Autre suc nstrinjfrnt de iSidnej’. Yoir le Mémoire cité
36. Kino en masse de Uotany-Bay, kino de Murray (I), kinO de Botany-Bay de Duncan (2). Je n’ai rencontré qu’une seule fois ce kino dans le commerce à Paris. 11 est en morceaux qui ont dû faire partie d’une masse qui aurait été coulée dans un vase en forme de sébile, dont le fond était garni de bandes de feuilles de palmier; de telle sprle que la masse a pris la forme d’un pain rond, plat en dessus, convexe en dessous, épais de 4 à 6 centimètres au milieu et aminci à la circonférence. Mais celte masse a été ensuite coupée en morceaux de 500 grammes environ, et plus tard encore ces morceaux, complètement desséchés, fissurés et fatigués par le transport, se sont brisés en plus ou moins de parties.
Ce kino présente donc à la surface inférieure des gros morceaux une couche de bandes de feuilles de palmier, affectant la forme arrondie du vase, et souvent, au milieu de la masse, des lanières étroites du pétiole aiguillonné des mômes feuilles. La surface des morceaux, qui a vieilli à l’air, est souvent recouverte d’une sorte ■d’efflorescence qui lui donne la couleur grise un peu violacée du ;lak-dye; d’autres fols le frottement réciproque des morceaux les recouvre d’une poussière d’un rouge brun, ce qui est aussi la couleur de la poudre; mais une fracture récente est toujours brillante et d’un brun noir. La substance fracturée n’est cependant ni vitreuse ni transparente; elle est au contraire opaque, inégale et rude au toucher, comme le produirait une poudre sablonneuse mélangée à la masse. Ce kino se broie facilement sous la dent, sans être ni pâteux, ni sablonneux, et développe une sa-
(I) Murray, Apparalus medic., t. VI, p, J03.
(2; Duncan, Edmburgh New Diupensary, 1830, p. 448.
Gühoubt, Drogues. 7* édit.
T. lll. — 28
43i DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
veiir astringente médiocre. Il est inodore. Il paraît se dissoudre complètement dans l’eau, et forme une liqueur rouge très-foncée, mucilagineuse et se troublant par l’alcool. La liqueur évaporée ù siccité se détache en écailles très-fragiles, comme un suc gommeux desséché. L’extrait sec pèse autant que le kino employé, et il reste en plus 2 pour 100 d’un résidu insoluble dans l’alcool.
Lorsqu’on traite ce kino par l’alcool d’abord, il parait se dissoudre en grande partie ; mais les liqueurs, réunies et conservées pendant quelque temps, laissent déposer une substance rougebrune et grenue, qui se dissout à l’instant dans l’eau. La liqueur alcoolique, filtrée de nouveau et évaporée, fournit 55,6 pour 100d’extrait. Le dépôt formé dans l’alcool, réuni au résidu insoluble, pèse 47 pour 100; total: 102,0. Ces résullals concordent tellement avec les caractères du suc naturel de V Eucalyptus les/Tu/era, que je ne doute pas que le kino qui les présente ne soit un produit artiticiel obtenu, à une certaine époque, par l’évaporation du suc provenant d’incisions faites à ce môme arbre; mais, d’après le docteur Thompson, il n’en serait pas arrivé dans le commerce depuis l’année 1810 environ.
37. Kino «le la Jumaïtiuc. — Si le lieu d’origine indiqué parce nom est e.xact, ce kino serait extrait du Coçcoloba uviftm, grand et bel arbre à bois très-dur et de la famille des l’olygonées, qui croît aux Antilles. Ses fruits sont disposés en grappes, de la grosseur d’une petite cerise, rouges et d’une saveur aigrelette. Son bois est rougeâtre, et fournit par décoction dans l’eau un extrait qui doit faire partie des kinos du commerce, et qui est très-probablement celui qui fait le sujet de cet article; mais j’en ai deux qualités queje vais décrire séparément.
Kino Jamaïque A. Ce kino est le premier que j’aie connu, et, autant que je me le rappelle, le seul qui existât dans le commerce français de 1808 à 1820. Il est en fragments de 4 à 12 grammes, provenant d’une masse qui a du être coulée sur une natte d’écorce, et sur une épaisseur de 28 millimètres au plus ; car un certain nombre de morceaux portent l’empreinte d’un réseau rectangulaire qui paraît dù à une natte d’écorce, et aucun morceau n’oU'rc une épaisseur plus grande que 28 millimètres. L’extérieur est d’un brun foncé, devenant rougeâtre par la poussière qui le recouvre. La cassure est noire, brillante, un peu inégale, et offre çàel là quelques petites cavités ; quelques lamelles très-minces qu s’en détachent paraissent jouir d’une demi-transparence, mais la masse est complètement opaque. La poudre est d’une couleur de bistre ou de chocolat. Ce kino paraît inodore; mais lorsqu’on le pulvérise ou qu’on le traite par l’eau bouillante, il offre une légère odeur bitumcuse. 11 se pulvérise facilement sous la dent, et
LÉGUMINEUSES. — KINOS. 43S
présente une saveur astringente et un peu amère. Il est peu soluble à froid dans l’eau et dans l’alcool ; mais il se dissout presque entièrement dansl’eau bouillante, et aux trois quarts dans l’alcool chaud. Il ne se ramollit pas par la chaleur.
Ayant une fois transmis cette [sorle de kino à J. Pereira, à Londres, un de ses amis qui avait été médecin à la Jamaïque la reconnut pour être le kino préparé dans cette île avec le Coccoloba uvifera. C’est également le troisième kino en extrait ûo Duncan (I), auquel le docteur Wright attribue la môme origine ; de sorte que, après beaucoup d’hésitation, je me suis arrêté à cet avis.
Kino Jamaïque D.èc. n’ai trouvé qu’une fois ce kino chez un droguiste à Paris. 11 est en fragments semblables au précédent, mais moins volumineux et sans aucune espèce d’empreinte. Il a dû être un peu mou, et la surface des fragments s’est un peu arrondie avec le temps ; il a une cassure [tout à fait vitreuse et ses lames mincessonl entièrement transparentes et d’un rouge foncé. La poussière qui se forme à la surface, parle frottement des morceaux, est d’un rouge plus prononcé et lui donne presque l’aspect de l’extrait de ratanhia du Pérou. Je pense que ce kino ne diffère du précédent que par une préparation plus soignée.