‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 284 sur 1156 · Exode Nigüa. ( Ixodes americanus · texte numérisé non relu

Exode Nigüa. ( Ixodes americanus

De Gécr réunit sous ce nom des Exodes de Surinam et de Pcnsylvanie; ceux dont ont parlé K&lm (Act. Acad. sc.Sueciæ, 1754) ctUlloa ( Voyage en Amérique ) lui paraissent aussi de la même espèce; mais il est probable que plusieurs Ixodes, spécifiquement distincts , sont ici confondus sous une même dénomination. La Pique ou Nigua , A car us americanus de De Géer et de Linné, est rapportée au genre Rhynchoprion {Argas , Latr.) par Hermann , qui l’appelle Rh. americanus ; mais c’est plutôt un Exode , si l’on examine les figures de De Géer, pl. 37, f. 9-13.

Cette espèce et celles qu’on a confondues avec elle sont célèbres par l’habitude qu’elles ont d’attaquer souvent l’homme et les animaux, ce qui se voit également pour les Ixodes de nos pays. Nous empruntons ce qui suit à De Géer : « Selon le rapportde M. Kalm, ce qui m’a été aussi confirmé par M. Acrélius , ces Mites américaines se trouvent pendanttout l’été dans les bois où elles se tiennent sur les buissons et les plantes qui y croissent , mais plus particulièrement sur les feuilles sèches tombées l’année précédente et dont le terrain est jonché; elles y sont en si grande abondance que dès qu’on s’avise de s’asseoir par terre ou sur quelque tronc d’arbre abattu , on en a bientôt les habits et même le corps tout couverts ; car elles grimpent d’abord, quoique d’un pas lent, sur les habits, cherchant quelque endroit nu du corps pour s’y fixer dans l’instant en introduisant leur trompe dans la peau. Ceux qui marchent pieds nus dans les bois en ont bientôt les pieds et les jambes pleines. Elles ne s’attachent pas seulement aux hommes , mais encore aux animaux , comme les chevaux et les bêtes à cornes , qu’elles font périr souvent en se fixant en trop grand nombre sur leur corps dont elles sucent le sang; mais elles ne se tiennent jamais dans les prairies, dans les champs cultivés, ni dans les autres plaines , vivant toujours dans les lieux où croissent des arbres. Elles percent la peau si subtile-

AC A RIDES

ment que les personnes attaquées ne sentent pas d’abord leur piqûre et ne s’en aperçoivent que quand elles se sont introduites si avant dans les chairs que la moitié de leur corps s’y trouve engagée ; c’est alors qu’on sent d’abord une forte démangeaison et puis une douleur assez vive à l’endroit piqué où s’élève une endure assez dure de la grosseur d’un pois et même plus grande. C’est alors qu’il est très-difficile de s’en défaire ; car en voulant retirer la Mite elle se rompt plutôt que de lâcher prise , de façon que pour lors la tête et la trompe restent dans la plaie , ce qui produit bientôt une inflammation et ensuite une suppuration qui rend très-souvent la plaie profonde et très-dangereuse , y causant en même temps une démangeaison insupportable. C’est donc en scarifiant la chair tout autour qu’il faut tâcher d’ôter la Mite tout entière de l’endroit où elle s’est logée , ou bien se servir d’une petite pincette pour la tirer dehors, comme M. Kalm dit l’avoir fait avec succès ; mais elle se tient si fortement cramponnée , que dans cette opération on enlève souvent en même temps une portion de la peau. Cet auteur raconte avoir vu des chevaux qui avaient le dessous du ventre et les autres endroits du corps si couverts de ces mites, qu’à peine pouvait-on introduire entre elles la pointe d’un couteau; elles s’étaient profondément enfoncées dans la chair de l’animal qui , enfin , continuellement sucé par cette maudite engeance, y succomba et se trouva si affaibli qu’il mourut dans de grandes douleurs. »

Divers auteurs ont parlé depuis lors de ces Ixodes américains; mais les espèces restent encore à distinguer convenablement.

G. K. Tréviranus a donné la description anatomique d’un Ixode du Brésil qu’il considère comme le JVigua ( Acarus americanus) (i).

M. J. Muller a publié aussi des détails sur une espèce qu’il nomme /. ophiophilus.

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