‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 263 sur 1156 · Ixode réduve. (Ixodes reduvius · texte numérisé non relu

Ixode réduve. (Ixodes reduvius

Corps rouge pâle tirant sur le jaune ; tête et pattes noires ; écusson d’un noir luisant. 3 lignes ~ de largeur au maximum , sur2 J de longueur.

Acarus reduvius, De Géer, Mémoires , VII, 101 , pl. 6, f. 1-7. — Ac. ricinus, Herm. , Mém. aptérol. , p. 65.

Sur les moutons. Hermann dit que cette espèce se trouve aussi sur les chiens , les martes et les cerfs , et voici comment il la caractérise :

D’un rouge jaunâtre , une tache noire à la base du corps ; le bord de l’abdomen très-entier ; les antennes (palpes) plus grosses au milieu.

De Géer donne comme parasite des chiens et des bœufs une variété d’Acarus reduve à corps gris ardoisé , dont nous n’avons pas à parler ici , Dugès la rapportant à son Ixodes plumbeus , dont il sera question plus loin sous le nom d ’/. Dugesii.

Le savant entomologiste suédois raconte , au sujet de l’Acarus reduve , des particularités que nous croyons devoir reproduire :

« J’ai fait sur ces Mites une observation des plus curieuses , c’est qu’en dessous du ventre de plusieurs d’entre elles se trouvait attachée une autre Mite toute noire et beaucoup plus petite , n’ayant que la grandeur d’une graine de navet, et qui leur embrassait le ventre avec ses pattes , se tenant là dans un profond repos. Cette petite Mite est ovale et aplatie en dessus comme en dessous, couverte d’une peau tout écailleuse et un peu chagrinée , et sa couleur est noire et luisante ; mais son corps est bordé des deux côtés et par derrière d’une marge relevée , transparente, d’un brun très-clair. Les huit pattes sont fort longues , et les deux antérieures , beaucoup plus grosses que les autres , sont aussi plus longues , de même que les deux postérieures , et elles sont toutes terminées par une petite vessie ou membrane accompagnée de crochets comme dans la grande Mite. La tête ressemble absolument à celle de cette dernière r ayant en devant une trompe assez grosse * garnie de dentelures et accompagnée des deux côtés par de petits bras larges, aplatis et mobiles , qui couvrent la trompe quand elle est dans l’inaction , mais qui s’écartent vers les côtés quand la Mite veut faire usage de sa trompe. Cette trompe et ces bras sont plus gros que ceux de la grande Mile, proportion gardée, et les brassent

AGARIDES-

attachés à la tête par mie articulation mobile. On voit donc que cette petite Mite écailleuse a beaucoup de conformité avec la grande , à laquelle elle s’attache , en exceptant seulement la grandeur et la figure du corps qui est parfaitement ovale.

y> J'ai toujours remarqué que cette petite Mite se tient constamment attachée au ventre de la grande , dans une position renversée exactement entre les deux pattes postérieures, et jamais plus haut ni plus bas, la tête se trouvant toujours dans l’endroit où nous avons fait remarquer une petite partie relevée , et dont j’ignore l’usage. J’ai vu, à n’en pouvoir douter, que la petite Mite avait sa tête enfoncée dans cette éminence, où, par conséquent, il doit se trouver une ouverture, que j’ai même cru voir, en y apercevant une petite fente transversale , et que ses bras en masse étaient alors considérablement écartés vers les côtés , et appliqués sur la peau de la grande Mite. J’ai observé qu’elle gardait cette position plusieurs jours de suite sans bouger de place , et toujours dans un parfait repos , la grande Mite se promenant partout chargée de la petite , qui ne l’abandonnait pas.

» Mais pourquoi , et dans quelle intention la petite Mite se tient-elle ainsi attachée à la grande? Serait-elle une ennemie occupée à la sucer, ou bien serait-ce un accouplement? Dans la première supposition , il me semble que la Mite attaquée donnerait quelque signe d’incommodité et s’affaiblirait peu à peu jusqu’à extinction de sa vie , ce dont je ne me suis point aperçu ; au contraire , elle me parut se porter bien plusieurs jours de suite , même après que la petite Mite l’eut abandonnée. D’ailleurs , si elle y était dans l’intention de sucer son hôte, pourquoi aurait-elle toujours sa tête appliquée sur l’éminence du ventre dont j’ai parlé , et sa trompe introduite dans l’ouverture de cette même éminence et non ailleurs? Si telle est la cause qui l’attache à la grande Mite, elle pourrait aussi facilement l’attaquer par tout autre endroit de son corps , ce que je ne lui ai jamais vu faire. J’ai donc tout lieu de croire que l’union intime de ces Mites est un vrai accouplement , en quelque sorte semblable à celui des Araignées, dont la femelle a également la partie du sexe placée en dessous du ventre, et que la petite Mite est le mâle de la grande , surtout comme elles se ressemblent d’ailleurs dans la conformation de leurs principales parties , excepté que le mâle supposé est considérablement plus petit , et que son

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corps est plus exactement ovale et couvert d'une peau écailleuse , comme nous l’avons déjà dit. Parmi les Araignées , le mâle est de même toujours beaucoup plus petit que la femelle.

» Dans la supposition assez probable que l’union de ces Mites est leur véritable accouplement , il faut donc regarder la partie relevée du ventre de la grande Mite ou de la femelle , et qui est toujours placée à la hauteur des pattes postérieures , pour celle qui caractérise son sexe , puisque c’est cette éminence que le mâle recherche pour s’y accrocher, en y introduisant sa trompe et appliquant en même temps ses deux bras horizontalement sur le ventre. Mais c’est toujours un accouplement des plus singuliers, et dont la vraie opération est difficile à démêler ; il ressemble beaucoup à celui des Araignées, et peut-être que ce sont les bras qui contribuent à la fécondation , tout comme dans ces derniers Insectes. »

Hermann, qui a observé le même fait, ainsi que nous Pavons dit plus haut , ajoute, à ce que nous avons déjà extrait de son ouvrage , les réflexions suivantes , qui ne sont guère plus concluantes :

« Si ce n’était pas toujours le même endroit où le petit Insecte se fixe , et si ce n’était la considération qu’il n’y en a constamment qu’un seul et toujours un plus petit, ce qui semble en effet annoncer le sexe masculin , on pourrait se demander si ces Insectes ne s’entremangent pas comme d’autres le font. Fuesli (ou un autre auteur) a élevé la question plaisante de savoir si les petits Scorpions attachés à leur mère n’en tirent pas par hasard quelque nourriture en suçant , comme autant de mamelles , les dents du peigne que ces Insectes portent au ventre. S’il avait eu connaissance du fait dont nous parlons , il aurait pu soupçonner plus raisonnablement, à ce que je pense , que la tique mère allaite son petit. Était-ce peut-être un pareil Insecte , attaché au ventre d’un autre plus grand, qui a été remarqué par une personne fort adonnée à la chasse , et qui lui a fait assurer à mon père que les tiques des chiens sont vivipares ? »

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