ALUMINE FLUOSILICATÉE OU TOPAZE
beaucoup plus tendres que la véritable turquoise, se dissolvent d’ailleurs dans les acides, et répandent au feu une odeur animale: On les nomme turquoises de la nouvelle roche; elles ont très-peu de valeur.
3° Alumine phosphatée magnésifère, klaprothirie, blauspath, lazulite. — Le nom de lazulite, que les minéralogistes allemands donnent à cette substance, tendant à la faire confondre avec le véritable lapis lazuli qui produit l’outremer naturel, il convient, si l’on veut la désigner par un nom univoque, d’adopter celui de lelaprothine, qui a été proposé'par Beudant. Cette substance se trouve cristallisée ou en petites masses amorphes dans les fissures des schistes argileux, comme à Schlamming, près de Werfen en Salzbourg; ou dans les micaschistes ou roches de quartz subordonnées de Mürzlhal près de Krieglach, et de Waldbach près de Vorau, en Styrie ; à Wienerisch-Neustadt, en Autriche ; etc.
Les cristaux sont des prismes rectangulaires presque carrés ou des cristaux octogones assez compliqués, qui dérivent d’un prisme droit rhomboïdal de 91° 10' et 88° 50'. Elle est d’une belle couleur bleue, presque opaque et d’un éclat vitreux. Elle raye le verre, mais est rayée par le quartz. Elle pèse 3,056 ; elle donne de l’eau par la calcination; elle se boursoufle au chalumeau et y prend un aspect gris vitreux, mais elle ne s’y fond pas.
La klaprolhine a été analysée par Klaproth, Brandes, Fuchs et M. Hammelsberg (1). Les analyses présentent, sur 100 parties, 38 à 43 d’acide phosphorique ; 29 à 34 d’alumine , 9 à 13 de magnésie; 2 à 10 de protoxyde de fer, dont la quantité est généralement inverse de celle de la magnésie ; une petite quantité de chaux ; 5 à 6 d’eau, et une quantité variable de silice que M. Rammelsberg regarde comme étrangère au minéral, pour lequel il
adopte la formule 2MgjP + À1*P3 + 6H.
Alumine fluosilleatée ou Topaze.
Substance vitreuse qui se présente presque toujours en cristaux qui dérivent d’un prisme droit rhomboïdal de 124° 20' et 55° 40' {fig. 160). Les deux angles obtus du prisme, formés par l’incidence antérieure et postérieure des faces M, existent très-souvent; mais les deux angles latéraux sont tou jours remplacés par deux facettes,
(1) Rammolsberg, Annuaire de chimie, 1818, p. 318.
comme on le voit dans les figures ICI, 162 et 163, qui présentent, en outre, trois terminaisons différentes du môme prisme; le premier étant terminé par un pointement à quatre faces, le deuxième par un biseau et le troisième par une partie de la base du cristal primitif. Ces trois formes dominantes peuvent ensuite être modifiées par un nombre plus ou moins considérable de facettes, tant terminales que latérales; mais on les reconnaît toujours plus ou moins, et elles peuvent servir à déterminer l’origine des cristaux, la première forme étant propre aux topazes du Brésil, la deuxième caractérisant surtout la topaze de Sibérie, et la troisième la topaze de Saxe. Enfin il arrive très-souvent que les quatre facettes latérales s’accroissent au point de faire disparaître presque complètement ou complètement les faces primi¬
tives M ; et comme ces quatre nouvelles faces font entre elles des angles de 93® et 87° environ, il en résulte que les cristaux de topaze offrent très-souvent la forme de prismes presque carrés. Cette forme dominante, jointe à ce que les faces présentent toujours des cannelures longitudinales, devient alors caractéristique pour la topaze. Tous les cristaux offrent en outre un clivage trèsfacile suivant la base du prisme, ce qui est cause que les cristaux à deux sommets sont rares, leur fracture se faisant constamment dans cette direction.
ün trouve à Altenberg, en Saxe, une variété de topaze en larges prismes cannelés et accolés dans le sens de leur longueur, dont on a fait pendant quelque temps une espèce particulière, sous le