‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 149 sur 194 · I. Jade de Turquie, par M. liammelsberg · texte numérisé non relu

I. Jade de Turquie, par M. liammelsberg

H. Jade blanc laiteux de l'Inde, moyenne de deux analyses,

par M. Damour. Formule : Mg3Si2Ca Si. Cette composition étant exactement celle de la trémolite, on regarde le jade oriental comme une simple variété de trémolite. Pendant longtemps on a cru que l’alumine était un des éléments essentiels du jade oriental, mais on sait aujourd’hui qu’elle n’y entrait que par exception.

Ou nomme jade ascien, un jade' à cassure écailleuse, susceptible d’un beau poli et d’un vert foncé ou d’un vert olivâtre, presque transparent dans ses fragments. Son poli est plus parfait et plus éclatant et son toucher est plus sec, sans être cependant entièrement privé d’onctuosité. Je possède un échantillon de ce jade, façonné en un fer de hache de 8 centimètres

StraouKT, Drogues, 7* édit. 3'* ^ ® 8

de long sur 4,3 centimètres de large, et j’en ai vu un autre de même forme, qui a été trouvé dans les alluvions de la Seine par M. Du val, pharmacien et géologue très-distingué. On sait, en effet, que les peuples demi-sauvages de toutes les parties du monde, les premiers habitants de la Gaule comme ceux de l’Amérique, se sont servis des pierres les plus dures de leur pays, avant qu’ils connussent l’usage du fer, pour en fabriquer des armes et des instruments tranchants. Sur l’ancien sol parisien, c’étaient principalement le silex pyromaque et le grès de Fontainebleau qui servaient à cet usage; la petite hache de jade dont je viens de parler y avait peut-être été apportée par le commerce. En Amérique, sur les bords de l’Amazone et dans les îles de la mer du Sud, c’est principalement le jade qui sert à faire les haches et les casse-tête des indigènes.

De Saussure avait donné le nom de jade à un feldspath à base de soude, compacte, tenace, d’un gris bleuâtre ou d’un vert grisâtre, qui sert de base à la roche diallagique nommée vert de Corse. La cassure en est esquilleuse et assez semblable à celle du jade néphrétique; la pesanteur spécifique indiquée est de 3,34. Le caractère qui distingue le mieux cette substance du jade néphrétique réside dans l’éclat vitreux de sa surface polie et dans son toucher sec et dépourvu de toute onctuosité.

Actinote ou amphibole vert. — En cristaux bacillaires, non terminés, d’un vert clair, transparents et à structure lamelleuse. Fusible en un verre peu coloré en vert. Pesanteur spécifique, 3,0,ï. L’analyse montre que l’actinote n’est autre chose que de la trémolite dans laquelle une partie de la magnésie est remplacée

par de l’oxyde de fer, de sorte que sa formule est Ca Si-j-(Mg, Fe)* Si*.

Amphibole alumineux ou hornblende. — Cette substance est prèsque toujours cristallisée, ou pour le moins en masses três-lamelleuses et d’un clivage facile. Sa forme primitive est un prisme oblique rhomboïdal de t24° 3V, comme celui delà trémolite, et ses cristaux les plus habituels sont des prismes à six faces tels que ceux présentés ligures 223 et 226. Ces cristaux ressemblent d’autant plus à un prisme hexaèdre régulier, et en particulier à certaines tourmalines, qu’ils sont terminés par un poinlement i trois faces composé de la base primitive et d’un biseau placé sur les arêtes de derrière. Mais on reconnaît très-facilement, à raide du goniomètre, que le prisme est seulement symétrique et non régulier; les deux angles qui restent de la forme primitive étant de 121° 34', et les quatre autres mesurant 117" 32'. Ces cris-

ACTINOTE.

taux se distinguent en outre de ceux de la tourmaline par leur fusibilité en un verre noir, et parce qu’ils ne sont pas électriques par la chaleur. Enfin ils sont complètement noirs et opaques.

La composition de la hornblende présente toujours, comme éléments principaux, la silice, la chaux, la magnésie et le prot-

Fig. 228. — Amphibole. Fig. 226.— Amphibole.

oxyde de fer; mais il est difficile d’y reconnaître la formule de la trémolite, et d’ailleurs la présence de l’alumine, dont la quantité varie de 4 à 26 centièmes, ne permet d’en conclure aucun arrangement certain. On s’est beaucoup occupé d’expliquer comment la hornbleude, avec une composition si variable, peut offrir une cristallisation aussi nette, aussi constante, et toute semblable à celle de la trémolite. La manière la plus plausible d’expliquer ce fait consiste à supposer que la hornblende est une trémolite qui a cristallisé dans un milieu très-chargé de parties alumineuses, dont l’élimination n’a pu se faire complètement, et l’on sait que les sels qui cristallisent dans ces circonstances présentent presque toujours des formes plus simples et plus nettes que ceux qui sont d’une pureté parfaite.

Les diverses espèces d’amphibole appartiennent aux terrains primitifs et à ceux de transition. La hornblende forme à elle seule des couches très-élenduJfe, soit à l’état lamellaire, soit à l’état schistoï le , et constituant le hornblendeschiefer. Mélangée au feldspath compacte ou laminaire, elle forme des roches trôsétendues nommées diorites et syénites. Elle fait également partie des terrains volcaniques anciens et modernes, et c’est môme de ces sortes de terrains que proviennent les plus beaux cristaux. L’actinole forme des couches dans les micaschistes et se trouve

FAMILLE DU STRONTIUM.

aussi disséminée dans les roches talqueuses. La trémolite et l’asbeste se trouvent dans les roches serpentineuses et les stéaschistes. L’asbeste vient surtout de la Corse et de la Taranlaise.

FAMILLE DU STRONTIUM.

Le strontium ressemble au barium comme le brome au chlore le sélénium au soufre, l’arsenic au phosphore ; aussi leurs composés naturels ont-ils d’abord été confondus ensemble. Le docteur Crawfort est le premier qui, en 1790, ait annoncé qu’un minéral pesant, trouvé à Strontian en Écosse, et pris pour du carbonate de baryte, contenait une base différente, qui reçut bientôt après le nom de strontiane. Plus tard on reconnut aussi que de beaux groupes de cristaux apportés de Sicile et qui figuraient dans les collections comme sulfate de baryte, étaient du sulfate de strontiane. Ces deux états sont les seuls sous lesquels on trouve la strontiane.

Mtron liane sulfater.

Cette substance, à l’état de pureté, est sous forme de cristaux transparents et incolores, composés de 56,36 de strontiane et de 43,64 d'acide sulfurique, ou de SrS; elle pèse de 3,85, à 3,96elle raie la chaux carbonatée ; elle présente un éclat vitreux et nacré, et possède deux axes de double réfraction. Elle décrépite au chaiumeau et se fond en un émail blanc et laiteux; chauffée avec du charbon, elle donne lieu à du sulfure de strontium dont la saveur est sulfureuse et alcaline. Ce sulfure, traité par l’acide chlorhydrique dégage du sulfure hydrique et forme une dissolution qui précipite en blanc par l’acide sulfurique et qui colore en pourpre la flamme de l’alcool.

La forme primitive de la strontiane sulfatée est un prisme droit rhomboïdal de 104° et 76° (fit/. 2-27). Le prisme primitif de la baryte sulfatée présente des angles de 101° 4-2' et 78“ 38'. Cette différence de près de 3 degrés avait paru une anomalie inexplicable à Haüy, jusqu’au moment où l’analyse chimique vint démontrer la nature différente des deux sels. La pesanteur spécifique du sulfate de baryte est un peu plus considérable (4,3); du reste, les Dro .priétés et les formes cristallines présentent une grande analogie.

STRONTIANE SULFATÉE.

On trouve en Sicile des cristaux laiteux qui affectent la forme primitive, et on en trouve aussi dans les mines du Salzbourg, qui sont bleuâtres et fortement striés sur leurs faces ; mais la plupart des cristaux ont la forme de prismes rhomboïdaux de 102°58' ( fig . 228) qui proviennent de l’allongement de la forme primitive

Fig. 228; — Strontiane. Fig. 229. — Strontiane.

dans le sens de la petite diagonale AÀ, joint à un biseau formé sur les angles E. Les beaux cristaux de Sicile se présentent sous cette forme ou sous celles représentées (fig. 229 et 230), qui n’en

Fig. 230. - Stronliane. Fig. 231. - Strontiane.

sont que des modifications. Ces cristaux rassemblés en groupes un peu rayonnants, remplissent les cavités de bancs de soufre qui alternent avec de la chaux sulfatée.

Autres formes de la stronliane sulfatée :

Laminaire ; à Bristol, en Angleterre, ayant pour gangue une argile ferrugineuse.

Fibreuse ; comme aux environs de Toul, en couches minces dans une argile glaise. Elle est ordinairement colorée en bleu. D’après Wittsein et plus tard Crawford, la coloration bleue de la strontiane sulfatée d’Iéna est due à un mélange de fer phosphaté.

Compacte et terreuse ; en masses ovoïdes aplaties, ou en rognons engagés dans une marne qui sépare les bancs de chaux sulfatée,

FAMILLE DU BARIUM.

à Montmartre. Cette variété est impure et contient de 10 à 20 de carbonate de chaux. Les masses sont presque toujours crevassées à l’intérieur par suite du retrait causé par la dessiccation, et les crevasses sont ordinairement tapissées de petits cristaux brillants qui ont la forme apotome représentée figure 231. La strontiane sulfatée qui tapisse l’intérieur de quelques silex de la craie, à Meudon, se présente sous la même forme.

Strontiane carbonatée.

Æette substance se trouve rarement cristallisée. Ses cristaux sont des prismes à six pans, souvent bordés par un rang de facettes annulaires, comme cela a lieu pour le prisme hexaèdre régulier; mais quelques cristaux, qui ont offert une double bordure de facettes sur quatre faces seulement, tandis qu’il n’existait qu’une seule faccetle sur les deux autres faces, ont montré que le prisme hexaèdre était seulement symétrique. 11 dérive d’un prisme droit rhomboïdal de 1 17“ 32' et 62° 28', presque semblable à celui de l’aragonite. La strontiane carbonatée se trouve beaucoup plus ordinairement sous la forme de masses à structure fibreuse et rayonnante. Elle est d’un blanc un peu jaunâtre, ou grisâtre, ou verdâtre. Elle pèse 3,63 (la baryte carbonatée pèse 4,29) ; elle est rayée par la chaux flualée, et se fond au chalumeau en répandant une lueur purpurine ; elle est phosphorescente étant projetée en poudre, dans l’obscurité, sur des charbons ardents. Elle se dissout lentement et avec effervescence dans l’acide nitrique un peu étendu. La dissolution précipite en blanc par l’acide sulfurique et colore en pourpre la flamme de l’alcool.

La strontiane carbonatée a été trouvée, associée au plomb sulfuré, au cap Slrontian et à Lead-Hills en Écosse. A. Brüusdorff, en Saxe, elle est accompagnée de pyrite.

FAMILLE DU BAHIUM.

La baryte, ou l’oxyde de barium, a été découverte par Schéele, en 1774, dans l’examen qu’.il lit de l’oxyde noir de manganèse lequel contient très-souvent, ainsi que nous l’avons vu, de la baryte à l’état de combinaison. Elle a été décomposée en 18U8, par Humphry Davy, qui est parvenu à en retirer le barium, en la décomposant par la pile électrique avec l’intermède du mercure. Lorsqu’elle a été obtenue à l'état de pureté, elle est d’un blanc grisâtre, très-caustique, soluble dans l’eau, plus à chaud qu’à

BARYTE SULFATÉE. 439

froid, et cristallisable par refroidissement. Elle verdit fortement la teinture de violette ; elle neutralise complètement les acides ; enfin elle possède à un haut degré tous les caractères d’un alcali.

Toutes ses dissolutions sont précipitées par l’acide sulfurique et les sulfates solubles, et le précipité est insoluble dans l’acide nitrique.

La baryte existe dans la terre principalement à l’état de sulfate, de carbonate et de silicate.

lïarjtc Nul faire.

Cette substance se distingue de la plupart des autres minéraux lillioïdes (sels calcaires, silice ou silicates), par une pesanteur spécifique plus considérable (de 4, 3 à 4, 7) ; aussi portait-elle autrefois le nom de spath pesant. Elle est assez dure pour rayer la chaux carbonalée ; mais elle est rayée par le calcium fluoruré. Elle possède la double réfraction entre deux faces non parallèles ; elle est insoluble dans les acides ; elle se fond au chalumeau en un émail blanc qui tombe en poussière après quelques heures. Calcinée au milieu des charbons, puis exposée à la lumière et enfin portée dans un endroit obscur, elle répand une lueur rougeâtre. Pulvérisée et chauffée en vases clos avec du charbon, elle se convertit en sulfure de barium soluble dans l’eau, décomposable par l’acide chlorhydrique avec dégagement de sullide hydrique et formation d’un dissoluté qui précipite en blanc par l’acide sulfurique et colore en jaune verdâtre la flamme de l’alcool.

La baryte sulfatée, quoique très-répandue dans la terre, ne forme jamais de montagne, de couche ni de masse considérable. Mais plus qu’aucune autre substance d’apparence non métallique, elle sert de gangue aux métaux, et principalement aux minerais de plomb, de cuivre, d’argent, d’antimoine, de mercure et de zinc. On ne la trouve pas dans les minerais d’étain qui appartiennent à une époque encore plus ancienne.

La baryte sulfatée se trouve en outre avec fréquence dans les arkoses situés vers la séparation des granités et des terrains secondaires. On la rencontre même dans les argiles de ces terrains jusqu’à la partie inférieure des formations jurassiques, où elle cesse de se montrer.

La baryte sulfatée cristallisée et incolore est uniquement formée de (55,63 de baryte, de 34,37 d’acide sulfurique, ou de Ba S ; celle qui est massive, amorphe ou terreuse, est souvent

440 FAMILLE DU BARIIJM.

mélangée de sulfates et de carbonates de strontiane et de chaux, de fluorure de calcium ou de silice.

La baryte sulfatée cristallisée a pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal de 101° 42' et 78» t8' ( fig . 232) dont le rapport d’un des côtés de la base est à la Fig. 23î. — Baryte sulfatée, hauteur comme 50 : 51. Cette forme est très-facile à obtenir par le clivage des masses lamellaires ; mais on la trouve naturelle à Schemnitz en Hongrie, à Otfenbanya et à Kapnick en Transylvanie. Elle a une grande tendance à se montrer en cristaux aplatis ou tabulaires

modifiés, soit sur deux angles opposés de la base, comme dans la Bgure 233, soit par la troncature tangente de deux des arêtes du prisme, comme dans la figure 232, où chaque arête G est remplacée par une profonde troncature g. Lorsque la troncature

Fig. 23S. — Baryte sulfatée. Fig- «*. — Baryte sulfatée.

tangente se fait sur les quatre arêtes du prisme, et de manière à en faire complètement disparaître les faces, il en résulte un prisme rectangulaire (fig. 235) qui n’existe jamais simple, mais qui donne naissance à un grand nombre de cristaux composés, tels que celui de la figure 236, qui provient des mines de mercure sulfuré du Palatinat.

La variété trapézienne de Haüy (fig. 237) appartient au même type, ainsi que celle de la figure 238, qui n’en diffère que par des rudiments des faces primitives M, placés sur les angles du prisme rectangulaire.

Les cristaux de baryte sulfatée présentent encore trois autres formes dominantes, dont l’une (la troisième des cinq), représen-

BARYTE SULFOTÉE.

tée figure 239, est donnée par un biseau naissant sur les angles A de la forme primitive, prolongé de manière à remplacer complètement la base, et allongé dans le sens de la grande diagonale. Il

Fig. 237. - Baryte sulfatée. Fig. 238. - Baryte sulfatée.

en résulte un prisme rhomboïdal de 102° 9', terminé par un biseau aigu formé par les faces M ( fig . 240).

La quatrième forme dominante ( fig . 241) est un prisme inverse

Fig. 239. — Baryte sulfatée. Fig. 240. — Baryte sulfatée.

au précédent, résultant d’un biseau é formé sur les angles aigus E du cristal primitif. L’angle de ce prisme est de 103° 30', et le biseau donné par les faces M est obtus comme celui des cristaux

Fig. 241. — Baryte sulfatée. Fig. 242. - Baryte sulfatée.

analogues du sulfate de strontiane ; mais comme cette forme est très-rare, et que la précédente au contraire est fréquente, la circonstance du biseau aigu donné par les faces M peut servir, presque toujours, à distinguer les prismes du sulfate de baryte de ceux du sulfate de strontiane.

La dernière forme du sulfate de baryte est un octaèdre rectangulaire ou cunéiforme (fig. 242) formé par les mômes biseaux que la variété trapézienne (fig. 238), prolongés de manière à faire disparaître les bases. Cet octaèdre est presque toujours modifié pai des facettes appartenant, soit aux variétés précédentes, soit à la forme primitive.

Les cristaux tabulaires de la baryte sulfatée sont très-souvent

442 FAMILLE DU BARIUM,

serrés les uns contre les autres et arrondis sur leurs angles, de manière à figurer des crêtes de coqs. Enfin cette substance se trouve en masses stalacti formes, laminaires, lamellaires, bacillaires, fibreuses ou radiées.

Cette dernière variété, nommée pierre de Bologne, se rencontre au mont Paterno, près de Bologne en Italie, sous forme de ro gnons arrondis et tuberculeux, disséminés dans une marne argileuse grise. Les cristaux fibreux partent du centre, s’élargissent vers la circonférence et prennent à la surface une forme lenticulaire. Celle substance servait autrefois à faire le phosphore de Bologne, qui consistait en de petits gâteaux formés de la pierre de Bologne pulvérisée et agglutinée avec de la gomme. Ces gâteaux, chauffés sur des charbons et mis dans l’obscurité, brillaient d’une lumière assez vive.

Baryte carbonatée,

Substance blanche, rayant la chaux carbonatée, rayée par le calcium fluoruré, pesant 4,3, phosphorescente sur les charbons ardents, fusible au chalumeau en un globule transparent qui devient opaque en refroidissant. Elle est difficilement attaquable par l’acide nitrique, qui finit cependant par la convertir en un dépôt pâteux d’un volume plus considérable que celui du fragment. Pour bien dissoudre le carbonate de baryte, il faut le chauffer au rouge, le plonger dans l’eau froide, le pulvériser et le traiter par l’acide nitrique affaibli.

Les cristaux naturels de la baryte carbonatée présentent quelque chose de singulier : ayant pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal, dont les angles sont de Ü8° 30' et 61° 30', ils se présentent sous des formes qui appartiennent le plus ordinairement au prisme hexaèdre régulier du système rhomboïdal. Ainsi on trouve ce minéral cristallisé en prisme hexaèdre terminé par une ou plusieurs rangées de facettes sur la base ; ou en prisme hexaèdre pyramidé comme le quartz, ou en dodécaèdre triangulaire isocèle. Et il faut mesurer avec attention les angles du prisme pour s’apercevoir qu’il n’est pas régulier, et qu’au lieu d’avoir tous ses angles de 120 degrés, il y en a deux de 1 18“ 30' et quatre de 120° 45'. La baryte carbonatée se trouve en outre sous forme de rognons arrondis à structure radiée, ou en masses compactes. Elle a été découverte d’abord dans la mine de plomb de Snailbach, en Angleterre, parle docteur Withering, ce qui est cause que Werner l’a décrite sous le nom de witkérite. On l’a trouvée également à Alslon-Moor, dans le Cumberland, et à Neuberg, dans la haute Styrie. Elle porte en Angleterre le nom

BARYTE ET ALUMINE IIYDROSILICATËES. 443

de mort aux rats, parce qu’elle tue les rats et les chiens. Elle est plus vénéneuse que le carbonate artificiel, qui est seulement vomitif. Sa formule chimique est Ba G.

On a décrit sous le nom de sulfato-carbonate de baryte un mélange naturel, mais non défini, de sulfate et de carbonate de baryte ; il cristallise en prismes à six pans, terminés par une pyramide à six faces, comme le carbonate simple. On a trouvé également le carbonate de baryte uni en proportion définie au carbonate de chaux (Ba G + Ca C), el cristallisé soit en prismes rhomboïdaux obliques {baryto-calcite de Brooke), soit en cristaux ■qui ressemblent à des dodécaèdres triangulaires isocèles, mais dont la forme primitive est en réalité un prisme droit rhomboïdal de 1 18° 50' dans lequel un des côtés de la base est à la hauteur comme 25 : 16 ( alstonite ou baryto-calcite en prisme droit). C’est un nouvel exemple de dimorphisme.

Ilurjte et Alumine lijdrosillcatées.

Harmotome eijnorvénite. — Cette substance garnit l’intérieur de géodes dans les roches amygdaloïdes d’Oberstein (Prusse rhénane), ou se trouve disséminée dans des filons, comme à Andréasberg.auHarz et au cap Stronlian, en Écosse. Elle est composée de silice, d’alumine, de baryte et d’eau, dans des proportions qui paraissent assez constantes, et dont voici la moyenne, résul-

tant de sept analyses f

ailes par des chimistes différents

Rapports moléculaires.

Silice .

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