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Histoire naturelle des Hymenoptères

Le présent travail a été commencé, il y a plusieurs années, à la demande de M. H. de Saussure, qui m'a prié de décrire les Fourmis récoltées à Madagascar par M. Alfred Grandidier. Grâce à l'inépuisable obligeance de M. Grandidier et à l'ardeur infatigable avec laquelle il poursuit son œuvre — l'étude de l'histoire naturelle de Madagascar — j'ai fini par disposer d’un matériel suflisant pour donner une idée générale de la faune si intéressante et si spéciale des Formicides de cette île.

Le noyau primitif m'a élé fourni par les chasses de M. Grandidier. Puis sont venues s'ajouter les intéressantes récolles faites par Hildebrandt au centre de l'ile, dans le pays des Hova comme dans celui des Betsileo, récoltes qui m'ont été aimablement communiquées par M. le D' Dewitz, conservateur du Musée de Berlin. M. le D' Conrad Keller, professeur à l'École polytechnique fédérale de Zurich, ayant fait un voyage à Madagascar, y a récolté des Fourmis parmi lesquelles se sont trouvées plusieurs espèces nouvelles provenant de Tamatave, de Nosibé, etc.

À la demande de M. Grandidier, le Révérend Père Camboué,

(1) Dans ce travail, nous avons aussi étudié les Fourmis des îles voisines, qui, en réalité, appartiennent à la même faune.

il AVANT-PROPOS.

qui réside à Antananarivô, MM. Humblot, Grevé, Sikora et le D' Besson, vice-résident de France à Fianarantsoa, nous ont aussi envoyé des Fourmis. Les récoltes du Père Camboué sont particulièrement intéressantes et nous ont fourni les sexes ailés de plusieurs espèces. M. Humblot à trouvé le nid, très curieux, du Cremastogaster Ranavalone.

M. Henri de Saussure à eu l’obliseance de me communiquer à plusieurs reprises des Fourmis de Madagascar de diverses provenances, en particulier les belles récoltes faites par M. O’Swald, de la maison William O’Swald de Hambourg. M. O’Swald à donné ses collections au Musée d'histoire naturelle de Hambourg, dont le directeur à mis gracieusement les Formicides à notre disposition.

Mon ami, M. le professeur Émery, de Bologne, a bien voulu me permettre de décrire une nouvelle espèce qu'il avait recue (le Camponotus Dufouri) et m'envoyer la descriplon et la figure d’une autre espèce nouvelle (Cataulacus Oberthürr, Émery) que je publie er sous son nom, en lui adressant mes meilleurs remerciements. Je lui dois aussi les seuls exemplaires que j'aie vus de FOdontomachus Coquerelr. Roger.

M. E. André, de Gray, a eu l'obligeance de me donner des doubles de deux espèces de Madagascar qu'il a publiées et de me fournir plusieurs indicalions précieuses sur quelques autres provenant également de cette île. Enfin j'ai recu deux espèces nouvelles de M. Camillo Schaufuss, du Museum Ludwig-Salvator, à Meissen (Saxe).

Qu'il me soit permis de remercier ici toutes les personnes qui m'ont ainsi fourni le meilleur de ce travail, mais avant tout M. Grandidier, qui en est âme et l'initiateur.

Grâce à tous ces concours, J'ai obtenu une série de quatre-vingt-dix

AVANT-PROPOS, ut espèces de Formicides de Madagascar et des îles voisines (en y com prenant les îles de la Réunion et de Maurice). Ces quatre-vingt-dix espèces sont réparties en vingt-neuf genres. En plus, 11 y a neuf races (ou sous-espèces) et treize variétés qui sont propres à Madagascar (non compris les races ou variétés qui sont les seuls repré-

sentants d’une espèce dans celte ile).

Nous avons donc cent douze formes plus ou moins disüinctes, dont quatre-vingt-quinze sont particulières à Madagascar et aux iles voisines.

Sur les quatre-vingt-dix espèces distinctes qu'on à trouvées à Madagascar, aux Comores, aux îles Maurice et de la Réunion, soixantesix n'ont été trouvées que dans ces iles et nulle part ailleurs (presque toutes à Madagascar même ou à Nosibé). De ces soixante-six espèces, spécialement malgaches, cinq ont été décrites par Roger, quatre par André, une par Smith, une par Émery et cinquante-cinq par moi (trente-cinq et celle d'Émery pour la première fois).

Les particularités que présente la faune de Madagascar ressortiront encore mieux si nous Jetons un coup d'œil sur les vingt-quatre espèces qui restent. Sept d’entre elles ne sont représentées à Madagascar que par une race ou variélé propre à celte ile; sur ces sept, l'espèce typique appartient pour deux à lAfrique tropicale, pour une à la presqu'ile Sinaï, pour {rois à l'Asie tropicale et pour une au monde entier (espèce cosmopolite). Des seize espèces dont la forme typique est représentée à Madagascar, pour deux desquelles la provenance me parait un peu douteuse et dont deux ou trois autres proviennent des îles de la Réunion ou de Maurice, six sont

absolument cosmopolites, c'est-à-dire qu'elles ont été transportées

iv AVANT-PROPOS.

dans loutes les régions tropicales du monde par le mouvement de la navigation. Des dix espèces qui restent, quatre appartiennent à la faune de l'Asie tropicale et six à celle de l'Afrique tropicale. Des types bien caractérisés de cette dernière catégorie sont le Cremastogaster tricolor pour l'Afrique tropicale orientale, le Technomyrmex albipes el le Leptogenys falcigera pour Asie tropicale. Il y à enfin une espèce ou plutôt un groupe considérable de races répandues sur toute la surface du globe, le Camponotus maculatus de Fabricius : sur les quatre races du C. maculatus qui habitent Madagascar, une seule, le C.maculatus 1. sp., lui est commune avec l'Afrique entière; les trois autres lui sont spéciales.

Si donc nous supprimons les espèces cosmopolites et celles dont le représentant malgache est une race ou une variété spéciale, il ne nous reste que quatre espèces typiques communes à Madagascar et à l'Asie, et sept espèces typiques communes à Madagascar et à l'Afrique. Le fait est vraiment étonnant, élant donnée l'extension géographique relativement considérable des espèces de Fourmis.

Par contre, à l'exception des genres Aeromyrma, Simopone et Mayia, Madagascar n'a pas de genre particulier (tout au plus les sousgenres Æuponera et Otomyrmex). Le smgulier genre Wystrium de Roger, qu'on avait cru jusqu'à ces derniers temps propre à Madagascar, lui est commun avec la Birmanie (Myshrium Camille, Émery,

qui a été décrit dernièrement).

I'est curieux qu'aucun Dorylide n'ait été trouvé jusqu'ici à Madagascar, tandis que cette sous-famille est très répandue dans Asie et l'Afrique tropicales. Il est probable qu'on l'y découvrira un jour.

Les genres qui sont représentés à Madagascar le sont tout à la fois

AVANT-PROPOS. v en Afrique et en Asie, à l'exception des suivants : Aeromyrma, Simopone, Mayria, qui sont spéciaux à Pile; Mystrium, Technomyrmex . Oligomyrmex, qui ne sont représentés qu'en Asie (le dernier l'est également en Europe), et Paltothyreus, qui n’est représenté qu'en

Afrique,

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