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Les espèces canariennes habitant encore simultanément nos côtes de France sont au nombre de trente-deux, ou plus de la moitié, sur lesquelles sept sont de la Méditerranée et de l'Océan, appartenant aux familles des Mélanidées, des Trochidées, des Janthinidées , des Buccinidées, des Muricidées. Une seule est propre à l'Océan atlantique sur les côtes de France, le Trochus crassus ; tandis que vingt-quatre se trouvent dans la Méditerranée, proportion énorme de concordance pour cette dernière localité.
Les espèces qu’on ne trouve ni dans la Méditerranée ni dans l'Océan, sur les côtes de France, et qui habitent les Canaries et les côtes occidentales d'Afrique, sont au nombre de dix-sept, plus du quart de la totalité.
Après ces distinctions , 1l ne reste plus que quatorze espèces propres aux Canaries , nombre néanmoins assez élevé, comparativement au peu d’étendue de ces îles.
Si nous comparons ces résultats à ceux que nous avons obtenus pour les Pulmonés, nous voyons que le nombre dominant, parmi les espèces des Canaries, appartient à la zoologie spéciale de la Méditerranée, plutôt qu'à celle des côtes africaines voisines.
FAMILLE DES MÉLANIDÉES. — MELANIDÆ.
Meranien, Lamarck.
Nous réunissons dans cette famiile, non-seulement les Melania d’eau douce, mais encore tous les Gastéropodes dont l’animal semblable est toujours dépourvu de ces filets du dessus du pied , qui caractérisent les Trochidées ; aussi nous y plaçons les Paludina , les Eulima, les Rissoa, les Littorina , les Planax et les Scalaria. De ces genres, les Mélanies et les Paludines seules manquent dans les iles qui nous occupent.
GENRE MÉLANIE. — MELANrA, Lamk.
Comme nous l'avons dit, nous ne possédons aucune Mélanie proprement dite ou d’eau douce des îles Canaries; mais nous avons une espèce marine confondue avec les “Mélanies, et qui, avec plusieurs autres que nous connaissons, doit former un sousgenre que nous caractérisons ainst :
SOUS-GENRE CHEMNITZIE. — CHEMNITZIA , d’Orb.
Caractère. Animal inconnu.
Coquille. Très-allongée, turriculée, fortement costulée, sans ombilic ni échancrure ; son ouverture ovale ou anguleuse , arrondie en avant ; columelle épaissie ou tranchante , saillante.
Ce sous-genre, intermédiaire entre les Eulima et les Bonellia, se distingue du premier par sa coquille costulée, par sa spire moins aiguë, à tours non contigus ni polis, par sa bouche arrondie ou anguleuse, et non lancéolée; et du second, par le manque d'ombilic, et par la columelle saillante.
Les auteurs l'avaient confondu avec les Mélanies.