il entre dans la composition du sirop d’armoise. Il est, comine celui de toutes les ombellifères, composé de deux carpelles accolés et striés ; il est verdâtre, assez court, arrondi par la partie inférieure, atténué au contraire du côté qui est couronné par le style ; il ressemble à celui de l’anis, mais il est plus petit, plus allongé , non pubescent , d’une couleur plus foncée , el marqué sur chaque carpelle de 5 côtes saillantes blanches : il a, lorsqu'on le froisse dans les doigts, l'odeur de la térébenthine.

Amani offlicinal.

On a employé de tous temps, sous le nom d'ami officinal, un fruit d’ombellifère remarquable par sa petitesse ; âcre et aromalique ,

OMBELLIFÈRES. 205 dont l'origine n’est pas exactement déterminée ; par la raison que trois plantes du même genre paraissent pouvoir le produire, et qu'il est difficile de décider à laquelle des trois il convient d'attribuer le fruit du commerce. La première de ces plantes , figurée par Lobel sous le nom d'arrani creticum aromaticum ( Observ., p. M4), ammi semine apti de G. Bauhin, anuni Matthioli de Daléchamp, est le pfychotis verticillata DC. ; elle croît er Afrique et dans tout le midi de l'Europe. La deuxième, décrite et figurée par J. Baubin sous le nom d'ami odore origani (Hist. plant., & WE, lib. XXVIT, p. 25), paraît être le péychotis coptica DC. ; enfin la dernière, qui est regardée par tous les auteurs comme la véritable plante à l’ammi officinal , est l’anunt perpusillum (Lob., Observ., p. MA); anmmi fort petit de Daléchamp (p. 596, fig. 4) ; ammi parvun foliis fœnieuli (G. Baub. in Matth, p. 558, fig. 2); sison ammu L. ; ptychotis fœniculifolia DG. Cette plante paraît haute de 30 centimètres ; ses feuilles sont très divisées et semblables à celles de l’aneth ou du fenouil ; ses fleurs sont blanches, remarquables par leurs pétales, dont la lanière interne , au lieu de partir du sommet du limbe, naît du milieu d’un pli transversal. Son fruit, en supposant que ce soit elle qui produise l’ammi du commerce, ressemble beaucoup à celui du persil ; comme lui il est ové, non pubescent et marqué sur chaque carpelle de 5 côtes saillantes blanches ; mais il est beaucoup plus petit, d’un gris plus pâle et jaunâtre ; ses carpelles isolés sont moins courbés ; il offre une faible odeur d’ache qui ne devient pas térébinthacée par la friction entre les doigts; il a une saveur amère, aromatique, un peu mordicante. Lorsqu'on le coupe transversalement , il offre une amande épaisse dont la coupe représente les 3/4 d'un cercle, entouré de 5 points blancs qui sont les 5 côtes saillantes du fruit ; et entre ceux-ci on aperçoit 5 autres points noirs, appartenant à 5 canaux oléifères.

Une autre espèce d’ammi inodore et non usitée est produite par l'ammi majus L., plante ombellifère également, mais d’un genre différent , qui croît en France dans les champs. Ge fruit est à peu près gros comme le premier, mais cylindrique ou devenu carré par la dessiccation. Il est couronné par- un stylopode très développé, et par 2 styles divergents qui ie font ressembler à un petit coléoptère. 1l a une saveur amère , âcre , très faiblement aromatique.

On employait autrefois en médecine , comme digestifs et carminatifs, les fruits d'amome vulgaire (sison amomum L.). Ils se présentent sous la forme de méricarpes isolés, glabres , de la grosseur du fruit de persil entier, ovoïdes-arrondis, un peu terminés en pointe supérieurement et un peu recourbés du côté interne. Ils sont d’une couleur brune avec 5 côtes blanchâtres, entre lesquelles on observe un seul

206 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

canal oléifère terminé par un renflement vers le milieu du fruit, et ce renflement se trouve ordinairement déprimé par la dessiccation. Le fruit d'amome vulgaire fournit beaucoup d’essence à la distillation; il présente, lorsqu'on l’écrase, une odeur fortement aromatique; il a une saveur aromatique également , mais ni âcre ni amère , et qui n’est pas en rapport avec son odeur forte.

Fruit d’Anis vert.

Pimpinella anisum L., tribu des ammidées (fig. 300). Car. gén. : calice entier ; pétales obovés, échancrés au sommet avec une lanière réfléchie en dedans; fruit ové, contracté latéralement, couronné au sommet par le stylopode et par 2 styles réfléchis, à stigmates globuleux. Méricarpes à 5 côtes filiformes égales, vallécules à plusieurs canaux oléifères ; ombelles privées d’involucre et d’involucelles, inclinées avant la floraison. — Car. spée. :

tige glabre; feuilles radicales cordiformes-arrondies , à lobes incisés - dentés ; feuilles mitoyennes pinnati-lobées à lobes cunéiformes ou lancéolés ; feuilles supérieures trifides, à divisions entières et linéaires ; in volucelle peu marqué.

Cette plante est herbacée, annuelle, originaire d'Afrique, et cultivée en Europe dans les jardins; son fruit est verdâtre, ové, strié, pubescent, très aromatique , d’une saveur piquante, agréable , légèrement sucrée ; les environs de Tours en produisent une très grande quantité; mais le plus estimé vient de Malte et d’Alicante ; il est très employé par les liquoristes, les confiseurs et les pharmaciens. La petite amande qu'il renferme fournit une huile fixe, qu’on peut en retirer par expression , mélangée avec l'essence contenue dans le péricarpe. Celle-ci peut être obtenue par distillation ét cristallise par le moindre froid. L’essence liquide paraît avoir la même composition que le stéaroptène (C2 H!20?). Celui-ci cristallise en

OMBELLIFÈRES. 207 larges écailles brillantes ; il est un peu plus dense que l’eau, est fusible à 16°, bout à 220° et distille sans altération.

Les racines de plusieurs espèces de pimpinella ont été usitées en médecine sous le nom de saxifrage ou de boucage (fragoselinum). Le premier nom étant fondé sur leur prétendue propriété de briser ou de dissoudre la pierre dans la vessie, et le second leur étant donné à cause de l’odeur de bouc dont ces racines sont pourvues, lorsqu'elles sont récentes ; telles étaient :

La racine de grande saxifrage ou de saxifrage blanche; pimptnella magna Wild.

La racine de saxifrage noire, produite par une variété du prmptnella magna, à fleurs rouges et à racine noirâtre.

La racine de petite saxifrage, pimpinella saxifraga Wild. ; celleci est douée d’une odeur plus forte et d’une âcreté considérable.

Car vi.

Carum carvi L., tribu des ammidées (fig. 301 ). Cette plante croît abondamment dans les contrées méridionales de la France ; ses tiges sont lisses, striées, hautes de 50 centimètres, garnies de feuilles deux fois ailées, à folioles multifides dont les inférieures sont rapprochées et comme verticillées autour de la côte principale. Les fleurs sont blanches, petites, disposées en ombelles privées d'involucelles et dont l'involucre est formé d’une seule foliole linéaire. Le fruit est oblong, contracté latéralement, à 10 côtes égales, filiformes ; le carpophore se divise profondément à la séparation des deux carpelles. Dans le commerce , les méricarpes sont presque toujours isolés ; ils sont allongés, amincis en pointe aux deux extrémités, courbés en arc du côté de la commissure, à 5 côtes égales , blanchâtres ; les sillons sont brunâtres, n'offrant le plus souvent qu’un canal oléifère , conformément au caractère adopté par les botanistes, mais en présentant aussi, assez souvent, 2 ou 3. Chaque méricarpe, coupé transversalement , présente

208 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

une amande blanche entourée par les 5 côtes saillantes disposées comme’ les rayons d’une étoile.

Le carvi est pourvu d’une odeur très forte, analogue à celle du cumin, mais moins désagréable, 11 est stomachique et carminatif; les peuples du Nord en ajoutent très souvent dans leur pain et dans leurs autres aliments.

Terre=noix, bunium bulbo-castanum L., carum bulbo-castaneum Koch. Cette plante croît en France dans les champs maigres et dans les terres à vigne. Sa racine produit des tubercules sphériques, de la grosseur d’une cerise, noirâtres au dehors, blancs à l'intérieur, qui sont propres à la nourriture de l’homme. On les emploie à cet usage dans les contrées où la plante est abondante. Les fruits sont âcres, très aromatiques, presque semblables à ceux du carvi.

Cumin.

Cuminum cyminum L. (fig. 302). Plante annuelle, assez semblable au fenouil par ses feuilles multifides et à divisions sétacées , originaire d'Égypte et d'Éthiopie, mais cultivée en Sicile et surtout à Malte, d’où on exporte presque tout le cumin qui se trouve dans le coinmerce. Le fruit est formé de 2 carpelles qui restent réunis, et, par une suite nécessaire, il est droit et régulier dans sa forme. Il est oblong, aminci aux deux bouts, marqué sur chaque méricarpe de 5 côtes primaires et de 4 côtes secondaires , les unes et les autres couvertes de très petits aiguillons qui font paraître le fruit pubescent.

De plus , il présente, à l'extrémité supérieure , les 5 dents du calice qui sont lancéolées et persistantes ; il est d’une couleur jaunâtre ou fauve, terne et uniforme; coupé transversalement , il présente une amande volumineuse , blanche et huileuse, entourée d’un péricarpe mince et foliacé. Il a une odeur très forte et fatigante et une saveur très aromatique , agréable ou désagréable , selon le goût ou l'habitude. Les Hollandais en mettent dans le fromage et les Allemands dans le pain. Il entre dans

OMBELLIFÈRES 209 plusieurs compositions de pharmacie et il est très usité dans la médecine vétérinaire.

Il résulte des expériences de MM. Cahours et Gerhardt que l'essence de cumin est composée, pour un tiers, d’un hydrure de carbone nommé cymène , dont la composition — C#H!"*, et de deux tiers d’une essence oxigénée à laquelle ces chimistes ont donné le nom de cminol, composée de C2H!20? et isomérique avec l'essence d’anis. Cette essence oxigénée en absorbaut deux nouvelles molécules d'oxigène se convertit en acide cuminique hydraté dont la composition égale CH 120$ (An. de chim. et de phys., 2° série, t. FT, p. 60).

Aneth.

Anethumn graveolens L. (fig. 303 }, tribu des peucédanées. Cette plante croit en Égypte et dans l’Europe inéridionale ; elle ressemble beaucoup au fenouil par ses feuilles, mais en diffère par son fruit dont les carpelles se séparent à maturité ; chaque carpelle est brunûtre, ovale, convexe sur le dos avec à côtes dorsales blanchâtres et aiguës, et 2 côtes < latérales élargies en une membrane blanchâtre , qui encadre complétement le méricarpe et en double le diamètre. Ce fruit a une odeur très forte, analogue à celle du cumin, et une saveur très aromatique. On en retire l'huile volatile par la distillation,

Fenouil officinal (fi, 504).

L'histoire du fenouil, quoique ce fruit soit connu de toute antiquité et que ce soit une production de notre pays, est encore remplie d'obscurité. Désirant prouver cette asserlion et cependant ne pas m’élendre trop sur un seul article, je me bornerai à comparer les dires de quatre auteurs principaux avec le résultat de mes propres observations.

JE, l/

210 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

Dioscoride , dans sa Matière médicale , s’est beaucoup étendu sur les propriétés d’une plante nommée y4900pc, ; mais la supposant sans doute très connue de ceux à qui il s’adressait, il n’en a donné aucune description , de sorte que ce n’est que par la comparaison de son texte avec ceux de Pline et de Galien, que l’on voit que le marathrum doit être un fenouil.

Dans le chapitre suivant, Dioscoride traite d’une autre plante nommée irrouapaocs ( hippomarathrum), qui est un grand marathrum sauvage , maïs

portant un fruit semblable à celui du

Fig. 304. cachrys. Quelques auteurs ont cru voir

dans cette plante le fenouil sauvage , le-

quel croit naturellement en France et

en Allemagne ; mais il est probable qu’il

s’agit ici, en effet, d’une espèce de cachrys.

Enfin, dans le même chapitre, Dioscoride mentionne une autre espèce d’hippomarathrum à feuilles longues, menues et étroites et à semence pareille à celle de la coriandre, ronde, âcre et odorante. Cette plante possède les propriétés du marathrum, mais dans un moindre degré. Îl est difficile de supposer que celle plante puisse être un fenouil. Voilà véritablement tout ce qu'on peut ürer de Dioscoride.

G. Bauhin, dans son Pinax, mentionne sept espèces de fenouil.

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