‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 251 sur 1156 · Dermanysse de Bory. ( Dermamyssus Boryi · texte numérisé non relu

Dermanysse de Bory. ( Dermamyssus Boryi

Espèce douteuse. Les deux pattes antérieures les plus longues, palpiformes ; corps renOè , garni de poils à son pourtour ; une tache noire , tirant sur le rouge à son centre. Égale en grosseur la moitié d’un grain de tabac.

Sorte d'Acaride , Bory de Saint- Vincent, Ann. des sc. nat l*e série, XVIII, p. 125, pl. i , fig. 6.

Cet Acaride a , sans contredit , des affinités avec les Smaridies ou Dermanysses, et il lie ces insectes à celui que M. Iïering a décrit comme un genre à part sous le nom de Melicharis.

Voici ce que M. Bory dit à son égard dans son Mémoire sur un nouveau genre d’Àcaridiens sorti du corps d’une femme :

« Une dame d’une quarantaine d’années vint demander à l’opticien une loupe pour examiner de petits animaux qui sortaient , disait-elle , du corps de l’une de ses amies. Frappé de cette singularité et entrant en explications , il pria la personne qui s’adressait à lui de lui fournir de ces animaux , et il se hâta de me les apporter. Il résulta des questions faites à la dame qu’elle était elle-même la malade , qui , par un sentiment de mauvaise honte , n’avait pas d’abord voulu dire ce qui en était. Cette personne a été durant quinze ans fort souffrante et traitée pour diverses maladies sans éprouver le moindre soulagement par l’effet des remèdes qui lui furent administrés; elle était enfin menacée d’hydropisie et se mit , en désespoir de cause , dans les mains d’un docteur qu’elle ne m’a pas nommé et qu’elle assure lui avoir rendu la santé. Sans approfondir ce qui en est, elle en avait du moins l’apparence lorsque nous eûmes occasion de la voir, mais elle mourut quinze jours après assez replète : son teint avait de l’éclat; mais à mesure qu’elle paraissait se rétablir, elle éprouvait de légères démangeaisons sur toutes les parties du corps ; ces démangeaisons devenues de plus en plus fortes ont fini par être insupportables , et bientôt à peine la malade avait-elle frotté ou gratté la partie souffrante pour y porter quelque soulagement , qu’il en sortait de très-petits animaux brunâtres qui couraient par milliers et avec rapidité dans tous les sens ; on a remarqué que ces animaux semblaient, après leur évasion , se plaire dans du linge de coton. La malade s’enveloppait conséquemment de toile; et, selon qu’il faisait chaud, il fallait la change? de trois

APTÈRES, TOME II L ï5

ACARIDES»

à six fois par jour, tant le nombre des petites bêtes qui sortaient d’elle devenait considérable.

» Ces êtres singuliers ne recherchaient pas les autres personnes , et le mari de la malade , qui n’avait jamais abandonné le lit conjugal , prétendait que ceux qui parfois s’étaient égarés sur son corps y mouraient promptement. Quoi qu’il en soit, ceux qu’on a renfermés dans une petite boite qui contenait un morceau de percale sur lequel on les voyait courir, ont vécu quarante-huit ou cinquante heures ; la plupart étaient à peine perceptibles à l’œil nu ; les plus gros équivalaient à peine à la moitié du volume d’un grain de tabac. »

A propos de l’Àcarus décrit par M. Bory, nous devons parler de celui qui a été trouvé par M. George Busk dans une pustule du pied sur un matelot, et dont il est question, avec figure, dans le Microscopie Journal de Daniel Cooper (1). Disons d’abord que , d’après la figure citée , cet Acarus semble avoisiner les Dermanysses et les Gîyciphages et qu’il est bien certainement distinct de celui de la gale , très-probablement aussi de celui de M. Bory.

Le malade, qui était un nègre, fut admis pendant l’automne de 1841 , au Seamciris hôpital ship , pour de larges ulcères d’un caractère tout particulier affectant la plante du pied; il paraissait devoir cette affection à des souliers qu’il avait eus d’un autre nègre dont les pieds étaient également malades et qui les avait portés un jour ou deux. Le malade soigné par M. Busk était originaire et venait directement des Indes occidentales et d’une localité où cette maladie n’est pas connue ; mais l’autre était de Sierra-Leone , ce qu’il importe de noter, car dans de Feau rapportée de la rivière de Sinoé , sur la côte d’Afrique , par le D. Slranger, on a trouvé un individu complet et des débris d’ Acarus en tout semblable à celui dont il est ici question et peut-être identique avec lui. Aussi M. Busk pense que c’est dans ce pays que l’affection avait été contractée.

A ces détails, fort incomplets comme on le voit , eu égard à l’intérêt du fait, l’éditeur du Microscopie Journal , feu Daniel Cooper, ajoute que M. Murray, chirurgien aide major, lui a dit qu’à Sierra-Leone on eonnaît une maladie pustuleuse spéciale au pays, et qu’on l’appelle craw-craw ; que c’est une sorte de

U) T. II, p. 65 , pl. 3, fig. 7 ; 1842.

G. GAMASE

gnîe qui s’ulcère et qui est très-difficile à guérir, et que peut-être l’insecte observé par M. Busk en est la cause, comme le Sarcopte est celle de la gaie ordinaire.

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