‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 215 sur 1156 · Trombidion cornigerüm. ( Trombidium cornigerum · texte numérisé non relu

Trombidion cornigerüm. ( Trombidium cornigerum

Abdomen déprimé , plus large à la partie postérieure , rouge , avec deux lignes noirâtres sur le dos ; poils blancs ; hanches rapprochées ; poils des pattes couchés.

Tromb. cornigerum , Herm. , Mèm. aptérol . , p. 38, pl. 2, f. 9. — Dugès , Ann. sc. nat. , 2e série, I , p. 44 , et II, 59.

Du nord et du midi de la France. C’est l’espèce type du genre Anystis de M. Heyden ; et comme ses caractères diffèrent , sous quelques points , de ceux des autres Érythrées de Dugès, il faudra donner à ces derniers un nouveau nom sous-générique. Dugès en a observé les jeunes, et il suppose qu’ils ne sont pas parasites : ceux qu’il a trouvés étaient hexapodes et de couleur rouge orangé. Parmi les jeunes Tr. cornigères, ceux dont les pattes étaient déjà au nombre de huit avaient quelquefois les deux postérieures très-grêles et très-courtes , comme si elles n’eussent point encore acquis tout leur développement; la troisième paire était même aussi proportionnellement moindre que dans un âge plus avancé. Un de ces jeunes à huit pattes, conservé plusieurs jours par Dugès, a filé un réseau lâche de soie très-fine à laquelle

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il s’est suspendu; ses pattes se sont alors roidies et dirigées en avant : l’animalcule, devenu immobile, a passé à l’état de nymphe.

Genre HYDRACHNE. ( Hjdrachna .)

Le genre des Hydrachnes de Muller (i) a été considéré comme une famille depuis assez longtemps. Dugès , qui en fait sa famille des Hydrachnées {Hjdrachnei) , lui donne pour caractères :

Palpes ancreurs ou à pointe aiguë et épineuse, à troisième ou quatrième article ordinairement le plus grand ; corps non divisé ; hanches larges ; pieds ordinairement en rames , onguiculés et ciliés , croissant du premier au quatrième ; yeux supéro-antérieurs. Vie aquatique, au moins dans l’âge adulte.

Hydrachnes , c’est-à-dire Araignées d’eau ; Muller, dans le travail spécial qu’il leur a consacré , nomme ainsi un genre d’animaux très-nombreux en espèces, et qui comprend les Acariens aquatiques, dont De Géer avait déjà fait une section sous la dénomination de Mites aquatiques. Latreille , Lamarck, Sundevall et Dugès ont fait depuis lors une famille distincte de ces petits animaux.

L’organisation des Hydrachnes a été surtout étudiée par Dugès, mais elle est encore incomplètement connue. Tréviranus lui a aussi consacré quelques lignes, dans son ouvrage déjà cité.

(i) Mites, section vii , ou Mites aquatiques , De Géer, Mém., vu. —» Hydràchnâ, O. F. Müller , Hydrachnes quœ in aquis Daniœ palustribus detexit, descripsit , pingi et tabulis œneis incidi curavit ; in-/(. , Lipsiæ , 1781. — Atax , Fabricius, — Hydrachnellæ , /ara., Latreille , Généra crust . et Ins. , etc., p. i58. Hydrachna , Herm. , Mèm. aptèrol.y p. 52. — Anastomes , /ara., Lamk., Anim. sans vert. 2® édit. , p. 84.— -Acariens, 3e légion, Heyden , Isis, 1828, p. 160.-— Hydrachnides , Sundevall, Cousp. Arachnid.. 1 833 . — ■ Hydrachnei ,fam. Dugès , Ann . sc . naf., 2e série, I , p. ï6 et 1^. Koch , loco cit.

G. HYDRACHNE.

La génération est ovipare, et avant la ponte, on voit très-bien les œufs dans Fintérieur du corps des femelles. La ponte s’opère différemment , suivant les espèces , mais dans un grand nombre , il y a autour des œufs une substance transparente semblable à la masse albumineuse qui entoure ceux de beaucoup de Mollusques.

On voit très-bien sur les poils de ces petits animaux la différence de ces organes avec les bulbes de même nom qui sont caractéristiques des animaux supérieurs. Ce sont ici des prolongements spiniformes ou piliformes de la peau , et non point des organes qui s’implanteraient dans son tissu. Nous avons figuré cette disposition , sur une Hydrachne des conques , dans le Nouvel Atlas du Dictionnaire des sciences naturelles .

Les mœurs des Hydracbnes ont donné lieu à quelques remarques curieuses ; beaucoup d’espèces vivent librement au sein des eaux , et s’y nourrissent d’animalcules ou de débris de végétaux. Beaucoup également sont parasites dans leur premier âge ; quelquesunes vivent pendant toute leur vie d’une manière plus ou moins analogue, mais cependant sans être fixées. On trouve , entre les lames branchiales des Anodontes , principalement de 1 ’A. cygnea , plusieurs espèces d’Hydrachnes. M. Baer a , depuis longtemps , figuré l’une d’elles (1)*, les oscules des spongilles donnent également entrée dans l’intérieur de ces singulières productions à des Hydrachnes, que leurs longues pattes et leurs autres caractères semblent rapprocher des Diplodontes. La grande majorité des Hyd rachnes connues est d’eau douce et vit en Europe.

(1) Hydrachna êoncharum , Nova ad, nat. curios XIII, part. 2?

p. 5oo, pi. 29,%, 17-19.

igo AG ARIDES.

On en a également fait connaître en Amérique (t), et les autres parties du monde en possèdent aussi. Il y

en a même dans les eaux de la mer , mais on n’en a

encore décrit qu’une espèce (2).

La description des animaux de ce genre a occupé plusieurs naturalistes , parmi lesquels nous devons principalement citer De Géer, Muller, Dugès et M. Koch. Aussi , grâce aux travaux de ces observa» teurs et à ceux de quelques autres , comme Férussac et M. deThéis, qui se sont occupés moins complètement du sujet, connaît-on un grand nombre d’espèces d’Hydrachnes. Toutes , il est vrai, n’ont pas été caractérisées avec un soin égal.

De Géer parle de six espèces de ce groupe.

Othon Fréd. Muller a publié séparément, avec une courte introduction , le Mémoire sur un nouveau genre d’insectes aquatiques qu’il avait antérieurement adressé à l’Académie des sciences de Paris. Après avoir procédé à la définition de ce genre (3), il caractérise quarante-huit espèces qu’il y rapporte et qui sont réparties ainsi qu’il suit :

a) Oculis binis.

* Caudatæ :

(1) Hydrachna formosa, Dana et Wdieîpley, American journ. of arts and sciences , t„ XXX, p.354, av. pl., fig. 1*8, i836. ( Des environs de New-Haven).

Hydrachna pyriformis, iid. ibid ., pi. 3o,Êg. 5. (De la même localité.)

(2) Pontarachna pdnctülatdm , Piiilippi , Ann . and Mag. of nat. hist.y VI, 98 , pl. 4 ? fig- 4'5» 1841 • (De la baie de Naples.)

Corps subglobuleux ; deux yeux écartés ; mandibules nulles ou trèspetites ; deux palpes allongés, 5-articulés ; quatrième article le plus long; le cinquième court, aigu ; cuisses d’un même côté rapprochées; celles de la paire antérieure se touchant sur la ligne médiane; deux ongles aigus à chaque patte; vulve entourée d’un cercle dur, ponctué.

(3) Insectum apteron, capite, thorace abdomineque unitis ; pedes octoï palpi duoarticulati ; oculi duo, quatuor, sex.

G. HYDRACHNE.

H. globator, tubulator , buccinator , cuspidator, pustulator albator, maculator , tricuspidaîor , emarginator , sinuator, iniegrator, papillator.

** Furcatæ :

crassipes , grossipes , clavicornis , spinipes , longicornis „ vernalis , lunipes, trifurcalis, orbicularis , stellaris , ovalis. *** Posticæ pilosæ, nec priorum.

H. elliptica , orbiculala, lugubris , truncatella »

**** Glabræ, nec priorum :

jfiT. despiciens , geographicct , impressa , extendens , cruenîata , lunaris , liliacea , , îorris , strigata , nodata , oô-

soleia , complanala , musculus, latipes , versicolor .

B) Oculis quatuor :

calcarea , fuscata , undulata , maculata .

V) Oculis sex :

//. umbrata.

1804. Le mémoire aptérologique d’Hermann ajoute quelques faits à ceux de De Géer et de Muller, mais la répartition méthodique des espèces y est moins bien traitée que dans Muller, Celui-ci avait étudié en Danemark; Hermann, résidant à Strasbourg, retrouva dans cette localité les espèces suivantes décrites dans l’ouvrage de son prédécesseur :

H. maculator, spinipes , lunipes , versicolor , maculata ( variété à dos rouge ) , extendens.

et il y ajouta six espèces comme nouvelles :

//. histrionica , longipalpis , globulus , erythrophthalma , Zmtescens , fucata.

De Férussac (1), M. de Théis (2) et D ugès ajoutèrent quelques espèces de la France centrale et méridionale , et M. Koch donna bientôt après ce dernier l’indication de beaucoup d’espèces d’Allemagne , mais en en exagérant probablement le nombre.

(i) jfcZus. j?am , VII , 2ï6 ; 1806.

(a) sc. nat., jw série , XVII , 5? ; ï83s.

ÂCARIDES*

On n’avait donc signalé que des Hydrachnes d’Europe, quand MM. Dana et Whelpley en décrivirent deux espèces de l’Amérique septentrionale (1) , et il n’est pas douteux qu’on n’en trouve dans d’autres parties du monde (2). Toutes ces Hydrachnes sont fluviatiles , mais il y a aussi des espèces marines dans ce groupe , et M. Philippi en a décrit une de la Méditerranée (3).

Nous avons dit plus haut que la méthodologie des Hydrachnes était peu avancée à l’époque de Muller et de De Géer ; les auteurs plus récents , bien qu’ils ne l’aient pas formulée d’une manière suffisante , ont cru devoir ériger en genres à part toutes les coupes nouvelles qu’ils ont faites parmi les animaux.

Dès l’an Y (1797), Latreille, dans son Précis des caractères des Insectes, partageait les Hydrachnes de Muller en trois genres :

Limnochares ( Acarus aquaticus ). Hydrachne (H, cruenta ). — Eylaïs (//, extendens). (Voyez

Fabricius avait proposé le mot Atax pour désigner les Mites aquatiques appelées avant lui Hydrachna par Muller ; Dugès , qui , le premier, ajouta de nouveaux genres à ceux de Latreille, usa de ces deux dénominations en en restreignant la valeur, et par la création

(1) M. Haldeman vient d’étudier aussi plusieurs de celles qui vivent dans les nombreuses espèces d’Unio de l’Amérique septentrionale , et il en parle dans le Zoological contributions pour 1842 , sous le nom générique d’UmomcoLA.

(2) M. Lucas nous a dit en avoir recueilli , mais en petit nombre , en Barbarie.

(3) Pour M. Philippi, l’Hydrachne de la Méditerranée est aussi le type d’un genre nouveau sous le nom de Pontarachna. (Voyez p. J90.)

G. HYDRACHNE.

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