‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 72 sur 194 · CUIVRE GRIS · texte numérisé non relu

CUIVRE GRIS

CulTre gris.

Les minéralogistes désignent généralement sous le nom de cuivre gris une substance minérale qui accompagne très-souvent le cuivre pyriteux, jouissant d'un éclat métallique gris d'acier, cristallisant en tétraèdre régulier ou en formes qui en sont dérivées, pesant spécifiquement de 4,79 à 5,10 ; cassante ; fusible au chalumeau avec vapeurs de soufre, d'antimoine et souvent d'arsenic ; enfin, laissant un résidu scorifié composé de cuivre, de fer, de zinc, et quelquefois d'argent.

Cette substance est donc d'une composition très-compliquée et variable : cependant on peut, le plus souvent, se la représenter comme une combinaison de sulfure d'antimoine et de cuivre pyriteux, dans laquelle le sulfure d'arsenic peut remplacer celui d'antimoine, où le sulfure de fer peut être suppléé par ceux de zinc, d'argent ou môme de mercure. Ces composés tiennent, dans la famille minéralogique du cuivre, la place que les sulfures doubles d'antimoine et d'argent occupent dans celle de l'argent, ou que les sulfures doubles d'antimoine et de plomb occupent dans la famille du plomb.

Si les minéraux qui ont été ainsi compris sous le nom de cuivre gris n'offraient que les substitutions qui viennent d'être indiquées, en conservant la même formule moléculaire, on aurait peut-être raison de les considérer comme appartenant à une même espèce minérale ; mais les sulfures qui les constituent paraissent s'unir en un grand nombre de rapports différents, et forment peut-être autant d'espèces distinctes. Nous signalerons les quatre principales :

1° Panabase de Beudant, faisant partie du cuivre gris antimonifère de Haiiy, et du graugultigerz (argent gris) de Klaproth et de Karsten. — M. H. Rose en a donné cinq analyses, dont voici la première :

Panabase de Markircben :

Rapports

Fer

Ces résultats donnent immédiatement

18Sb

As

2S3-f- E3lCu2S-f22Fe | S -j— 6S Zn

Mais M. Rose admet comme composition normale : 1 8Sb*S« + 48Cu2S + 24FeS

ou

3Sb2S5 + 8Cu2S+ 4FeS = 3Sb2S3 + 4(2Cu*S -f FeS) ;

ce qui exprime la combinaison de 3 molécules de sulfure d'antimoine avec 4 molécules d'un sulfure répondant à la pliillipsite.

L'analyse de la panabase de Gersdorff, presque semblable à la précédente, fournit :

d8Sb2S8 + 49Cu2S + 22Fe i S+ 6S.

Zn

La panabase de Zilla, près Klaustbal, a donné :

18Sb2S3 + 44Cu2S + 22Zn ) S;

Fe j

celle de Kapnik, en Transylvanie,

\ 8Sb2S3 -f 48Cu2S + 20Zn S + 6S.

Fe

et celle de Dillenburg,

18Sb2S3 + 49Cu2S + 21Zn \ S.

Fe j

L'excès de soufre trouvé trois fois sur cinq ne peut être accidentel, et semble indiquer que la composition de la panabase n'est pas tout à fait telle qu'elle a été indiquée plus haut.

Je suis d'autant plus porté à le croire, que cet excès de soufre, reporté sur le sulfure d'antimoine, le convertit exactement en 12Sb3S5, et que l'analyse de plusieurs plombs sulfo-antimoniés nous a conduits également à admettre l'existence du sulfure Sb3S5. Peut-être aussi cet excès de soufre doit-il être réuni au fer, et peut-être n'est-ce pas du protosulfure de fer qui est contenu dans la panabase.

2° Cuivre gris mercurifère . — Il en existe deux analyses : la première, faite par Klaproth, sur un échantillon de Poratsch, en Hongrie ; la seconde, faite par M. Scheidthauer, d'un minerai de Kotterbach, même pays. En voici les résultats :

De Poratsch. Rapports. De Kottorbach. Rapports.

Soufre 26 130 23,34 116

Antimoine 19,5 24 18,48 23j32

Arsenic » » 3,90 9

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