GALÈNE
cile à couper. Elle pèse 7, 3. Mélangée avec de la soude et chauffée dans un tube fermé, elle donne des gouttelettes de mercure. On la trouve dans la mine de Tilkerode, au Harz.
Plomb sélénité cuprifère. — Substance métalloïde, de densité et de couleur variables, suivant les proportions des deux séléniures qui la constituent. On en connaît aujourd’hui trois combinaisons, l’une formée de PbSe -f- CuSe, la seconde de 2PbSe -f- CuSe, la troisième = PbSe -f- CuSe, toutes trois trouvées dans les mines du Harz, dans des veines de dolomie et accompagnées de cuivre carbonaté vert.
Plomb sulfuré ou Galène.
Ce sulfure constitue la plus importante des mines de plomb, puisque c’est lui qui fournit tout le plomb, lalitharge, le minium et une partie de l’argent du commerce. 11 est solide, d’un gris foncé joint à un grand éclat métallique. Sa structure est éminem¬
ment lamelleuse et son clivage très-facilement cubique. Il est souvent cristallisé en cube, cubo-octaèdre, octaèdre, etc .{fig. 90,
Fig. 02. — Plomb sulfuré. Fig. 93. — Plomb sulfuré.
91, 92, 93). Il est assez dur, cassant, et se divise en parcelles lorsqu’on veut le rayer avec le couteau. 11 pèse 7,38.
Au chalumeau, il décrépite, se fond, dégage de l’acide sulfu-
reux, et laisse de l’oxyde jaune de plomb ou du plomb métallique, suivant la flamme employée. Lorsqu’on le réduit en poudre trèsline et qu’on le traitepar l’acide nitrique concentré, on le convertit entièrement en sulfate de plomb blanc et insoluble, ce qui s’explique facilement lorsque l’on considère que le sulfure de plomb est formé de PbS, et qu’il n’a besoin que de 4 atomes d’oxygène pour devenir PbO-|- SO3 ou sulfate de plomb.
Lorsqu’on traite le sulfure par l’acide nitrique affaibli, le résultat est différent : il se forme bien toujours un peu de sulfate de plomb, mais la plus grande partie du soufre reste inattaquée : le plomb seul s'oxyde et constitue, avec l'acide nitrique non décomposé, un nitrate de -plomb , que l’on trouve dans la liqueur.
Le plomb sulfuré appartient à un grand nombre de terrains. Il commence à se montrer en filons ou en amas peu considérables dans les terrains primitifs supérieurs, tels que le gneiss, le micaschiste et les phyllades ou schistes siliceux primitifs (Villefort, Lozère, Vienne, l’Isère ; Joachimstal, en Bohême ; Norlhampton, en Angleterre).
Il existe en beaucoup plus grande quantité dans les terrains intermédiaires, par exemple, en amas irréguliers ou en couches dans la grauwacke grossière et schisteuse de Poullaouen et de Huelgoat, dans le département du Finistère; ou dans le calcaire noir et métallifère qui termine cette série, comme dans le Derbyshire et le Northumberland, à Dante au Mexique, etc.
Le plomb sulfuré est encore très-abondant dans les terrains secondaires inférieurs, où il est presque partout disposé par couches plus ou moins étendues ; d'abord dans le grès rouge ancien qui forme la base de cette période,- ensuite dans le calcaire gris ou noirâtre, nommé zechstein, qui recouvre le terrain houiller.
Enfin le plomb sulfuré se rencontre dans le toqm termine les terrains secondaires inférieurs (à Combecave, Lot). On ne le trouve pas au-dessus.
Le plomb sulfuré est presque toujours associé à d autres substances métalliques, surtout au zinc sulfuré (blende), au fer et au cuivre sulfurés, au cuivre gris, etc. Sesgangueslesplus ordinaires sont le quartz, la baryte sulfatée, le fluorure de calcium, la chaux carbonatée. Il contient presque toujours de l’argent, dont la quantité s’élève quelquefois à 10 ou 15 pour 100. A cet égard les mineurs distinguent trois variétés de galène, suivant qu’elle est à grandes facettes, à petites facettes ou à grains d'acier. La .première contient fort peu d’argent ; la seconde en renferme davantage, et la dernière beaucoup plus. Il paraît aussi que la galène des terrains primitifs contient plus d’argent que celle des terrains
PLOMB SULFURÉ
secondaires, et que dans une même exploitation, par exemple en Bretagne, le minerai est d’autant plus riche en argent qu’on s’enfonce davantage.
Les détails dans lesquels je suis précédemment entré sur l’exploitation du sulfure de plomb, comme minerai d’argent, me permettent de le rappeler ici en quelques mots.
Le minerai, bocardé, lavé et grillé est mêlé, avec de la poudre de charbon, de la mine de fer oxydée, de la fonte de fer granulée, ou de la menue ferraille, et projeté par parties dans un fourneau à manche rempli de charbon. Le fer, en raison d’une affinité supérieure, s’empare du soufre de la galène et met le plomb en liberté. Ce métal fondu est reçu dans un bassin avec le sulfure de fer, qui, en raison d’une moins grande densité, vient à la surface. On soutire le plomb par la partie inférieure ; il porte le nom de plomb d'œuvre : on le soumet à la coupellation pour en retirer l’argent ; mais alors le plomb se trouve converti en litharge; on en conserve une partie sous cet état pour le besoin des arts ; le reste est ramené par le charbon à l’état métallique.
Le sulfure de plomb est employé, sous le nom d’alquifoux, pour former la couverte des poteries communes. Par l’action du feu, le soufre se brûle, le plomb s’oxyde et forme un verre jaunâtre avec la silice de l’argile. Mais cette couverte est dangereuse pour la préparation des aliments, par la propriété qu’elle possède de se dissoudre dans les liqueurs acides ou chargées de sel marin.
Le sulfure de plomb, indépendamment de son mélange habituel avec une quantité indéterminée et variable de sulfure d’argent, se trouve souvent combiné à d’autres sulfures métalliques, en proportions si bien déterminées qu’on est obligé de les considérer comme autant d’espèces minéralogiques, mais tellement nombreuses qu’il n’est plus possible de les distinguer que par des noms insignifiants. Voici celles de ces combinaisons qui sont connuesjusqu’ici :