‹ Histoire naturelle des insectes. AptèresChapitre 26 sur 282 · I'*" TRIBU · texte numérisé non relu

I'*" TRIBU

THÉRAPHOSES.

Mandibules articulées horizontalement, proéminentes , à mouvement vertical.

Caractères de la tribu. Les Théraphoses ont les mandibules grandes et fortes, proéminentes, articulées horizontalement , à mouvement vertical, le plus souvent à dos arqué, couvert de poils courts, et qui quelquefois, à Textrémité de leurs tiges ou premier article , ont des dents ou tubercules , formant une sorte de râteau ou de herse caché dans des poils , et à onglets qui se replient en dessous , forts et allongés dans presque tous , mais qui, dans un seul genre , 3QDt presque oblitérés*

Leurs yeux sont au nombre de huit, toujours placés sur le devant du corselet, et souvent ramassés et resserrés en un seul groupe , plus rarement disséminés.

Les palpes sont le plus souvent allongés , robustes et pédiformes. Dans les femelles, le digital est muni d'une petite griffe, et dans les mâles, d'une cupule génitale, qui recouvre un conjoncteur gldbuleux ou en ovale allongé, terminé par un filet, ou creusé en gouttière comme le côté arrondi d'un cure-dent ou d'un «ue-oreitte , et quelquefois muni de plusieurs conr

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joncteurs auxiliaires en pointe ou en tire -bouchon.

Les mâchoires sont allongées ; souvent divergentes ; cylindroïdes ou triangulaires; et se terminant en pointe ou carrées, oacourbées et convergentes ; la lèvre steroale, souvent courte ou étroite , quelquefois allongée et se prolongeant entre les mâchoires , quelquefois trapézoïde et enveloppée par elles.

Le corselet est grand , large et comprimé ; ou bombé et allongé; arrondi, ovale, trapézoïde ou elliptique , et alors diminuant graduellement de largeur vers sa partie postérieure , et très-large vers la tête ; quelquefois aussi, mais rarement, allongé et à tête pointue ; très-rarement nu , et le plus souvent couvert de poils courts ou d'un duvet de couleur sombre , mais parfois avec un reflet métallique; ayant une fossule très-profonde dans le milieu.

Les pattes sont fortes , allongées , étalées latéralement , le plus souvent velues et munies de piquants mobiles : quelquefois avec des lignes nues et dépourvues de poils : elles s appuyent dans un grand nombre sur un tarse charnu en dessous, et sur le dos duquel une petite griffe, cachée dans les poils, est insérée. Dans plusieurs ces pattes sont plus minces , et diminuent graduellement vers leurs extrémités , et 'se posent sur un tarse terminé par une griffe, tantôt pectinée-, tantôt non pectinée : les pattes intermédiaires sont souvent peu différentes entre elles en longueur.

L'abdomen est ovale arrondi , ouéchancré à sa partie postérieure , le plus souvent velu , de couleurs sombres, uniformes ; ayant en dessous quatre fentes pulmonaires, qui dans un petit nombre de genres sont réduites à deux : le derme est tendu, homogène et membraneux, et la partiépostérieufe est terminée par quatre filièrtô,doiit

I'« Tia9U; THÉRAPHOSES. %o5

deux sont souvent fortement allongées en tentacides. Moeurs et habitudes. Les Théraphoses renferment les plus grandes espèces d'Aranéides^ et retieonent dans leurs fils , outre de très-gros insectes , des petits oiseaux, tels que les colibiris. Elles enveloppent leurs œufs dans, un cocon de soie ; elles cliassent et courent après leur proie. Elles se retirent dans des trous qu'elles se pratiquent en terre, ou se cachent dans les larges feuilles des arbres, et des plantes',- qu'elles rapprochent , ou dansi'intérieur des troncs d'arbre. . Les grandes Théraphoses habitent toutes des climats chauds ; les moindres des climats tempérés ; aucune espèce , jusqu'ici connue , ne s'est trouvée dans des climats froids.

. ArmaTis de la tribu des Théraphoses et de celle DES Araignées. La tribu des Théraphoses ne se compose que de cinq genres : Mygale, Olétère, Sphodros, Missulène, Filistate. De: tous ces genres, le genre Mygale, qu'on a voulu à tort subdiviser en plusieurs autres, est le plus non]d>reux , et le type le jdus> complet de. la tribu, ou celui qui s'éloigne le plus de la deuxième tribu des Aranéides^ qui comprend les Araignées proprement dites. Les genres Olétère- et Sphodros sont ceux qui ont des rapports les [Jus intimes avec le genre Mygale. par leurs yeux ramassés et en un seul groupe, et leurs mAchoûres: allongées et divergentes; mais ils en diffèrent par leurs lèvres allongées entre les mâchoires , et par leurs pattes insérées , non à l'extrémité, mais sur les côtés des mâchoires. Le genre Missulène ^ par son ^corselet large à sa partie antérieure , ses mandibules fortes et ses mâchoires divers^entes , a des rapports d'affinités très-étroits avec les. genres Olétère, Sphodros, et

ft06 AKAirilDES.

avec le genre Mygale ; mais il se rapproelie deë Annéides par ses yeux , disséminés snr le devant de la tète. Les Filistates s'en rapprochent encore plus par kor corselet pointa à sa partie antérieure, et leurs mandibules plus grêles, quoique proéminentes, leurs mâchoires convergentes, qui les assimilent aux Drasses , et aussi par Toblitération presque totale du crochet de leurs mandibules, qui établit un rapport important d'affinités , entre elles et certaines Scytodes. Les Filistates se rapprochent encore du plus grand nombre des Araignées par le caractk'e de leurs ouvertures pulmonaires , qui sont seulement au nombre de deux ) mais par les yeux ramassés en un seul groupe , les Filistates se rapprochent encore plus des Mygales que les Missulénes, et elles appartiennent surtout aux Théraphoses par leurs mandibules pressées Tune contre l'autre, proéminentes, articulées horizontalement, et ne pouvant se prêter qu'à un très-léger écartement latéral.

Par la grandeur, la forme générale , et les pattes étalées, les Théraphoses ont de si grands raf^MVts de ressemblance avec les grandes espèces d'Araignéss des cUmats diauds , démembrées du genre Thoraise , ou les Araignées crabes (Delena, Olios, PhilodrAmus), qu'on les a confondues avec elles , et qu'on leur s donné le nom d'Araignées crabes ; mais ces Insectes sont séparés les uns des antres par tous les rapports d'analogies et d'affinités. Cependant la Mygale Australienne, eonune certaines Delènes et plusieurs Philodrames, a la seconde paire de pattes plus allongée que la fwemière , ce qui établit un rapport d'affiinité entre es Mygales , les Delènes et les Philodrâmes. Ce sont es Dysdères et les Drasses^ qui parmi les Araignées

I'* THIBU. TRiRAPBOSES. IÔ7

se rapprochent le plus des Théraphoses ^ éi qui forment la liaison des deux tribus d'Aranéides. Les Dysdéres , par leurs fortes affinités av^ les Olétères et les Sphodros ; les Drasses , par les rapports des organes de la manducation et du monTement avec les Filistates ; les Tégénaires et les Agelënes, par la longueur des tentacules de leur anus ou de leur filière supérieure , la grandeur de leur corselet , et leurs pattes fortes et allongées ; établissent de grands rapports entre les Araignées et les Théraplioses ; surtout , par la deuxième race de la famille des Mygales digitigrades, et par la famille des Mygales mi-< neuses , dont le corselet est ovale. Enfin les Érèses , par l'arrangement de leurs yeux, qui figurent deux quadrilatères renfermés l'un dans l'autre , et par leurs pattes robustes , ont aussi de lanalogie arec les Thérapboses par les Mygales, les Spbodros et les Missulènes.

ao8 THÉRAPH08SS.

I'' Genre. MYGALE.

Teux au nombre de huit, presque égaux entre eux ,

groupés et ramassés sur le dei^ant du corselet

entre les mandibules : trois de chaque côté

formant un triangle irrégulier, dont l'angle. le

plus aigu est en aidant; les deux autres yeux

. situés entre les précédents sur une ligné trans-

. iferse.

Lèvre petite , presque nulle , insérée sous les md^ choires.

Mâchoires allongées , cjrlindroïdes , divergentes , crewsées longitudincdement à leur côté interne.

Palpes allongés, pédiformes j insérés à l'extrémité des mâchoires.

Pattes allongées , fortes, peu inégales entre elles.

Aranéides chasseuses et courant après leur proie y se renfermant dans 1^ intérieur des feuilles , des creux des arbres , des rochers , dans des retraites qu'elles se creusent en terre.

!'• Famille. LES PLANTIGRADES.

Pattes terminées par un tarse court, obtus et charnu , et

Tclouté en dessous » à griffes insérées en dessus. Corselet grand , arrondi.

Mandibules inermes ou dépourvues de râteaux.

AijjsixDEs se renfermant dans des cellules , sur les plantes , dans les creux d'arbres et des rochers i cocon rond» déprimé.

i" Race. LES AVICELLES.

Pattes alhngéet, presque égales entre elles en longueur \ première ptiire presque aussi nllvngée que la quatrième ^ qui est la plus Icngue s la seconde plus courte que la première; la troisième la plus courte,

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