III. — de Beregszasz, par Berlhier : 7Âi S + 2L'sS + 12H
IV. — de Montione, jpar Descotils : 2Al*S^ -|- 3Ps S -|- 12H.
ou : 6 Al" S -f- 3Ps S -f- 12H -f-2Al.
V. — cristallisée , par Cordier : 3A1 S + Ps S + 8H -f Al. Les deux dernières analyses présentent un excès d’alumine qui
se trouve très-probablement hydratée, au moyen d une partie de l’eau contenue dans la formule,
Alun soluble.
Ce sel est formé de trisulfate d’alumine, de sulfate de potasse et d’eau; sa formule est Al S3 + Ps S + 24H, et sa composition en centièmes est de :
Acide sulfurique.
Alumine .
Potasse .
Rapports moléculaires.
L’alun est incolore, transparent, d’une saveur acidulé et astringente; il rougit le tournesol; il est soluble dans 14 à 15 parties d’eau froide et dans moins de son poids d’eau bouillante. Il cristallise en octaèdres réguliers; il est légèrement efüorescent ù l’air; au feu, il éprouve la fusion aqueuse, se boursoufle considérablement et se dessèche en une masse blanche et très-poreuse nommée alun calciné. A une forte chaleur, le sulfate d’alumine est décomposé -et il reste de l’alumine et du sulfate de potasse. Enfin h une température encore plus élevée, le sulfate de potasse parait être décomposé lui-même et l’alumine se combine directement avec la potasse.
L’alun ne se trouve qu’en petite quantité dans la nature, à la surface des schistes argileux mélangés de sulfure de fer, et il s’en forme journellement dans les houillères embrasées, dans les solfatares et dans les cavités de volcans encore fumants; mais tout celui du commerce est préparé artificiellement par plusieurs procédés que je vais décrire, et qui ne donnent pas tous des produits parfaitement identiques.
1° Alun d'Italie ou alun de Rome. — On le prépare avec l’alunite de la Toi Ta, qui, ainsi que nous l’avons vu, est formée de différentes proportions de sulfate neutre d’alumine et de sulfate de potasse (I) ; de telle sorte qu’en enlevant ;\ l’alunite de l’alumine, on peut toujours la transformer en trisulfale d’alumine et en sulfate de potasse, qui sont les éléments de l’alun. Pour obtenir ce résultat, on calcine la pierre et on l’expose pendant quelques mois à l’air, en l’arrosant de temps en temps. Il parait que, pendant la calcination, l’excès d’alumine s’unit à la silice que contient toujours la pierre, et que l’alun soluble qui se forme alors peut être enlevé lentement par l’eau. Dans tous les cas, on lessive la matière effleurie à l’air, on fait évaporer et cristalliser.
L’alun de Rome diffère par plusieurs caractères de celui des fabriques françaises ou autres. 11 est coloré en rose par du sulfate neutre d’alumine et de fer, mais ce composé est complètement insoluble et la dissolution est tout à fait exempte de fer. C’est cette absence du fer dans la dissolution, qui cause la supériorité de l’alun de Rome dans la teinture ; mais la cause étant connue,
(1) Pour moi un sulfate neutre, que sa base soit de l'alumine ou de la potasse est celui qui contient une molécule de base pour une molécule d’acide • et généralement un sel neutre, sulfate, silicate, azotate ou autre, est celui qui contient un nombre égal de. molécules de base et d’acide (voir Revue scientift„UP et industrielle de M. Qucsneville, t. XX, p. 4v). Peut-être vaudrait-il encore mieux n’employer l’expression de sel neutre que pour exprimer l’état d’un sei qui n’est ni acide ni alcalin, aux goût comme aux réactifs colorés ; et indiquer les variations de composition des sels par les particules équi, uni, bi, tri mm dri etc., appliquées an mot qui. caractérfse l’acide ou la base. ’ '