Latrodecte meurtrier. {Latrodecius intersecior
Abdomen ovale, conique, renflé à sa partie antérieure, noir, avec quatre points rouges en carré. Anus rouge.
jiran. mactans varietas^ Fabricius, Entomol. System, t. II, p. 410, n^ II.
Cette espèce , si c'en est une , ne nous est connue que par une courte description de Fabricius , qui semble la considérer comme une variété du Latrodeclus mactans; mais elle a quatre taches rouges que l'autre n'a pas. Des observations plus suivies peuvent seules nous apprendre si elle en diffère spécifiquement. Le nombre de ses taches ne permet, pas non plus de la rapporter à aucune des espèces figurées par Abbot. Comparez cette espèce avec la Perfide.
Affinités du genre Latrodecte, Le genre Latrodecte est un des plus compactes , un des mieux caractérisés par la nature. Il tient cependant d'une manière si intime aux Théridions, que d'éminents naturalistes en ont confondu les espèces avec celles de ce dernier genre. Les Latrodectes , par leur lèvre large k sa base et triangulaire , se rapprochent des Linyphies, et de la famille des Triangulilabres dans les Théridions ; la forme de ses mâchoires et leurs incli maisons a une grande analogie avec la même famille ; enfin la forme rétrécie en avant et arrondie postérieorement du corselet, qui est petit; la forme globuleuse de
6S0 ARAIGHÉES.
Tabdomen » qui eit celle de plufliecm Théridions, et lei pattM qui , qnoiqa*im peu plus fortes que dans les Théridions , ont cependant la même longueur relative , tout semble caractériier l'étroite parente des deux genres : cependant ils diffèrent par on caractère primordial , qui ne permet pas de les réunir, etempâche de les confondre ; c'est celui des yeux. Dans les Latrodectes , les yeux latéraux n ont aucune tendance au rapprochement; et non-seulement les deux lignes scmt écartées à leur extrémité, mais plus à leur extrémité que dans leur milieu. Ce caractère allie les Latrodectes arec la première famille des Dranei; aussi se ressemblent- ils par leurs mœurs et leurs habitudes, comme par leur couleur sombre , souvent diversifiée par des couleurs vives ; mais là se bornent les rapports d'affinités entre les deux genres. De beaucoup plus nombreux unissent les Théridions et les Linyphies avec les Latrodectes ; mais on voit qae , s'ils sont plus nombreux , ils ne sont pas plus intimes , car, par leur industrie et leurs habitudes, les Latrodectes doivent être placés près des Drasses, des Glothos, des Pholques. Tons ces genres appartiennent à la division des Filitèlesetdes Niditèlet, qui ne font pas de grandes toiles, mais se fabriquent une tente , ou un nid , où elles se renferment , et qui tendent à l'entonr des fils imgolim.
G. PUOLQUE. 65l
ag- Genre. PflOLQUE. ( Pholcus. )
Yeux au nombre de huit , presque égaux entre eux , groupés sur une éminence antérieure du corse-let par deux et par trois : deux yeux intermé^ diaires antérieurs rapprochés ; trois yeux latéraux plus gros , très-rapprochés , conniv^ents et groupés en triangle de chaque côté des petits yeux intermédiaires ^ et un peu plus re* culés que ceux-ci.
Lèvre grande , resserrée à sa base , dilatée dans son milieu, arrondie à son extrémité.
Mâchoires étroites , allongées , cylindriques , légère^ ment creusées et amincies à leur extrémité externe , inclinées sur la lèyre et contiguës.
Pattes très-longues et minces ; la première paire est la plus allongée , la seconde ensuite , la troi-sième est la plus courte,
AiAiriiDES presque sédentaires formant une sorte de réseau très-lâche^ composé de fils flottants ou très'^cartésj très-fins^ tendus sur plusieurs plans différents ; agglutinant leurs œufs en une masse ronde et nue , qu'aucun tissu ne recouyre , et les transportant ainsi entre leurs mandibules.
1" Famille. LES CYUNDROIDES.
Abdomen cylindroïde , plus gros à sa partie postérieure.
65a ARAIGNÉES.
I . Pholqde raALÂNGiDE. {PholetuphalartgîoiiUsJ) Long. 4 lig* cf iP*
Abdomen allongé , cylindrique , grossissant un pea Tenranm, nu , mou , d*un blanc terne , transparent , avec une bande longitudinale, ramifiée, pale, qui atteint aux deux tiers du dos; cdtés gris , marqués de taches noires. Corselet orbiculaire , d'im gris pale et transparent , arec des taches plus obscures , à bandeau allongé et anguleux , prolongé perpendiculairement. Pattes livides, rembrunies à leurs deux principales articulations, entourées chacune d*un anneau blanchâtre.
jéraneiu candidus longissimis ac tenuUsimis pedibut, PI in. Hist. nat. 39, ch. 38 , 19 , t. YIII , p. 270, édit. Lemaire. — Jrnignée pknlangide^ Walcken. Faune paris, t. II, p. 212 et 21 3, n*^43.— Ibid, Tabl. des Aran. p. 80. — Phoicus phalangioides , Ihid. Hilt. nat des Aranéides, fasc. 5, PI. 10, le maie et la femelle. — Phofque phalangiste^ Savigny, Arach. d'Egypte, p. 141 , PI. 3, fig. i3. = jéranea Piuchii ^ Scopoli, Entomolog. Carniolensis, p. 104-1 i!o. — L*jiraignée domestique à longues pattes , Geoffroy, Ins. t. Il, p. 65i, n*' 17. — uir, opilionides, Scbranck, Enum. Insect. An*triae , p. -53o, n° i io3.
Ancien-Monde — Europe — En France , en Allemagne , en Antriche, en Egypte.
Le mâle est semblable à la femelle ; il a seulement l'abdomen plus cylindrique et plus grêle , et des taches brunes sur le àoi. J*en ai tu cependant une variété à dos verdâtre , et une ligne longitudinale rouge vers le milieu. Son digital est singnlièrement renflé , et présente un organe très-compliqué : trois oonjoncteurs surnuméraires, dont deux en pointe et un dilaté en éventail, acrompagnent le conjoncteur principal. Lepygine, dans la femelle, a un ovîducte longitudinal porté sur on cuilleron saillant , mais non très-prolongé. Sa masse d œufs e^ ronde et agglutinée, et on voit l'Insecte marcher avec cette msse vers le milieu de juin , mais avec peu de vivacité. Cette Arancidc vibre avec violence sur les fils qu'elle a tendus dès qu*on y toncbe. Dans l'individu que nous avons décrit , de 4 lignes de long, k première paire de pattes avait 21 lignes, la seconde 16 lign^* la quatrième i5 lignes, la troisième 11 lignes. Scbranck a aussi trouvé , ainsi que nous , la seconde paire de pattes plus allooi^e que la quatrième. Les filières, au nombre de six , com*l«» !>'•
G. PHOLQUK. 653
articulées, presque égales entre elles, convergentes et en faisceau , sont , ainsi que Tanus, placées sous l'extrémité de l'insecte. Bosc , dans son MSS sur les Araignées de la Caroline , a dessiné un Pholque fort semblable à celui d'Europe , sous le nom d'^ranea Elizeana , mais il ne l'a point décrit. II a 3 lignes de long et une raie longitudinale, avec quatre raies inclinées en forme de branche de chaque côlé , PI. 4 , fig. i . Abbot n'a pas trouvé en Géorgie une seule espèce de ce genre. Le Pholque phalangide est très-commun en France ,, dans les maisons et dans les lieux humides et abandonnés. Je l'ai trouve dans le centre et dans le nord de la France. Aussi commun à IVevers qu'aux environs de Paris. C'est cette Araignée que Pline désigne, quand il dit : « Albugines quoque diciiur toile re, inunctione Araneus candîdus loneitsimis ac tenuissimis prdibus contritus in oleo velere. ■ Plin. lib. 29, ch. 3C, 12. « L'Araignée blanche, dont les pattes sont très-déliées et très-longues , broyée dans de vieilles huiles , passe aussi pour enlever les taies. » Pluclie n'a décrit ni observé aucune espèce d'Araignée; tout ce quil dit à ce sujet est copié d'Homberg.
2. Pholoce rvissclàire. {Pholcuf rivulaiui.) Long. 31ig. i /2. d^t^P-
Abdomen cendré , ronssatre , orné d'une sorte de feuille , tracée par de petits points blancs , à nervm*e moyenne , un peu courte , divisée en deux losanges d'un roux foncé, ainsi que l'extrémité du disque , et bordée de deux points blancs , à nervures latérales très-obliques , uniquement composées de ces mêmes points. Corselet d'un cendré clair, avec une bande noire, longitudinale; les pattes d'un cendré livide brun , avec un anneau blanc à leurs deux principales articulations.
Savigny, Egypte, Arachnides, p. 140, PI. .5, fig. 12. — Aranea rivulaia^ Forskael , Desrript. anim. p. 86, n® 28, Pi. 24, (\^, F.
En Italie et en Egypte. — Très-commune dans ces contrées, et surtout dans les environs du Caire, dans l'intérieur des maisons.
Le malc est semblable à la femelle, et ne présente que les di(F rences habituelles de sexe. Le digital , comme dans l'espèce précédente , olFre un conjoncteur ti'ès-renflé, très-compliqué. Le bouton principal , plus court que la cupule , est inséré sur son reuûement, libre, uniformément carré, sphérique , marqué vers le s-immet d'un sillon circulaire . d'où s'élève latéralement un
conjoncteur peu allongé , voûté , fenda par rextrémité en deux denU divergentes, entre les bases desquelles s'applique un petit tube membraneux. L'huméral des palpes est cylindrique, et le radial en cône inverse. Dans sa description, M. Savigny dit que la quatrième paire de pattes dans cette espèce , est un peu plof longue que la seconde ; mais » dans sa figure , la longuaor dei lignes qui indiquent celle des pattes, offre un résultat contraire : la deuxième paire de pattes a un demi-millimètre de plus que U quatrième. Dans la figure de Forskael , où les longueurs des patlei sont indiquées par des lignes , la seconde est donnée comme étui plus longue que la quatrième. Ainsi, sous ce rapport encore, cette espèce se rapproche de la Phalangide.
2* Famille. LES ALLONGÉES CONIQUES.
Abdomen allongé conique.
Feux latéraux conniTents*