‹ Histoire naturelle des HymenoptèresChapitre 46 sur 80 · LOBOPELTA SAUSSUREI, n. sp · texte numérisé non relu

LOBOPELTA SAUSSUREI, n. sp

ÿ. Longueur 12,5 mill. environ. Tête beaucoup plus longue que large, plus large devant que derrière, tronquée à l'occiput dont le bord est distinctement relevé. Yeux très gros, fortement convexes, situés à peine en avant du milieu des côtés de la tête dont ils occupent presque un tiers. Mandibules à bord terminal court, absolument tranchant, nettement distinet du bord interne avec lequel il forme un angle presque droit. quoique arrondi; bord externe distinctement concave. Un sillon longitudinal oblique sur les mandibules, près de leur base. Les mandibules sont du reste luisantes, avec de gros points allongés épars et quelques stries. Épistome fortement caréné, élevé derrière, avec le milieu du lobe

antérieur assez arrondi, Arêtes frontales rapprochées. Les antennes manquent. Sous l'articulation des mandibules, une petite dent, assez rudimentaire.

Sutures du thorax distinctes ; le métanotum est, à lui seul, plus long que le pronotum et le mésonotum réunis, comme chez la L. O'Swaldi. Le profil dorsal du thorax est faiblement échancré (ou, si l'on veut, forme un faible angle rentrant) entre le mésonotum et le métanotum ; mais la suture méso-métanotale n'en est ni plus large ni plus profonde pour cela (c'est le contraire chez la L. O’Swaldi). Face basale du métanotum convexe, sans sillon longitudinal, sauf à son passage à la face déclive. Cette dernière, distincte, en talus, munie d'une petite dent obtuse, triangulaire, vers chacun de ses angles inférieurs (un peu au-dessus de chacun d'eux).

Nœud du pédicule très élevé et très allongé, plus long que large, un peu plus large derrière que devant, à faces supérieure et antérieure un peu convexes (celte dernière moins) et passant de l'une à l'autre par une forte courbe ; la face supérieure est fortement convexe de droite à gauche, et les faces latérales sont comprimées et divergent faiblement en arrière. La face postérieure est concave, le bord postérieur supérieur largement échancré au milieu, avec deux angles latéraux très arrondis et avancés. En dessous de chacun de ces angles, le bord postérieur latéral a, de chaque côté, une dent dirigée en haut. Abdomen sans échancrure distincte après le premier segment qui est fort large. Crochets des tarses fortement pectinés.

Joues et épistome grossièrement striés en long; les stries sont assez irrégulières et convergent vers la carène médiane de l'épistome, où elles se terminent; entre les stries, de gros points enfoncés épars. Front irrégulièrement réticulé-ridé. Le reste de la tête, le thorax et le pédicule sont luisants, mais parsemés de très gros points ou fossettes souvent de forme allongée, parfois transversaux (avec tendance à passer à des rides ou à des stries grossières sur le devant du pronotum et sur les côtés du thorax). Ces grosses fossettes sont éparses sur le dessous de la tête, sur le métanotum et sur le pédicule, abondantes sur le dessus de la tête, le

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pronotum et le mésonotum. Entre les fossettes, la chitine est assez lisse. La face antérieure du pédicule et la face déclive du métanotum n'ont pas de fossettes ; cette dernière a deux ou trois grosses rides transversales en bas. Les côtés du nœud du pédicule ont des rides longitudinales. Abdomen lisse et luisant, avec quelques points épars fins sur le premier segment. Pattes finement réticulées et subopaques.

Pattes abondamment couvertes d’une pubescence très appliquée, d'un brun jaunâtre. Tibias sans poils dressés. Partout ailleurs, la pubescence et la pilosité dressée sont extrêmement éparses, brunâtres.

Noire. Mandibules et cuisses d’un brun foncé. Tibias, tarses, extrémité de l'abdomen et lisière antérieure de l'épistome d’un brun roussâtre ou rougeatre.

Mahanorô (côte Est de Madagascar). Collection de Saussure.

Cette espèce est bien distincte de toutes les autres par ses yeux, son abdomen sans échanerure et la forme de sa tête, sans parler de sa grande taille. Le nœud du pédicule rappelle celui de la L. excisa, mais s'en distingue par son échancrure faible et large et par les dents latérales.

GExre PONERA.

Powers, Latreille, Genera Crust. et Ins. (1806-1809).

5. Mandibules triangulaires, dentées. Palpes maxillaires de un à deux articles, palpes labiaux de deux articles. Épistome avec un sommet aigu (postérieurement). Antennes de douze articles. Article premier du funicule des antennes plus long que le second. Antennes avec une massue distincte. Joues sans carène. Les deux sutures du thorax distinctes. Les yeux sont en général très petits ou nuls et situés fort en avant. Pronotum arrondi. Métanotum inerme. La grande surface articulaire du deuxième segment de l'abdomen dans le premier est finement et régulièrement striée (organe de stridulation ).

Q. Caractères de l'ouvrière, sauf pour les yeux. Thorax en général allongé. Aïles avec deux cellules cubitales, une cellule discoïdale et une cellule radiale fermée.

Taille seulement un peu plus grande que celle de ouvrière.

S. Mandibules très étroites, arrondies à l'extrémité. Palpes maxillaires de quatre, labiaux de trois articles. Épistome voûté, antennes de treize articles. Scape très court, seulement un peu plus long que le premier article très court du funieule. Thorax et écaille comme chez la © et la ÿ; l'écaille plus basse. Pyvgidium armé ordinairement à l'extrémité d’un piquant courbé en bas. Ailes comme chez la &.

N. B. La description ci-dessus ne convient pas à toutes les espèces contenues actuellement sous le titre Ponera. Mais certains caractères du genre Bothroponera, Mayr, s'étant trouvés inconstants, il faut, ou bien le réunir au genre Ponera, où bien reviser la limite des deux genres. Or ces genres sont si considérables qu'une fusion serait regrettable et compliquerait la classification déjà difficile. À mon avis, on a eu le Lort, Jusquici, de rattacher au genre Ponera proprement dit certaines grosses espèces à suture méso-métanotale soudée et à pédicule surmonté d'une écaille nodiforme, espèces qui rentrent beaucoup plus naturellement dans le genre Bothroponera et qui permettent alors de le maintenir. Je cite les Ponera sulcata, Mayr, P. tesserinoda, Mayr, P. comorensis, André, P. Leeuwenhoeckr, Forel, espèces que Je me permets donc de transporter dans le genre Bothroponera. Je crois néanmoins qu'il faudra faire des Bothroponera un simple sous-senre des Ponera.

Sous-GENRE PONERA , Latreille (sens, strict. ).

Taille petite, ou tout au plus moyenne. Pédicule surmonté d'une “écaille fort haute, beaucoup plus large qu'épaisse.

PONERA SAKALAVA, n. sp.

(PL IV, fig. 3.)

®. Longueur 5,2 mill. Taille relativement courte et large. Mandibules grandes, fort longues, avec une forte dent à l'extrémité et une dizaine derrière, dont les trois dernières assez fortes; les mandibules sont très

FORMICIDES. 125 luisantes, lisses, avec une ponctuation espacée extrêmement fine, Tête assez aplatie, distinctement plus large derrière que devant, échancrée derrière, avec les côtés médiocrement convexes. Yeux situés au tiers antérieur. Dos du thorax élevé, fortement voûté. Le pronotum aussi long que le mésonotum (sans le scutellum), fortement voûté, avec des côtés descendant assez bas et fournis en bas d'un rebord marqué, un peu translucide et un peu proéminent. Face déclive du métanotum haute, plane, distinctement bordée latéralement, presque perpendiculaire et presque trois fois longue comme la face basale. Le passage entre les deux faces est assez arrondi. Ecaille haute, épaisse, ovale, plus épaisse à la base qu'au sommet qui est cependant encore épais, arrondi (nullement tranchant). Vue de côté, elle a l'apparence d'un cône tronqué très étroit et très élevé. En dessous, le pédicule porte un appendice longitudinal, comprimé latéralement, un peu en forme de parallélogramme incliné en avant et à angles arrondis, mais avec un prolongement postérieur abaissé. À la base des côtés de la face antérieure de l'écaille se trouve une petite dent dirigée en avant, comme chez la P. contracta. Abdomen assez court, perpendiculairement tronqué et haut devant.

Tête, thorax, scapes et pattes finement et densément ponetués. Sur le front et ses alentours, sur les côtés et la face basale du métanotum, en partie aussi sur le pronotum, cette sculpture devient plus grossière, réticulée-ponctuée et subopaque. Çà et là même, les réliculations se prolongent un peu en rides. Face déclive du métanotum presque lisse. Gôtés et face antérieure de l'écaille densément et très finement striés en long (d'avant en arrière): sa face postérieure lisse et luisante. Premier segment de l'abdomen avec une assez forte ponctuation piligère qui s'espace de plus en plus sur les segments suivants. Entre les points, l'abdomen est lisse et luisant, parfois avec quelques vestiges de faibles réticulations.

Tout le corps, les pattes et les scapes (sauf les mandibules, la face déclive du métanotum et la face postérieure de l'écaille) couverts d'une pubescence jaunâtre assez abondante, un peu soulevée, formant un léger duvet à certains endroits, mais sans cacher la sculpture. Pilosité dressée jaunâtre, de longueur variable, éparse partout, plus abondante sur l'ab-

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IMMNIMERIE NATIONALE

domen; sur les scapes et sur la face interne des tibias, quelques poils dressés obliques.

Entièrement d'un rouge ferrugineux, avec le front et les sutures du thorax un peu brunis.

Ailes manquent.

Centre de Madagascar, récoltée par Hildebrandt (Musée de Berlin ).

Sous-GENRE EUPONERA, nov. subgen.

5. Aspect général des Wevaloponera, mais caractères des Ponera. Taille grande. Labre bilobé. Palpes maxillaires de deux articles, dont le second est atrophié. Mandibules armées de huit dents larges et courtes. Épistome assez fortement excavé ou échaneré au milieu de sa face antérieure, nullement prolongé devant, avec un angle postérieur plutôt aigu. Arêtes frontales élargies et arrondies devant; joues sans carène. Yeux assez proémnents, situés au bord antérieur de la tête. Tête arrondie postérieurement. Premier article du funicule plus long que le second.

Thorax fortement échancré entre le mésonotum et le métanotum: l'échancrure est située un peu en arrière du milieu du profil dorsal. Pronotum arrondi et convexe. Mésonotum très distinet, long comme au moins la moitié de la face basale du métanotum. Gelte dernière, fort convexe, aussi élevée que le pronotum, passant par une forte courbe à la face déchive.

Nœud du pédicule très épais, cubique-arrondi, muni de deux dents épaisses el obtuses au bas de sa face antérieure, de chaque côté. Abdomen fortement étranglé après le premier segment, qui porte une dent à l'extrémité antérieure de sa face inférieure. Crochets des tarses simples.

Théoriquement, c'est-à-dire d'après les caractères distincufs admis, on devrait rapporter ce sous-venre purement et simplement au genre Ponera sens strict, tandis que linstinet des affinités naturelles le rapprocherait peut-être plus de Mesaloponera. L'inconstance des genres voisins de Ponera d'un côté et l'hétérogénéité de ce genre lui-même de l'autre, ainsi que ses nombreuses espèces, me portent à le diviser en sous-penres.

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EUPONERA SIKORÆ, n. sp.

ë. Longueur 9,5 à 10,5 mill. Caractères du sous-genre. Mandibules subluisantes avec des stries effacées et une ponctuation assez grossière vers l'extrémité. Une grosse fossette vers leur base, près du bord externe, qui à un sillon longitudinal vers la base. Sillon frontal long et distinel. Tête assez allongée, rectangulaire, aussi large devant que derrière, à côtés et à bord postérieur distinctement convexes. Métanotum convexe, à face déclive large. Nœud du pédicule un peu plus large que long, plus haut que large: sa face postérieure est un peu plus large et un peu plus plane (un peu moins convexe) que sa face antérieure. La dent latérale qui se trouve à la base de chaque côté de cette dernière est très large, courte, dirigée un peu en haut. Abdomen fortement étranglé; au fond de la portion dorsale de l’étranglement, des stries longitudinales grossières, très courtes.

Lisse, luisante, avec une ponctuation assez fine, abondante et régulière sur le dessus de la tête et du thorax, ainsi que sur les pattes et les scapes, fort éparse ailleurs (assez éparse déjà sur le métanotum).

Une pilosité brunâtre assez courte, médiocrement abondante sur l'abdomen, très éparse ailleurs, nulle sur les scapes et les übias. Une pubescence brunâtre, adjacente, assez peu fine, assez abondante sur les pattes, les antennes, le dessus de la tête et le thorax, formant sur ces parties un faible duvet gris-brunâtre, qui ne cache pas la sculpture; sur le reste du corps, elle est dispersée.

Noire. Mandibules, devant des arêtes frontales, funicules, tarses, articulations et extrémité de l'abdomen d’un brun plus ou moins roussi ; pattes et scapes d'un brun noir.

Centre de Madagascar (M. Sikora).

Gexre BOTHROPONERA.

Boraroronera, Mayr, Verh. Zool. und Bot. Gesellsch. zu Wien (1862).

5. Différent du genre Ponera par les caractères suivants : taille grande,

parfois moyenne. Suture méso-métanotale oblitérée, Thorax de largeur égale, sans trace d'étranglement. Pédicule surmonté d'un nœud épais ou d'une écaille extrêmement épaisse, aussi épaisse en haut qu'en bas. Premier article du funicule de l'antenne, tantôt plus long et tantôt de la même longueur que le second. Yeux de grandeur médiocre. Occiput large, échancré en arc.

®. Caractères de l’ouvrière, sauf ceux du thorax.

S. Inconnu.

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