‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 64 sur 194 · TITAN] DES · texte numérisé non relu

TITAN] DES

vanadium avec le fer, de sorte que sa place est nécessairement marquée auprès d'eux.

Les composés naturels de ces métaux sont peu nombreux, et leurs familles minéralogiques sont d'autant plus restreintes que les composés naturels où ils figurent comme acides doivent appartenir à la famille des métaux qui leur servent de base.

Tantale, TViobium, Péloplum.

Le tantale ne peut constituer une famille, puisqu'il n'exisle qu'à l'état d'acide tantalique, dans les tantalites de Suède et de Finlande, combiné aux oxydes de fer et de manganèse, et mélangé d'une quantité variable d'acide stannique et quelquefois d'acide tungs tique.

Dans les ijttrotantalites des mômes localités, il est accompagné, indépendamment de l'yttria et de la chaux qui lui servent de base, d'acide tnngstique, d'acide stannique et d'oxyde d'urane ; et ce mélange dans les mêmes gisements, qui caractérise en général les corps de propriétés analogues, est une raison de plus pour les rapprocher dans la classification. Je ne citerai ici que l'analyse de deux tantalites de Finbo, en Suède, dans lesquels l'oxyde d'étain se montre tellement prédominant, qu'il faut les considérer plutôt comme oxyde d'étain, et les joindre à l'histoire de ce minéral.

Oxyde d'étain tantalifère de Finbo (Berzélius).

i. ii.

Acide stannique 83, 60 93,0

— tantalique 12,22 2,4

Oxyde de fer 1,96 1,4

— de manganèse 1,10 0,8

Chaux 1,/i0 »

Pour extraire l'acide tantalique d'un des minéraux qui le contiennent, il faut pulvériser celui-ci et le faire fondre complètement dans un creuset, avec six à huit fois son poids de bisulfate de potasse. On pulvérise la masse refroidie et on la fait bouillir dans l'eau, qui dissout tous les sulfates, et laisse l'acide tantalique mêlé d'acide stannique, d'acide tungstique et d'oxyde ferrique. On lave le dépôt et on le fait digérer avec du sulfhydrate d'ammoniaque en excès qui décompose et dissout les acides stannique et tungstique, et convertit l'oxyde de fer en sulfure. On lave le précipité et on le fait bouillir dans de l'acide chlorhydrique

TITANIDES.

jusqu'à ce qu'il ait repris sa couleur blanche. On le lave exactement et on le fait sécher. C'est la l'acide tantalique.

Disons maintenant quelques mots de la découverte du niobium et du pélopium et des caractères qui les distinguent du tantale.

M. Henri Rose avait remarqué, de môme que Wollaston l'avait fait antérieurement, que les tanlalites de différentes localités présentaient, pour une composition presque semblable, une pesanteur spécifique différente, et, de plus, que l'acide qu'on en retirait par le procédé qui vient d'être indiqué, offrait lui-même une densité différente et qui était en rapport avec celle du minéral. C'est en cherchant la cause de cette anomalie que M. Rose a découvert que le véritable acide tantalique, tel qu'il avait été déterminé par Berzélius, était propre aux tantalites de Suède et de Finlande, dont la densité varie de 7,9 à 7,05, tandis que les tantalites de Bavière et de l'Amérique du Nord, dont la pesanteur spécifique varie de 5,47 à 6,46, contiennent deux autres acides, dont l'un, X acide niobique, est très-facile à distinguer de l'acide tantalique ; mais dont l'autre, Yaeide pélopique, offre de grands rapports avec lui. Pour séparer ces deux acides, on commence par extraire du tantalite de Bavière l'acide mixte, que l'on supposait auparavant être de l'acide tantalique ; on le mêle avec du charbon, et on y fait passer à chaud un courant de chlore. On forme ainsi deux chlorures : l'un blanc, infusible et peu volatil, est du chlorure de niobium ; l'autre, jaune, facilement fusible et volatil, est le chlorure de pélopium. Les chlorures, mis en contact avec l'eau, se changent en acide chlorhydrique et en acide métallique qui se précipite ; mais comme la séparation des deux chlorures et des deux acides n'est pas complète par une première opération, on les purifie en réduisant de nouveau les deux oxydes en chlorures, etc.

Caractères distinctifs. — Le chlorure de niobium est blanc, infusible et peu volatil. Il se forme cependant à une température plus basse que les autres, en raison de la réduction plus facile du métal.

Le chlorure de tantale se forme ensuite ; il est jaune ; il commence à se volatiser à 144 degrés et se fond à 221 .

Le chlorure de pélopium est jaune comme le précédent ; il exige une température plus élevée pour se former, bien qu'il soit le plus volatil. Il se volatilise à 425 degrés et fond à 212.

Le chlorure de pélopium se distingue de celui de tantale en ce que, quand on le produit par l'action du chlore sur un mélange d'acide pélopique et de charbon, il se forme, outre le chlorure pur très-volatil, un composé d'acide pélopique et de chlorure,

qui se décompose à une plus forte chaleur, en chlorure volatil et acide fixe.

La môme chose se produit avec l'acide tungstique qui accompagne souvent les acides précédents. Mais le chlorure de tungstène est rouge et encore plus volatil que le chlorure de pélopium.

L'acide tantalique soumis à l'action du feu reste incolore ou présente une faible teinte jaune.

h' acide pélopique prend une teinte jaune plus marquée.

L'acide niobique prend une couleur jaune très-prononcée.

Tous trois redeviennent incolores par le refroidissement.

L'acide stannique et l'acide titanique présentent la même propriété. De plus, tous ces acides, qui sont blancs à l'état d'hydrates, présentent le phénomène d'ignition lorsqu'on les rend anhydres par le moyen du feu.

Les tantalaie et niobate dépotasse sont solubles dans l'eau et dans un excès de potasse ou de carbonate de potasse.

Les tantalate et niobate de soude sont, au contraire, difficilement solubles dans un excès de soude ou de carbonate de soude; et le niobate de soude est bien plus insoluble que le tantalate.

Si on aiguise avec de l'acide sulfurique un soluté de tantalate, de pélopate et de niobate de soude, et qu'on y verse un infusé de noix de galle, on produit :

avec l'acide tantalique, un précipité jaune clair;

— pélopique, — jaune orangé ;

— niobique, — rouge orangé.

Le cyanure ferroso-potassique forme dans les mêmes dissolulés :

avec l'acide tantalique, un précipité jaune ;

— pélopique, — rouge brunâtre ;

— niobique, — rouge orangé.

Le titane est un métal qui n'existe pas libre dans la nature ; on a cru le trouver plusieurs fois cristallisé dans les scories du cendrier des hauts fourneaux qui servent à la réduction du fer, sous forme de petits cristaux cubiques, d'un rouge de cuivre et très-éclatants. Mais d'après M. Wœhler (1) ces cristaux sont formés de

(1) Wœhler, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, nov. 1849.

TITANE FLUORURE FERRIFÈRË.

Azote 18 8 atomes.

Carbone 4 2

Titane 78 10

et répondent à la formule Ti,C2Az + ATPAz.

Obtenu par la décomposition du chlorure ammoniacal de titane au moyen de ia chaleur, il est d'un rouge cuivré et brillant, combustible à l'air et soluble dans l'eau régale.

Le titane forme trois oxydes, dont le premier (TiO) résulte de l'action réductive du charbon, à une haute température, sur l'acide titanique. Celui-ci, composé de TiO2, est blanc, insoluble dans l'eau, infusible au feu, qui lui communique seulement une couleur jaune, qu'il perd par le refroidissement. Tant qu'il n'a pas été calciné, il rougit le tournesol, et se dissout facilement dans les acides et les alcalis. Quand on le dissout dans l'acide chlorhydrique et qu'on plonge dans la liqueur une lame de zinc, de fer ou d'étain, le liquide prend d'abord une teinte bleue et finit par se décolorer après la formation d'un précipité violet, qui paraît être un oxyde inférieur à l'acide titanique. La troisième combinaison oxygénée est un sesquioxyde, Ti203. Le titane forme, avec le fluoré et le chlore, un fluoride (TiF4) et un chloride (TiCl4), qui sont liquides, incolores, très-acides, fumant à l'air comme le chloride d'étain.

Le titane existe dans la nature à l'état de sous-fluorure (TiF), combiné avec une petite quantité de fluorure de fer, et à. l'état d'acide titanique. Mais celui-ci se présente sous trois formes moléculaires différentes qui ont conduit les minéralogistes à en former trois espèces sous les noms de rutile, brookite et anatase.

Titane fluorure ferrifère.

Ce minéral a été trouvé dans les environs de Warwick, dans l'État de New-York. Il est cristallisé en prismes obliques rhomboïdaux, modifiés sur les arêtes obtuses et les angles. Il est d'un gris brunâtre avec un éclat perlé et demi-métallique. 11 pèse de 3,14 à 3,29. Sa poudre est d'un brun chocolat. Il est infusible au chalumeau ; il dégage de l'acide fluorhydrique lorsqu'on le traite, dans un creuset de platine, par l'acide sulfurique. M. Shepard en a retiré

Rapports moléculaires.

Titane 64,70 X 3,1 201 10

Fer 7,14 X 2,80 = 20 1

Yttrium 4 0,89 X 2,48 = 2 »

Fluoré.... 27,33 X 8,490 = 232 11,6

Formule : lOTiF + FeF*

Titane oxy<1<> ou Acide titanique.

1. Rutile ou schorl rouge. — Ces noms ont été donnés à cette variété d'acide titanique, à cause de sa couleur rouge habituelle due au mélange d'un à deux centièmes d'oxyde ferrique. Il est éclatant, à structure laminaire, assez dur pour rayer fortement le verre, mais rayant difficilement le quartz. 11 pèse de 4,21 à 4,29; il est gé-

y 4— J néralement opaque, mais les cristaux acicu-

laires sont translucides. Sa forme primitive est Fig. h». - cristaux un prisme droit à base carrée (fig. 112), dont la de ,-utiie. hauteur est à un des côtés de la base comme 1 à 1,55. Les formes secondaires sont peu nombreuses et présentent généralement des prismes octogones ou cylindroïdes terminés par les faces de l'octaèdre formé sur les angles du

Fig. 113. — Cristaux de titane géniculé. Fig. 114. — Cristaux de titane géniculé.

prisme droit primitif. Les cristaux ont une grande tendance à se macler, et ils le font souvent en se réunissant bout à bout, sous un angle de 114 degrés (titane géniculé de Haiiy, fig. 113 et 114).

Le titane rutile, de même que les autres variétés d'acide titanique, est infusible au chalumeau et insoluble dans tous les acides. L'acide sulfurique bouillant l'attaque à peine.

2. Brookite ou rutile lamelliforme. — Cette substance est exactement composée, comme le rutile, de 98,6 d'acide titanique et de 1,4 d'oxyde de fer, et elle otlre la même couleur rougeAtre et le même éclat adamantin ou demi-métallique; mais sa pesan-

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