AMPHIBOLE
de protoxyde de fer à la magnésie ; elle se fond au chalumeau en un verre noirâtre. Elle est inattaquable par les acides.
L'augite appartient aux terrains volcaniques anciens et modernes. On latrouve en abondance dans les courants de lave de l'Etna et du Vésuve, et dans les scories qui les accompagnent. Les volcans en rejettent quelquefois avec profusion des cristaux isolés qui retombent sur leurs flancs, et dont les principales formes se trouvent représentées figures 219 à 222. L'augite fait partie intégrante des basaltes et des dolérites.
Amphibole.
De môme que pour lepyroxène, les minéralogistes admettent la réunion, sous le nom d'amphibole, de trois minéraux, fort différents en apparence, que Werner avait décrits sous les noms de trémolite, d'actinote et de hornblende. Cette réunion, que Haiïy a, le premier, opérée en se fondant sur les caractères cristallographiques, présente cependant cette anomalie que la hornblende, qui est l'espèce la plus répandue et la plus importante des trois, possède une composition qui ne s'accorde pas avec celle des deux autres. C'est ce qui m'engage à les décrire séparément.
La trémolite est une substance blanche, grise ou verdâtre, anhydre, fusible au chalumeau en un verre blanc, translucide ou opaque. Elle pèse 2,93; elle est très-difficilement attaquable par les acides ; cependant la dissolution précipite abondamment par l'oxalate d'ammoniaque et ensuite par la potasse, peu ou pas par le cyanure ferroso-potassique.
La trémolite se trouve cristallisée ou en masses fibreuses (grammatite). Sa forme primitive est un prisme rhomboïdal oblique (fig. 223), dont les faces M et M font entre elles un angle de 124° 34', dont la base P est inclinée sur les faces de 103° 13', et dont la hauteur est à l'un des côtés de la base comme 1 : 4. Ses cristaux les plus habituels sont des pris-
Fig. 223. — Amphibole.
Fig. 224. — Amphibole.
mes rhomboïdaux obliques (fig. 224), terminés par un biseau formé sur les angles E. Les masses fibreuses sont à fibres droites,
conjointes ou rayonnées, d'un éclat soyeux, faciles à diviser par la pression en parcelles dures etaciculaircsqui s'implantent dans les doigts. Cette substance ne forme pas de roche : elle est seulement disséminée dans les calcaires saccharoïdes et les schistes de transition. Je n'en citerai qu'une seule analyse, faite par Beudant sur la trémolite de Cziklova.
Oxygène.
Silice b9,o 31,49 9
Magnésie 20,8 10,37 3
Chaux 12,3 3,45 \
Alumine 1,4 0,65 »
Formule : CaSi + Mg3Si'2 ou (Mg,Ca)4SP.
Asbeste, amiante, lin fossile, carton fossile. — On a donné ces différents noms à un minéral fort singulier qui se présente sous la forme de fibres douces, soyeuses et flexibles comme du coton, ou en masses à fibres douces et comme feutrées, ressemblant à du carton ou à de l'agaric blanc du mélèze. Cette substance se distingue du talc, avec lequel on l'a presque confondue autrefois, parce que son toucher, quoique très-doux, ne présente rien d'onctueux. Celle qui est en longs filets flexibles et qui porte plus spécialement le nom d'amiante, peut, jusqu'à un certain point, se filer et se tisser, et l'on a dit que les anciens en fabriquaient des toiles incombustibles dans lesquelles ils enveloppaient les cadavres destinés au bûcher, dont ils voulaient recueillir la cendre.
Aujourd'hui les minéralogistes sont portés à ne regarder l'asbeste que comme une forme particulière d'un autre minéral, mais ils ne s'accordent pas sur l'espèce à laquelle ils le rapportent. Cordier est le premier, je crois, qui ait assimilé l'asbeste à l'amphibole, et maintenant on le rapporte plutôt au pyroxène.
Il est possible, en effet, que des substances fibreuses, telles que l'amiantoïde de Haûy et la substance analysée par Berthier sous le nom d'asbeste du Petit-Saint-Bernard, soient des pyroxènes; mais le véritable asbeste blanc et cotonneux de la Tarantaise est plutôt une amphibole, comme on peut le voir par l'analyse suivante de M. Bonsdorlf :
Rapports moléculaires.
Acide fluorique...