Holothyre coccinelle. ( Holothyrus coccinella
(PI. 34, fig. 7.)
Presque aussi grand que le Coccinella septempunctata , plus large en arrière qu’en avant où le bord du bouclier est un peu chaperonné au-dessus des palpes qui le débordent ; pattes plus grandes que le corps, celui-ci à peu près lisse, peu luisant; quelques poils très-courts et peu serrés sur les pattes, principalement aux tarses ; pattes sub-géniculées ; dessus du corps très-convexe ; dessous à peine convexe , marginé par un rebord du bouclier supérieur. Long, du corps, 0,005; de la patte postérieure, 0,008; de l’antérieure, 0,006.
Hol. cocc ., P. Gerv., loco cit.
De l’île de France.
J’ai vu plusieurs exemplaires de cet Insecte, deux entre autres dans une collection qui avait appartenu à Latreille ; l’un d’eux était marqué comme genre nouveau , mais sans nom et sans indication de pays. Les Holothyres lient évidemment les Gamases aux Oribates. Outre l’ouverture bivalve de la partie postérieure de Fabdomen , on leur voit près des deux pattes postérieures une partie éclaircie bien plus large, mais dont nous ignorons l’usage.
Depuis la publication de ce genre j’ai vu dans la collection du Muséum quelques Holothyrus coccinella , indiqués comme originaires de l’îîede France. Ils y portent un nom spécifique inédit qui est différent de celui que j’ai employé , mais dont malheureusement je n’ai pas eu connaissance assez tôt.
ACAR1DES.
Genre IXODE. ( Ixodes ) (1).
Les Ixodes sont tous des Âcarides parasites. Au moyen des crochets dont leurs appendices buccaux sont armés , ils se fixent au corps des autres animaux , et principalement des mammifères, en sucent le sang et ne tardent pas à se gonfler outre mesure, leur abdomen prenant alors l'apparence d'une boule , dont le volume est souvent décuple de celui qu'il avait d abord. L'homme n’est pas exempt de leurs attaques, et fréquemment iis se fixent sur les voyageurs ouïes chasseurs ; il suffit même, dans bien des cas , d’une petite promenade au bois pendant la belle saison , et les dames alors , à cause de la nature de leurs chaussures, y sont plus sujettes , les hommes étant mieux garantis par les bottes et les pantalons. Les chiens en ont plus souvent encore , et du temps des Grecs , les Âcarus qui se fixent ainsi à la peau de ces animaux recevaient déjà un nom particulier. Aristote en parle sous la dénomination de xuvopatçxric; , dont Hermann a fait le nom générique Cynorhœstes , signifiant qui tourmente ou vexe les chiens.
La disposition vaîviforme ou canaliculée des palpes $ les crochets de leurs maxilles ; la présence d'un bouclier gastrique et celle de deux yeux près le bord abdominal de ce bouclier sont les principaux caractères du genre qui va nous occuper.
La manière dont ces animaux , vulgairement appelés Tiques
(i) Acarus, partira , De Géer, Linné, etc. — Ixodes, Latreille, Précis des caract. des Insectes , p. 180. — Cynorhæstes , Herm. , Mèm. aptérol», p. 63.— -Ixodides , Leach , Sundevall, etc. —-Ixodes, G. Fischer, Notice sur l'Argas de Perse, in-Zj0? Moscou, 1823.— Ixodei, Bug., Ann» $c< nat 2e série , IL
ou Ricins , font leurs petits a été longtemps douteuse. Hermann ^ qui paraît les regarder comme ovovivipares , rapporte , d’après DeGéer, un fait singulier observé sur l’espèce du chien. C’étaient , dit-il , de petits individus noirs de cette espèce qu’il a trouvés attachés , dans une position renversée , au ventre d’autres individus, plus grands, entre les deux pieds postérieurs, «. J’ai également, ajoute Hermann , observé ce phénomène sur cette Tique , ainsi que sur le Cynorhæste égyptien , et j’y ai vu distinctement l’insertion de la trompe dans l’orifice du tubercule du ventre; je conserve même des individus dans lesquels cette union subsiste depuis la mort. L’idée de De Géer est que ce pourrait bien être un accouplement à la manière des Araignées. La chose est possible , à la vérité ; cependant ces parties sont beaucoup plus dures que dans les Araignées , et ne semblent pas contenir des organes mous et papilleux propres à une pareille fonction. »
Latreille, dans le Règne animal de Cuvier, rapporte que les Ixodes pondent une quantité prodigieuse d’œufs, et que ceux-ci' sont expulsés par la bouche , ce qu’il tient de M. Chabrier. L’analogie seule aurait pu démontrer l’invraisemblance de celte opinion ; mais M. Lucas (î) a eu l’occasion d’en reconnaître 'par l’observation même toute la fausseté. L’oviducte des Ixodes s’ouvre près de la bouche, et c’est par lui et non par celle-ci que les œufs sont pondus. Dugès avait aussi constaté la véritable nature de cet orifice.
L’imperfection de nos connaissances au sujet des Ixodes ne nous permet pas de donner l’ordre sérial naturel des espèces connues dans ce groupe , et comme l’on sait que chacune d’elles peut se retrouver parasite d'animaux de plusieurs sortes , on conçoit aussi qu’elles ne peuvent être rigoureusement énumérées en suivant la classification des animaux sur lesquels on les a trouvées fixées. Nous avons des Ixodes pris sur des mammifères , sur des oiseaux et sur des reptiles chéloniens , sauriens et ophidiens , d’espèces terrestres. Souvent aussi on en trouve qui errent librement sur les végétaux, et quand on fauche avec un filet dans un champ ou dans un bois , on en prend habituellement. Latreille a donné aux animaux de ce genre le nom sous lequel nous en parlerons , et Hermann les appelait Cynorhœles ,
(l) Ann . soc . entom » de France 7 i836, p„ 63©o
ACÀRIDES.
dénomination que Dugès réclamait à l’avance pour l’une des coupes qu’il faudra, sans doute, établir plus tard parmi les Ixodes. Plusieurs années avant que le savant professeur de Montpellier exprimât ce désir, qui, suivant nous , est contraire aux règles de la nomenclature, M.Risso, qui adopte le genre Ixode , avait décrit, sous le nom de Cynorhœstes Hermanni , un Acarus particulier qu’il caractérise d’une manière beaucoup trop abrégée (1).
Les Ixodes sont au nombre des Acarides les plus anciennenement connus , et il en est déjà question dans Aristote. Ils sont, en effet , de taille assez considérable , et comme ils sont fort incommodes , soit pour les animaux , soit pour l’homme , on a dû les remarquer à toutes les époques ; mais peut-être que dans ces dernières années on en a trop multiplié les espèces. On en cite actuellement de toutes les parties du monde.