‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 24 sur 243 · L. glaucus. Benick., Ann. Wetter., 11, pag · texte numérisé non relu

L. glaucus. Benick., Ann. Wetter., 11, pag

Le Goëland à manteau gris ou cendré ( plumage de noces ) et le Goëland à manteau gris et blanc (jeune). Buff., Ois., vin, pag. 406, tom. xxxX\1, 421 et pl. enl. 253.

Has. Dans toutes les îles.

Ons. C'est, de tous les palmipèdes, celui qu’on voit le plus fréquemment aux îles Canaries. Ce Goëland niche aussi parmi les rochers; ses œufs, au nombre de deux ou trois, sont gros, d'un jaune d’ocre plus ou mains sale, avec des marbrures d'un gris bleuâtre-foncé et d’un brun noir.

PUFFIN CENDRÉ. — PUFFINUS CINEREUS. SChINZ.

Tête, dos et croupion d’un brun cendré ; parties inférieures blanches ; plumes autour des yeux cendrées ; bec brun-cendré pâle ; pieds jaunâtres.

Procellaria Puffinus. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 215.

P. Puffinus et cinerca. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 566, 565.

Puffinus cinereus. Schinz, Europ. Faun.,1, pag. 395.

Le Puffin. Buff., Ois., xx, pag. 521 et pl. enl. 962 (jeune).

Le Petrel cendré. Forst., Icon., tom. xctr ( adulte ).

Vuzc. Pardela.

Has, Dans les petites îles désertes et sur les rochers solitaires.

Os. Get oiseau est très-commun dans toute la région maritime; mais on le trouve plus particulièrement dans l’île d’Alegranza et sur les rochers solitaires des Salvages.

Les Puffins nichent dans les grottes de la côte, et deviennent la capture des Canariens, qui pénètrent de nuit dans ces cavités, à la clarté des flambeaux, et qui les saisissent dans leurs retraites avec leurs petits. Chaque année on en prend un très-grand nombre de jeunes qu'on conserve au moyen de la salaison. Les Puffins salés sont, aux Canaries, une ressource alimentaire assez estimée parmi le peuple, bien que la chair de ces oiseaux conserve un goût de poisson peu agréable pour les personnes qui n’y sont pas accoutumées. La chasse des Pardelas, aux îles Salvages, rapporte beaucoup de profit à ceux qui ont acheté le droit d'exploiter ces îles volcaniques, dont la propriété appartient à un riche habitant de Madère. Dans les bonnes années, on y à tué jusqu’à 50,000 jeunes Puffins.

Les gens qui font la chasse des Puffins se rendent dans l’île Salvage, après l’époque de la ponte , lorsque les jeunes sont encore dans les nids. Le succès de l'expédition dépend entièrement de l’arrivée opportune des chasseurs; car, si quelque circonstance les met en retard, ils peuvent éprouver une grande perte. Il y a environ une trentaine d'années, qu'un habitant des ÇGanaries, qui avait loué à bail les Salvages, étant en inimitié avec le gouverneur de Lancerotte, celui-ci l’empécha de s'embarquer à l'époque favorable, et le retarda pendant un mois sous divers prétextes. Ayant alors obtenu un passe--port du gouverneur général des Canaries, l'expédition mit à la voile, mais la chasse ne produisit que 15,000 Pardelas.

Les Pardelas, qui fréquentent les Salvages, nichent dans les cavités du cratère central, situé dans celui des deux îlots que les Espagnols appellent Salvage el grande. La propagation de cet oiseau n’a été bien décrite par aucun ornithologiste. M. Temminck dit qu'elle lui est inconnue. Les œufs ne sont figurés dans aucun traité spécial d’Oologie. Nous sommes assez heureux pour ayoir un de ces œufs, recueilli parmi les rochers qui bordent la Sardaigne ; il est gros comme celui de la Poule d'Inde, et présente à peu près la même forme; la coque en est assez mince, un peu poreuse et d’un blanc pur, sans {aches.

PUrFFIN MANRS. — PUFFINUS ANGLORUM. Ray.

Tête, dos et croupion d’un noir lustré ; parties inférieures blanches ; plumes autour des yeux ; bec brun-noirâtre ; pieds bruns.

Puffinus Anglorum. Ray., Syn., pag. 154, À, 4.

Procellaria Puffinus. Brunn., Ornith. Boréal., 119 non Linn.

P. Anglorum. Temm., Man, d'Ornith., 2° édit.,u, pag. 806.

VuLc. Tajos, à Lancerotte.

Has. Dans l’île déserte d’Alesranza.

Oss. Des mariniers de Lancerotte nous rapportèrent cette espèce vivante, prise dans l'ile d’Alegranza, où elle habite toute l’année.

Cet oiseau niche dans les grottes du bord de la mer; l'individu préparé par l’un de nous était remarquable par son embonpoint : ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu’on put le dépouiller de toute sa graisse.

M. Temminck dit que le Putfin Manks ne pond qu'un œuf, de la grosseur d'un œuf de Canard et d’un blanc pur. M. Thienemann en a donné une figure (p2. xx, fig. 2).

PUFFIN OBSCUR. —- PUFFINUS OBSCURUS. SChinz.

Tête, dos et croupion d’un noir velouté ; parties inférieures blanches ; plumes autour des yeux noi-

râtres en dessus, blanches en dessous ; bec brun-noirâtre ; pieds brun-rouge. Procellaria obscura. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 559.

Puffinus obscurus. Schinz, Europ. Faun , 1, pag. 395.

Has. De passage accidentel ?

Oss. Cet oiseau fut pris par des pêcheurs du port de l'Orotava, dans le mois de février 1829.

Le Pufñin obscur ressemble beaucoup à l'espèce précédente ; mais sa taille est un peu plus pelile et son cou un peu moins allongé. Ainsi que M. Temminck le fait observer, son bec parait proportionnellement plus court. Enfin, un caractère très-important, sur lequel nous appellerons l'attention, c’est la couleur des plumes au-dessous des yeux, cendrée et noirâtre dans la première espèce, et entièrement blanche dans la seconde.

La propagation de ce Puffin est encore inconnue.

PUFFIN ANJINHO. — PUFFINUS COLUMBINUS. Nob. PI. 4, fig. 2 (1).

Tête, dos et croupion couleur de suie très-foncée; parties inférieures de la même teinte à peine plus claires; plumes autour des yeux noirâtres ; bec noir-bleuâtre ; pieds bruns.

Proceilaria Anjinho. Heineken, Lirds Mad. in Brewst. journ. octubr. 1829, pag. 251.

VuLc. Perrito, à Lancerotte. — Anjinho, à Madère ( Heineken }. 3

Has. Dans l’île déserte d’Alegranza.

Descr. Tête, dos, ailes et queue d’un brun noir un peu plus foncé au sinciput et à l’occiput; croupion de la même couleur, mais plus pâle. Parties inférieures d’un noir couleur de suie, un peu cendré sous la gorge et plus clair sous la queue. Les joues et les côtés du cou sont aussi moins foncés que la poitrine, Sur le milieu des ailes il y a un espace oblique qui semble plus clair que les couvertures et que les pennes; queue conique, presque étagée (un peu fourchue suivant Heineken); son extrémité arrive à peu près au niveau des ailes. Bec court, fort et noir ; mandibule supérieure se renflant à la pointe et s’élevant au niveau du tuyau nasal, très-courbée et très-crochue ; pieds couleur de corne ; membrane digitale brune. Longueur totale, 28 centimètres ; longueur du bec, 20 millimètres ; hauteur des tarses, 25 millimètres.

Ce joli Puffin paraît plus grand et plus épais que le Thalassidroma pelagica, mais il n’offre du blanc dans aucun endroit de son corps, et les caractères de son bec le placent dans un autre genre. Nous avons vu dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Paris un Puffin plus gros que le nôtre, dont le plumage est tout à fait semblable. Ce Puffin vient de l’île Bourbon. Son bec, plus robuste que dans l’espèce des Canaries, s'élève à peine au niveau du tube nasal ; dans notre espèce le renflement terminal est mieux caractérisé.

Dans notre planche les pieds présentent une couleur un peu trop jaune.

Ce petit Pufñin est très-commun dans l’ilot d’Alegranza ; il niche dans les trous des rochers. Le cri qu’il fait entendre ressemble beaucoup à celui des petits chiens, et de là provient le nom qu’on lui a donné, Nous avons gardé plusieurs jours cinq ou six de ces Perrilos vivants, pendant notre séjour à Lancerotte. On nous les avait apportés d’Alegranza ; ils étaient fort gras et auraient pu vivre quelque temps sans nourriture. |

Nous tirons du mémoire de M. le docteur Heineken plusieurs renseignements sur cette espèce : « Elle » habite, dit-il, les petites îles désertes autour de Madère et de Porto-Sancto, où elle niche et pond un » seul œuf d’un blanc un peu sale. Ces oïseaux sont surtout en très-grand nombre dans les îlots des » Danetas, à huit lieues au sud-est de Madè:e. On leur fait la même chasse qu'aux Puffins cendrés , » c’est-à-dire qu’on s’empare des jeunes pour les saler. Les chasseurs reconnaissent leurs nids à l’odeur » fétide qui s’en exhale. Les œufs éclosent en juillet. Cette espèce émigre une partie de l’année; car » elle disparait après le mois de septembre et ne se montre plus dans çrs parages jusqu’au printemps. » Toutefois quelques individus ont été vus dans cet intervalle, mais fort rarement. Les pêcheurs de » Madère lui donnent Le nom d’Anyinho (petit ange) : on devrait l’appeler plutôt petit diable à cause de » sa couleur et de ses habitudes. C’est un oiseau nocturne et plus pélagien que les autres Puffins, »

(1) Sousle nom de Procellaria columbina.

THALASSIDROME TEMPÊTE, — THALASSIDROMA PELAGICA. Figors.

Tête et dos noirs; croupion blanc; parties inférieures d’un noir fuligineux ; ailes dépassant trèspeu la queue ; queue carrée; bec et pieds noirs.

Procellaria pelagica. Linn., Syst. Nat.,1, pag. 212

Thalassidroma pelagica. Vigors. — Schinz, Europ. Faun., 1, pag. 396.

L'oiseau tempête. Buff., Ois., 1X, pag. 327, non tab. 25, ni pl. enl. 995.

VucG. Baylarin. aux Canaries.

Has. Apparition accidentelle.

Os. Cet oiseau niche dans les trous des rochers; il pond un seul œuf, d'un blanc pur, un peu allongé, et non pas rond comme celui des Chouettes, ainsi que le dit M. Temminck.

Un de ces oiseaux fut apporté vivant par des pêcheurs de Ténériffe, qui le connaissaient sous le nom'de Baylarin, c'est-à-dire danseur, à cause de l'habitude qu'il a de sautiller en volant au-dessus des vagues. Il paraît que cette espèce se montre de temps en temps sur les côtes des îles Canaries. L'individu dont il vient d’être question fut gardé plusieurs jours, dans une chambre, à Sainte-Croix. Il ne voulut prendre aucune espèce de nourriture, et finit par mourir de consomption. 1] paraissait nyctalope; du moins l'éclat du soleil semblait le contrarier ; il se tenait presque tout le jour dans un coin de la chambre, triste ct accroupi, faisant entendre, lorsqu'on le remuait, un petit cri semblable à celui des jeunes Puffins. Mais, vers le soir, il changeait de posture, battait des ailes, sans pourtant s’écarter beaucoup de l'endroit qu'il s'était choisi pour retraite. Ses jambes paraissaient comme engourdies. Un baquet d’eau de mer, placé près de lui, parut le ranimer un instant ; il s’agita et parut prendre plaisir à s approcher du liquide ; mais déjà trop exténué par le manque: de nourriture, il ne tarda pas à succomber.

THALASSIDROME PETRELINE. — ‘ŸHALASSIDROGMA HYPOLEUCA. Nob.

Tète et dos d’un brun cendré; parties inférieures blanches; ailes un peu plus longues que la queue : quete légèrement fourchue; bec noir; pieds noirâtres.

Procellaria marina. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 826?

VuLc. Baylarin, à Ténériffe.

Has. Les parages de Ténériffe.

Descr. Dessus de tête, dos et queue d’un brun roussâtre lavé de gris, noirâtre au sinciput et à l'extrémité des pennes caudales; croupion plus pâle. Une plaque noirâtre occupe la région des yeux et des oreilles et forme comme une large bande devant les orbites, dessous et en arrière est une ligne étroite au-dessus. Une bande blanchâtre qui part de la mandibule supérieure sépare cette plaque de la calotte brunnoir, Côtés de la poitrine d’un gris-cendré clair ; gorge, poitrine et ventre blancs ; il en est de même du dessous des ailes et du dessous de queue ; ailes dépassant la queue de vingt à vingt-cinq millimètres. Les grandes pennes sont d'un brun noir ; les couvertures d’un brun roussâtre lavé de gris, comme le dos. Les plumes des couvertures, qui répondent au milieu de Paile, terminées en pointe et plus claires ; elles forment une tache blanchâtre irrégulière ; queue un peu fourchue; bec grêle, assez faible, noir; isandibule supérieure à pointe très-courbée et très-crochue ; le tuyau nasal est saillant et un peu dirigé vers le haut; pieds noirs à membranes un peu jaunâtres. Longueur totale, 20 centimètres ; longueur du bec, 20 millimètres; hauteur des tarses, 40 millimètres.

Ogs. Quoique plus petite que le Pufñin Anjinho, celte espèce présente cependant des tarses plus longs et plus forts ; la palette formée par les doigts et leurs membranes paraît aussi plus grande.

Cet oiseau est bien un Thalassidrome ; en le plaçant dans ce genre, nous avons dû changer le nom spécifique de Latham, qui indique une propriété commune à tous les oiseaux du même groupe, propriété indiquée par le nom Yialassidroma. D'ailleurs, malgré nos recherches, nous ne sommes pas bien certains que notre oiseau soit réellement le Procellaria marina de Latham.

Le Thalessidrome Pétreline est identique avec un individu conservé dans les galeries du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, ainsi que nous nous en sommes assurés avec M. Isidore Gcoffoy-Suint-Hilaire. Sur l’étiqueite de cet individu, on lit Van Dicmen (Labillardière). Nous doutons beaucoup que notre oiseau se trouve en même lemps aux iles Canaries el à la Nouvelle-Hollande. N'y aurait-il pas une erreur sur l'étiquette? Labillardière n'avait pas toujours une exactitude scrupuleuce pour indiquef les localités des divers objets recueillis par lui. M. Webb, qui possède une partie de ses

(46) nombreuses collections, a pu s'en assurer plusieurs fois. Dansson voyage, Labillardière s’est arrêté quelque temps à Téné-

riffe ; ne serait-il pas possible que le Thalassidrome du Muséum eût été pris dans cette île? Nous devons dire que Latham donne les mers australes pour habitation à sa Procellaria marina.

FAMILLE 3. ANATIDÉES. (ANATIDEÆ.)

$ 4. TADORNE. Cuwv. (TADORNA.) CANARD SAUVAGE. — ANas Boscras. Linn.

Dos avec des zigzags bruns-cendré et gris-blanchâtre; ventre gris-blanc avec des zigzags bruncendré ; ailes avec un miroir vert-violet bordé de deux bandes blanches; bec jaune-verdâtre; iris rougeâtre ; pieds orange.

Anas Boschas. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 205.

Le Canard sauvage. Buff., Ois., 1x, pag. 115, tom. vit, VIN et pl. enl. ANG, STATE

VuLG. Pato.

Has. De passage accidentel.

Os. On tue rarement ce Canard aux îles Canaries. Son apparition a toujours leu en hiver, après de forts coups de vent.

Les œufs du Cana rd sauvage, d’après les observations des ornithologistes, sont plus petits que ceux du Canard domestique et légèrement verdâtres.

$ 2. SARCELLE. Cuv. (QUERQUEDULA.) CANARD SARCELLINE. — ANAS CRECCA. Linn.

Dos avec de fins zigzags noirs et blancs; ventre blanc-jaunâtre ; ailes avec un miroir vert et noir, bordé de deux bandes blanches ; bec noirâtre ; iris brun ; pieds cendrés.

Anas Crecca. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 204.

La petite Sarcelle. Buff., Ois., 1x. pag. 265, tom. XVI, XVII, et pl. enl. 947 ( mâle ).!

La Sarcelle d'hiver, la Sarcelline.

Has. De passage accidentel.

Ogs. Nous n'avons vu cette espèce qu’une seule fois aux îles Canaries, en février 1830, dans Ja plaine de la Laguna, à Ténérifte.

Le professeur Schinz à communiqué à l’un de nous un œuf de cet oiseau, il est un peu plus gros que celui de l’Hirondelle de mer Pierre-garin, mais également obtus aux deux bouts; sa couleur paraît d’un blanc un peu rougeâtre, trèsuniforme. MM. Meyer et Temminck se sont trompés en décrivant cet œuf comme tacheté.

CANARD NYROGA. — ANAS LEUCOPHTALMOS. Pechst.

Dos brun-noirâtre, sans zigzags ; ventre blanc; ailes avec un miroir blanc terminé par du noir ; bec bleu-noirâtre ; iris blanc ; pieds cendré-bleuâtre.

Anas leucophtalmos. Bechst., Nat, Deutschl., 1v, pag. 1009.

A. Nyroca. Gueld., Nov. Gomm., Petrop., XIY, pag. 405.

A. Nyroca et africana. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 542, 592,

La Sarcelle d'Egypte. Buff., Ois., 1x, pag. 215 et pl. enl. 1000 (mäle).

Le Nyroca. Sonnini.

VuLc. Patito, aux Canaries.

Has. De passage accidentel.

Os. Cette espèce arrive quelquefois en hiver. Les deux individus apportés en Europe ont été tués en novembre 1829, sur la plage de la Isleta ( grande Canarie).

D'après les ornithologistes, ce Canard niche en Europe, parmi les joncs qui bordent les marais et les grandes rivières ; il pond neuf ou dix œufs à peu près de la taille et de la forme de ceux de la poule, d'un blanc jaunâtre très-pâle, tirant sur le nankin, sans tâches.

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