CUIVRE GRIS
Cuivre gris.
Les minéralogistes désignent généralement sous le nom de cuivre gris une substance minérale qui accompagne très-souvent le cuivre pyriteux, jouissant d’un éclat métallique gris d’acier, cristallisant en tétraèdre régulier ou en formes qui en sont dérivées, pesant spécifiquement de 4,79 à 5,10; cassante; fusible au chalumeau avec vapeurs de soufre, d’antimoine et souvent d’arsenic ; enfin, laissant un résidu scorifié composé de cuivre, de fer, de zinc, et quelquefois d’argent.
Celte substance est donc d’une composition très-compliquée et variable : cependant on peut, le plus souvent, se la représenter comme une combinaison de sulfure d’antimoine et de cuivre pyriteux, dans laquelle le sulfure d’arsenic peut remplacer celui d’anlimoine, où le sulfure de fer peut être suppléé par ceux de zinc, d’argent ou même de mercure. Ces composés tiennent, dans la famille minéralogique du cuivre, la place que les sulfures doubles d’antimoine et d’argent occupent dans celle de l’argent, ou que les sulfures doubles d’antimoine et de plomb occupent dans la famille du plomb.
Si les minéraux qui ont été ainsi compris sous le nom de cuivre gris n’offraient que les substitutions qui viennent d’être indiquées, en conservant la même formule moléculaire, on aurait peut-être raison de les considérer comme appartenant à une même espèce minérale; mais les sulfures qui les constituent paraissent s’unir en un grand nombre de rapports différents, et forment peut-être autant d’espèces distinctes. Nous signalerons les quatre principales :
1° Panabase de Beudant, faisant partie du cuivre gris antimonif'ere de Haüy, et du graugultigerz (argent gris) de Klaproth et de Karsten. — M. H. Rose en a donné cinq analyses, dont voici la première :
Panabase de Markirchen :
Soufre. . . .
Antimoine.
Arsenic. . .
Cuivre ....
Fer .
Zinc .
Argeut. . . .
Ces résultats donnent immédiatement :
18Sb ( *S5 4- 51Cu*S + 22Fe ) S H- 6S As ! Zn j
Mais M. Rose admet comme composition normale :
18Sb*S* -t- 48Cu*S 4- 24FeS ou
3Sb*Ss + 8Cu*S + 4FeS = 3Sb5Ss -f 4(2Cu‘S + FeS) ;
ce qui exprime la combinaison de 3 molécules de sulfure. d’antimoine avec 4 molécules d’un sulfure répondant à la pbillipsite.
L’analyse de la panabase de Gersdorff, presque semblable à la précédente, fournit :
I8Sb‘S" + 49Cu‘S + 22Fe ) S 4- 6S.
Zn I
Ag)
La panabase de Zilla, près Klausthal, a donné :
I8Sb‘Ss + 44Cu*S + 22Zn | S;
Fe j
celle de Kapnik, en Transylvanie,
18Sb’Ss + 48Cu*S + 20Zn I S -f 6S.
Fe f
et celle de Dillenburg,
18Sb*Ss -f 49Cu‘S-f 21 Zn j S.
Fej
L’excès de soufre trouvé trois fois sur cinq ne peut être accidentel, et semble indiquer que la composition de la panabase n’est pas tout à fait telle qu’elle a été indiquée plus haut.
Je suis d’autant plus porté à le croire, que cet excès de soufre, reporté sur le sulfure d’antimoine, le converlit exactement en 42Sb#S5, et que l’analyse de plusieurs plombs sulfo-antimoniés nous a conduits également à admettre l’existence du sulfure Sb3Ss. Peut-être aussi cet excès de soufre doit-il être réuni au fer, et peut-être n’est-ce pas du protosulfure de fer qui est contenu dans la panabase.
2° Cuivre gris mercurifère. — Il en existe deux analyses : la première, faite par Klaprolh, sur un échantillon de Poratsch, en Hongrie; la seconde, faite par M. Scheidthauer, d’un minerai de Kotterbach, même pays. En voici les résultats :
De Poratsch. Rapports. De Kotterbach. Rapports.
Soufre . 26 130 23,34 116
Antimoine . 49,5 24 18,48 23 (
Arsenic . » *' 3,90 9jw