‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 11 sur 243 · ES LS · texte numérisé non relu

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couleur d’un blanc grisâtre ou roussâtre avec des taches et des raies très-irrégulières d’un rouge brun un peu violet et d’un brun foncé presque noir.

BOUVREUIL GITHAGINE. — PYRRHULA GITHAGINEA. Temm. el Laug.

Tête cendrée ; dos cendré-brun; gorge, poitrine et ventre d’un gris nuancé de rose-clair; queue faiblement fourchue; bec et pieds rouges.

Pyrrhula githaginea. Temm. et Laug., pl. color. 400, fig. tet 11, et Temm., Man. d'Ornith., Suppl. 1, pag. 449.

Fringilla githaginea. Licht., Voy. Égypte, pl. 5, fig. vm.

VuzG. Gorrion colorado.

Has. À Lancerotte et Fortaventure. Cet oiseau fréquente la Nubie et la Syrie (Temm.); il est accidentellement de passage en Provence (Roux). On dit qu'il visite quelquefois les îles de l’Archipel grec (Temm.).

Os. Ce Bouvreuil est assez commun dans les deux îles indiquées. Nos échantillons sont un peu plus foncés en couleur que ceux du Muséum d'Histoire naturelle ; l’un d’eux, qui paraît un mâle, offre une teinte plus rouge, un autre est beaucoup plus roux. La propagation de cet oiseau est encore inconnue.

$ 1° PYRGITE. (PYRGITA. Cuv.)

Mecaroris. Sw.

FRINGILLE SOULCIE.— FRINGILLA PETRONIA. Linn.

Dessus de tête brun-foncé avec deux bandes latérales plus foncées; dos gris-brun avec des taches noires ; une tache jaune-vif sur le devant du cou; poitrine et ventre blanc nuancé de roussâtre : ailes brunes avec trois bandes transversales blanches ; bec et pieds brun-clair.

Fringilla petronia. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 322.

F. petronia, stulta et bononiensis. Gmel., Syst. Nat. 1, pag. 919.

Moineau fou et oiseau de Bologne. Briss., Ornith., 111, pag. 87, 91.

Le Moineau des bois ou Soulcie. Buff., Ois., 11, pag. 498, tom. xxx. fig. 1 et pl. enl. 225.

Has. Dans toutes les îles.

Oss. Cette espèce est moins commune aux îles Canaries que les autres espèces de Fringilles.

La Soulcie niche dans les creux des arbres et dans les trous des rochers et des murailles; pond cinq ou six œufs un peu plus gros que ceux du Moineau, d’un blanc roussâtre avec des taches brunes.

FRINGILLE ESPAGNOLE, — FRINGILLA HISPANIOLENSIS. 7emm.

Dessus de tête marron-vif, sans bandes latérales; dos noir, un grand espace noir devant le cou ; poitrine de même couleur; ventre blanc avec quelques taches noires sur les flancs ; ailes roussâtres avec une bande transversale blanche; bec brun-foncé ; pieds couleur de chair.

Fringilla bispaniolensis. Temm. Man. d'Ornith., 2e édit., 1, pag. 555.

VuULG. Gorrion. + ;

Has. À Lancerotte et à Fortaventure.

Oss. Ce moineau ne se trouve aux Canaries que dans les deux îles indiquées; il est tout à-fait inconnu dans les autres parties de l'archipel. À Lancerotte, on le rencontre en grandes troupes dans la vallée de Haria.

Cet oiseau est très-vorace; il fait beaucoup de dégâts dans les jardins. Ses habitudes sont les mêmes que celles du Moineau domestique, et son cri n’est pas moins incommode.

La Fringille espagnole niche sur les Dattiers , au-dessous du feuillage, dans les cavités que laissent entre eux les vieux pétioles. D'après Thienemann , les œufs de cet oiseau sont de la taille de ceux du Friquet, et couverts d'une multitude de petites taches d’un brun très-foncé. L'un de nous a reçu plusieurs de ces œufs, de Mahon et des environs d'Alger. IIS sont un peu plus gros, et présentent des taches moins nombreuses et plus claires.

La Fringille d’Espagne est aussi très-commune dans l'empire de Maroc, surtout dans la province d'Er-IHamma. M. Schouboe l’a rencontrée jusqu’au pied du grand Atlas, et le plus souvent dans les arbustes du Rhamnus Lotus.

Une figure assez exacte de cet oiseau se trouve dans le système des oiseaux d'Égypte ( pZ. 5, fig. vu ).

FRINGILLE TEYDIÈNE. — FRIAGILLA TEYDEA. MNob. PI 1.

Dessus de tête bleu-foncé, sans bandes latérales ; dos de la même couleur; point de taches sur le devant du cou; poitrine d’un bleu cendré; ventre cendré plus foncé sur les flancs ; ailes avec deux bandes transversales un peu arquées, blanchâtres ; bec blanchâtre ; pieds couleur de corne.

VuLG. Péjaro de la Cumbre.

Has. À Ténérifte,

Descr. Mare. Toutes les parties supérieures d’une teinte cendré-bleuâtre terne, un peu plus foncée et plus vive sur la tête; gorge, poitrine et flancs d’un cendré-bleuâtre clair ; ventre et dessous de queue blancs ; ailes d’un brun noirâtre avec deux bandes obliques et tra nsversales , légèrement arquées en avant, d’un blanc grisâtre ou bleuâtre peu tranché ; chaque plume est bordée à l'extérieur de cendré-bleuâtre ; queue assez longue, un peu échancrée, de la même couleur que les ailes ; les pennes latérales sont bordées de gris-bleu, et les médianes couvertes d’une teinte lésère de cette couleur : mandibule supérieure du bec couleur de corne claire, variée de blanc-grisâtre surtout à la base ; mandibule inférieure presque entièrement blanchâtre ; pieds couleur de corne. Longueur totale, 17 cent. — Tarses hauts de 25 millim. — La queue dépasse les ailes de 45 millun.

leuerce. La femelle est un peu plus petite que le mâle. Toutes les parties supérieures du corps d’un brun roussâtre mêlé de gris; le dessus de la tête est plus foncé que le dos; gorge, poitrine et flancs d’un gris roussâtre-uniforme assez terne; ventre et dessous de queue lésèrement blanchâtres ; les ailes sont d’un brun roussâtre, et les deux bandes obliques d’un blanc grisâtre ; queue brune; bec couleur de corne; la mandibule inférieure plus pâle que la supérieure; pieds comme dans le mâle.

Os. Gette belle espèce de Fringille habite exclusivement la haute region de l'ile de Ténériffe. On ne la trouve que sur le plateau des Cañadas, en se dirigeant vers le Teyde, depuis 2,200 ou 2,400 mètres environ jusqu’à 2,900 au-dessus du niveausde la mer. Ce fut en 1825, lors d’une excursion au pic, que l’un de nous eut connaissance de cette espèce pour la première fois. Les bergers de Villaflor, qui lui servaient de guides, la lui désignèrent sous le nom de Péjaro de la Cumbre (oiseau de la cime). On venait d’atteindre la base du grand cône, du côté du sud-ouest, pour gravir un monticule de pierres ponces, lorsqu'on aperçut sept à huit de ces oiseaux, qui volaient ensemble en fuyant devant les voyageurs. Ils étaient extrémement farouches , ne posaient qu'un instant sur les rochers ou dans les buissons des alentours, et reprenaient le vol dès qu'ils voyaient les hommes s'approcher. La nuit surprit la caravane avant qu’on püt les atteindre ; probablement, ils furent se réfugier au milieu des genêts (Cytisus nubigenus ) répandus dans l'enceinte qu’on venait de traverser. Seulement quatre ans après, pendant quelques semaines de séjour à Chasna, vers la fin de décembre, il fut possible de se procurer les deux individus, mâle et femelle, figurés dans notre planche, les seuls qui aient été apportés en Europe jusqu'à présent. Chasna est situé sur la bande méridionale de Ténériffe, à près de 1,600 mètres d'altitude. Au commencement de janvier, il tomba beaucoup de neige dans la haute région, et les Fringilles abandonnerent sans doute leur station accoutumée pour chercher une température plus douce au pied de la montagne, sur le revers méridional des Canadas. Ge fut dans le verger du marquisat de las Palmas qu’on tua ce joli couple, le mâle d’abord; puis, le lendemain, la femelle, dont les appels plaintifs et souvent répétés imitaient un peu le cri des Serins. La possession de cet oiseau dut être regardée comme une bonne fortune; car il est difficile de le rencontrer dans les lieux inaccessibles où il a établi son séjour. La Fringilla de Teyde n’est connue à Ténériffe que des pasteurs qui fréquentent lc plateau des Canadas. Ge bel oiseauifait son nid dans les buissons de genêts et paraît ne se nourrir que de leurs graines ; aussi ne sort-il guère de la zone végétale où dominent ces arbustes. Les frimas peuvent seuls le forcer à s'éloigner de la base du pic; mais il revient bientôt à son premier gîte, dès que la température de la Gumbre (c’est le nom de la haute région) a repris son état normal: car il est rare que la neige séjourne long-temps sur le plateau.

En général , le port de cet oiseau semble plus élancé que celui des Fringilles d'Europe; son bec est plus gros que celui des Pinsons ordinaires, mais plus petit que celui des Gros-becs. Cette. espèce ne ressemble par son plumage à aucune de ses congénères. La robe bleue du mâle s'approche de celle du Loæia cyanea, Gmel. ; mais elle est plus cendrée et plus terne: les bandes transversales de ses ailes sont plus grandes et plus arquées que dans la plupart des Fringilles ; mais elles conservent néanmoins le type générique.

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