‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 46 sur 243 · D 14 — A 10 — CG 19 — P 10 — V · texte numérisé non relu

D 14 — A 10 — CG 19 — P 10 — V

La couleur est verdâtre sur le dos, argentée sous le ventre avec quatre ou cinq demi-bandes verti-

cales le long des flancs.

La longueur totale, depuis la pointe du bec jusqu'à la fin de la caudale, est de 0,41. |

Ce Poisson , pêché à Lancerotte , est regardé par M. Webb comme une des espèces rares de l'île. Il est étiqueté en espagnol Æspecie de Aguja ou Espèce d’Aïguille, ce nom étant celui de l'Orphie. Il a été envoyé sous ce nom par M. Gonzalez, pharmacien à Arecife, qui a fait un voyage avec M. Webb dans son île et qui prépare fort bien les objets d'histoire naturelle.

GENRE EXOCET. — EXOCOETUS.

Corpus subtelraedrum abdomine carinatum.

Os parvum.

DENTES minümi.

Pnnæ pectoralis maxima volatilis , dorsalis el analis remolæ, ventralis abdominalis. MEMBRANA BRANCHIOSTEGA Tadiis decem.

Nous ne trouvons aux Canaries qu’une seule espèce d’Exocet que M. Lowe dit rare à Madère. C'est l’espèce suivante.

L’EXOCET SAUTEUR. — EXOCOETUS EXILIENS. Lan.

L'Exocet sauteur de la Méditerranée s’avance dans l'Atlantique jusqu'aux Canaries.

La dorsale est reculée au-dessus de l’anale, sur le tronçon de la queue ; comme dans les Orphies et les Hémiramphes, le lobe inférieur de la caudale est plus long que le supérieur : la différence de longueur est ici de près d’un tiers. Les ventrales ont près du cinquième de la longueur totale , et les pectorales en font presque la moitié.

La longueur des individus est de 0,42 ; on les appelle Vo/adores aux Canaries.

Famizze pes SALMONOIDES.

Je ne trouve que deux genres de cette famille , telle que les auteurs l’ont conformée, à rapporter ici. Ce sont les Saurus et les Aulopus. Mais je dois faire remarquer, tout en me conformant à ce qui a été fait avant moi, que ces deux genres diffèrent spécialement des autres Salmonoïdes, en ce que les maxillaires n’entrent plus ici dans le bord de la mâchoire supérieure , les intermaxillaires étant seuls employés à former l’arcade maxillaire supérieure. La petite nageoire adipeuse reste le seul caractère qui ramène ces deux genres à la famille des Salmonoïdes.

GENRE SAURUS.

Corpus rotundalum breve, squamis deciduis vestitum.

Capur roslro oblusum.

OS magnum intermaxillaribus marginatum.

DENTESs in maxillis numerosi acuminali.

Pinna dorsalis prima parva, secunda adiposa. Ventralium abdominalium radii inlerni longiores.

M. Lowe a signalé deux sortes de Saurus à Madère. Je n’en ai qu’une seule, différente de ces deux espèces, et qui n’est pas non plus de la Méditerranée.

SAURUS A TROIS RAIES. — SAURUS TRIVIRGATUS.

| (PL XV, fig. 1.)

A la tête assez longue; car elle est contenue quatre fois et deux tiers dans la longueur totale , qui comprend la hauteur du tronc sept fois. La fente de la gueule fait plus de moitié de la longueur de la tête : les dents supérieures s ont égales à celles qui hérissent la mâchoire inférieure ; ces dents,en herse, sont fortes , pointues , coniques , en quinconces , et celles du rang interne sont plus grandes que celles implantées le long du bord de la mâchoire. Les dents palatines sont plus grêles que les maxillaires , et la langue en porte deux séries longitudinales. La mâchoire inférieure dépasse un peu la supérieure.

L’œil est petit , éloigné du bout du museau d’une fois et demie son diamètre qui mesure le quart de la fente de la gueule. Le cercle de l'orbite entame fortement la ligne de profil du front , qui est plat et dont le frontal antérieur et le postérieur sont ciselés tandis que le moyen est lisse, Les deux ouvertures de la narine sont petites et près de l’œil.

Le reste de la nuque est plat et granuleux ou strié, surtout sur la région mastoïdienne.

Les ouïes sont largement fendues. Le préopercule est arrondi , et tout couvert d’écailles semblables à celles qui cachent l’opercule et le sous-opercule ; elles sont minces comme celles du corps.

L’ossature de l’épaule forme une petite plaque écailleuse oblongue , donnant insertion à une petite pectorale. Sous la région abdominale , et vers le tiers antérieur du corps la caudale non comprise, sont insérées les ventrales, nageoires remarquables par leur forme, puisque le rayon externe est le plus court et l’interne le plus long, et que la longueur de celui-ci surpasse la hauteur du tronc et fait près du sixième de la longueur totale.

La dorsale s'élève sur le dos au delà de la naissance des ventrales ; elle est basse et courte, trapézoïidale ; son rayon le plus long n’égale pas la hauteur du tronc sous lui.

Tout-à-fait en arrière sur le dos de la queue, vers les cinq septièmes de la longueur totale, on trouve une très-petite nageoire adipeuse, membraneuse et sans écailles ; elle répond au septième rayon de l’anale , nageoire basse et peu développée.

La caudale est fourchue. |

La ligne latérale est droite. Les écailles sont de moyenne grandeur ; il y en a cinquante rangées le long du côté. Les lignes dans la hauteur sont très-obliques, aussi y en a-t-il au moins quatorze dans cette série. Une écaille est lisse, sans stries ni points ni cils. Le bord radical a trois stries à l'éventail.

La couleur est verdâtre sur le dos , nuancée de gris et sablée de points noirâtres, qui prennent une disposition en série longitudinale le long de la ligne latérale. Le ventre est blanc, La dorsale et la caudale sont grisâtres ; les autres nageoires sont blanchätres.

La longueur du Poisson est de 0",215.

D’après les notes de M. Webb, je vois que les Canariens nomment cette espèce Lagario de tierra ou Arana.

GENRE AULOPE. — AULOPUS.

Corpus oblongum , rolundatum.

Os magnum , intermaæillaribus marginalum.

DeNTEs parvi, subselacei.

Pinna dorsalis prima magna, secunda adiposa. Ventralium pectoralibus oppositarum radit interni longiores.

Les deux espèces que nous avons à mentionner de ce genre sont deux découvertes importantes en Ichthyologie. La première a quelques rapports avec l’Aulopus filamentosus de la Méditerranée , mais elle n’a que le premier rayon de la dorsale prolongé en filament ; la seconde n’a plus de filet à la dorsale, et ne diffère du Saurus que par la dentition.

AULOPE PORTE-FIL. — AULOPUS FILIFER.

(PL XV, fig. 2.)

Ce Poisson

À le corps arrondi et allongé ; la hauteur mesure le septième de la longueur totale.

La tête est grosse et longue ; à partir du bout de la mâchoire supérieure au bord de l’opercule, la distance est près du quart de la longueur totale; la mâchoire inférieure dépasse la supérieure, L’œil est grand et oblong ; son diamètre vertical n’est guère que le tiers de l’horizontal , et celui-ci est contenu trois fois et quelque chose dans la longueur de la tête ; il est éloigné du bout du museau d’une fois ce diamètre longitudinal. Un sous-orbitaire étroit, caverneux, rétréci sous l'orbite , couvre tout l’espace au-devant de l'œil ; les autres osselets du sous-orbitaire sont étroits et carénés. Le préopercule, arrondi à l'angle, n’a pas de limbe, et son bord descend verticalement. outre la joue est couverte d’écailles ; le bord de l’opercule est également arrondi ; l'os est couvert d’écailles semplables aux précédentes, mais le sous-opercule et l’interopercule, qui complètent le cercle de la fente de l’ouiïe, sont nus. L'ouverture

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des branchies est très-longue ; la membrane branchiale a dix rayons. La gueule est grande; des intermaxillaires étroits bordent la bouche et soutiennent en arrière un maxillaire dilaté et tronqué vers le bas. La mâchoire inférieure est large et arrondie eu dessous ; les quatre pièces dont elle est formée sont très-distinctes. Des dents en cardes, mais très-fines, sont sur une bande étroite le long des deux mächoires ; il y en a aussi une sur les palatines, et les dents sont plus longues et courbées en dedans. Je n’en vois aucune sur la langue. |

La ceinture de l’épaule forme , à cause de sa minceur, une espèce de grande écaille oblongue , finement striée , sur laquelle s’insère une pectorale étroite et peu longue, Sous cette nageoire sont insérées les ventrales , qui sont par conséquent, presque thoraciques ; elles sont larges; leurs rayons mitoyens sont plus longs que les externes ou les internes.

La dorsale s’élève à peu près à l’aplomb dumilieu de la ventrale ; son second rayon est allongé en un filet fin et délié qui égale à peu de chose près la moitié de la longueur du corps , en n’y comprenant pas la caudale. Les-autres rayons n’ont guère que le tiers de celui-ci.

L’adipeuse est petite et offre un caractère remarquable: elle est couverte d’écailles.

L’anale est basse et la caudale peu profondément fourchue.

Les écailles sont assez grandes et lisses, et implantées par lignes très-obliques. Le bord libre est comme cilié ; le bord radical lisse, sans rayons ni éventail , la partie radicale étant composée de stries concentriques. Il y a cinquante-six rangées d’écailles dans la longueur et quatorze ou quinze dans la hauteur. La ligne latérale est droite, fortement marquée, et par le tiers de la hauteur du tronc.

La couleur est une sorte de marbrure pâle et grise sur un fond verdâtre au-dessus de la ligne latérale et argenté au-dessous. Les nageoires sont incolores.

La longueur de l'individu décrit dans cet article est de 0",318.

On l'appelle aux Canaries Lagarlo real.

AULOPE MACULÉ. — AULOPUS MACULATUS.

(PL XV, fig. 3.)

Les collections de M. Webb contiennent une autre espèce d’Aulope, voisine de celle-ci, mais qui offre plusieurs caractères distincts.

Elle a le corps un peu plus haut, car la hauteur ne fait guère ici que le sixième de la longueur totale. La tête est à peu près aussi allongée, étant comprise quatre fois dans cette même longueur totale, mais l'œil est un peu plus grand ; son diamètre n’est pas trois fois mais plus de quatre dans la longueur de la tête. Le sous-orbitaire , mince et oblong , a une carène plus prononcée sur sa surface. Les dents paraissent un peu plus fortes, surtout celles de la mâchoire inférieure.

La dorsale n’a pas de rayon allongé en filet ; les troisième et quatrième rayons sont aussi longs que le second , et cette partie antérieure de la nageoire est à peine plus haute d’un tiers que les derniers rayons. La nageoire adipeuse est plus large et bien nettement écailleuse. La caudale est moins four-

chue et je trouve un rayon de plus à la ventrale, D 15:..0 — À 11 — C 19 — P 12 — V 9.

Les écailles sont plus rudes au toucher; le bord est en effet finement dentelé. La portion radicale est lisse et sans stries d’accroissement marquées ; elles sont aussi beaucoup plus grandes. Je n’en compte que quarante-cinq rangées entre l’ouïe et la caudale.

La couleur est un marbré plus prononcé , sur un fond plus brun ou mordoré sur le dos. Les parties supérieures de la tête sont rembrunies, La dorsale, jaune-orangé , a la base noirâtre , la pointe des

rayons antérieurs noire, et des taches ou des points de cette couleur sur les rayons suivans. Les ventrales ont de l’orangé plus prononcé et des maculatures assez visibles ; les autres nageoires sont incolores. La longueur de l'individu est de 0°,320. | Je vois , par les notes de M. Webb, que les pêcheurs canariens le nomment Lagarlo , Sans aucune épithète. Cela viendrait-il de ce que l'espèce est plus commune que la précédente, ou bien, comme je le crois présumable, ont-ils donné l’épithète de Real à l'espèce ornée de ces filamens prolongés à la dorsale?

DES CLUPÉOIDES.

Je n’ai pas observé de Poisson de la famille des Clupéoïdes dans les nombreuses collections communiquées par M. Webb. Je dois croire que les espèces de cette famille sont rares dans cette région de l'Atlantique, car je n’en trouve que deux mentionnées dans l'Ichthyologie de Madère. M. Lowe considère comme nouvelle, son Clupea maderensis, et le compare au hareng, à cause de son abondance au printemps. |

Il donne la seconde pour la Sardine commune (Clupea Sardina) , mais avec doute. Cependant sa diagnose va faire croire que si l'identité spécifique n’est pas complète, la ressemblance entre les deux poissons est très-grande; si M. Lowe a vu notre Sardine à Madère, ce fait nous ferait connaître la limite méridionale de la zone occupée par ce Poisson, qui ne dépasse pas au nord les côtes de Cornouailles, où il est déjà fort rare.

Les Anchois (Clupea encrasicholus) ne sont pas cités par M. Lowe; je rappelle que le Blennophis Webbii paraît les remplacer sur les côtes de Fortaventure par son abondance, son goût, et même par sa couleur argentine; je fais cette remarque, parcequ'il y a lieu de croire que l’Anchois ne s’avance pas dans l'Atlantique jusqu'aux Canaries, puisque M. Lowe ne le compte pas dans son catalogue, et qu'il ne faisait pas partie des collections canariennes. Cependant M. Berthelot l'a cité dans son ouvrage sur la pêche des côtes occidentales de l'Afrique,

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