‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 31 sur 194 · N A IMITE · texte numérisé non relu

N A IMITE

exploitations. On trouve ce produit dans les terrains siluriens, dévonicns, carbonifère inférieur. On ne l'a pas encore trouvé dans les couches qui comprennent la houille.

Naphte. — Bitume liquide, très-fluide, transparent, d'un jaune clair, d'une odeur forte non désagréable; très-inflammable, même à distance, par l'approche d'un corps embrasé. Pesanteur spécifique, 0,836.

Le naphte, distillé à plusieurs reprises, devient incolore, aussi fluide que l'alcool le mieux rectifié, et plus léger, car il ne pèse plus que 0,758 à 19 degrés centigrades. Il a une odeur faible et fugace,' est presque sans saveur. Il bout à 85 degrés. Il brûle avec une flamme blanche et dépose beaucoup de charbon. Il est uniquement composé de carbone et d'hydrogène dans la porportion de

Carbone 3 atomes. 87,805

Hydrogène 5 — 12,19",

Le naphte est très-abondant dans certains pays, et notamment auprès de Bakou, sur la côte occidentale de la mer Caspienne, dans la province de Schirvan. Dans cette contrée, la terre consiste en une marne argileuse, imbibée de naphte. On y creuse des puits, jusqu'à 30 pieds de profondeur, dans lesquels le naphte se rassemble, comme l'eau dans nos puits. Dans quelques endroits, le naphte s'évapore en si grande quantité, par des ouvertures naturelles du terrain, qu'on peut l'enflammer, et qu'il continue à brûler en produisant une chaleur considérable que les habitants utilisent pour leurs usages domestiques. En Europe on recueille une grande quantité de naphte près d'Amiano, dans le duché de Parme, dans une vallée, auprès du mont Zibio, dans les environs de Modène; et sur le Monte-Ciaro, non loin de Plaisance. Il sert à l'éclairage des villes environnantes. En médecine, le naphte est quelquefois employé comme vermifuge. Il sert en chimie à conserver le potassium et le sodium.

Elatérite, bitume élastique, caoutchouc minéral. — Cette substance ressemble au malthe par son odeur, sa couleur et son état de mollesse ; mais elle jouit d'une élasticité analogue à celle du caoutchouc, et, lorsqu'elle est durcie par une longue exposition à l'air, elle efface les traces de graphite sur le papier ; mais elle le salit ellc-môme, et ne peut à cet égard remplacer le caoutchouc. Elle est ordinairement plus légère que l'eau, se fond facilement, et présente, du reste, presque tous les caractères du malthe, dont on peut la regarder comme une variété.

Le bitume élastique n'a encore été trouvé que dans trois loca-

1Ub FAMILLE DU CARBONE.

Iités : 1° dans la mine de plomb d'Odin, dans le Derbyshire, au milieu d'un calcaire qui encaisse le dépôt métallifère; 2° dans une mine de houille de South-Bury, dans le Massachusetts ; 3° dans une mine de houille de Montrelais, près d'Angers, dans des veines de quartz et de carbonate de chaux.

Dusodyle, houille papyracée. — Schiste tendre, de nature siliceuse, imprégné de bitume fétide. Nous en avons parlé précédemment (p. 97).

Ozokérite,cire fossile de Moldavie. — Matière bitumineuse, trouvée en Moldavie, près de Slanik, sous des sables, près de la houille et d'une couche de sel gemme. Elle est en morceaux irréguliers, formés de couches fibreuses et contournées. Elle est d'un jaune brunâtre, avec reflet verdâtre, et translucide dans ses lames minces. Elle est un peu plus dure que la cire d'abeilles, d'une odeur assez forte, non désagréable, analogue à celle du pétrole. Cette substance parait formée de plusieurs principes pyrogénés, que je compare aux derniers produits cireux de la distillation du succin, ou à la matière jaune toute formée dans la houille,, et qui s'en dégage à la première impression du feu ; et c'est à cause du mélange inégal de ces principes pyrogénés que l'ozokérite ne présente pas toujours les mômes propriétés. Celle qui a d'abord été examinée par M. Magnus fondait à 82 degrés, était à peine soluble dans l'étheret l'alcool, et se dissolvait complètement à chaud dans l'essence de térébenthine ; M. Magnus l'a trouvée composée de

Carbone 85,75

L'ozokérite de Slanik, examinée ensuite par le professeur Schrœtfer, pesait spécifiquement 0,953, était soluble dans l'éther, le naphte, l'essence de térébenthine, le sulfure de carbone ; mais se dissolvait à peine dans l'alcool, môme bouillant. Elle fondait à 62 degrés centigrades, et entrait en ébullition à 210 degrés. Composition :

Carbone SG,20

Hydrogène 13,79

Enfin l'ozokérite de la montagne de Zietrisika, examinée par M. Malaguti, est très-peu soluble dans l'alcool et l'éther bouillant, et très-soluble, au contraire, dans le naphte, l'essence de térébenthine et les huiles grasses. Elle pèse 0,946, se fond à 84 degrés, et bout vers 300 degrés. Elle est d'une indifférence complète à l'action des alcalis ; elle est formée de

Carbone. .

Hydrogène

SGUÉERÉRITE.

c'est-à-dire que sa composition, pour 100 parties, est la même que celle de la paraffine et du gaz oléifiant.

Anthracoxène. — Résine de la houille de Brandeisl, près de -Schlan, en Bohême. Elle est d'un brun noirâtre, à cassure conchoï- ,;dale. Les; éclats minces sont translucides, d'une couleur rouge hhyacinthe. Sa densité est de 1,181. Elle fond au feu en bouillonmant et est difficile à incinérer. Elle contient :

75,3 de carbone; 6,2 d'hydrogène et 11,5 de cendres.

Si nous jetons en ce moment un coup d'oeil en arrière sur les icomposés carboniques d'origine végétale que nous avons décrits, mous pourrons les diviser en quatre genres :

1° Charbons provenant de l'action d'une forte chaleur sur les \ végétaux enfouis dans la terre : anthracite et houille.

2° Charbons provenant d'une décomposition analogue, dans laquelle le faible degré de chaleur s'est trouvé compensé par le i temps : ce sont les vrais lignites.

3° Limites résultant de la décomposition des végétaux par l'action réunie de l'air et d'une forte humidité : ce sont Yulmite de ' Cologne, la tourbe et le terreau.

4° Bitumes, ou corps oléo-résineux séparés de Y anthracite et en partie de la houille par l'action du feu ; tels sont le naphte, le malthe, Y asphalte, et même Yozokérite, que je regarde comme les compléments nécessaires de la formation des deux premiers corps.

Maintenant il nous reste à voir s'il n'y aurait pas des produits analogues aux bitumes pour les lignites et l'ulmite. Nous les aui rons, en effet : pour les lignites, nous trouvons la schéerérite, hydrogène carburé analogue à l'ozokérite, mais avec une double proportion de carbone. Quant aux ulmites, il est évident que l'action qui les produit ne peut former des corps oléo-résineux ; mais celte action peu énergique respecte au moins ceux de ces corps qu'elle trouve tout formés dans les végétaux, et ce sont eux qui, pour les ulmites, représentent les bitumes des premiers charbons minéraux.

Nous mentionnerons la schéerérite, Yhatchéline, la rétinite, le copal fossile et le succin.

Schéerérite.

Cette substance a été trouvée à Utznach, canton de Saint-Gall, en Suisse, dans une couche de lignite tertiaire, et exclusivement dans les troncs de pins qu'on y rencontre en grandes quantités et à peine altérés. Elle se trouve entre l'écorce et le bois, ou dans les fentes du bois même, sous forme de couches minces, lamelleuses, d'un aspect gras, mais très-fragiles et faciles à pulvériser.

Elle fond à 45 degrés d'après Stromeyer, et à H4 degrés seulement d'après M. E. Krauss, ce qui semble indiquer une confusion de plusieurs substances. Elle cristallise en refroidissant ; elle bout à 200 degrés, et distille en formant un liquide incolore d'abord, puis brun, enfin noir, et d'une odeur de goudron. Elle brûle avec flamme, sans laisser de résidu et en dégageant une odeur aromatique. Elle est insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'éther et les huiles, soluble également dans l'alcool, qui la laisse cristalliser par le refroidissement. La potasse ne la dissout pas. D'après M. E. Krauss, elle est formée d'une molécule d'hydrogène et d'une molécule de carbone, ou de

Carbone 92,44

Hydrogène 7,50

Ilatchétiiic on Suif tle montagne.

Substance jaunâtre, d'un éclat gras et nacré, translucide, fusible à 77 degrés, donnant à la distillation une substance butyreuse, jaune verdâtre et d'une odeur bitumineuse. Cette substance, qui a beaucoup de rapport avec la précédente, a été trouvée dans un minerai de fer argileux, à Merthyr-Tydvil, dans le sud du pays de Galles. On en a trouvé une autre espèce à Loch-Fine (Ecosse). Celle-ci est incolore et bien plus légère que l'eau; car, dans son état naturel, elle ne pèse que 0,608 ; mais, fondue, elle pèse 0,983. Elle fond à 47 degrés, et distille à 143 degrés.

Ilétiiiitc ou rétînasphalte.

Substance solide, d'un brun clair, opaque, et d'un aspect plutôt terreux que résineux. Elle fond à une faible température, et brûle avec une odeur d'abord agréable, puis bitumeuse. Elle est composée, suivant l'analyse deHattchett, de

Résine soluble dans l'alcool 55

Matière bitumineuse insoluble 41

Matière terreuse 3

Perle I

On la trouve en rognons isolés dans le terrain de lignites de Bowcy-Tracey, dans le Devonshire. On a trouvé près de la rivière de Magoshy, dans le Maryland, une substance analogue à la précédente, se présentant sous forme de petits rognons à couches

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