III. Pattes toutes grimpeuses ; thorax géné
ralement plus étroit que l’abdomen et distinctement séparé de lui ; abdomen à huit ou neuf segments. . ........... G. Hæmatopinüs.
Les auteurs n’ont pas étudié avec tout le soin qu’il aurait fallu y mettre les Poux des diverses races humai ne s , et ce que l’on sait à l’égard de ces animaux est relatif à une partie de la population européenne. II est encore dans notre continent des pays où les Poux de diverses sortes vivent sur l’homme avec autant de sécurité que le font leurs congénères sur les animaux mammifères. La même indifférence favorise l’Âcarus de la Gale, les Puces, les Punaises, etc.
On a décrit quatre espèces de Poux particulières à l’homme :
P. capitis , celui de la tête; P. vestimenti , celui du corps ; P. tabescentium , celui du phthriasis , et P. in guinalis, espèce désignée dans Geoffroy par le nom de
(1) Monogr . Anoplurorum Britanniœ ; in-8°. Londres, i8jri.
I5PIZ0ÏQUES.
Morpion , qui est celui quelle a reçu du vulgaire en France. M. Pouchet a supposé que le Pou de la têtedes nègres africains pourrait bien être aussi une espèce distincte. Nous parlerons plus loin de cette opinion.
Voici donc la présence des Poux , celle du moins des Poux de tête, constatée en Europe et en Afrique. Ils existent aussi , au rapport des voyageurs, dans les cheveux deslndiensasiatiques ou américains, etdansceux des habitants de la Nouvelle-Hollande. Labillardière a écrit depuis longtemps que les femmes, dans ces malheureuses peuplades, mangent les Poux qu’elles prennent sur la tête de leurs enfants (1). Les singes, et, dans certains autres endroits , des individus de notre espèce, les Hottentots , etc., ont aussi cette habitude. M. Martius, cité par M. Perty (2) , dit que les Indiens du Brésil ont rarement des Poux , mais que la vermine est fréquente chez les colons , dont la paresse et la saleté sont extrêmes. On voit quelquefois , ajoute-t-il , une mère refuser de marier sa fille , pour ne pas être privée , dans sa vieillesse , de l'occupation de chercher ses Poux. M. Justin Goudot nous apprend qu’ils sont rares chez les Indiens de la Madalena, en Colombie. Oviedo, l'un des premiers écrivains par lesquels on connut , en Europe, l’Histoire naturelle des pays conquis en Amérique par lesEspagnols , avait écrit cependant que, par le travers des Açores , les Poux disparaissaient sur lesEspagnols qui faisaient voileversPAmérique, etque, au retour, ceux-ci en étaient de nouveau attaqués dans les mêmes parages. Mais on sait bien aujourd’hui qu'il n'en est rien, et l'on admet aussi qu’il y avait des Poux
(i) Une tête en chair, de Tasmanien, rapportée au Muséum par M. F. Eydoux, avait beaucoup de lentes.
(•j) Deliciœ Insect. Brasil.
G. POU
en Amérique avant l’arrivée des conquérants espagnols. Il est vrai de dire qu’ils y étaient fort rares. M. Perty cite une relation déjà ancienne (1) , et dont on ignore Fauteur, dans laquelle il est question du petit nombre de ces parasites que les premiers visiteurs du Brésil virent dans ce pays ; et encore ces Poux , trouvés dans les couches des Indiens , sont-ils signalés comme plus semblables aux Pediculus in guinalis qu’à ceux de tête.
Pour ne pas nous écarter de la marche adoptée dans cet ouvrage , nous ne reconnaîtrons parmi les épizoïques du groupe des Poux que le seul genre adopté par De Géer, en le caractérisant d’après Nitzsch , et en indiquant toutefois , comme sous-genres , les subdivisions que les aptérologistes y ont établies depuis avec raison.
Genre POU. ( Pediculus .)
Tête de forme variable, globuleuse, elliptique ou en lyre ; sinciput tronqué et coupé en ligne droite , arrondi, aigu ou parabolique ; occiput arrondi , aigu ou envoyant une avance trigone sur le thorax.
Rostre rétractile caché sous la tête , formant une gaine tubuleuse molle dilatée au sommet, où elle est pourvue d’une double série de crochets , et contenant un tube corné, formé par quatre soies ; point de palpes ni de lèvre inférieure ; antennes grêles , de cinq articles (2) , le plus souvent égaux , quelquefois décroissants , le premier souvent épais , et le second plus long que les autres.
(1) Noticia Brazil., Cap. 121.
(2) Sauf dans le Pediculus eurygaster , qui n’en a que trois bien séparés.
ÉPIZ01QÜES.
Yeux très-petits, à chacun des côtés postérieurs delà tète, derrière les antennes , souvent invisibles.
Thorax petit , toujours plus étroit que l'abdomen , à segments indivis , pourvu de chaque côté d'un stigmate entre la première et la seconde paire de pattes.
Abdomen distinct du thorax , sauf dans les Fhthirius , à segments bien séparés , surtout latéralement. Sept, huit ou neuf segments ; leur surface pa pilleuse ou aciculée, présente de longues soies roides éparses- Toujours six paires de stigmates abdominaux.
Pieds semblables entre eux, grimpeurs; les antérieurs souvent plus petits, de meme forme que les quatre derniers (sauf dans les Phlhirius), mais à jambe pourvue au sommet entre sa dent et son articulation tarsienne, surtout dans les grandes espèces, d'une petite pelote, au moyen de laquelle le poil saisi par ces pattes est mieux retenu.
M. Burmeister fait remarquer que les stigmates abdominaux sont sur les six premiers segments quand l’abdomen est composé de sept articles , sur les six intermédiaires quand il en a huit, et sur le troisième et les cinq suivants lorsqu’il en a neuf. Tous ces stigmates sont orbiculaires et percés d'une petite ouverture à leur centre. Dans le Pediculus capiîis , de l’homme , ces stigmates sont bien évidents ; mais le stigmate thoracique peut être facilement confondu avec les deux papilles, portant une petite soie, qui existent sur le bord noir du thorax au-dessous des cuisses de la première et de la seconde patte; aussi pourrait-on croire, mais à tort, à la présence, chez cette espèce , de trois paires de stigmates thoraciques , bien qu'il n’y en ait qu’une comme chez les autres. Quant aux différences qui caractérisent le dernier anneau abdominal suivant le sexe, voici ce que M. Burmeister en dit : « Dans les mâles il est plus proéminent et arrondi, percé, à sa face supérieure, d’un grand pore qui est i’anus et dont on voit parfois sortir le pénis ; celui-ci est charnu et armé d’un ou de deux ongles cornés. Dans les femelles le segment terminal est profondément échancré, quelquefois comme
G. POU
bilobé; l’anus , s’ouvrant entre ces lobes et la vulve , est à la face ventrale , entre le dernier et l’avant-dernier segment ; celle-ci est avancée dans une pente arquée transversalement et pourvue bilatéralement de caroncules subcornées. L’accouplement ne peut avoir lieu que lorsque la femelle se place sur le dos du mâle. »
I. PEDIÇULCJS, Leach, Zool. Mise., III, 66.— Dermy, sinopl. B rit., p. 12.— Pediculus, partira, De Géer et auct.
Abdomen à sept segments ; physionomie du Poia de îà tête.
On na trouvé les espèces de ce premier groupe que sur Fhomme.