‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 94 sur 194 · FEU SULFURÉ · texte numérisé non relu

FEU SULFURÉ

On a cru remarquer que, dans ce cas, la pyrite contient toujours de l'or, et que presque toujours aussi le sulfure de fer se convertit à la longue en oxyde de fer hydraté brun qui conserve la forme du sulfure ; l'or métallique disséminé devient alors visible par sa couleur jaune et son éclat. Cet effet est surtout sensible I dans les pyrites aurifères de Sibérie.

Le vulgaire, en ramassant quelquefois des pyrites, croit avoir ! trouvé de L'or, qui s'en distingue cependant facilement par sa i ductilité et sa mollesse. On distingue aussi facilement la pyrite i de fer de celle de cuivre qui est d'un jaune beaucoup plus foncé, souvent variée dans sa teinte ou irisée, et non étincelante sous le briquet.

Le fer sulfuré cubique appartient principalement aux anciens terrains. Seul, il constitue quelquefois des roches subordonnées au gneiss, au mica ou à l'amphibole s.chistoïde ; mais plus généralement il se trouve en couches, en lits ou en filons. On le trouve également engagé dans la diorite, dans la dolomie du Saint- Gothard, dans l'argile schisteuse qui recouvre les houilles, et même dans les houilles. Les schistes ardoisiers en contiennent souvent des cristaux cubiques ; enfin, on le trouve dans les filons métallifères de toute espèce, principalement avec le fer carbonaté et le cuivre pyriteux.

On dit aussi qu'on trouv-e la pyrite cubique dans tous les autres terrains, même dans les plus modernes. Sans nier que cela puisse se rencontrer, je pense que, le plus souvent, dans ce cas, on à pris de la pyrite blanche ou prismatique pour de la pyrite jaune.

2e espèce. — Fer bisulfuré prismatique.

Nous allons maintenant nous occuper de cette pyrite Manche, nommée aussi fer sulfuré blanc, pyrite prismatique, et par les Allemands speerkies.

Une analyse faite par Berzélius a donné :

Soufre..... 53,35 267 2

Fer 45,07 129 (

Manganèse 70 1 )

On admet généralement que ce sulfure a la même composition que le précédent ; mais on peut remarquer qu'il contient un excès sensible de soufre. Soit que cela tienne à cette circonstance, soit qu'on doive l'attribuer à une disposition différente des molécules propres du bisulfure, il est certain qu'il jouit de propriétés fort différentes. Il est d'une couleur plus blanche, et sa poudre est d'un noir verdâtre, tandis que la pyrite jaune donne une poudre vert-

20 i FAMILLE DU FER.

noirâtre. Sa forme primitive est un prisme droit rhomboïdal, et les cristaux ont une grande tendance à se grouper autour d'un centre commun, de manière qu'il n'y a que les angles de la circonférence qui paraissent à la surface, l'intérieur de la masse prenant du reste une structure radiée. Mais le caractère le plus saillant de cette sous-espèce réside dans la facilité avec laquelle elle se délite à l'air, en en absorbant de l'oxygène et de l'eau et se convertissant en sulfate de fer hydraté ; facilité d'autant plus étonnante que le fer et le soufre ne se trouvent pas dans le môme rapport dans le sulfure et le sulfate, et que la moitié du soufre doit être mise à nu. La promptitude de cette altération se fait surtout remarquer dans les masses radiées ; les cristaux déterminés résistent mieux à l'action de l'air.

Le fer sulfuré blanc est d'une formation beaucoup plus récente que le jaune ; c'est lui qui se forme toujours par la décomposition des matières végétales enfouies dans la terre ; qui imprègne les lignites et les tourbes, et qui est cause de leur prompte destruction dans les collections. On le trouve lui-môme très-souvent figuré en troncs d'arbres, en écorces, en racines, ou en ammonites, dont il a peu à peu remplacé la substance. Il est préféré, partout où on le trouve, pour la fabrication du sulfate de fer et de l'alun.

Je rappellerai ici, pour mémoire seulement, les différents sulfures doubles de fer et de cuivre, dont nous avons parlé précédemment sous le nom de cuivre pyriteux, et le sulfure double de fer et d'antimoine, mentionné à la suite de ce dernier sous le nom de haidingérite.

Fer argéniurè.

Fer arsenical axotome (Mohs). — Cet arséniure a longtemps été confondu avec le mispickel ou fer sulfo-arséniuré, dont il est rarement exempt et dont il offre presque tous les caractères. Il est éclatant et d'un blanc un peu grisâtre, très-dur, fragile, et pèse 7,228. Il cristallise en formes qui dérivent d'un prisme droit rhomboïdal de 122° il' et 57° 43'. La composition en est assez variable, s'il faut s'en rapporter aux analyses suivantes :

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