LIGNITE
celle de la houille. Le lignite y est souvent accompagné de bitume, de mellite, de succin ou d’autres résines d’origine végétale.
La décomposition plus ou moins avancée du bois qui a servi à la formation du lignite peut en faire distinguer plusieurs sousespèces ou variétés.
1. Lignite piciforme polissable, jayet ou jais. — Lignite solide, dur, inodore, d’un noir pur et foncé, d’une texture dense, compacte, égale; non friable comme la houille et l’asphalte, offrant une cassure conchoïde, susceptible d'être travaillé au tour et de prendre un beau poli ; pesanteur spécifique, 1,26. On le trouve en petites masses, au milieu des autres variétés de lignite, à Roquevaire, près de Marseille ; à Belestat, dans les Pyrénées ; à Bains et à Sainte-Colombe, dans le département de l’Aude ; dans les Asturies, la Galice et l’ Aragon, en Espagne; près de Wittemberg, en Saxe ; en Prusse, dans un gîte où se trouve le succin en abondance, etc.
On fabrique avec le jayet toutes sortes d’ornements et de bijoux de deuil. 11 en existait autrefois à Sainte-Colombe des fabriques considérables qui ont beaucoup perdu de leur importance aujourd’hui.
2. Lignite piciforme commun. — D’un noir luisant comme le précédent, mais offrant une densité inégale, et une structure schistoïde ou fragmentaire qui s’oppose à son emploi sur le tour. 11 forme souvent des bancs assez puissants, que l’on exploite comme une espèce de houille, dont il offre toute l’apparence. 11 sert aux mêmes usages que la houille. En France, on le trouve principalement aux environs d’Aix, de Marseille et de Toulon ; à Ruelle, (Ardennes); à Lobsann, près de Weissembourg (Bas- Rhin) ; en Suisse, près de Vevay, de Lausanne, sur la rive gauche du lac de Zurich, etc.
3. Lignite terne. — D’un noir brunâtre, terne, à cassure raboteuse ou imparfaitement conchoïde, à structure massive, schistoïdeou fragmentaire, mais non ligneuse, brûlant avec une fumée abondante et souvent fétide.
Le lignite terne massif se trouve en couches assez puissantes, que l’on exploite comme combustible, principalement à Sainte- Marguerite, près de Dieppe ; aux environs de Soissons, de Cassel, où il prend le nom de terre de Cassel; à Putschern, près de Garlsbad. Le lignite terne schistoïdese trouve principalement en France, aux mines de Piolène, près d’Orange ; de Ruelle (Ardennes) ; et généralement dans tous les lieux où se trouve la variété précédente. Enfin le lignite terne fragmentaire ou friable forme des dépôts étendus dans les environs de Soissons, de Laon (Aisne), et dans ceux de Montdidier (Somme). Il est trop chargé de pyrites et
d'argile pour former un combustible avantageux ; mais, en le laissant se déliter à l’air bumide, on y forme des sulfates de fer et d’alumine qu’on en retire par lixivation.
4. 5. Lignite fibreux et bois fossile. — Le lignite fibreux, ou le vrai lignite, offrant encore un indice plus ou moins marqué de la structure du bois, peut être observé dans la plupart des dépôts des variétés précédentes ; mais on trouve en outre dans les terrains beaucoup plus modernes, provenant d’alluvions, d'éboulemenls ou de dislocations volcaniques, des bois enfouis et à peine altérés, qui ne peuvent être confondus avec les lignites des terrains plus anciens; tels sont les amas d’arbres couchés pêlemêle, ensevelis dans les alluvions de la Seine, au Port-à-l’Anglais et à l’ile de Chatou, près de Paris ; et les forêts sous-marines de Morlaix, en Bretagne, du comté de Lincoln et de l’tle de Man, en Angleterre. Tels sont aussi les bois fossiles comprimés et aplatis d’Islande et de plusieurs parties des Alpes, dans lesquels on reconnaît facilement des bouleaux, des chênes, des ifs et autres conifères, avec leur écorce parfaitement conservée.
6. Bois bitumineux. — C’est une vraie momie végétale , ou un bois fossile complètement imprégné de bitume odorant, ou de Malt /te. Tel est le bois bitumineux de la Tour du-Pin (Isère).
1. Limite ou terre de Cologne ; lignite terreux, Brongniart.
Cette matière forme, aux environs de Cologne, sur les bords du Rhin, un dépôt considérable, qui a jusqu’à 13 mètres d’épaisseur et plus de 1 myria mètre d’étendue. Elle est tendre et pulvérulente, d’une couleur brunede girofle, et s’allume avec facilité, mais brûle sans flamme et presque sans fumée, comme le bois pourri. Elle offre dans ses parties solides des traces évidentes d’organisation de troncs ligneux, appartenant pour la plupart à des végétaux dicotylédones. Sous ce rapport, la terre de Cologne se rapproche donc du lignite proprement dit; mais ce qui établit une grande différence entre eux, c’est que le lignite a évidemment éprouvé une décomposition semblable à celle produite par le feu, soit que, en effet, il ait été soumis à une température élevée, soit que, par suite de sa situation prolongée dans un terrain très-sec, il ait éprouvé à la longue une décomposition analogue ; tandis que la terre de Cologne est le résultat de l’action décomposante de l’air et de l' humidité sur le bois, décomposition qui le rapproche de la nature de l’acide ulmique, sans cependant lui en donner l’exacte composition. Mais, de même que l’acide ulmique, la terre de Cologne se dissout dans les alcalis, et forme des dissolutions brunes qui sont précipitées par les acides et par les sels métalliques. C’est en raison de cette similitude de propriétés que j’ai proposé de dçmner à celte substance le nom d’ulmite. Je termine cette des-