HOUILLE
;i pas la solidité. Elle brûle très-facilement, avec une flamme longue et brillante, d!où le nom anglais de cannel-coal, c'est-à-dire chandelle-charbon. Pesanteur spécifique 1,317. On la trouve principalement en Angleterre, dans le Lancashire.
Le cannel-coal, quelle que soit sa ressemblance extérieure avec le jayet, qui l'en a fait rapprocher par quelques minéralogistes, est une véritable houille par la manière dont elle brûle et par les produits de sa combustion. Il est remarquable d'ailleurs qu'elle a presque exactement la même composition que la houille de Mons, comme on peut le voir par l'analyse suivante.
Cannel-coal du Vigan dans le Lancashire :
Carbone 85,81
Oxygène et azole 8,34
V. Houilles sèches à longue flamme. — M. Regnault forme cette division pour des houilles non collantes, brûlant cependant avec une longue flamme, mais qui dure peu, et qui se rapprochent du jayet par ces deux caractères et par leur composition chimique, laquelle offre une dose d'oxygène beaucoup plus considérable que les houilles précédentes. Telles sont la houille de Blanzy (Ardennes) et celle de Noroy (Haute-Saône). Celle-ci appartient aux marnes irisées des Vosges, et se trouve sans doute au nombre des houilles qui ont reçu le nom particulier de stipite, en raison des tiges de cycadées qu'on y rencontre, et de leur origine plus moderne.
Blanzy .
Noroy. •
Moyenne.
Oxygène et azote. . .
Beaucoup d'ouvrages font mention d'une houille papy racée. Mais cette substance n'est pas une houille; c'est un schiste siliceux imprégné d'un bitume fétide. Ce schiste est sous forme de feuillets minces, papyracés, tendus et flexibles, d'un gris jaunâtre ou verdàtre; il est peu combustible et laisse un résidu considérable. Il dégage en brûlant une odeur si fétide qu'il en a reçu le nom de stercus diaboli ou de merda di diavolo. Cordier l'appelle dusodyle. On trouve cette substance en Sicile, entre des bancs de calcaire tertiaire; car on y observe des empreintes de poissons et de vé-
OuiBounT, Drogues, 5' édition. X. I. — 7
gétaux dicotylédones qui annoncent une formation beaucoup plus récente que la houille. On en trouve également à Châteauneuf (Drôme).
Lignite.
Matière noire ou brune, opaque, tantôt compacte, dure, à cassure conchoïde ou résineuse, privée de toute apparence d'organisation, tantôt offrant une texture ligneuse, qui en fait reconnaître l'origine végétale.
Exposé à l'action du feu, le lignite brûle avec une flamme assez longue et fuligineuse, comme la houille; mais il n'éprouve aucun boursouflement ni ramollissement, et dégage une odeur toute différente, toujours forte, aromatique, âcre et acide, souvent bitumineuse et fétide. Après la combustion complète, il reste une cendre ferrugineuse contenant de la potasse.
Le lignite, distillé en vase clos, produit des matières goudronneuses privées de naphtaline, et toujours de l'acide acétique impur nommé acide pyroligneux. Il reste un charbon brillant, ayant conservé, comme celui du bois, la forme des fragments employés. Le lignite n'est donc autre chose qu'un bois profondément altéré ; ajoutons que, toutes les fois qu'une altération moins profonde a permis d'examiner l'espèce de bois qui lui a donné naissance, on y a reconnu la structure des tiges de dicotylédones.
Le lignite commence à se montrer un peu avant la craie dans les couches sableuses qui préludent à cette formation (comme à l'île d'Aix, au Havre, à Anzin, immédiatement au-dessus du grès houiller dans des matières nommées tourtia, qui appartiennent à la craie ; à Entreverne, près d'Annecy, en Savoie, etc.). Mais c'est surtout dans la période des terrains tertiaires que les véritables lignites, accompagnés de débris de végétaux dicotylédones, deviennent abondants et se présentent à divers étages : d'abord au-dessous du calcaire grossier parisien et dans l'argile plastique (on lui donne le nom de lignite soissonnais ; exemples : dans les environs de Soissons et de Laon ; à Bagneux et à Auleuil, près de Paris; à Saint- Paulet, près le Pont-Saint-Esprit ; à Roquevaire, Marseille, Toulon, etc.) ; ensuite dans les dépôts supérieurs au gypse parisien comme à Vevay, Lausanne et dans tous les dépôts de la Suisse, d'où ce lignite a pris le nom de lignite suisse .
Les grands dépôts de lignite se trouvent en général, comme ceux des houilles, dans des bassins particuliers formés par les gorges ou vallées que des montagnes |plus anciennes laissaient entre elles. Ils se composent de plusieurs couches séparées les unes des autres par des matières pierreuses ; ces couches sont fréquemment ondulées, mais jamais repliées en zigzag, comme