Trogule violet. ( Trogulus violaceus
Chaperon ou avance antérieure petit, à peine élargi en languette ; yeux saillants, noirs ; partie thoracique ailée ; corps peu velu, lisse à un faible grossissement, luisant, entièrement d’une belle couleur violette un peu vineuse; la bordure aliforme plus claire, ainsi que le dessous ; crochets des mandibules et tarses des quatre paires de pattes noirs ; pattes velues. Long, du corps, 0,002 ; des pattes, 0,004.
Jolie petite espèce que j’ai trouvée en septembre dans les bois, aux environs de Paris, entre Clamart et Meudon.
Genre CRYPTOSTEMME. ( Cryptostemma .) (1).
Point d'apparence d jeux ; extrémité antérieure du céphalothorax avancée en forme de chaperon rabattu ;
(i) Guérin. De KpvTrroç , caché; e/u/uu, œil.
G. CRYPTOSTEMME.
abdomen distinct, aussi large et plus long que le ce» phalothorax , en carré long émoussé à ses angles postérieurs , de quatre articles; palpes pédiformes ; pattes inégales; faciès des Trogules.
1. Cryptostemme de Westermànn. ( Cryptostemma fFestermannii. )
(PI. 39, fig. 4.)
Gris terreux ; couvert de petites aspérités ; chaperon plus large en avant , rebordé , avec un faible sillon longitudinal au milieu ; céphalothorax un peu bombé, rebordé sur les côtés et en arrière avec un sillon longitudinal au milieu , beaucoup plus profond en arrière , et une forte impression oblique de chaque côté ; abdomen bordé , avec deux impressions obliques à la base de chaque segment. Long., 3 lignes.
Crypt. Westermannii , Guérin, Revue zoologique, 1838, p. 11 ; ici., Dict. pitt. d’hist. nat., pl. 539, fig. 7
Habite la Guinée. C’est un animal qui rappelle les Trogules par beaucoup de ses caractères.
AC ARIDES
ORDRE VI
ACARIDES.
Cet ordre comprend les Mites ou Acarus de Geoffroy, DeGéer etLinné. Les naturalistes modernes l’appellent ordinairement Acarides ou Acariens. Leach lui donnait le nom de Monomerosomata. Sa définition est fort difficile , parce que bien des genres , dont les caractères diffèrent, y ont été réunis, et que, malgré le grand nombre de ces animaux inscrits dans les catalogues méthodiques, leur organisation n’est pas suffisamment connue. Nous lui continuerons cependant , faute de mieux , toute l’extension que lui avait laissée Dugès, mais en reproduisant, comme une preuve de notre assertion , la définition qu’il a donnée luimème de cet ordre singulier d’anirnaux (1).
Les difficul tés qui accompagnent l’élude des Acarides avaient été bien senties par Hermann, et il en parle clans l’excellent ouvrage qu’il a laissé au sujet de ces animaux. En général, fort petits, vivant dans les lieux obscurs et presque toujours d’une extrême délicatesse, les Acarides ne sauraient bien être conservés en collection, comme la plupart des autres Insectes. Beaücoup d’entre eux ne sont décrits que d’une manière incomplète ; on n’en a pas toujours donné des fi-
(l) E quai ta animulium provincia ( sous-règne ) , scilicet Astacariorum (articulés ) ; cujus ad quartam classera sive Aranistarum ( Arachnides) pertinent ; priorem subclassem , sive acarulistarum constituant, cui unicus inest ordo Acarensium ( Acarides ),
Ordo : Acahenses.
Thoraco-gaster ( abdomen) integer et cum deuto et trito-dero (méso et melatliorax ) coa'iitos, sæpius eliam cum protodero et capite ; labium maxilligermn , mandibulas inclinions. Duges , Ann. sc. nnt . , 2e série, 1; 183/j.
ACARÏDES.
gures soignées, et bien que les espèces cataloguées soient pour la plupart indigènes, on en cite déjà un nombre fort considérable.
De Géer a fait connaître quelques-unes de celles de Suède; Geoffroy en indique plusieurs des environs de Paris; Hermann a observé celles des environs de Strasbourg; Dugès une partie de celles de la France méridionale, et M. Koch celles d’Allemagne , étude dans laquelle il avait été précédé par Scliranck. Quant aux Acariens exotiques, on en a signalé quelques-uns d’Amérique, mais en petit nombre; d’autres de l’Inde, et parmi eux le Trombidium tinctoriurn , qui est un des plus«gros Acariens connus ; M. Fischer a décrit FArgas de Perse, et M. Savigny, dont les beaux dessins sont malheureusement restés en partie inédits, a donné , à propos des Acariens qu’il avait recueillis en Égypte , les meilleurs détails que l’on ait encore pour l’étude de ces animaux.
Les mœurs des Acariens ne sauraient être décrites d’une manière générale : c’estavecla définition desgenres et des espèces qu’il faut en traiter. Leur organisation elle-même varie d’une manière remarquable. Les données comparatives qu’on a cherché à établira cet égard sont même tout à fait provisoires , peu d’auteurs ayant encore observé les Acarus sous ce rapport.
Le système nerveux de ces petits animaux a la forme générale dans les animaux articulés, c’est-à-dire qu’il est ganglionnaire et inférieur au canal intestinal. Leurs sens participent à la dégradation générale de leur organisme. On ne leur a pas vu de traces de l’organe de l’ouïe ; ils ne semblent pas non plus jouir de
ACARIDES.
l'odorat : leur gustation n’a pas montré non plus d’organe spécial , et les agents de la vision manquent à un grand nombre d entre eux. Les Oribates , les Tyroglyphes, les Sarcoptes, les Gamases , et tous les genres qu’on a établis aux dépens de ceux-ci manquent d’yeux. Chez d’autres , on reconnaîtdes stemmates disposés par paires, et dont le nombre peut même varier, dans la même famille , comme on le voit pour les Bdelles. Chez les Hydrachnes , ils n’apparaissent que comme de simples taches de pigmentum placées sous la peau. Il n’y a jamais ni antennes, ni pédoncules oculifères ; dans les Ixodes, les yeux sont remarquables par leur position reculée. •
L’enveloppe extérieure des Acariens est aussi de nature fort diverse : molle chez ceux qui sont aquatiques ou qui vivent à l’abri des chocs extérieurs , elle est endurcie chez beaucoup d’autres, et le corps semble alors divisé en plusieurs parties , bien qu’on ne lui reconnaisse pas, néanmoins, de division céphalique, thoracique et abdominale proprement dites. La première du moins n’est jamais distincte, et c’est également ce qui a lieu pour les autres Arachnides. La position des yeux, celle du système nerveux central , ne laissent pas de doute à cet égard , et les appendices manducateurs peuvent seuls faire croire à la présence d’une tête.
Chez les Bdelles , le corps est évidemment multiarticulé; il semble que ce soit là un souvenir de l’organisation des Scorpionides, et en particulier des Pinces. Chez le genre Cœcule, décrit par M. Léon Dufour, et dans quelques Oribates, le Notaspis teleproctus , entre autres, il paraît exister aussi une disposition analogue à l’abdomen multi-articulé des Phalan-
AGARIDES.
giens. Dugès appelle thoracogastre la partie du corps des Acarides qui constitue leur abdomen, et où sont percés les deux stigmates et l’anus. La partie qui supporte les pattes et les appendices manducateurs est , pour lui , analogue au cou et à la tête des Insectes hexapodes , et prend le nom de Céphalodère , et les huit appendices ambulatoires ou les pattes, répondent aux six pieds des Insectes et à leurs palpes labiaux. La dénomination un peu longue rie Monomerosomata , que Leacb employait pour désigner l’ordre des Acarides , n’est exacte que pour un certain nombre d’espèces. Nous avons dit que les Bdelles et quelques autres n’avaient pas le corps d’une seule pièce, et chez eux, la tête et le thorax sont seuls réunis et peuvent être appelées un céphalothorax. Les Gamases proprement dits et quelques autres ont cette partie couverte d’une pièce clypéale distincte , et comme il y en a une seconde au-dessus de l’abdomen, leur corps, surtout dans les femelles chargées d’œufs, est véritablement dimère. Gbez les Tyroglj phus , etc., le céphalothorax est lui-même partagé en deux par une rainure transversale, mais il n’y a pas cependant disjonction des anneaux. Les Ixodes , dont le corps prend souvent un si grand renflement après qu’ils se sont fixés et gorgés de nourriture , se distendent, surtout dans leur partie abdominale , et on voit en arrière de leurs appendices buccaux la petite plaque dont se compose leur bouclier céphalothoracique. Tout le reste de leur corps est gonflé et bulleux , et rappelle alors celui des vers intestinaux vésiculaires.
Le canal intestinal est court, ramifié en cæcums latéraux à sa partie stomachale chez beaucoup d’espèces , et ouvert à la face inférieure de l’abdomen
AGA RIDES
plus ou moins près de son bord postérieur; nous croyons cependant qu’il y a des Acarides sans orifice anal; mais ce fait est trop contraire aux idées reçues, pour que nous l'admettions qu’avec la plus grande ré» serve. La respiration est trachéenne , et les stigmates , au nombre de deux , sont placés bilatéralement à la naissance inférieure de l’abdomen. Tous les genres sont loin d’avoir été observés sous ce rapport.
La nourriture varie , et avec elle le genre de vie des Acarides et la forme de leurs appendices buccaux. L'organisation dégradée de ces animaux rend aisément compte de leur tendance à la vie parasitique.
De même que les autres Entomozoaires Arachnides, ils ont quatre paires d’appendices locomoteurs et deux paires d’appendices buccaux. Leurs appendices locomoteurs ont des formes et des proportions assez diverses. Dans quelques espèces, une ou deux paires postérieures de ces organes ne se développent qu’imparfaitement (Sarcoptes). Dans d’autres, tous sont plus ou moins garnis de poils , qui en font presque des rames; il en est aussi chez lesquels ils ont une grande longueur. Il est quelquefois assez difficile de différencier les palpes ou la seconde paire des appendices buccaux d’avec la première paire ambulatoire.
Les Acarides adultes ont huit pattes, mais dans le jeune âge , ces animaux n’en présentent constamment que six. Quant à leurs appendices buccaux , ils fournissent de très-bons caractères pour la distinction des familles.
Ceux de la première paire ou les maxilles sont fré« quemment en pinces ; ils sont en général moins longs que les suivants.
Ceux-ci , dont la partie la plus développée reçoit le
ACARIDES.
li7
nom de palpes , ont été distingués en plusieurs sortes parDugès, suivant la forme qu'ils affectent dans les groupes qu’on étudie. Voici comment ce naturaliste en parle :
« Les palpes ont généralement cinq articles ? c'est un de moins que chez les Araignées; ces articles ont ordinairement des configurations et des dimensions qui influent et sur celles de l’ensemble et sur les aptitudes de ces appendices à remplir des offices divers :
1° Nous nommerons palpes ravisseurs ( rapaces ) ceux qui , renflés par leur milieu , ont l’avant-dernier article armé d’un ou de plusieurs crochets, et le dernier, mousse , et plus ou moins pyriforme ; ils rappellent les pattes ravisseuses de la Mante, et servent au même objet;
Les palpes ancreurs ( anchorarii ) ont une forme assez analogue à celle des précédents , mais le dernier article même est aigu ou armé de pointes; ils appartiennent toujours d’ailleurs à des espèces aquatiques , comme leur nom Pindique assez ;
3° Les palpes fusiformes ( fusiformes ) sont renflés comme les précédents; obtus au bord comme les premiers , mais sans griffe au pénultième article;
4° Les palpes filiformes ( filiformes ) ne diffèrent des fusiformes que parce qu’ils ne sont pas sensiblement renflés ;
5° Les palpes antenniformes ( antennif ormes ) sont filiformes aussi, mais à articles très-variés dans leur longueur ; ils sont d’ailleurs divariqués , redressés et rejetés en arrière;
6° Les palpes valves {valvœf ormes) sont aplatis, excavés , engainants ;
7® Enfin , les palpes adhérents (adnati) sont soudés
ACARIDES»
à la lèvre par la majeure partie de leur longueur, et toujours peu développés. »
Dugès a aussi distingué, par des noms particuliers , les principales sortes de pattes des Acariens. « Généralement , dit-il, elles sont composées de sept articles, dont le premier, tantôt adhérent, tantôt libre , est la hanche ; le deuxième est le trochanter ; le troisième, la cuisse souvent plus développée que les autres ; les suivants constituent la jambe et le tarse : les proportions varient en grosseur et en longueur ; le dernier est ordinairement pourvu de deux grilles mobiles, et qui peuvent se renverser et se cacher dans une excavation de son extrémité libre. J’appellerai :
Pieds palpeurs ( palpatorii ) ceux dont le septième article est renflé ;
Pieds marcheurs ( gressorii ) ceux dont ce dernier article s’écarte peu, pour les dimensions, en épaisseur et en longueur, de ceux qui le précèdent ;
Pieds nageurs (remigantes) ceux qui, avec les mêmes dispositions , sont ciliés ;
Pieds coureurs ( cursorii ) ceux dont le dernier article est très-long et très-effilé ;
Pieds tisseurs ( textorii ) ceux dont les crochets sont courts et très-courbés , et dont l’avant-dernier article est garni de soies roides , ordinairement au nombre de quatre , qui dépassent l’extrémité du membre;
Enfin , je nomme pieds parasitiques ou caronculés ( carunculati ) , ceux dont les griAès sont en grande partie engagées dans une caroncule , ou une membrane qui sert à fixer l’animal sur les corps les plus polis , comme le fait la ventouse d’une sangsue. »
Latreille , Heyden et beaucoup d’autres ont admis
ACARÏDES.
des Acariens à six pattes , comme distincts génériquement de ceux qui en ont huit. On savait, depuis De Géer, que certaines espèces octopodes sont hexapodes dans leur jeune âge. Cette remarque aurait dû mettre plutôt les naturalistes en état de reconnaître que les Acares à six pattes, dont on fait des genres à part, n'étaient que des larves d'animaux rapportés , pour la plupart , à cause de leur huit pattes , aux véritables Acariens. Ces Arachnides peuvent donc éprouver une sorte de métamorphose , et chez elles , la bouche elle-même peut varier entre le jeune et l’adulte, ainsi qu'on en a la preuve pour certaines Hydrachnes.
Les Acaridessont ovipares dans beaucoup d’espèces ; vivipares , au contraire, dans d’autres. Outre le nombre des pattes, qui change de six à huit, il en est qui éprouvent de véritables métamorphoses, dont il sera question plus bas. C'est surtout dans leur premier âge qu'ils ont une tendance à vivre en parasites. Un autre point sur lequel nous avons à nous arrêter avant de procéder à l'énumération caractéristique des genres et des espèces de cet ordre, et à l'histoire de leur classification , est celui de leur position dans !a série zooîogique. Les Hydrachnes, ainsi que nous l'avons vu, ont été d’abord séparées des autres Acariens parFabricius. Cette faute, que de Géer avait déjà su éviter, ne l'a pas été par quelques méthodistes français , qui avaient préféré la classification deFabricius à celle de Geoffroy et de De Géer, et nous verrons que Cuvier a aussi suivi cette marche. Les Hydrachnes étaient ainsi rapprochées des Arachnides , mais les autres Acariens prenaient place à côté des hexapodes parasites (P ediculus ) , et même des Pulex . En revenant aux errements des véritables fondateurs de la méthode
ACAR1DES.
entomologique , Latreille et quelques-uns de ses imitateurs ont peut-êtreencore donné une trop grande importance à l’analogie qui semble lier les hexapodes parasites aux octopodes Acariens , dont la plupart des espèces ont aussi le même genre de vie. Cette analogie et les caractères qui la traduisent extérieurement ne sont-ils pas en effet purement harmoniques , et par suite de second ordre , l’organisation étant au fond très-différente entre ces deux sortes d’animaux ? Aussi , lorsqu’on a placé les hexapodes parasites à la fin de leur classe , parce qu’ils sont , pour ainsi dire , un degré inférieur à tous ceux qui les précèdent, ce que d’ailleurs tous les entomologistes admettent, on aurait du, pour être conséquent, donner aux Acariens le même rang par rapport aux animaux qui composent avec eux la classe des Arachnides ; d’abord , parce qu’ils sont d’une organisation moins compliquée que la plupart d’entre eux , et ensuite que très-souvent ils sont parasites : il aurait donc fallu les placer aussi les derniers dans cette série partielle de la grande progression zoologique? Ils en fussent alors devenus le terme le plus infime ? et c’est aussi ce qui a lieu pour les lamproies dans la série des Poissons ; pour les lernées , dans les Crustacés; pour les sangsues, dans les vrais Annelides ; pour les vésiculaires , dans les Intestinaux , etc.
Nous avons avons parlé ailleurs du rang que nous pensions convenable pour les Entomozaires octopodes, parmi les animaux articulés pourvus de pieds articulés (1) ; les Acariens seraient donc, à notre sens, le dernier groupe de cette série , et par conséquent le terme extrême de la série complexe des Entomozoaires pourvus de pieds articulés.
(i) Zoologie du Million dé faits , p. 602.
AC ARIDES
Les Phalangiens sont incontestablement les Arachnides les plus rapprochées des Acariens , et Ton conçoit fort bien que Hermann les ait réunis à ces animaux dans la famille des Holètres. Latreille plaçait même parmi les Holètres phaîangiens les genres Macrocheles et Siro , dont les espèces doivent évidemment rentrer parmi les Acarides.
Le mot Axapt, se trouve dans Aristote et dans plusieurs auteurs anciens. Ï1 vient de xstpto , je coupe, et de l’ alpha privatif, et veut dire insécable ou atomique .
« Kai ev X7)p o) Ss Y^TQTat TtaXatoupevw ? toçrtsp ev ^o7co , Çtoov o o y) Soxst, sXa^tçov sivat, xwv Çwwv Ttavxcov ? xat xatXexat, axapt > Xsuxov xat (juxpov. » Livr. v, chap. xxii, 27.
« Il se forme aussi des animaux dans la vieille cire , comme dans le bois. Celui de la cire paraît être le plus petit de tous les animaux : on le nomme Acari 5 il est blanc et petit. »
Si l’on adoptait la variante proposée par Sylburge et Maussac sur Scaliger, il faudrait, selon Camus, dire le fromage ancien pour x^ptp , et non la cire, et alors l' axapt serait notre mite ou ciron du fromage, l’espèce la plus commune et Fune des espèces les plus connues de l’ordre des Acariens*
C’est , toutefois , de ce mot Axapt , qu’ont été dérivés ceux d’Acarus , Acare, Acarides, Acariens, etc., employés par les nomenclateurs modernes pour un groupe d’animaux articulés octopodes fort nombreux en espèces, toutes plus ou moins parasites ou habitant des lieux sales et humides , presque toujours de petite taille , et pour Pétude desquels il faut recourir à 'emploi du microscope.
ÂC ARIDES.
lA‘1
Outre l’Açare du fromage , on a connu de tout temps, ou du moins depuis fort longtemps , celui qui est parasite des chiens ou la Tique, celui qui occasionne la galle , et quelques autres non moins incommodes. Mais les notions véritablement scientifiques sur ces animaux sont loin de remonter aussi haut , et nous verrons, par l’étude des espèces, qu’il n’en est qu’un petit nombre que Ton connût avant les observations de Geoffroy, de De Géer et d’Hermann. Depuis lors , on en a décrit de bien des sortes differentes , et ce groupe est présentement un de ceux dont la syno* nimie offre le plus de difficultés.
Rédi ne distinguait point encore par un nom spécial les parasites Acariens dont il traite ; il les figure même sous celui de Pediculus. Geoffroy et De Géer ont parlé de ces animaux sous le nom usuel des Mites et sous celui d 'Acarus. C’est aussi par ce dernier mot que Linné les distingue génériquement. Geoffroy en comptait quelques-unesparmi ses Insectes des environs de Paris , et De Géer les partageait déjà en sections de la manière suivante :
1° Mites qui se trouvent dans les provisions de la bouche (M. domestique) ;
2° Mites qui attaquent les hommes et les animaux quadrupèdes ( M, de la gale humaine , de la farine , ricinoïde et rèduve ) ;
3° Mites qui vivent sur les oiseaux ( A, avicula rum 5 passerinus , Gallince ) ;
k° Mites qui vivent sur d’autres Insectes (A. Fuco cor uni ou Coleoptratorum , Muscarum , squamosus , Phalangii , Parasiticus , Lihellulœ ou Hymenopte forum , Culicis , Aphidis , Vegetans ) ;
AC ARIDES, l43
5° Mites qui se trouvent sur les arbres et les plantes ( A. telarius , corticolis , marginatus ) $
60 Mites vagabondes [A .phalangoïdes , holosericea) ;
7° Mites aquatiques ( A. caudatus , ruber , globo maculatus , holosericeus-aquaticus , marginatus).
Les Mites exotiques sont décrites ensuite (trois es-
Dans le second mémoire de son septième volume , De Géer place les Mites ou Acarus en tête de sa treisième classe , que terminent les Pous et les Ricins , mais dans laquelle il place d’autres animaux fort différents de ceux-ci. Les Mites ont pour caractères : 8 pattes , 2 yeux , 2 bras en forme de petites pattes articulées près de la tête , et une trompe courte.
Schranck s’occupa aussi des Acariens , et avec beaucoup de soin , dans plusieurs de ses ouvrages. Muller et Fabricius créèrent les genres Hjdrachna et Trom bidum pour des Insectes classés antérieurement parmi les Mites , et la monographie que publia le premier de ces célèbres naturalistes fut un progrès important pour l’histoire des Acariens.
Dans l’édition du Systema naturœ , que bon doit à Gmelin, les genres Acarus et Hjdrachna figurent seuls. Les Trombidumriy forment qu’un sous-genre des Acarus. Ceux-ci ont en tout vingt-deux espèces.
Ce fut Latreille qui commença réellement le partage de tous ces animaux en plusieurs genres , et depuis lors, on a beaucoup ajouté à ce quil avait fait sous ce rapport.
En 1797, Latreille (1) place les Acares parmi les
pèces)
(1) Précis des caractères génériques des Insectes disposés dans un ordre naturel . ïn-8, Brive , an v.
ACARiDES.
Arachnides, qu?il appelait alors Acéphales , et avec lesquels il mettait les Nyctéribies. Voici comment il les partage en genres.