‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 37 sur 194 · ORPIMENT · texte numérisé non relu

ORPIMENT

est un poison assez actif, doit faire désirer qu'on ne le tire pas de • l'oubli d'ans lequel il est tombé.

Arsenic sulfuré jaune ou Orpiment.

Ce sulfure, formé de As3S2, ou de 60,90 d'arsenic et de 39,10 de soufre, répond à l'acide arsénieux pour sa constitution ; aussi doit-on le nommer sulfide arsénieux. On le trouve dans les mêmes gîtes que le réalgar, c'est-à-dire parmi les filons argentifères, plombifères et cobaltifères des terrains primitifs, et de plus dans les calcaires secondaires de Tajova, en Hongrie. On le trouve très-rarement sous forme de cristaux déterminables, qui dérivent d'un prisme droit rhomboïdal, sous l'angle de 117° 49', dans lequel le rapport de l'un des côtés de la base est à la hauteur comme 50 est à 29. Le plus souvent l'arsenic sulfuré jaune se présente en petites masses composées de lames tendres et flexibles, trèsfaciles à séparer, et d'un jaune doré très-éclatant et nacré. Sa pesanteur spécifique est 3,45. On le trouve également sous forme granulaire, compacte ou terreuse. Sa poudre est d'un jaune d'or magnifique; il acquiert l'électricité résineuse par le frottement; il est entièrement volatil au chalumeauv avec dégagement d'odeur alliacée.

L'orpiment fournit une superbe couleur jaune à la peinture. On le tire surtout de Perse et de Chine. Celui de Perse appartient, pour la plus grande partie, à la variété laminaire, et il est souvent mêlé de réalgar qui en rehausse encore la couleur. L'orpiment de Chine est en morceaux compactes, amorphes, mats, d'un jaune mélangé d'orangé, d'une structure écailleuse; il est moins estimé que le précédent.

L'orpiment paraît peu vénéneux, de même que le sulfure jaune bien lavé, qui provient de la précipitation de l'acide arsénieux par le sulfide hydrique, et qui a été proposé par M. Braconnot pour teindre les étoffes. Il est permis de croire que les sulfures d'arsenic ne sont véritablement vénéneux que lorsqu'ils renfermentde l'oxyde; mais il faut ajouter qu'ils en contiennent presque toujours, qui se forme à leur surface ou entre leurs lames, par l'action de l'air humide.

Acide arsénieux.

Formé de As203 ou de 75,81 d'arsenic et de 24,19 d'oxygène. Il est blanc, volatil, sans odeur lorsqu'il n'est pas décomposé, comme lorsqu'on le chauffe sur de la porcelaine, du platine et même du fer; mais répandant une odeur alliacée sur les charbons ardents, qui le réduisent partiellement.

L'acide arsénieuxse trouve dans la nature à la surface ou dans le voisinage de certaines substances arsenicales, telles que Varsenic natif, le cobalt arsenical et le cobalt arséniatè. Il est quelquefois sous forme d'aiguilles divergentes très-déliées, et le plus ordinairement sous celle d'une poussière blanche. Mais les quantités que l'on en trouve ainsi sont très-petites, et tout celui du commerce est un produit de l'art. Nous allons maintenant parler de ces substances arsenicales du commerce qu'il est très-important de connaître, indépendamment de celles qui existent dans la nature.

Arsenic métallique.

Cette substance provient des mines de cobalt arsenical, dont elle n'est qu'un produit très-secondaire. Pour priver cette mine de l'arsenic qu'elle contient, on la grille dans un fourneau à réverbère, terminé par une longue cheminée horizontale. L'arsenic, volatilisé et brûlé en grande partie par l'oxygène de l'air, se condense à l'état d'oxyde blanc ou d'acide arsénieux dans la cheminée, tandis que la portion qui a échappé à la combustion, étant moins volatile, s'arrête presque à la naissance du tuyau. On recueille cet arsenic et on le sublime de nouveau dans des cornues de fonte avant de le verser dans le commerce.

Cet arsenic esten masses noirâtres formées d'aiguilles prismatiques lamelleuses, peu adhérentes les unes aux autres, jouissant d'un grand éclat métallique lorsque leur surface est récemment mise à nu; sa pesanteur spécifique en masse n'est que de 4,166, à cause des vides que les aiguilles laissent entre elles; mais celle des cristaux isolés est de 5,789, ce qui est aussi sensiblement la densité de l'arsenic natif. Cet arsenic, chauffé sur des charbons ardents ou dans un creuset de terre, se réduit en vapeurs blanches qui répandent une forte odeur alliacée. Il ne laisse pas sensiblement de résidu étant chauffé dans un tube de verre fermé, il se volatilise également et se sublime sous forme de cristaux trèséclatants, d'un gris d'acier.

L'arsenic métallique porte, dans le commerce, le nom de cobolt, qui est l'ancien nom vulgaire du cobalt, des mines duquel on le retire. On le nomme aussi poudre à mouches, parce qu'un de ses usages est de servir à la destruction de cet insecte. A cet effet, on le réduit en poudre et on le môle avec de l'eau dans des assiettes exposées à l'air. Le métal s'oxyde peu à peu par l'oxygène de l'air que l'eau contient ou qu'elle absorbe successivement. L'oxyde se dissout dans l'eau et tue les mouches qui viennent y boire.

L'arsenic ne sert dans les arts qu'à composer quelques alliages

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