‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 143 sur 194 · CHAUX CARBONATÉE PRISMATIQUE · texte numérisé non relu

CHAUX CARBONATÉE PRISMATIQUE

driques droits ou contournés, croisés en tous sens, et comme accompagnés de feuilles, de sorte qu’elle ressemble plutôt à des rameaux d’arbrisseaux entrelacés qu’à des branches de corail.

Elle est d’un blanc parfait et composée à l’intérieur d’aiguilles très-fines qui sont inclinées sur l’axe.

L’aragonite se trouve dans divers dépôts métallifères, et le plus souvent dans ceux de fer, soit en cristaux, soit sous forme coralloïde, comme à Framont (Vosges), à Vizille (Isère), à Baigorry, aux Pyrénées, en Saxe, en Bohême, etc. ; ou bien dans les. fissures des roches serpentineuses, comme au mont Rose et à Baldissero en Piémont. Elle est disséminée dans les argiles qui accompagnent les gypses, comme à Molinaen Aragon, à Baslène près de Dax, où sont particulièrement les groupes en prismes hexagones. Enfin elle est très-souvent associée aux terrains de trapp et de basalte, ou disséminée dans les tufs qui en dépendent, comme à Vertaison (Puy-de-Dôme), à Velay dans le Vivarais, à Cziczow en Bohême, d’où viennent les cristaux les plus réguliers.

Les chimistes se sont beaucoup occupés de rechercher la cause de la cristallisation particulière de l’aragonite. D’abord Fourcroy et Yauquelin n’y ont trouvé que de l’acide carbonique et de la chaux, et en ont donné des quantités un peu fautives. Ensuite Biot et Thénard y ont trouvé une petite quantité d’eau, indépendamment de ce qu’ils bnt rectifié les doses d’acide et de base. Leur analyse a donné :

Chaux . 56,327

Acide carbonique . . 43,045

Eau . 0,028

Enfin, en 1813, M. Stromeyer ayant découvert dans un assez grand nombre d’échantillons une certaine quantité de carbonate de strontiane, on crut pouvoir attribuer à ce corps la cause de la cristallisation particulière de l’aragonite; mais, indépendamment de ce que la quantité du carbonate de strontiane ne dépasse pas 4,8 pour 100, et de ce qu’elle est souvent égale à 2, à 1, ou môme à 0,50 pour 100, des chimistes très-habiles, tels que Laugier et Bucholz, ont trouvé des aragonites tout à fait exemptes de strontiane, et l’aragonite coralloïde, entre autres, n’en contient pas ; il est donc certain que ce n’est pas à la présence du carbonate, de strontiane que l’aragonite doit ses propriétés particulières. Je ne crois pas non plus que l’eau, qui existe toujours dans l’aragonite, mais en très-petite quantité, puisqu'elle varie de 1 millième 1/2 à 0 millièmes, doive être considérée comme la cause

immédiale de sa forme particulière ; mais elle a mis sur la voie pour en trouver la véritable cause. En effet, M. Gustave Rose, ayant remarqué qu’une partie des concrétions formées par les eaux de Carlsbad était à l’état d’aragonite, a examiné les circonstances qui concourent à cette formation, et il a été amené à conclure que, lorsque les eaux acidulés qui tiennent en dissolution du carbonate de chaux sont maintenues h une température élevée, le dépôt qu’elles produisent est de l’aragonite; tandis que, lorsqu’elles arrivent plus ou moins refroidies à la surface du sol, avant d’avoir perdu leur acide carbonique, les incrustations qu’elles produisent sont à l’état de simple chaux carbonatée. Cette observation concordant tout à fait avec le gisement habituel des aragonites au milieu de terrains qui ont évidemment subi l’influence de la chaleur d’anciens volcans, tandis que tout le calcaire concrétionné qui se forme dans les eaux parvenues à la surface du sol est à l’état rhomboédrique, il faut en conclure que M. G. Rose a trouvé les véritables circonstances qui déterminent la formation de l’aragonite.

Chaux fluo-phoupliatêe.

Celle substance a pour forme primite un prisme hexaèdre régulier dont la hauteur est au côté de la base environ comme 7 : 10. Les cristaux les plus habituels sont: le prisme hexaèdre (/?<?. 212), le même prisme modifié par un rang de facettes sur

Fig. îtî. Chaux lluo-phosphatée. Fig. 213. — Chaux fluo-phosphatée.

les bases (fig. 2i3), le prisme pyramidé (fig. 214), le péridodécaèdre (fig. 215), le didodécaèdre (fig. 216), et quelques autres plus compliqués, dans lesquels domine toujours cependant la forme primitive. Sa densité varie de 3,166 h 3285. Elle raie le calcium fluoruré et même très-légèrement le verre ; elle est rayée parle feldspath. Sa réfraction est simple, d’après Haüy; elle est inl'usible au chalumeau; l’acide nitrique la dissout lentement et sans effervescence. On reconnaît facilement dans la liqueur la présence de la chaux par le moyen de l’oxalate d’ammoniaque

CHAUX FLUO-PHOSPHATÉE. 419

et celle de l’acidc phosphorique par une addition de sulfate de magnésie et d’une petite quantité d’ammoniaque.

Du* reste la cristallisation, ou quelque circonstance inconnue, influe assez sur une des propriétés de la chaux fluo-phosphatée pour qu’on ait pensé pendant quelque temps à en faire deux es-

Fig. 214. — Chaux fluophosphatée.

phosphatée.

Fig. 216. — Chaux fluophosphatée.

pèces. Les cristaux cristallisés en prisme hexaèdre régulier, ou, tout au moins, terminés par un plan perpendiculaire à l'axe (ils ont porté les noms d ’apatite, d ’agustite et de bêril de Saxe), sont très-phosphorescents lorsqu’on les projette, étant réduits en poudre sur un charbon ardent. Les cristaux terminés par deux pyramides hexaèdres ne jouissent pas de cette propriété.

Ces derniers cristaux ont porté le nom de spargelstein ou de pierre d’asperge, à cause de leur couleur verdâtre, et plus anciennement aussi celui de chrysolithe. On a essayé de les employer dans la joaillerie; mais leur peu d’éclat et de dureté leur ôte presque toute valeur.

La chaux fluo-phosphatée cristallisée appartient aux terrains primitifs. On la trouve en petits liions dans le granit; elle accompagne les mines d'étain dans le Cornouailles, la Bohême et la Saxe; elle forme des rognons dans le schiste talqueux du Zillerthal; elle existe dans les filons de fer oxydulé d’Arendal en Norwége. Dans beaucoup d’autres lieux, comme au lac de Laach sur les bords du Rhin, à Albano près de Rome, au cap de Gâte en Espagne, elle est disséminée dans des roches volcaniques.

Chaux fluo-phosphatée compacte. — Cette variété forme dans les environs de Truxillo, en Espagne, des collines entières où elle se trouve disposée par couches entremêlées de quartz. Elle est blanche, opaque, mêlée de zones jaunâtres, à cassure unie ou conchoïde. Elle est tellement phosphorescente sur les charbons ardents, qu’on lui a donné le nom de phosphorile. Elle est employée comme pierre à bâtir.

Les premières analyses qui ont été faites par Klaproth et Yauquelin, de l'apatite cristallisée et du spargelstein, n’y avaient indiqué que de l’acide phosphorique et de la chaux ; mais la variété compacte de l’Estramadure avait offert ii Pelletier etDonadei des acides fluorique et muriatique et Klaprolh en avait également retiré d’un variété pulvérulente dite pierre de Marmarosch. Beaucoup plus récemment, M. Gustave Rose a montré que les cristaux avaient la même composition, et ce qui est très-remarquable, c’est que cette composition répond complétementà celle du plomb

chloro-phosphaté que nous avons vu être égale à 3Pb3P-{-PbCl, sauf la substitution du calcium au plomb et du fluor à une partie du chlore.

Composition de Snarum en l’apatite de Scanie :

jj = 3CaJP 91,18

1 j ( CaCt 4,23

2 j — | CaF 4,59

de l’apatite du cap de Gâte :

Phosphate de chaux tribasique

Fluorure de calcium .

Chlorure de calcium .

Formule : 3CaàP + Ca(F, Cl).

Molécules.

Moléc.

Chaux . 49;65

Acide phosphorique.... 41,48 Calcium . 3,95

Chlore . 2,7 M

Fluor . 2,21 j

Cliaux liydrophosphatée.

Les traités font mention d’un phosphate de chaux terreux, ou en petits rognons grisâtres, trouvé à Witsant près de Calais, et au cap de la Hève près du Havre, dans la craie ou dans le grès vert. Ce phosphate, par l’absence complète du chlore et du fluor et par la présence de l’eau, pourrait former un eespèce particulière s’il n’était pas d’ailleurs mélangé d’argile et de carbonates dé chaux et de magnésie. Mais j’ai fait l’analyse d’un minéral composé seulement de phosphate de chaux tribasique uni à 6 molécules d’eau, qui doit former une espèce distincte pour laquelle j’ai proposé le nom de pelletiérite, parce qu’elle faisait partie d’une collection de roches formée par Pelletier, et que j’ai acquise à sa mort. Ce minéral est très-remarquable par sa forme

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qui le fait ressembler tout à fait à un gros bézoard animal ; mais il s’en distingue par la régularité de ses couches, par son odeur argileuse et par la nature de matière organique qui n’est pas azotée (1).

Ce bézoard minéral est d’une forme sphérique un peu aplatie ; son plus grand diamètre est de 71 millimètres et son plus petit en a 62. Son poids est de 362 grammes.

Étant scié par le milieu, il offre pour noyau un gravier presque imperceptible, et tout autour dix couches concentriques trèsrégulières et à structure rayonnée, dont la couleur varie du blanc grisâtre au gris verdâtre. Plusieurs de ces couches se séparent

complètement les unes des autres. La

matière

m’a donné ;

nalyse :

Phosphate de chaux tribasiquc..

Eau . . .

Matière organique végétale .

Formule : Ca’P +

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