CUIVRE
et dûs plus tenaces ; sa dureté est moins grande que celle du 1er ; sa pesanteur spécifique est de 8,895 : il est un peu plus fusible que l'or, et moins fusible que l'argent.
Le cuivre est peu altérable à l'air sec : à l'air humide, il se ternit et se recouvre d'une couche de carbonate vert, que l'on nomme vulgairement verl-de-gris, mais qui n'est pas celui que nous employons.
Il n'y a presque pas d'acides, même parmi ceux que l'on retire des végétaux, qui n'attaquent le cuivre,, lorsque ce métal est en même temps exposé au contact de l'air; les acides sulfurique et hydrochlorique surtout l'attaquent dans cette circonstance; l'acide sulfurique concentré et bouillant le dissout, comme il l'ait pour presque tous les métaux.
L'acide nitrique attaque très-vivement le cuivre et le dissout même à froid; il se dégage beaucoup de deutoxyde d'azote, et il en résulte une dissolution bleue qui, comme toutes les dissolutions de cuivre au maximum d'oxydation, jouit des propriétés suivantes :
Elle forme avec la potasse un précipité bleu pâle qui est un hydrate de deutoxyde de cuivre : l'ammoniaque y occasionne un précipité pareil ; mais, pour peu qu'on en ajoute un excès, le précipité disparaît, et la liqueur acquiert une couleur bleu céleste de toute beauté.
Elle forme avec le sulflde hydrique et les sulfhydrates un précipité brun-noir; avec le cyanure ferrosopotassique, un précipité rouge-brun ; enfin, lorsqu'on y plonge une lame de fer décapée, cette lame se recouvre d'une couche de cuivre métallique. De ces différents réactifs, la lame de fer, le prussiate de potasse ferrugineux et l'ammoniaque sont ceux qui indiquent les plus petites quantités de cuivre dans une liqueur.
Les usages du cuivre et de ses composés en pharmacie sont les moins importants de ce métal; le cuivre lui-même, par sa dureté moyenne et la facilité qu'il offre au travail, sera toujours employé à faire des chaudières, des cucurbites et autres vases analogues, toutes les fois qu'on n'aura pas à craindre l'action dissolvante des corps qu'on doit y traiter et le développement des propriétés vénéneuses qui en est la suite ; il est également précieux pour la gravure à l'eau-forte et au burin; combiné avec 1 0,10 d'étain, il forme le métal des canons ; avec 0,25 de ce dernier, l'alliage est plus aigre et plus cassant, quoique résistant encore à des chocs assez forts : c'est le métal des cloches.
Le similor et le laiton on cuivre jaune sont des alliages de cuivre ■ et zinc également très- employés. Le cuivre sert encore à former, par sa calcination directe au feu, un oxyde brun très-employé
Guibouiit, Drogues, 5e édition. T. I. — 16
dans la fabrication des émaux, qu'il colore en un fort beau rouge; l'oxyde &u maximum, retiré du sulfate de cuivre, les colore en | vert.
On trouve assez souvent dans les mines d'argent, de plomb, de cuivre, et surtout de cobalt, une substance qui a presque la couleur et l'éclat métallique du cuivre, mais qui est très-dure, cassante, et qui exhale au chalumeau une forte odeur d'arsenic. Les mineurs allemands lui donnaient le nom de kup fer-nickel, ce qui veut dire cuivre faux ; mais ils n'en connaissaient pas la nature. Ce n'est qu'en 1751 que Cronsted y découvrit un nouveau métal, auquel il donna le nom de nickel. Ce métal existe dans le kupfernickel à l'état d'arséniure. Ses autres états naturels sont Yantimoniure, le sulfure, le sulfate, le sul fo-arséniure , le sulfo- aniimoniure, Yarsénite, Yarséniate, le silicate et Y hydrocarbonate.
Nickel arséninré.
Nickel arsenical, kupfernickel, nickeline. — Substance métalloïde, éclatante, d'un jaune rougeâtre, faisant feu au briquet, cassante, pesant spécifiquement 6,7 à 7,5. Traitée par l'acide azotique, elle se convertit en arséniate de nickel, dont une partie se précipite sous forme d'un dépôt verdâtre. L'ammoniaque ajoutée augmente d'abord le précipité en saturant l'acide azotique surabondant; puis elle dissout tout, en formant une liqueur d'un bleu violet.
La transformation de l'arséniure de nickel en arséniate a lieu même à l'air libre, et il est rare que ce minéral puisse être conservé longtemps dans les collections, sans offrir à sa surface la couleur verte de l'arséniate.
L'arséniure de nickel est toujours en masses amorphes, plus ou moins volumineuses ; c'est à peine si quelques échantillons offrent des indices de cristallisation rhomboédrique. Il contient presque toujours quelques corps étrangers, comme du sulfure ou de l'arséniure de cobalt, de fer, d'antimoine ou de plomb. Par exemple, le nickel arsenical d'Allemont, analysé par Berthier, contenait :
Rapports moléculaires.
Nickel 39,94 X 2,70o = 108 = 108
Arsenic 48,80 X 2,13.3 = 104 = 104 )
Antimoine... 8 X 1,24 = 10 = 4 j -f 6
Soufre 2 X 5 = 10 9
Cobalt 0,16 X 2,71 » »
Fer )
traces.
Manganèse
Ê>se. . . )
NICKEL ANTIMONIÉ.
ce qui indique clairement un arséniure de nickel NiAs, dans lequel une petite partie de l'arsenic est remplacée par de l'antimoine, et mélangée d'un peu de sulfure d'antimoine, Sb2S3, et d'un peu de sulfure de cobalt.
L'arséniure de nickel de Riechelsdorf, analysé par Stromeyer, a présenté :
Rapports moléculaires.
Nickel 42,206 114 1
Arsenic 54,726 116 1
Fer 0,337 » »
Plomb 0,320 » »
Soufre 0,401 » »
Formule : NiAs.
L'analyse.suivante, faite par M. Pfaff, sur un arséniure de la même localité, semble indiquer l'existence d'un arséniure différent du premier, et qui serait Ni3As3.
Rapports moléculaires.
Nickel 48,90 132 4
Arsenic 46,42 99 3
Fer 0,34 » »
Plomb 0,56 » »
Soufre : 0,<S0 » »
Nickel biarséniuré. — Il convient de séparer complètement du minéral précédent un arséniure qui en diffère, à la première vue, par sa couleur analogue à celle de l'étain. Il est en masses amorphes, ou cristallisé en prismes hexaèdres réguliers, dont tous les angles et arêtes sont tronqués. Il fond au chalumeau en dégageant une fumée arsenicale très-abondante. Une analyse faite par M. Hoffmann sur des échantillons de Schneeberg, et une autre faite par M. Booth sur un arséniure provenant de Riechelsdorf, montrent que cette substance a pour formule NiAs2.
Riechelsdorf.
Schneeberg.
Rapports moléculaires.
Rapports moléculaire
Arsenic. .. .
Cobalt
Bismuth . . .
IVickel antimonié,
Ce composé de nickel a été découvert à Andréasberg par 'M. "Wolkmar de Brunswick. Il est en petites tables à six faces, très-minces, isolées ou groupées sous formes de dend rites; mais
le plus ordinairement il est disséminé en grains dans le plomb sulfuré ou le cobalt arsenical . Il est d'un rouge un peu plus clair que- le nickel arsenical, avec une nuance violette ; sa poudre est d'un brun rougeâlre plus foncé que la cassure; il raie la ebaux fluatée et est rayé par le feldspath. Au chalumeau, il ne donne aucune odeur d'arsenic ou d'acide sulfureux, et il est très-iliffi- I cile à fondre. Les acides simples l'attaquent difficilement, mais l'eau régale le dissout facilement et en totalité . L'analyse de celle substance, faite par Slromeycr, a donné :
Rapports moléculaires.
Antimoine 03,730 X 1,24 = 79 1
Nickel 28,940 X 2,705 = 78
Fer 0,860 X 2,857 = 2
Plomb sulfuré 6,435
Composition tout à fait semblable à celle du nichel arsenical ordinaire. Enfin, en raison de l'isomorphisme de l'arsenic et de l'antimoine, ces deux corps peuvent se substituer en tout ou en partie, soit dans l'arséniure, soit dans l'antimoniure. Indépendamment de l'analyse du nickel arsenical d'Allemont, que nous avons déjà donnée, Berthier en a publié deux autres d'un nickel anlimonial de Balen, dont la moyenne est de
Rapports moléculaires.
Formule : Ni(As.Sb) mélangé de Sb2CX Nickel sulfuré.
Nickel natif , pyrite capillaire, haarkies. Sulfure métalloïde, vert jaunâtre, en petites houppes composées d'aiguiles fines ; pesant spécifiquement 5,278, réductible sur le charbon en une fritte métalloïde, magnétique; soluble dans l'acide nitrique: solution devenant violette par un excès d'ammoniaque.
Rapports moléculaires.
Soufre 35,2 174 1
Nickel 64,8 175 1
Rare. Se trouve dans les mêmes gîtes que les autres minerais de nickel.
Nickel snlfo-argéninrc.
Nickel gins, nickelglanz. Substance métalloïde, d'un gris d'acier,
NICKEL SULF0-ARSEN1URE.
( en petites masses compactes ou lamelleuses, très-fragiles ; pesant - spécifiquement 6,12 ; dégageant une odeur arsenicale au chalumeau, et donnant du sulfure d'arsenic sublimé lorsqu'on la chauffe dans un tube fermé. On l'a trouvée dans la mine de Loos, en Suéde, et une analyse de Berzélius a donné :
Rapports moléculaires.
Soufre 19,34 96 96 1
Arsenic 45,34 96 96 1
Nickel 29,94 81 )
Cobalt 0,92 2 95 1
Fer 4,dl 12)
;ce qui veut dire qu'en réunissant le nickel, le fer et le cobalt, on .arrive à représenter la composition du minéral par Ni As S, et ce i résultat, étant doublé, donne NiS2 -f NiAs2, ou Ni2S-f As2S. La (première formule assimile ce composé au cobalt gris (CoS2 -f- ICoAs2), et au mispickel (PeS2 -\- FeAs2); mais la seconde s'aci corde peut-être mieux avec les propriétés du minéral. D'autres analyses ont donné :
BERZÉLILS.
PFAFF.
Rapp. mol.
Rapp. mol.
Rapp. mol.
Il est difficile de conclure quelque chose de la première analyse ; mais celle de M. Pfaff donne 30FeS2 + 33Ni2 As3, et celle i de M. Lœwe 24(Ni, Fe)2S3 -f- 30Ni2As3, ce qui indique une : grande variété de composition. Le nickel sulfo-arséniuré analysé par M. Lœwe venait de Schladming, en Styrie. H était cristallisé i en cube ou en combinaisons du cube avec l'octaèdre et le dodé- • caèdre pentagonal. Sa pesanteur spécifique est de 6,59 à 6,87.
Nickel sulfo-antimonié.
Antimonickel. — On trouve ce sulfo-antimoniure dans quelques filons cobaltifères de Siegen. Il cristallise en cube ou en formes dérivées; mais il se présente plutôt en petites masses compactes ou à texture lamellaire. .11 est d'un gris d'acier et pèse 6,45. Une analyse de H. Rose a donné
Soufre. . . .
Antimoine Nickel. . . .
rapports moléculaires.
Une autre de Ullmann a fourni :
Soufre.. . .
Antimoine
Arsenic Nickel.
d'où l'on tire très-sensiblement NiSbS, composition semblable à celle du cobalt gris, dans laquelle le nickel remplace le cobalt, et l'antimoine l'arsenic. Cette substance se fond au chalumeau avec dégagement d'acide sulfureux et de vapeurs d'antimoine, avec ou sans odeur d'arsenic. Elle se dissout dans l'acide nitrique avec dépôt d'acide antimonieux, et forme une liqueur verte qui passe au violet par un excès d'ammoniaque.
M. Hunt a découvert dans la mine de Wallace, au lac Huron, un sulfate de nickel hydraté, en cristaux capillaires entrelacés, qui paraissent être à base rhombe.
Substance très-rare, trouvée seulement dans la mine de Frédéric-Guillaume, près de Riechelsdorf (duché de Hesse). On l'a prise d'abord pour de l'oxyde noir de nickel; mais, d'après Berzélius, elle est formée de
Cet arsénite est terreux, gris, noir ou brun, donnant par la chaleur de l'eau et de l'acide arsénieux. Il paraît être le résultat de l'action de l'air humide sur le sous-arséniure de nickel que l'on trouve dans la même localité (Ni4As3), avec perte d'un tiers de l'acide arsénieux. Il est possible même que l'action prolongée de l'air convertisse plus ou moins le protoxyde de nickel en peroxyde, et qu'alors l'opinion qui admettait l'existence de ce peroxyde ne soit pas dénuée de fondement.
Substance verdâtre, pulvérulente, ou en légers filaments groupés; très-tendre et se laissant gratter facilement; elle dé-
TVickel vitriolé.
ickel arsenité.
Ni4 As + 8Aq.
Nickel arséniaté.
NICKEL UYDROSILICATÉ. 247
gage beaucoup d'eau par la chaleur, et se fond au chalumeau en dégageant de l'acide arsénicux et laissant un boulon métallique cassanl. Elle se dissout dans l'acide nilrique en formant un soluté vert, qui devient d'un bleu violet par un excès d'ammoniaque.
analyse de Berthier, sur du nickel arséniaté d'Allemont, a donné :
Oxygène.
Acide arsénique 36,8 1 2,77 5
Oxyde de nickel 36,2 7,70 }
- de cobalt • 2,5 0,53 j
Eau 54,5 21,78 9?
Ni3 As + 9Aq.
Cet arséniaté se forme journellement, par l'action de l'air humide et même dans les collections, sur le kupfernickel (NiAs), de même que l'arsénite provient de l'oxygénation du sous-arsémiure (Ni4As3). Seulement il faut remarquer que si le kupfer-
rnickel s'oxydait sans perte, le sel produit serait Ni2 As; tandis
cque la tendance marquée que possède l'acide arsénique à former (des sels tribasiques, élimine une partie de l'arsenic qui ne passe tqu'à l'état d'acide arsénieux et se sépare de l'arséniate. Il est en t effet certain que le kupfernickel altéré par l'air humide présente i toujours à sa surface un mélange d'acide arsénieux blanc et d'ar- -séniate vert de nickel.
6(Ni,As) + 190 = 2(Ni3As) -f As.
Nickel hydrosilicaté.
Ce composé fait partie d'une substance nommée pimélite qui «est d'une apparence terreuse, tendre, douce au toucher, et d'une i couleur vert-pomme. Klaproth en a retiré :
Oxygène.
Silice 84 43,04 24
Alumine il 5,60 3
Oxyde de nickel 37,5 7,98 \
— de fer 11 2,50 /
Magnésie 3 1,16 1 0
Chaux 1 0,28 )
Eau 91,5 81,34 45
■ Formule: Al Si* + 6 (K\ SÏ\ -f 4";Aq.
\Fe, etc.)
\iekel hytlrocnrltonaté.
Ce composé décrit par Silliman, sous le nom d'Emeraldnickel, répond à la formule 3NiOCo2 + 6HO. Il est en mamelons ou en petites talactites, d'un éclat vitreux, d'une couleur vert émeraude, transparents ou translucides.
Extraction du nickel. — De tous les composés naturels du nickel que je viens de décrire, il n'y a que l'arséniure qui soit un peu répandu et qui puisse servir à l'extraction du métal. Mais comme les mines d'arséniure de cobalt sont rarement exemptes de nickel et qu'on les exploite en grand pour la fabrication du smalt ou azur, on obtient, comme produit secondaire de l'opération, un sulfoarséniure de nickel artificiel, nommé speiss, très-riche en métal, et qui peut servir, comme l'arséniure naturel, à l'extraction du nickel.
Pour obtenir le smalt, qui est un verre siliceux coloré en bleu par l'oxyde de cobalt, on commence par griller la mine de cobalt arsenical et on fond la mine grillée (nommée safre) avec du sable siliceux et de la potasse.
Comme le grillage n'est jamais parfait, il reste dans le safre du cobalt métallique qui enlève l'oxygène aux portions de nickel et de cuivre qui s'étaient oxydées et les ramène à l'état métallique; et cette réaction est très-avantageuse, car le verre de cobalt en devient plus pur, et le culot métallique qui se rassemble au fond est le plus riche en nickel ; c'est ce culot qui constitue le speiss. D'après Berthier, il est formé de
Nickel 49
Arsenic 37, S
Soufre 7,8
Cobalt 3,2
Cuivre 1,<>
Antimoine traces.
Sable 0,6
C'est donc de ce speiss ou de l'arséniure naturel qu'on extrait le nickel. Pour y parvenir, on le mélange, étant pulvérisé, avec 3 parties de carbonate de potasse et 3 parties de soufre, et on le chauffe graduellement dans un creuset, jusqu'à fusion complète. Dans cette opération, tous les métaux passent à l'état de sulfures. En traitant la masse concassée par l'eau, on dissout, à l'aide du sulfure de potassium, ceux d'arsenic et d'antimoine; tandis que ceux de cobalt, de cuivre et de fer restent, avec le sulfure de nickel, sous forme d'un précipité noir facile à laver.
NICKEL IIYDHOCAU BONATÉ.
On dissout ce sulfure impur dans l'acide nitrique, on évapore à siccité et l'on fait redissoudre dans l'eau : l'oxyde de fer reste insoluble. On fait passer dans la liqueur de l'acide sull'hydrique, qui précipite le cuivre à l'état de sulfure. La liqueur ne contient plus que le nickel et le cobalt, qu'il est fort difficile de séparer, et qu'on laisse ensemble clans le nickel du commerce. Lorsqu'on veut les isoler, cependant, on ajoute à la solution mixte des deux mélaux de l'ammoniaque caustique, jusqu'à ce que les deux oxydes de nickel et de cobalt, d'abord précipités, soient redissous. On étend la dissolution, qui est bleue, avec de l'eau privée d'air par l'ébullition, pour éviter la suroxydation des métaux, et l'on opère clans un vase de verre que l'on bouche exactement, après avoir achevé de le remplir avec un soluté de potasse caustique. Celleci précipite l'oxydé de nickel seulement; de sorte que la liqueur perd sa couleur bleue pour conserver la couleur rose de l'oxyde de cobalt dissous. On décante, on lave le précipité avec de l'eau bouillie, on le jette sur un filtre et on le fait sécher. On le mélange avec du charbon et un peu d'huile, et on le chauffe dans un creuset brasqué, à un violent feu de forge; non que le nickel soit difficile à réduire, mais parce qu'il est très-difficile à fondre.
Le nickel pur- est d'un blanc grisâtre, qui tient le milieu entre l'argent et l'acier. Il est malléable, ductile et très-tenace. Il pèse 8,6 fondu, et peut aller jusqu'à 9, lorsqu'il est forgé. Il est peu altérable à l'air. Il se dissout dans les acides sulfurique et chlorhydrique, en dégageant l'hydrogène de l'eau, comme le font le cobalt et le fer. Il est magnétique comme ces deux métaux, mais à un moindre degré.
Ce métal est devenu un objet de commerce important, à cause de la fabrication d'un alliage imitant l'argent, dans lequel il entre comme partie essentielle. Les deux autres métaux sont le zinc et le cuivre. Cet alliage, qui est connu depuis longtemps en Chine, sous le nom de packfong, se nomme argentan en Allemagne et maillechort en France.
L'histoire du cobalt et de ses composés ressemble presqu'en tous points à celle du nickel. Le cobalt se dislingue cependant de suite du nickel, par la propriété dont jouissent ses oxydes et ses composés salins de colorer en beau bleu tous les verres siliceux, le borax et l'alumine; tandis que les composés du nickel ne. colorent le verre cl le borax qu'en jaune hyacinthe. Mais-
comme les deux métaux sont très-souvent mélangés, ce caractère ne peut servir pour le nickel que lorsqu'il est exempt du premier.
Le cobalt se trouve sous sept états principaux dans la terre :
arséniuré, sulfuré, sulfo-arséniuré, oxydé, arsénité,arséniaté, sulfaté.
Cobalt artténiurc.
Cobalt arsenical ou smaltine. — Arséniuré éclatant et d'un blanc un peu grisâtre ; pesant de 6,34 à 6,6; rayé par le feldspath et ne faisant pas feu avec le briquet. Il cristallise en cube ou en formes qui en sont dérivées, comme V octaèdre, le cubo- octaèdre, le cubo-dodécaèdre et le triforme, cristal composé de l'octaèdre, du cube et du dodécaèdre rhomboïdal (fig. 126, page 221). Ces cristaux sont généralement déformés, à surfaces convexes et à structure granulaire.
L'arséniure de cobalt se trouve également massif, ou mamelonné et à structure fibreuse, ou bien encore en dendrites composées de petits cristaux réunis bout à bout.
Le cobalt arséniuré, chauffé au chalumeau, sur un charbon, dégage une forte odeur arsenicale et laisse un globule métallique blanc et cassant, qui, trituré avec du borax et soumis au feu d'oxydation, forme un verre d'un bleu pur et très-foncé.
Le cobalt arsenical ressemble beaucoup au mispickel (fer sulfoarséniuré) et au cobalt gris (cobalt sulfo-arséniuré); mais le premier est beaucoup plus dur et fait feu avec le briquet; fondu avec le borax, il lui donne une teinte noirâtre ; enfin il forme avec l'acide nitrique une dissolution brune, tandis que celle du borax est rose. Le cobalt gris se présente en cristaux beaucoup plus nets, terminés par des surfaces planes et miroitantes et à structure lamelleuse. Traité au chalumeau, îl dégage d:abord de l'acide sulfureux et ensuite moins d'arsenic.
Le cobalt arséniuré est la mine la plus commune de ce métal ; il se trouve tantôt en couches, tantôt en filons, dans les dépôts métallifères des terrains primitifs, surtout dans ceux d'argent et de cuivre pyriteux. On le trouve rarement dans ceux de plomb, jamais dans ceux de fer. On le trouve principalement à Wittichen en Souabe, en Bohême, en Saxe, en Hongrie, en Norwége, et en France, à Allemont et à Sainte-Marie aux Mines. La variété fibreuse de Schneeberg, en Saxe, a donné :
Molécules.
Arsenic 65,75 2
Cob.lt 28 1
Oxydes de fer et de manganèse 6,25 »
CoAs*.
COBALT SUI.FUKË.
D'autres analyses ont offert des rapports différents, avec mélange de différents sulfures et arséniures de fer et de cuivre.
Cobalt arséniurê ferrifêre, cobalt arsenical gris-noirâtre, arséniure ferro-cobaltique. — Ce minéral doit être considéré comme un arséniure double de fer et de cobalt ; mais les proportions en sont variables. Il est d'un gris noirâtre, et possède un éclat métallique qui se perd bientôt à l'air. Il offre une cassure inégale, à grains fins, quelquefois fibreuse et rayonnée. Il est aigre et fragile, et prend une odeur arsenicale par la percussion. Sa dissolution nitrique est d'un brun rosâtre, et précipite en bleu sale ou en vert par les alcalis. Il est en masses compactes ou concrétionnées, ou en petits cristaux cubiques ou dodécaèdres. Il est aussi commun que le cobalt arséniurê, et se trouve dans les mêmes gisements.
Cobalt sulfuré.
Koboldine. — Substance métalloïde, d'un gris d'acier, cristallisant en cube ou en octaèdre régulier. Cassure inégale ; ne dégageant pas d'odeur arsenicale au chalumeau, et y laissant un globule gris qui, fondu avec du borax, le colore en bleu très-foncé. Cette substance très-rare a été trouvée il y a peu de temps à Ragpootanab (Indoustan), à l'état amorphe, d'un gris d'acier tirant sur le jaune, formant des veines ou des grains disséminés, accompagnée ou mélangée de pyrite magnétique, qu'on peut enlever complètement par l'aimant.
Le reste se compose de :
Cobalt 65,fi4 X 2,71 = 175 1
Soufre 35,36 X 5 = 176,8 1
d'où la formule : CoS.
On l'a trouvée également en Europe, mais moins pure et d'une autre formule. Elle est à Bastnaès en Suède, et àMusen en Westphalie. Nous en possédons deux analyses, dont voici les résultats :
Cobalt sulfuré de Mùsen, par Wernekink.
Rapports moléculaires.
Soufre 41 205 = 178 -f- 27
Cobalt 43,86 119 = 119 »
Fer S,31 15 » 15
Cuivre 4,10 13 » 13
Gangue 0,67 » » »
En retirant des nombres moléculaires ce qui est nécessaire pour former du sesquisulfure de cobalt (Co2Su;i), il reste à peu près ce qu'il faut de soufre pour composer du cuivre pyri-
teux FeCuS2. La seconde analyse, due à, M. Hisinger, est encore moins précise,
Rapports moléculaires.
Soufre 38,5 197 = (69 -f- 28
Cobalt 43,20 US = 1 18 »
Cuivre... 14,40 30 = » 36
Fer 3,50 10 = » 10
Gangue 0,33 » » »
parce que le cuivre et le fer réunis ne pouvant pas prendre moins de 28 parties de soufre, il n'en reste que 169 pour H8 parties de cobalt, ce qui ne suffit pas pour former du sesquisulfure.
Cobalt sulfo-arséniuré.
Cobalt gris, cobaltine. — Si cette substance n'est pas lamine de cobalt la plus abondante, c'est au moins la plus belle et la plus pure, et celle qui sert le plus ordinairement à l'extraction du métal, les autres étant employées pour la fabrication du smalt. Elle est d'un gris d'acier, pourvue d'un grand éclat et d'une structure très-lamelleuse. Elle pèse 6,45 ; elle fait feu sous le briquet, en exhalant une odeur d'ail. Exposée sur des charbons ardents, elle dégage une odeur d'acide sulfureux mêlée d'odeur arsenicale.
La forme primitive du cobalt gris est le cube, et ses formes secondaires sont l'octaèdre, le dodécaèdre pentagonal, le cubododécaèdre, l'icosaèdre, le cubo-icosaèdre, etc. {fig. 123, 124, 125).
Fig. 123, 124, 125. — Cristaux de sulfo-arséniurc cobaltif|iie.
Ces cristaux, remarquables par la netteté et le poli de leur surface, le sont encore par la parfaite identité de leurs formes avec le fer bisulfure. Le cobalt gris se trouve principalement à Tunaberg, en Suède, où il est accompagné de cuivre pyrileux, dans une gangue de chaux carbonalée lamellaire, au milieu d'un terrain de gneiss. On le trouve aussi àLoos (Suède), à Modun en Norwége, et à Giern en Silésie. Celui de Modun a donné, par
l'analyse :
Rapports moléculaires.
Soufre 20,08 99 = 89 + ^
Arsenic 43,47 02 = 89 -f 3
Cobalt 33,10 89 = 89 »
Fer 3,23 9 = » 9