‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 2)Chapitre 45 sur 93 · DROITS COMMUNAUX OU REDEVANCES MUNICIPALES · texte numérisé non relu

DROITS COMMUNAUX OU REDEVANCES MUNICIPALES

Les ressources des municipalités, ou ayuntamientos, consistent en certaines redevances désignées sous le nom de propios y arbitrios (propria bona urbis , vel oppidi ).

La municipalité de la Laguna , la plus ancienne de Ténériffe, et qui s'érigea dans les premiers temps en conseil suprême , obtint de grandes concessions de terres. Ces propriétés communales, réparties ensuite entre les habitans, furent frappées de redevances qui rapportaient encore plus de 22,500 piastres fortes en 4812 ; aujourd’hui ces revenus sont réduits à 15,000. Des ordonnances royales concédèrent aussi à cette municipalité le droit du poids (eZ haber de peso), ou 3 de réal de vellon par quintal sur toutes les marchandises importées; ce droit a été dévolu plus tard à la municipalité de Sainte-Croix , et rend à peine 450 piastres par an. La commune de la Laguna jouit aussi, au commencement du xvre siècle, d’un droit octroyé sur la maison des filles publiques (casa de mancebia) qui était située alors à l'entrée de la ville ; mais cet établissement fut bientôt supprimé (4).

Les municipalités des autres îles ne furent pas autant favorisées dans les répartitions territoriales, et eurent recours à des droits sur la vente des principales denrées de consommation ; mais, obligées , dès le principe, à se restreindre sur ces sortes d'impôts, dans la crainte de faire supporter aux habitans de trop fortes charges, la plupart des communes sont restées sans ressources et peuvent à peine subvenir aux dépenses les plus urgentes. La municipalité de Sainte-Croix de Ténériffe se trouve dans ce cas, et bien que par sa situation et son influence elle se place aujourd’hui en première ligne , elle est pourtant la plus pauvre de la province. Il lui a fallu souvent faire appel au patriotisme de ses habitans : le pavage des rues , les fontaines publiques, les promenades , tout a été créé à Sainte-Croix avec les fonds provenant de souscriptions volontaires.

Le revenu de la municipalité de l'Orotava est évalué à . + . . . . . . . . . 6ou 700 piastres. celui de la Ciudad de las Palmas (Grande-Canarie) à . . . . . . . . , . . . 5,800 CETTE CTUATEMAPAlIMAAEE OR M AR Tr 5,000

(1) Ce droit avait été concédé par Ferdinand V, au nom de-la reine Jeanne, sa fille, par décret du 3 février 1510. Les rentes de la maison de mancebia étaient mises aux enchères publiques. L'historien Nuñez de la Peña cite des anciens con trats déposés aux archives de la Laguna. Un de ces singuliers documens , enregistré le 9 décembre 1532 ; Contient Ja clause suivante : « La femme qui ne se prostitue qu'avec un seul homme ne devant payer qu’une fois, et les déclarations » des adjudicateurs pour les droits de mancebia ayant été admises jusqu’à ce jour, pour ces sortes de cas » SOUS Ja garan- » tie du simple serment, il à été reconnu que cette disposition de la loi porte un préjudice notable aux intérêts de la » commune. C’est pourquoi nous arrêtons qu’à l'avenir les adjudicateurs seront tenus de prouver par trois témoins ocu- » laires les cas où la femme se prostitue avec plus de trois hommes, afin qu’elle paie conformément. …… » Que el tal arrendador prueba con tres testigosde vista de como la tal muger se prostituye con mas de tres hombres, y gana dineros con su persona publicamente, para que en este caso p'que. (Nuñes de la Peña , Op. cit., cap. 3, p. 207.)

Cette honteuse redevance, qu’on mit aussi en pratique à la Grande-Canarie et dans l'ile de Palma , fut abolie cinquante ans après le décret qui l'avait créée, et les maisons de prostitution (casas de mancebia) furent converties en chapelles expiatoires. ( Castill. Mss., lib. 3.)

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