‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 1041 sur 1156 · XXXV · texte numérisé non relu

XXXV

2*bis. Latrodecte orné. ( Latrodectus ornatus.) Long. 9 mil!.,

larg. 3 mill.

Abdomen très- gros , ovalaire , d’un noir brillant, entouré à sa

partie antérieure d’une bande transversale d’un blane jaunâtre , et, en dessus , dans son milieu , orné d une baode longitudinale également d’un blanc jaunâtre , et formant quatre ou cinq petits triangles réunis; en dessous il est d'un noir brillant, avec les filières roussàtres.

Lucas , Explor. de V Algérie , p. 235, pl. 14, tig. 8.

Variété avec la bande longitudinale de l’abdomen très-droite.

Très-commun dans toute l’Algérie; se tient sous les pierres ou sur leurs côtés ; établit une toile à réseaux très-lâches sous laquelle il se tient en observation. M. Lucas fait sur cette espèce une remarque qu’on doit rapprocher de nos observations sur la nature vénéneuse de la Latrodecte Malmignatte. « J’a souvent, dit M. Lucas, été mordu par cette espèce ; et j’avoue qu’il n’est rien résulté de fâcheux de cette morsure, ce qui me porte à penser que tout ce qui a été dit sur les effets vénéneux de cette Aranéide ne sont pas dus à celle-ci, mais à quelques reptiles : du reste il y a une chose certaine, c’est que de tous les naturalistes qui ont écrit sur cette Aranéide , réputée venéneuse , aucun n’a eu soin de s’assurer si la madadie qu’il décrit soit véritablement causée par la morsure des Latrodectes. Ils n’ont rapporté aucune observation , aucune expérience qui pût démontrer ce qu'ils avançaient. J’ajouterai aussi que j’ai souvent interrogé les Arabes , surtout ceux qui habitent les plaines , et qui passent une partie de leur existence à faire paître leurs nombreux troupeaux, et j’ai appris de ces habitants nomades de nos possessions , qu’ils ne redoutent rien de cette Aranéide. »

Ceci semble confirmer ce qu’on trouve sur l’innocuité du venin des Aranéides, t.I,p. 77etsuiv.,etausujetdela Tarentule, p.294 etsuiv.Maisiî fautconférer aussi cequi estdit tome I, p. 243 et 244 sur le venin du Latrodecte Malmignatte en particulier, et à ce sujet nous dirons que M. Groeîs affirme qu’en 1830, dans les environs de Vendriii, les Latrodectes Malmignattes se multiplièrent en si grande quantité, et occasionnèrent par leur morsure des accidents si graves que les paysans n’osaient plus sortir de chez eux pour vaquer à leurs travaux. M. Groels trouva un grand nombre de ces Aranéides dans les terres incultes de Montjoui et sur la côte de Goraf, dans les environs du château de Fels. Dans ces lieux cette Aranéide se nourrit principalement de la Cicindela scalaris. Le nid de la Malmignatte était renforcé par un grand nombre de ces Coléoptères entrelacés par des fils, avec quelques

parcelles de végétaux ; cette Araignée guette sa proie et se précipite du fond de sa retraite avec une grande vélocité pour se jeter sur des Coléoptères sauteurs et des Cigales.

Latrodectus Martius et Latrodectus Malmignatius.

Le Latrodectus Martius a été trouvé souvent , par M. Lucas ( Explor . de V Algérie , p. 234), dans les environs d’Alger et du cercle de La Calle , mais jamais il n’a trouvé en Afrique la Malmignatte, ce qui tend à prouver que le Latrodectus Martius est une espèce distincte et différente de la Malmignatte. La ligne transverse de son abdomen est quelquefois jaune. Elle construit une toile comme le Latrodecte orné.

Latrodectus oculalus.

Ajoutez 5 la synonymie cle cette espèce ;

Latrodectus argus. Lucas , Explor. de V Algérie , p. 235.

Id., Lucas, Hist. nat. des Canaries , p. 35, pî. 7, n° 6, le mâle, long, il mill.

Prise en mai , en Algérie , dans les bois des lacs Tonga et Goubeïra , aux environs du cercle de La Calle. Elle se construit sous les broussailles et sous les troncs des arbres renversés, une toile assez grande, à réseaux très-lâches, sur laquelle celte Aranèide se tient , épiant les insectes qui viennent se prendre dans ce réseau inextricable.

Les variétés suivantes se font remarquer dans cette espèce : 1. Abdomen noir avec un petit trait blanc à sa partie antérieure , suivi d'une tache oculiforme de cette couleur. 2. Abdomen noir, orné de deux taches formant deux ovales transversaux étroits se touchant par leur extrémité antérieure , et derrière elles trois autres , placées sur une ligne transverse , dont la médiane est oculiforme. Dans les environs d’Oran.

9 bis. Làtbqdecte spinipède. ( Latrodectus spinipes . ) </ Long.

4 mill. 1/2, larg. 2 mill.

Corselet grand, d’un noir luisant, sans poils, surface pointillée. A bdomen petit, subovalaire, d’un noir terne ou opaque, légèrement

soyeux' , ayant deux taches obliques d'un jaune sombre à Sa partie supérieure ; immédiatement au-dessous de ces taches est un gros point rond, blanchâtre, suivi de quatre points blancs disposés en quadrilatère, puis viennent deux taches jaunâtres obiongues , obliquant en sens inverse, disposées sur une Signe transversale courbée en avant; au-dessous de l’intervalle laissé entreces deux lignes sont deux autres points ronds également blanchâtres et disposés longitudinalement; dessous noir; filières noires, trèscourtes.

Lucas, Explor. de V Algérie , p. 235, pl. 14, 9.

Mâle trouvé une seule fois dans les environs de Gonstantine.

§ XXX YI .

Genre PHOLQÜE.

Pholcus phalangioïdes.

Ajoutez à la synonymie :

Lucas, Explor. de V Algérie , p. 236.

Très-commune à Alger, à Constantine, aux ruines dTIippône, dans les lieux humides et abandonnés.

Ajoutez une troisième espèce cîe Pholque trouvée en Algérie par M. Lucas et bien décrite,

Pholque barbare. ( Pholcus barbarus.) p

Voisin du rivulatus , mais différent. Corselet plus long que large, d’un brun jaunâtre ; abdomen allongé, étroit, jaunâtre, avec une bande longitudinale d’un brun rougeâtre foncé bordée de jaune clair, continue , formant de petits triangles ; pattes d’un jaune testacé. Le mâle ressemble à la femelle , mais il est plus grêle.

Lucas, Explor. de V Algérie ,p. 257, pl. 15, fig. 1.

Trouvée dans toute l’Algérie, dans les champs, sur les haies, les buissons, quelquefois dans les maisons.

Les yeux sont plus rapprochés entre eux que dans le Pholcus rivulatus ; les yeux intermédiaires de la première ligne sont

ovalaires et légèrement placés obliquement; les latéraux de la même ligne sont aussi ovalaires, et la position qu’ils occupent sur le corselet est semi-transversale; les yeux intermédiaires de la ligne postérieure sont ronds, plus écartés que ceux du Pholcus rivulatus , et beaucoup plus rapprochés aussi des yeux latéroantérieurs et postérieurs que dans cette dernière espèce: les yeux latéraux postérieurs sont ovalaires et légèrement placés obliquement.

Espèce très-agile, et qui construit une toile dont la partie supérieure se compose de fils lâches entre croisés placés çà et là ; au-dessous ces fils se rattachent à une espèce de tapis à tissu serré et ayant une forme plus ou moins carrée ; c’est à la partie inférieure de ce tapis que se tient ordinairement cette Aranéide, épiant les insectes qui viennent se prendre dans le réseau tendu au-dessus de sa toile en hamac. Les haies de Nopals d’Agaves, les buissons, recèlent un assez grand nombre de ces toiles, qui sont fort peu éloignées les unes des autres. Ce rapprochement, dit très-bien M. Lucas, prouve que cette espèce vit en bonne intelligence avec ses congénères.

Cette espèce rapproche fortement, par sa toile, les Pholques des Linyphies.

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