Mycetophila înigrâ
Myc. nigra , Haliday, in Gurtis, Prit, entom. , 417.
On n’a pas publié les caractères de cette espèce.
CARACTERES GENERIQUES
itères -Dicèrcs -Hexapodes et Mt/rutpodes. U
Noirci sc .
B or r ornée dir,
Puces - Glomeris
\ -.nWXVv
PuCeirritante.F.l bouche. PuCe dnChat.E 2 boucher. PuCC delaMarte.F Zituu a't'a/Æsfuax, GlomeriS marginale . E/pA la, Isa avec i l'antenne paucke. i\.V> les i/aac . Sphérotllère comprimé. F 5 /a tête avec l'antenne patudie . Spllérotllcro ponctué. F 6 mienne.
|| SpbcrOtlK'J'Clfcrcule'.splKTopc,/ F.7A antenne. J ¥> Ornes fui entourent le corys. J U le terrestre.F 8 A une an terne . 8 B Icare in/'P) Cane pave de yatanâ j Julc fspn'ol) o!e)d’ 01 fer s. F. pÀ une tuOeane. <) B lèvre 01/? ÿ C polies ansT Jalc ( spliéroçrchstej acutangle. F 10 A une antenne,. JO B k lare àtfdlQ (1 une pâtre depaUes ont? Joie ( spiropis ; Fischer. F 11 A une antenne. JlBh làtreznfd J J E pattes ant‘.c‘ Jule (spirosU'opej de Aba. F 12 A tète avec l'emlcrmeçaiuke . 12 B la lèvre enfrù\Z C paire de pattes exH -L3E dcua anneaux dttmènie vus par les cotés de ladtdomca. 12 II \pdujmaidotrunaIesdel'anneau. PolyclcnieappEti Y.\S> Kcinnaïuaveclespalles.'SbB itnanneatedumêmevusous kvenlre/. roiUaca/ÿurasMntjrrossùi,
THYSANOURES.
ORDRE III
THYSANOURES.
L’ordre des Thysanoures , dont le nom signifie queue frangée , a été établi par Latreille dès 1796 (IL sous la dénomination de classe, et placé entre ceux des Suceurs ( genre Pulex) et des Parasites ( Ricinus et Pediculus) , qui sont les plus voisins de ses Acéphales , depuis lors appelés Arachnides. Ils constituaient pour Fabricius une partie des Sjnistates . En 1806 (2) , Latreille leur conservait la même place que dans son premier ouvrage , mais il avait alors , à l’exemple de Lamarck, séparé les Insectes des Arachnides, et les Thysanoures furent pour lui des Insectes , tandis que pour Lamarck (3) , c’étaient des Arachnides. Plus tard, il crut (4) leur reconnaître plus d’affinités avec les Myriapodes qu’avec les Arachnides , et il les mit immédiatement après ceux-ci dans la série des Insectes. C’est aussi ce qu’il cherche à prouver dans un mémoire spécial qui a paru en 1832 (5). Mais on ne peut nier qu’en laissant, parmi les Thysanoures, les Podures et les Lépismes, on réunit des animaux
(1) Précis des caractères génériques des Insectes, p. i^3. En voici les caractères d’après Latreille : tête distincte, antennifère; bouche munie de mandibules , de deux mâchoires , de deux lèvres et d’anlennules sensibles.
(2) Généra Crust., I, i63.
(3) Système des animaux sans vertèbres , p. i83; 1801 ; et Hist, nat . des Animaux sans vertèbres .
(4) Règne animai , par G. Cuvier , t, III, p. j58; 1817; ett.IV, p. 339; 1829.
(5) De V organisation extérieure et comparée des Insectes de l’ordre des Thysanoures ; Nouvelles ^nn . Mus J, p0 *62 ; j832.
37 B THYSANOURES.
fort différents entre eux et fort différents aussi des Myriapodes.
Fabricius avait déjà rapproché les Thysanoures des Insectes de l’ordre des Névroptères, et c’est l’opinion que M. de Blainviile adopte , en les considérant comme des Névroptères anomaux, en ce sens, que restant Aptères, la physionomie de larves est définitive chez eux , tandis qu’elle n’est que passagère chez la plupart des autres espèces du même ordre. Les Thysanoures ainsi envisagées sont donc des Névroptères frappés d’un arrêt de développement, G’est ce que nous admettons parfaitement pour les Lépismes et genres voisins , mais il nous paraît impossible d’en dire autant , ou du moins dans le même sens , pour les Podures.
Le petit nombre des anneaux du corps des P od Lire! les les rapproche des Insectes épizoïques , et le reste de leur organisation diffère complètement de celle des Lépismes. Il serait donc plus convenable de créer à leur intention un ordre particulier parmi les Insectes hexapodes , dont le corps n’a pas le nombre normal d’anneaux. Nous laisserons à cet ordre des Podures et des Smynthures le nom de Podurelles , c’est-à-dire qui saute avec sa queue , puisque c’est là un de leurs caractères les plus généraux.
PODURELLES.
PODURELLES.
Les petits animaux articulés que De Géer et Linné ont fait connaître sous le nom de Podura (î), sont du nombre des espèces à pieds articulés , et ils ont ces organes ambulatoires au nombre de six. Ce dernier caractère et celui d’avoir les trois parties du corps {tête , thorax et abdomen) nettement séparées , les rapprochent des vrais Insectes avec lesquels ils ont aussi de commun leur respiration trachéenne. Ils sont également Dicères ou pourvus â'une seule paire d’antennes. Tous les Podures sont Aptères , et leurs deuxième et troisième anneaux thoraciques n’ont de rudiments d’ailes h aucun âge ni dans aucun des deux sexes. Ils ne subissent pas de métamorphoses, et leur corps , en y comprenant la tête , n’a jamais plus de dix anneaux , l’abdomen n’en ayant que six au lieu de dix, comme chez la plupart des autres Insectes. Chez certains Podures qu’on a nommés Smynthures , il n’en a même que quatre. La bouche des Podures a ses diverses parties rudimentaires , et paraît manquer de palpes ; dans le genr eAnoura , c’est un suçoir. Ges animaux forment une famille très-distincte, et à laquelle il est même assez difficile d’assigner rigoureusement sa place dans la série des Entomozoaires hexapodes. Le nom des Podures ^ changé en ceux de P o dur elle s , Poduriens , Podurides , etc., par divers auteurs , rap-
(î) Podura , De Géer, Mém., VII , i5. — Podureulæ, Lat., Généra Crust., I, i65. — Poduridæ , Rurm., Hàndb. der Jdntom., II, /|45. [t^oir p. 3q3 et suivantes pour les autres citations.)
PODURELLES.
pelle la présence presque générale chez eux d’un organe saltatoire qui existe plus ou moins près de la terminaison de leur abdomen, et consiste en un appendice médian et bi-parti qui se détend comme un ressort à la volonté de l’animal , et le lance à une hauteur qui souvent n’est pas moindre qu’un pied.
Ces Insectes sont aériens , mais ils aiment en général les lieux humides et ombragés. On les retrouve sur la terre, au-dessous des plantes herbacées , et ils y sont quelquefois en si grande abondance , qu’on les y croirait accumulés à plaisir. Ceux qui sont de couleur noire et qu’on trouve ainsi rassemblés par myriades sur le sol des jardins ou des bois, ont été comparés à de la poudre à canon. La terre paraît , en effet, au premier coup d’œil, avoir été couverte de cette substance dans un espace quelquefois assez grand. D’autres se réunissent ainsi sur la neige, et il en est , d’espèces également différentes, qui se tiennent sur l’eau , et répètent à sa surface un phénomène analogue à celui dont il vient d’être fait mention. Le froid n’a pas une grande influence sur ces petits êtres, et on en a vu revenir à la vie après avoir été congelés dans l’eau , sur laquelle ils vivaient. La sécheresse leur est fort contraire , aussi est-il fort difficile de les conserver vivants , si on ne les place immédiatement dans un vase clos , et dont l’air intérieur est très-chargé d’humidité. Cette précaution prise , on les garde souvent fort longtemps.
On trouve les Podures dans les lieux dont il vient d’être question , et souvent aussi dans les selliers ou les caves, sous les pierres , dans le vieux bois en pourriture et sous les écorces des arbres. Beaucoup sont stationnaires j quelques-uns se tiennent plus ou moins
PODURELLES.
isolés, et il en est qui sont, pour ainsi dire , erratiques; tels sont ceux qui courent souvent sur les fenêtres , sur les bureaux ou il y a des papiers, sur les tables , etc., et qui s'élancent assez loin et si lestement lorsqu'on veut les saisir.
La promptitude avec laquelle les Podures se dessèchent ou se racornissent, la constante décoloration que l'alcool leur fait subir, éloignent bien des personnes d'en collecter : ce sont , toutefois , des animaux fort intéressants, et les derniers travaux dont ils ont été l'objet , aussi bien que les détails curieux que De Géer avait publiés à leur égard , confirment cette assertion.
On en connaît présentement un grand nombre d'espèces; leur classification a même nécessité la distinction de plusieurs genres dont nous ferons l'histoire après avoir traité plus longuement de l’anatomie, de la physionomie et des principes de la classification des Podurelles.
ha forme générale des Podurelles offre des variations assez nombreuses , et qui ont , en général , servi à la distinction de ces animaux en genres. Sauf dans les Smynthures, le corps est toujours plus ou moins linéaire, souvent allongé, d’autres fois naviculaire seulement. Dans les Smynthures, au contraire , il est contracté , et comme globuleux, principalement dans sa partie abdominale, qui n’a même que trois ou quatre articles au lieu de six , comme dans les autres. Les segments du corps ne conservent pas toujours la même proportion, et le même segment peut être ou plus grand ou plus petit , suivant les genres chez lesquels on l'étudie : Six anneaux au plus pour l'abdomen,
PODURELLES.
trois pour le thorax, un pour la tête : les Fodures ont, comme on le voit, un moins grand nombre de segments au corps que n'en ont la plupart des autres Hexapodes. Toutefois, comme dans tous les animaux de la même classe , la tête, le thorax et l'abdomen sont bien distincts les uns des autres.
De la tête. La forme de cette partie est en générai celle d’un triangle équilatéral à angles très-émoussés , et dont le cou occuperait la base, et l’épistome le sommet C'est une sorte de boîte résistante, velue ou extérieurement écailleuse, et à laquelle on reconnaît la bouche et les appendices qui la servent, les antennes et les yeux. On n'y a point encore observé de trace de l’organe de l'ouïe.
Latreille, guidé dans ce cas par des vues inexactes et assez peu philosophiques , regardait , comme un | tâtonnement de la nature, comme un essai pour arriver à mieux , le peu de complication apparente de la bouche de ces animaux , au lieu d'y voir un fait en harmonie avec le genre de nourriture qui leur est destiné.
M. Bourlet distingue à la bouche des Podures :
1° un épistome paraissant arrondi ; 2° un labre membraneux , en carré long entier et caché; 3° des mandibules; &° des mâchoires ^ 5° un menton ovale; 6° une languette large, saillante, ciliée, à deux divisions, chacune de ces divisions quadrifides; 7° des palpes maxillaires et des palpes labiaux , mais seulement rudimentaires.
Pour M.Nicoîet, le genre qu'il nomme à tort Achorutes ( voy. Anoura ), manque seul d'appareil cibiaire; mais dans les autres Podures la complication serait moindre que ne l’admet Fauteur précédent. La
PODURELLES.
boucheest munie seulement, outre les lèvres supérieure et inférieure, de mâchoires et de mandibules assez fortes, quoique membraneuses , et qui permettent à ces animaux de se nourrir de matières un peu plus solides que celles dont les Ânoura font usage. C’est , en effet , d'après lui, de conferveset de matières végétales plus ou moins décomposées que vivent les Podures. Ces animaux n’ont rien montré qui ressemble à des palpes. Dans PAnoura , iî n’y a ni mandibules ni mâchoires visibles ; la bouche consiste en une trompe conique très-aiguë, dont l’ouverture est sur le cône , et si petite, qu’il est présumable que ces Insectes ne peuvent se nourrir d’aucune matière solide , et que l’humidité des vieux troncs d’arbres , sur lesquels on les trouve , est leur seule nourriture.
Les antennes des Podurelles ont habituellement quatre articles ; plusieurs genres de cet ordre, qui sont dans ce cas, se distinguent entre eux par la proportion de ces articles. Dans le genre Macrotoma ou Tomocerus , le troisième et le quatrième sont décomposés en un un nombre considérable de petits anneaux et filiformes , ce qui leur donne une grande analogie avec les antennes des Lépismes. Les articles conservent la forme habituelle dans les Orcheselles , mais il y en a toujours plus de quatre , et quelquefois jusqu’à sept. D’autres Podures ont aussi plus de quatre articles. La longueur des antennes varie. Les Macrotomes sont ceux qui les ont les plus longues , et quelquefois plus ou moins volubiles en spirale. Les antennes n’ont point d’écailles 5 elles sont toujours plus ou moins velues et sont souvent en mouvement.
Les yeux sont des ocelles groupés de chaque côté de la tête en arrière des antennes. Ils sont fort dif-
PODURELLES.
ficiles à bien voir, et cependant on s’en sert pour caractériser ies genres ; leur nombre , et leur disposition offrant quelques variations. D après M. Nicolet, il y en a tantôt six , tantôt sept, tantôt huit par groupe; M. Bourlet en admettait six ou huit. Le premier de ces observateurs en a trouvé quatorze par groupe dans le Podura funetaria de Linné.
Du thorax. On n’y voit aucun rudiment d’ailes. Ses trois articles ne sont pas également grands , et en général, le premier ou prothorax semble manquer, son arceau inférieur étant presque nul. Les Anoura , Achorutes et Lipura ont cependant un prothorax bien visible en dessus. Le mésothorax est généralement grand, et chez certaines espèces ( Lepido cyrthus ou Cjphodeirus ) , il offre une saillie antérieure qui s'avance au-dessus de la tête. Â chacun des anneaux du thorax s insère une paire de pattes. Cellesci sont velues , plus ou moins courtes , ambulatoires , sub-égales et composées de cinq parties : hanche, trochanter, cuisse, jambe et tarse. Celui-ci n a qu’un seul article à deux griffes.
De U abdomen. Il est composé de six articles à peu près égaux dans ies espèces qui sautent peu ou point du tout. Dans les Lepidocyrtus , le quatrième est le plus considérable. Les Degeeria et Orchesella sont aussi dans ce cas. Bans les Macrotoma , c’est le troisième. Les Smynthures font encore exception sous ce rapport. Ils n’ont que trois segments abdominaux.
L "anus est percé dans le dernier segment , qui est composé de trois pièces placées l’une en dessus , et les deux autres en dessous de cet orifice. Le seul genre Anoura a l’anus ouvert en dessous du dernier segment et non à son extrémité; la pièce supérieure
PODURELLES.
est alors plus grande et plus avancée, et elle porte en outre deux forts tubercules. Dans les Lipura , l’anus est déjà plus infère que dans les autres Podures.
À propos de l’abdomen , nous devons aussi parler des trachées j de l’appareil saltatoire , du tube gastrique , des filets gastriques , de la fourchette et des épines terminales.
Les ouvertures trachéennes , ou stigmates , ont été découvertes par M. Nicolet. Cet excellent observateur en a reconnu huit ? placées par paires sur les arceaux supérieurs des quatre premiers segments de l'abdomen. La couleur de leur péritrème, qui est la même que celle du corps de l’Insecte, rend très-difficile de les apercevoir. Leur forme est lunulaire , et ils occupent le milieu de chacun des bords des arceaux indiqués ci-dessus , mais à une distance de ce bord égale au septième environ du diamètre transversal de l’Insecte. Outre ces ouvertures, les trois premiers segments abdominaux ont aussi offert à M. Nicolet quatre points enfoncés, ronds, extrêmement petits et disposés de manière à former, au milieu de chaque segment, un parallélogramme plus ou moins allongé, selon l’espèce ; ces points , à cause de leur proximité des petits vaisseaux qui semblent dépendre des trachées , sont regardés par M. Nicolet comme étant peut-être aussi des stigmates 5 mais une nouvelle observation lui paraît nécessaire avant que cette manière devoir soit adoptée définitivement.
De Géer a signalé dans les Podures , à la face inférieure du commencement de l’abdomen , un organe singulier dont l’usage inconnu de ce savant observateur l’est aussi de ceux qui ont étudié depuis lui ces Insectes. C’est le tube gastrique de M. Bourlet. De APTÈRES, TOME HT. 9,5
PODUR ELLES.
Géer Payant vu sur des espèces aquatiques , avait supposé, mais sans i affirmer cependant , que cet organe , qu’il compare à un stigmate, est fait « pour pomper ou pour attirer dans le corps Ihumidité de l’eau. » C’est comme si , ajoute-t-il, la Podure respirait l’eau ou sa vapeur par la fente de cette partie.
Latreille , d’après ses observations sur le Podura aquatiqua , considérait cet organe comme celui de la reproduction , mais c’est ce que n’ont pas admis ses successeurs. De Géer avait déjà écrit : « Comme je trouvais une telle partie à toutes les Podures aquatiques que j’examinai , et parmi lesquelles il s’est, sans doute , trouvé et des mâles et des femelles , je ne pouvais la regarder comme destinée à la génération. » La forme n’en est pas la même dans toutes les espèces. C’est un simple tubercule fendu au milieu etstigmati forme dans les genres Anoura , Lipura et Achorutes ; dans les autres il s’allonge, prend une forme cylindrique et se termine par un gros bouton bilobé et rétractile. Son incision terminale est peu profonde. D’après les observations de M. Nicoîet , chaque lobe terminal du tube gastrique a la facilité de se gonfler, ou plutôt de s’allonger en s’étendant latéralement , de manière à faire à peu près disparaître l’incision. Dans les S ni y nth ure s , la longueur que ces filets gastriques peuvent atteindre en se développant ainsi , égale, à peu de chose près , celle des pattes ; ils sont blancs , demi-transparents et continuellement invisqués par une humeur visqueuse et abondante , fournie par de petites glandes fort nombreuses et disposées régulièrement sur toute leur surface. Les Smynthures peuvent diriger ces filets dans tous les sens , les étendre ou les rouler en spirale , et les faire sortir simultanément ou alternativement de l’organe tubuliforme qui les porte.
PODURELLES. 38y
M. Nicole! considère cet organe comme aidant à la locomotion.
De Géer, sans signaler l’analogie de ces filets des Smynthures avec le tube gastrique des autres Podures, leur reconnaissait, comme le fait M. Nicolet , un emploi dans l’acte de la station. « Ces filets , qui sont, dit-il, arrondis au bout et presque de la longueur de
tout le corps , sont lancés avec force et vitesse hors de la partie cylindrique, l’un d’un côté, l’autre de l’autre , et cela uniquement quand la Podure a besoin de s’en servir, après quoi , ils rentrent dans le court tuyau cylindrique comme dans un étui , et en meme temps dans eux-mêmes, de la manière que les cornes des Limaçons rentrent dans leur tête.
» C’était au travers des parois transparentes du poudrier, où mes petites Poclures étaient renfermées 9 que je vis ce phénomène curieux, et que je découvris en même temps l’usage de ces filets cylindriques. Quand la Podure marchait contre les parois du poudrier, il lui arrivait souvent de glisser ; c’était comme si les pieds lui manquaient , de façon qu’elle était sur le point de tomber; dans l’instant même , les deux filets parurent et furent lancés avec rapidité hors de leur étui , s’attachant dans le moment au verre par la matière gluante dont ils sont enduits , en sorte qu’alors la Podure se trouvait comme suspendue à ces deux filets , au moyen de quoi elle eut le temps de se raccrocher de nouveau avec les pieds, après quoi les filets rentraient tout de suite dans leur étui. Peut-être que la Podure après avoir fait un saut , se sert encore de ses filets pour se fixer promptement à l’endroit où elle vient de retomber ; mais je ne donne cette dernière idée que comme une conjecture. »
PODURELLÈS.
Les Podures autres que les Smynthures ne paraissent pas posséder ces îoDgs filaments , mais leur tube ou plaque gastrique est considérée comme ayant le même usage. M. Bourlet donne à l’appui de cette manière de voir : i° qu'il sert à ces Insectes à se maintenir sur les surfaces perpendiculaires en y faisant le vide; 2° que le liquide excrété par lui sert à humecter la queue et la rainure ; 3° qu’il supplée à la faiblesse des pattes dans les chutes qui suivent les sauts.
M. Bourlet appelle fourchette , chez les Podures , une autre partie plus petite que le tube gastrique et soudée au fond de la rainure sous-abdominale, à peu près à égale distance de ses deux extrémités. Cet appendice, dont la couleur est toujours blanche , paraît composé de deux pièces. La première un peu comprimée d’avant en arrière, peu mobile, s’articule avec la pièce supérieure , laquelle est rendue bifurquée par deux filets sétacés et élastiques. La fourchette, quand on l’examine, est toujours perpendiculaire à l’axe du corps , mais on conçoit qu elle ne peut rester ainsi quand la queue occupe la rainure ; elle s’incline alors en arrière, puis , redevenue libre par l’extension de la queue , son élasticité lui fait reprendre sa position primitive.
La queue ou l’appareil saltatoire a été l’objet des descriptions de De Géer et Latreille , et de MM. Templeton , Bourlet et Nicole!. Disons d’abord qu’elle manque dans les Anonra et les Lipura. Dans les Achorutes , elle est peu considérable encore ; elle s’insère sous le quatrième segment , c’est-à-dire sous l’anté-pénultième , et non au bord postérieur de l’avant-dernier ou cinquième. Delà le nom d 'ffypogastrura que M. Bourlet propose pour ces animaux ; un
PODURELLES,
petit creux antérieur marque l’endroit où la partie dont il s'agit se place lorsqu’elle n’est pas détendue. La queue des Achorutes est d’ailleurs petite , et elle ne se prolonge que peu ou point au delà de l’abdomen.
Dans les autres genres , la queue est plus ou moins longue et un peu variable de forme, suivant les espèces. Elle est toutefois composée de deux parties bien distinctes : la base ou lige et les filets , et reployée avant le saut dans une rainure des arceaux inférieurs de l’abdomen. Le rapport de la longueur des filets à celle de la tige varie dans quelques cas. Quand les Podures sont morts , l’organe est habituellement détendu et visible en arrière de l’abdomen. Pour faciliter l’observation, 011 peut obtenir l’immobilité des Podures et de beaucoup d’autres petits animaux , sans cependant les tuer, en chargeant de vapeurs d’éther le petit espace creux et fermé de l’objectif qui les retient sous le microscope. M. Bourlct donne trois pièces à la tige caudale , toutes trois enveloppées par une membrane et mues par des muscles très» puissants. Deux de ces pièces sont parallèles , distinctes l’une de l’autre près des filets, mais séparées dans l’Insecte de leur étendue par une simple rainure. D’après le même observateur, on voit à Fopposite du sillon moyen , à l’intérieur, une cote arrondie, saillante à sa base, allant en s’abaissant et s’effaçant peu à peu au-dessous de la bifurcation : c’est la troisième pièce de la tige ; l’auteur cité la compare aux filets qui terminent l’abdomen des Lépismes, mais comme il l’a fait remarquer depuis, les filets des Lépismes partent de l’arceau supérieur, et ces trois pièces naissent de l’arceau inférieur. Quant aux filets sétacés qui forment la fourche de la queue des Podures , ils
PODURELLES.
sont uni-articulés, sauf chez les Smynthures , qui les ont bi-articulés.
Les crochets ou épines terminales se voient postérieurement au bord supérieur du dernier arceau abdominal ; leur direction est redressée et un peu divergente. On les connaissait chez les Lipura ou Onychiurus , qui leur doivent ce dernier nom , et M. Nicolet en a trouvé aussi sur deux espèces du genre jlchorutes de M. Temple ton.
Des poils et des écailles . La peau des Podures est généralement assez consistante, surtout chez les espèces qui jouissent d’une grande activité ; elle est plus molle chez celles qui sautent peu ou dont la marche est le seul mode de locomotion. Trois couches superposées la constituent chez les unes et les autres : Y épiderme, dont l'animal se dépouille à chaque mue, la matière muqueuse ou le pigment , et le derme.
On remarque à sa surface tantôt des poils plus ou moins nombreux , tantôt des écailles fort semblables à celles des Lépismes , quelquefois des poils et des écailles simultanément. La forme de ces deux sortes d'organes varie d'espèce à espèce , d’individu à individu, dans une même espèce, ou même d’un point à un autre, dans le même individu.
De Y organisation interne. Ce que nous avons rapporté des idées de La treille, à l’égard du tube gastrique qu’il supposait être l'orifice de l'appareil génital, a déjà fait supposer que nous n'aurions rien à dire de positif sur les organes génitaux des Podures, et, en elïet , personne n’a indiqué leur véritable nature. Ce que I on connaît de leurs organes nutritifs et d'innervation n’est même acquis à la science que depuis les travaux de M. Nicolet.
PODURELLES.
Le tube digestif, étudié dans le Podura similata , est droit et partagé en cinq parties : X œsophage ; le jabot , qui n’est qu’une dilatation médiocre de ce dernier ; X estomac ou ventricule chylifique, dont la longueur égale trois fois celle du jabot et de l’œsophage ; Xintestin grêle , à peu près grand comme le jabot, et le rectum , appelé , par inadvertance , sans doute , cæcum par M. Nicolet; il est un peu plus long que l’intestin grêle. Au point où l’estomac va déboucher dans l’intestin , sont des vaisseaux hépatiques libres par une de leurs extrémités, tubuleux, sans renflements , et dont l’auteur cité porte le nombre à six en trois paires.
Les trachées ne sont pas en grande abondance.
Quant au fluide sanguin , il est transparent et d’un jaune d’ambre très-clair. On en voit dans toutes les parties du corps , et les globules qu’il renferme font reconnaître ses mouvements. Ces globules qui , du reste, paraissent ne pas exister toujours , sont sphériques ou ovoïdes. Le mouvement du sang a pour centre d’impulsion le vaisseau dorsal, qui s’étend sous la peau médiane du dos depuis la tête jusqu’à l’extrémité postérieure du corps, son extrémité antérieure s’infléchissant pour entrer dans la tête La circulation peut être interrompue sans que l’animal périsse.
Le système nerveux se compose , dans les Smynthures du moins , du cerveau ou ganglion sus-œsopliagien donnant naissance aux nerfs des yeux ; du ganglion sous-œsophagien en rapport avec le précédent par les deux branches latérales du collier ; d’un ganglion thoracique en rapport avec le ganglion précédent par deux filets de communication et d un ganglion abdominal placé dans le plus gros des anneaux et donnant, outre des nerfs latéraux comme les gau-
rODURELLES,
gîions sous-œsophagien et thoracique, des nerfs postérieurs assez longs et au nombre de trois principaux.
Génération . De Géer avait déjà vu les œufs des Podures , et M. Nicolet a récemment indiqué leurs caractères avec soin. C'est donc à tort que M. Boude t a écrit que Foviparité de ces animaux lui paraissait « une chose pour le moins douteuse.» Leurs œufs sont, il est vrai, fort petits. On les trouve sous les écorces d'arbres , dans la mousse , etc. Avant la ponte , iis ont une vésicule germinative , et , dans Foviducte , leur vitelîus se couvre d’une couche d’albumen. La nature de leur coque varie ainsi que sa dureté. Habituellement sphérique , elle est lisse chez les uns, réticulée chez d’autres , et plus ou moins villeuse ou hérissée de petites épines chez un certain nombre. Une douzaine de jours après que la femelle les a déposés , le petit en sort , et quoiqu'il n’ait pas de véritable métamorphose à subir, il diffère néanmoins des adultes par sa tête plus trapue et d’aspect tout à fait ovoïde. Les mues qu’il éprouvera bientôt ne tardent pas à lui faire perdre ce caractère ; elles changent aussi plus ou moins ses couleurs.
Nourriture. Elle consiste en débris de matière végétale , et même , d’après M. Bourlet , en humus , ou plutôt des petites molécules organiques vivantes ou mortes qui s’y trouvent. Avec un peu de terreau , mais en prenant les précautions dont il a déjà été parlé , on peut conserver plus de trois mois des Podurelles.
Peu d’auteurs se sont occupés de ces Insectes , mais ils ont fait à leur égard des travaux importants , que
PODÜRELLES.
nous devons surtout analyser, sans cependant omettre de citer comment les principaux méthodistes ont envisagé le groupe entier.
De Géer est le premier auteur que nous ayons à citer dans l’historique relatif à la famille desPodures. Il avait été à peine question de ces animaux , lorsqu’on 1740 , il publia , dans les Mémoires de l’Académie royale des sciences de Suède , et antérieurement dans ceux de la Société d'Upsal (1), le résultat de ses recherches à leur égard. Dans un des Mémoires du grand ouvrage publié après sa mort (2) , il revient assez longuement sur ce sujet. Le nombre des espèces décrites et figurées , dans ce troisième travail , est de sept ; une deuxième section de ses Podures , celle des espèces à antennes coudées et multi-articulées , correspond au genre que Latreille a plus tard appelé Smynthurus.
Voici le nom des espèces de la première famille ou section des vrais Podures signalées par De Géer :
Podura arborea nigra.
Podura arborea grisea.
Podura aquatica nigra.
Podura aquatica grisea.
Podura plumbea.
Podura ambulans .
Linné (3) et Geoffroy (4) ont aussi indiqué plusieurs espèces de Podures, mais en donnant à leur égard moins de détails que ne le faisait De Géer. Les espèces reconnues par Geoffroy sont au nombre de dix. L’édition du Systemanaturæ , éditée par Gmelin , en signale trente et une.
Les détails relatifs aux Podures que nous trouvons dans les successeurs de ces trois célèbres naturalistes sont une simple reproduction , souvent même une abréviation de ce que ceux-ci avaient publié, et c’est à peu près aussi le cas des ouvrages classiques de Fabriciuset de Latreille. Lesfaunistes, sauf Muller, Raccordèrent pas plus d’attention aux Podures. Mais on trouve,
(1) Acta soc. IJpsal. ; 1740. — Acta acad. scient . Suec. ; 174L
(2) Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes , VII, p. ï5,|3g? pl. 2 et 3 ; 1778.
(3 ) F auna suecica , éd, 2e.
(4 ) *Xns. des env» de Paris , t. II; 1762.
PODURELLES.
néanmoins , dans un des derniers travaux de Latreille , quelques ébauches relatives aux Insectes qui nous occupent , et qui commencèrent à rappeler sur eux l’attention des observateurs actuels. *■
En effet , depuis ce dernier travail du célèbre entomologiste français , trois naturalistes ont fait , au sujet des Podurelles , des observations importantes , et qui ont mis cette partie intéressante de l’histoire des Insectes au niveau des mieux étudiées. Nous voulons parler de M. Templeton , qui a étudié en Irlande ; de M. l’abbé Bourlet, dont les recherches portent sur les Podures du département du Nord , et de M. H. Nicolet , qui a fait connaître ceux des environs de Neuchâtel, en Suisse. Ces trois importantes monographies , principalement la dernière, vont nous occuper d’une manière plus spéciale, et c’est surtout aux détails qu’elles fournissent que nous emprunterons , fort souvent textuellement, ce que nous aurons à dire plus bas des espèces qu’on y fait connaître.
Outre qu’ils décrivent un assez bon nombre d’espèces nouvelles , MM. Templeton , Bourlet et Nicolet s’occupent aussi de la répartition méthodique des Podures en genres ; les deux derniers donnent aussi de fort bons détails sur l’anatomie et la physiologie de ces petits animaux. Nous devons seulement reproduire à présent le tableau de la classification suivie par chacun d’eux.
M. Templeton (1) admet trois genres de Podurelles, dont deux portent des dénominations nouvelles (Orchesella et Achorütes) ; il décrit aussi plusieurs espèces nouvelles d’Irlande ; mais il en sera question plus loin.
M. Bourlet (2), qui ne connaissait pas le travail précédent, fait cinq genres de Podures. En voici les caractères :
Espèces couvertes d' écailles.
Antennes longues, de trois articles, le dernier beaucoup plus long que les autres ; yeux formés de six ocelles. . . . Macrotoma, Bourl.
Antennes courtes , de quatre articles; huit ocelles Lepidocyrtijs, Bourl.
(1) Trans . enlom. soc. Lond I , i S3 4 •
(2) Mémoire sur les Podures , 1889; in-8° de 41 2 P- et 1 pb Extrait des Mèm . de la soc. r. des sc.} d’agric. et des arts de Lille.
PODURELLES.
Espèces sans écailles.
Antennes de longueur moyenne , variant de deux à cinq articles inégaux ; six ocelles Heterotomà , BourU
Antennes courtes , constamment de quatre articles à peu près égaux entre eux; six ou huit ocelles Isotoma , Bourh
Antennes très-courtes , de quatre articles; corps noir, fort petit; organe du saut attaché sous le ventre , et non
à son extrémité; sans ocelles. . . . . HYPOGASTRüRus,Bourl.
Dans le travail du même auteur, on trouve, en outre, des caractéristiques d’espèces dont la plupart sont nouvelles , ainsi que des renseignements anatomiques et physiologiques qui témoignent d’nne grande connaissance de ces animaux.
Depuis lors , M. Bourlet a publié (1) dans la description d’un nouveau genre de la même famille sous le nom d 'Adicranus pourleP. fimetaria , et en 1843, un nouveau travail (2) exposant
(1) Revue zoologique par la Société cuvierienne.
(2) Mémoire sur les Podurelles , dans ceux de la Société royale de Douai; i843.
M. l’abbé Bourlet termine son second travail par un Précis chrono » logique pour lequel nous lui avions donné , lors de son passage à Paris , quelques renseignements , et c°est son mémoire , mais surtout celui de M. Nicolet , que nous ne connaissions alors que par le trèscourt extrait du Bulletin de Genève , qui nous a provisoirement fait suspendre la monographie que nous avions entreprise des Podurelles de Paris. Nous avions déjà, en 1841, fait graver les deux planches de Thysanoures qu’on voit dans l’Atlas de cet ouvrage ; nous les avions même communiquées à plusieurs entomologistes , et nous avions fait parta M. Bourlet de notre étude du P. ambulans ; nous lui indiquâmes même cette espèce comme type de notre genre Onychiüros , genre auquel il a depuis lors donné le nom d ' Adicranus. Il est vrai que M. Bourlet ne parle pas de ce que nous lui avons dit. Plusieurs naturalistes ont le tort de ne se croire engagés qu à l’égard de ceux qui ont publié par la voie de la presse , et ils regardent les communications orales ou par correspondance comme non avenues ; mais puisque M. Bourlet cite à la page 63 de son Précis le même P. ambulans ou fimetaria comme type du genre Lipura de M. Burmeister, dénomination qui a l’antériorité sur la mienne , pourquoi lui donne-t-il un nom nouveau ?
PODURELLES.
de nouvelles observations faites par lui , et celles qu’il avait d’abord publiées ; mais il ne s’y montre pas constamment fidèle aux règles ordinaires de la synonymie : il est même difficile d’établir une concordance réelle entre les premières observations de cet auteur et les secondes. C’est , à propos de ce travail , que M. H. Lucas a lu, en 1843, devant la Société entomologique , une longue note critique insérée dans les Annales de cette société, note à laquelle nous renvoyons , faute d’avoir pu suffisamment en profiter, à cause de l’époque récente de sa publication.
Voici le tableau que M. Bourlet donne de la classification des Podurelles dans son second Mémoire :
Espèces couvertes d’écailles.
Antennes longues , de trois articles , le dernier beaucoup plus long que les
autres. . ï6r Genre , Màcrotomà.
Antennes courtes , de quatre articles. . * 2e Genre , Lepidocyrtus.
Espèces sans écailles.
Un organe saitatoire.
! Antennes de longueur moyenne, variant de deux i à cinq articles inégaux. .
! Antennes courtes , con- Istamment de quatre arti- \ clés à peu près égaux. .
Antennes très-courtes , de quatre articles , organe saitatoire attaché sous le ventre , et non à Ison extrémité . .
Point d’organe saitatoire. . . .
3e Genre, Ætheogerus.
4e Genre , Podürâ.
5e Genre , Hypogastrura, 6e Genre, Adicranus.
Antérieurement au premier travail de M. Bourlet , c’est-àdire, en 1835, avait paru le deuxième volume de l’excellent Manuel de M. Burmeister (1). Les Thysanoures , formant une tribu des Gymnognatha, qui comprennent les Mallophages, Orthoptères , Dermoptères , etc., ont pour première famille les
ï) Jfandb, der Entomologie , If, 44^-
Podures nommés Poduridœ. Ceux-ci sont subdivisés en cinq genres , dont voici le tableau :