‹ Histoire naturelle des HymenoptèresChapitre 44 sur 80 · AIN ETIENNE · texte numérisé non relu

AIN ETIENNE

$. Longueur 11 à 11,5 null. Tête sensiblement plus longue que large. Yeux grands, situés au tiers antérieur des côtés de la tête. Le bord antérieur inférieur de la tête a une petite dent située comme chez les espèces précédentes, plus faible que chez la L. faleigera. Mandibules un peu plus larges et plus plates que chez la L. falcisera, formant près de leur base un coude un peu plus marqué, plus anguleux et portant à leur bord interne, non loin de leur extrémité pointue, une très petite dent triangulaire. Elles sont densément striées et subopaques. À l'extérieur de leur portion basale, un faible sillon oblique. Thorax assez fortement étranglé dans la région du mésonotum et en outre profondément incisé transversalement derrière le mésonotum. Ce dernier est petit, plus étroit que le métanotum, qui est élargi en arrière, avec une face déclive courte. plane, mais non bordée. Nœud du pédicule tout à fait comme chez la L. Jalciwera, mais un peu plus long que large, moins convexe sur les côtés, avec une surface postérieure tout à fait plane, tandis que la surface antérieure est convexe. Abdomen comme chez la L. falcivera.

Tête, thorax et pédicule très grossièrement et irrégulièérement réticulés et rugueux ou ridés avec le fond des mailles raboteux, ce qui les rend mats. Sur l'épistome et le devant de la tête, cette sculpture est ridée en long; sur le pronotum, elle est semi-circulairement ridée, sur le reste du thorax transversalement. Sur la face déclive du métanotum, elle se transforme en très grosses stries transversales; sur le derrière de la tête et sur l’écaille, elle est réticulée. Abdomen luisant, très faiblement chaoriné, avec une forte et grosse ponctuation espacée piligère en forme de fossettes allongées. Pattes et scapes densément ponctués. Une fine pubescence Jaunâtre est fort éparse sur le corps, mais plus abondante sur l'abdomen et surtout sur les scapes et sur les pattes où elle forme un léger duvet. Une pilosité dressée Jaunâtre, courte, pointue, assez abondante sur tout le corps, éparse, mais distincte et un peu oblique sur les scapes et

sur les pattes.

Couleur répartie absolument comme celle de la L. falcivera, mais noire, nullement pruineuse.

Montagne de Lokobé (à Nosibé). Récoltée par M. O'Swald.

Comme chez toutes les Leptopenys, le labre et la Ièvre inférieure sont très développés, fortement chitinisés, et s'avancent en lobe carré avec les parties buccales. Cette espèce parait voisine de la L. inpens, Mayr, mais cette dernière n'a pas le thorax incisé, n'a pas de dent au bord interne des mandibules, a un appendice conique au nœud du pédicule et une sculpture différente des mandibules et du pédieule. Mayr tombe dans la même erreur que Roger en attribuant à l'épistome les denticules du bord antérieur de la tête.

GENRE MYSTRIUM.

Mysrrium, Roger, Berliner entomologische Zeitschrift (1862), p. 245.

. Tête carrée, profondément excavée derrière, ayant une dent forte et pointue à chacun de ses angles antérieurs. Un appendice en oreille de chaque côté de la lèvre inférieure. Mandibules insérées aux angles antérieurs latéraux de la tête, longues, étroites, croisées vers leur extrémité, rétrécies aux deux tiers de leur longueur à partir de la base, puis dilaiées de nouveau à leur extrémité qui est obtuse, sans dents. Leur bord interne a sur ses deux liers postérieurs au moins une rangée de dents dirigées obliquement en arrière. Les mandibules sont droites jusquà leur rétrécissement où elles s'incurvent en dedans. Épistome court, denticulé ou plutôt crénelé à son bord antérieur, prolongé en angle aigu entre Îles insertions des antennes. Arêtes frontales élevées, courtes, brusquement abaissées en arrière en escalier. Antennes de douze articles dont les quatre derniers forment une massue. Scapes légèrement renflés à l'extrémité, Sillon frontal distinct, large, dépassant les ocelles. Aire frontale indistincte. Yeux situés au milieu du bord latéral de la tête. Deux impressions longitudinales larges et peu profondes sous la tête. Face basale du métanolum très courte. Face déclive tronquée perpendiculairement. Pédicule rétréci antérieurement, élevé, élargi et dilaté postérieurement en forme de nœud, un peu semblable au premier nœud d'un Leptothorax

FORMICIDES. 115 (Myrmicide). Mais ce nœud n'est presque pas rétréei derrière et s'articule largement, comme un segment abdominal, sur la face antérieure du premier segment de l'abdomen proprement dit. Le pédicule a en dessous, devant, une forte dent. Abdomen distinctement rétréci après le premier segment. Aiguillon épais (comme chez les genres voisins). Éperon des übias antérieurs grand, fortement recourbé, élargi à sa base, mais nullement pectiné, entièrement simple. Éperon des tibias médians court, pelit, étroit, droit, simple. Éperon des tibias postérieurs grand, recourbé, fortement pectiné, avec un second éperon accessoire, non pectiné, à ses côtés. Crochets des tarses simples. Ailes avec une grande cellule discoidale, deux cellules cubitales et une cellule radiale fermée.

J'ai fait la description précédente d'après les deux types du Musée de Paris déjà décrits par Roger (1. e.). Divers types que J'ai vus depuis lors sont tout à fait identiques. Roger commet une erreur en disant que les éperons antérieurs sont pectinés; 1l a pris le bord aminci et un peu transparent de la base pour le peigne: en réalité, les éperons antérieurs n'ont pas le plus petit poil, n1 la moindre dent. C'est un caractère qui se retrouve chez plusieurs autres Ponérides.

ÿ. Caractères de la ©. Les yeux sont extrêmement petits, rudimentaires, situés au milieu des côtés de la tête. Le pédicule très large à sa face postérieure, qui s'articule comme un segment abdominal au premier segment de l'abdomen proprement dit, rattache ce genre aux genres Wyopopone, Amblyopone, Acanthostichus, ete. (Gette diagnose est faite sur la & du M. Camille de Birmanie, décrit par Émery.)

d. Je crois devoir rapporter avec certitude à ce genre, et très probablement à la seule espèce connue à Madagascar, au M. mysticum de Roger, un mâle qui provient de Madagascar et qui appartient au Musée de Berlin.

Antennes de treize articles. Premier article du funicule très petit. Mandibules linéaires, assez courtes, étroites, sans dents ; leurs extrémités en pointe assez obtuse ne s'alteignent pas tout à fait. Yeux énormes, occupant tout le côté de la tête. Mésonotum avec deux lignes convergentes. Face déclive du métanotum tronquée. Pédicule rétréci devant, très élargi

derrière où 1l est entièrement soudé au premier segment abdominal sur presque toute la largeur de ce dernier. Les faces dorsales du pédieule et du premier segment abdominal sont au même niveau et ne sont séparées que par une suture. La face ventrale du premier segment abdominal dépasse au contraire de beaucoup celle du pédicule, ce qui forme un escalier (ce caractère est typique pour les genres Wystrium, Myopopone, Amblyopone et voisins). Une dent à l'extrémité antérieure de la face ventrale du pédicule. L'abdomen n'a qu'une apparence d'étranglement après le premier segment.

Comme chez la ©, les tibias postérieurs ont deux éperons, Fun pectiné au bord postérieur ou interne, Fautre simple et droit au bord antérieur ou externe de leur extrémité. Éperon des tbias antérieurs large, sans peigne (comme chez la ©).

Ailes avec deux cellules cubitales, une cellule radiale fermée et une assez grande cellule discoïdale, tout à fait comme chez la ©.

L'étude des trois sexes de ce curieux genre, le double éperon des pattes postérieures, le pétiole qui cesse presque de se distinguer d'un segment abdominal ordinaire, tout cela nous montre indubitablement un fait, cest la parenté rapprochée de ce groupe de genres des Ponérides avec les Thynnides et les Mutillides, aussi avec le curieux genre Apteropyna, c'esta-dire avec des familles d'Hyménoptères non sociaux, mais très voisins de la famille des Formicides, La seule différence bien accentuée qui demeure est Je polymorphisme, l'existence d'une #, la vie sociale. C'est done parmi ces Ponérides aberrants que nous devons chercher la vraie souche primiüve des Formicides, le commencement de la vie sociale, et non point chez les Dorylides, comme l'a cru mon ami le professeur Émery. Les Dorvlides, malgré leur apparence aberrante, sont de vraies Fourmis à vie sociale très complexe et n'offrent pas avec les Thynnides et les Mutillides la parenté des genres Myopopone et Mystrium. Les Ponérides sont moins sociaux que les Formicides des trois autres sous-familles. M. R. C. Wroughton de Pouna (Inde) m'assure, par exemple, que les Ÿ des grosses espèces carnassières de Ponérides des Indes ne savent pas s'aider mutuellement dans leurs chasses.

FORMICIDES. 14

MYSTRIUM MYSTICUM, Roger.

(AE ban) 1e)

Mysraiuw mysricum, Roger, Berliner entomologische Zeitschrift (1862) ©.

. (Fig. 39°.) Longueur 11 à 13 mill. Longueur d'une aile supérieure 7 à 8 mill. Mandibules grossièrement ponctuées et finement ruguleuses devant et en dessus, grossièrement et obliquement striées à leurs faces externe et interne, lisses et luisantes à leur surface inférieure interne. Épistome finement crénelé à son bord antérieur. Tête grossièrement ridée-réticulée; les rides sont obliques devant, arquées derrière et dessous. Entres les rides et mailles, elle est finement et irrégulièrement réticulée et subopaque. Au fond de chaque grossière réticulation, 11 y a souvent une petite élévation piligère, Épistome grossiérement strié-ridé en long, finement raboteux entre les rides. Pronotum grossièrement ridé en arc devant, longitudinalement au milieu et derrière. Mésonotum strié transversalement et plus finement au milieu, longitudinalement et plus grossièrement sur les côtés. Scutellum assez finement ridé en long. Métanotum grossièrement ridé en travers. Côtés du thorax grossièrement ridés en long. Pédicule grossièrement rugueux. Abdomen finement réticulé-ponctué, avec des rides plus ou moins irrégulières devant. Pattes et scapes réticulés-ponctués, avec des points plus gros, épars, piligères. Tout le corps couvert d'une pilosité dressée, courte, obtuse, fauve. Pattes et scapes avec une pilosité dressée, fauve, courte, abondante, oblique. Pubescence couchée très éparse.

Noire, mate ou subopaque. Mandibules, antennes, pattes, lisière postérieure des segments abdominaux et extrémité de l'abdomen d’un brun plus ou moins roussâtre ou rougeâtre. Ailes enfumées de brun, à tache marginale et nervures d’un brun foncé. Les ailes sont microscopiquement pubescentes.

Madagascar (Musée de Paris), types de Roger: Fénérive (M. Perrot); bois situé à 30 milles au Nord-Ouest de Tamatave (récoltées par M. O'Swald, Musée de Hambourg).

ÿ. Inconnue.

Formicides. 16

LMPNIMENIE NATIONALE

d?(Fig. 39 et 32°.) Longueur 6,5 mill. Caractères du genre. Face basale du métanotum plus courte que la face déclive. Dent du pédicule mince et large (lamelliforme), assez longue, très inclinée en avant. Le bord antérieur convexe de lépistome est finement crénelé, comme chez la ©; au milieu se trouve une petite échancrure plus profonde que celles qui séparent les autres dentelures.

Tête et thorax grossièrement réticulés-ridés et mats. Au fond de chaque réticulation se trouve une petite élévation, laquelle porte à son tour un point enfoncé piigère. Pédicule et abdomen très finement et faiblement réticulés-ridés, luisants.

Tout le corps, y compris les pattes et les scapes, assez abondamment pourvu d'une pubescence soulevée d'un jaune roussâtre, assez longue (ou si l'on veut d'une pilosité presque couchée), qui ne cache nullement la sculpture.

Ailes très finement pubescentes, comme chez la ©.

D'un brun noirâtre. Scapes, face déclive du métanotum, pédicule et abdomen d'un brun clair. Mandibules, pattes et funicules testacés. Ailes médiocrement enfumées de brunâtre.

Madasascar (Musée de Berlin).

GExre LOBOPELTA.

Losoreura, Mayr, Verh. Zool. und Bot. Gesellsch. zu Wien (1862).

%. Mandibules aplaties, à bords parallèles ou subtriangulaires, tronquées obliquement à l'extrémité. Palpes de quatre articles. Épistome avancé en arrière en angle aigu entre les articulations des antennes, et en avant en disque tectiforme, triangulaire, en général fortement caréné. Pédicule avec un nœud ou une écaille. Crochets des tarses pectinés.

®. Inconnue.

S. Mandibules très petites, parfois presque rudimentaires, sans dents au bord, terminées ou non par une dent, triangulaires ou à côtés parallèles, parfois aplaties. Leurs extrémités ne s'atteignent pas quand elles sont fermées. Épistome plus large que long, non prolongé entre les arti-

FORMICIDES. 119

culations des antennes, mais parfois prolongé devant en lobe court, plus ou moins arrondi. Antennes filiformes, de treize articles. Scape tantôt très court, à peine trois fois plus long que large (L. fallax, L. distinpuenda) . tantôt assez long (L. chinensis). Premier article du funicule très court, plus large que long ou à peine plus long que large. Le second article du funicule est le plus long: les autres vont en diminuant jusqu'à l'extrémité. Aïre frontale triangulaire, nettement imprimée. Le mésonotum a en général les deux sillons convergents (très nets chez la L. chinensis, faibles chez la L. distinguenda, nuls chez la L. fallax). Métanotum bas, allongé, à face déclive faiblement ou point délimitée. Pédicule de forme variable. Abdomen allongé, étroit, plus ou moins faiblement rétréei après le premier segment, quelquefois presque pas. Pygidium arrondi ou en triangle, sans épine. Valvules génitales extérieures plus où moins en lame de couteau ou triangulaires, plus ou moins arrondies ou pointues à l'extrémité. Aïles avec deux cellules cubitales fermées, une cellule discoïdale et une cellule radiale fermée. Crochets des tarses fortement pectinés. (Cette description ne concorde qu'en partie avec celle de Mayr { Austral. Formic. |, basée sur le & de la L. fallax; je l'ai basée sur les G de trois espèces

des Indes.)

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