DROITS DE TONNAGE
OBSERVATION. Les arrivages dont on a tenu compte de 4820 à 1824 portent la moyenne à 445 bâtimens par an, et sur ce nombre les deux tiers proviennent des ports d'Angleterre. Les bâtimens américains figurent en seconde ligne, les Sardes et les Espagnols viennent ensuite. Le chiffre des navires des autres nations qui entretiennent des relations commerciales avec les Canaries se réduit à 4 ou 5. Cette disproportion dépend en grande partie des ressources ou de l'insuffisance des produits d'exportation. La France, par exemple, qui pourrait fournir aux Canaries les produits de ses fabriques et soutenir sous plusieurs rapports la concurrence avec l’Angleterre , ne trouve dans ces îles rien à échanger avec profit. Elle peut se passer de leurs vins , que les droits d’entrée rendraient trop chers pour les consommateurs ; la soude naturelle lui est devenue inutile ; l’orseille serait l'unique produit qui lui conviendrait s’il pouvait à lui seul alimenter le commerce. Plusieurs autres nations sont dans le même cas : les lois de douane , en interdisant la sortie du numéraire sous pavillon étranger, les empêchent d'échanger leurs cargaisons contre des piastres ; les Sardes seuls, accoutumés au trafic de contrebande, s’exposent à braver la prohibition. Il n’y a donc que les Anglais et les Américains qui s’accommodent avec avantage des deux principaux produits d'exportation , le vin et la soude naturelle; aussi ce sont eux , les Anglais surtout, qui exploitent ces îles ; le monopole dont ils se sont emparés est fondé sur des besoins réciproques qui en assurent la durée.