‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 135 sur 194 · Grenat chromo-calcaire · texte numérisé non relu

Grenat chromo-calcaire

Ouwarovite. — Ce grenat, d'une belle couleur verte, a quelque analogie avec le cuivre dioplase, dont les faces rhomboïdales

GRENATS. 35 1

peuvent être confondues avec les siennes ; mais la forme de dodécaèdre régulier que présente le grenat vert lève toute incertitude.

Ce grenat raie bien le quarz; il ne perd ni sa couleur ni sa transparence au chalumeau ; il a élé trouvé à Bissersk, dans l'Oural, où il est accompagné de fer chromé. M. Damour en a retiré :

Oxygène.

Silice 45,57 18,47 2

Oxure chromique 23,43 ^'|9 93 1

Alumine et oxure ferrique. 6,23 2,92 Chaux 32,22 9,33 i

Formule : (Cr, Al) Si -f- Ca3 Si.

Gisements et usages. — Les grenats forment rarement des couches à eux seuls (vallée d'Alla, en Piémont). Ils sont généralement disséminés dans les terrains de demi-cristallisation, depuis le gneiss jusqu'au schiste argileux, mais plus particulièrement dans les micaschistes, qui en offrent presque partout. On en trouve aussi dans les diorites, dans les serpentines, les talcs et les euphotides ; dans quelques calcaires secondaires, comme au pic d'Érès-Lids dans les Pyrénées ; dans les basaltes et dans les tufs volcaniques modernes, comme au Vésuve. Enfin on en rencontre dans les terrains d'alluvion formés aux dépens des roches précédentes.

Les plus beaux grenats d'un rouge violacé sont usités dans la bijouterie sous le nom de grenats syi^iens, ainsi que les essonites de Ceylan qui sont généralement vendues comme hyacinthes. Quelques grenats très-volumineux ou môme massifs ont été taillés en coupes ou en vases. Les grenats d'alluvion sont si abondants et si petits dans certaines contrées, qu'on les emploie comme sable ou comme fondant pour l'extraction du fer. On s'en sert également, sous le nom d'é?neri rouge, pour polir les métaux et d'autres corps, après les avoir pulvérisés et dilués à la manière de l'émeri.

Ils faisaient partie des cinq fragments précieux des anciennes pharmacopées (1).

Tourmaline.

Ce silicate, d'une composition très-compliquée, se trouve toujours sous la forme de cristaux soit réguliers, soit déformés;

(1) Ces cinq fragments précieux étaient l'hyacinthe, Ye'meraude, le saphir, le grenat et là cornaline.

tantôt isolés, tantôt réunis en masse bacillaire. Sa forme primitive est un rhomboèdre obtus de 133° 36' {fig. 172); mais les cristaux affectent toujours la forme de prismes allongés à six, à neuf

ou à un plus grand nombre de faces. Les prismes à six faces sont réguliers et tous leurs angles sont de 120 degrés : les prismes à neuf faces proviennent du prisme précédent, dont trois angles sent remplacés par trois faces d'un autre prisme hexaèdre formé sur les angles du rhomboèdre primitif; et comme ces trois nouvelles faces forment avec les premières des angles de 150 degrés, plus obtus et moins saillants que les premiers, le prisme à neuf faces, qui est très-commun, présente toujours une apparence triangulaire qui

— Tourmaline.

Fig. 173. — Tourmaline.

Fig. 174. — Tourmaline.

Fig. 17b. — Tourmaline.

est caractéristique {fig. 173, 174, 175). Les prismes qui portent un plus grand nombre de faces sont plutôt cylindroïdes.

Enfin, les cristaux de tourmaline présentent un caractère de dissymétrie que nous avons déjà signalé dans la topaze et qui s'accorde avec la propriété possédée par ces minéraux d'acquérir la polarité électrique par la chaleur; c'est que les sommets des prismes sont toujours terminés d'une manière différente : l'un d'eux offrant très-souvent les trois faces seules du rhomboèdre primitif, et l'autre ces mêmes faces plus ou moins modifiées par des facettes, ou même complètement supprimées par la base du prisme hexaèdre {fig. 175); et lorsque les faces du rhomboèdre sont modifiées aux deux sommets, toujours elles le sont d'une manière dissemblable, et de telle sorte que l'un des sommets offre un plus grand nombre de facettes que l'autre. Vient-on à soumettre ces cristaux à une émanation calorifique constante, les

Page 1