‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 596 sur 1156 · III. POLYDESMIDES · texte numérisé non relu

III. POLYDESMIDES

La famille des Monozonies de M. Brandt répond à l’ancien genre Polydesmus de Latreille, ei paraît devoir comprendre aussi les Crcispedosoma de Leach et les P Icity desmus de M. Lucas , quoique ceux-ci aient les segments du corps un peu plus nombreux et soient pourvus d’yeux, tandis que les Polydèmes en manquent. Nons y ajoutons le nouveau genre Oniscodesmus et celui des Cyrtodesmus. Celui-ci diffère moins des vrais Polydèmes que le précédent. M. Brandt y place aussi les Pollyxènes, dont nous avons traité précédemment. Le principal caractère des Polydesmides est d’avoir les segments résistants, formés d’anneaux complets et non décomposables, comme ceux des Iules et des Gloméris , en plusieurs parties élémentaires. Ces segments sont toujours plus ou moins carénés bilatéralement dans leur première moitié , ou bien ils sont moniliformes ; rarement ils affectent la forme cylindrique 5 leur nombre est moindre que celui des Iules, et plus considérable que chez les Gloméris. Les pieds sont, par conséquent, moins nombreux que chez les Iules : leur nombre le plus ordinaire est trente et une paires chez les femelles et trente chez les mâles, dont la première paire du septième segment est remplacée par une paire d’appendices copulateurs. Les yeux manquent presque constamment.

Les genres que nous rapportons à cette famille sont les suivants :

(i) Monozonia, Itrandt, Bull. nat. Moscou , t. II, p. 63. — Id., Recueil, p. 36. — Pol\desm:idæ, J. E. Gray, in Jones, Cyclop. of anat . and Phys., t. III, p. 546. — P. Gerv., Ann. sc. nat., 3e série, t. II, p. 63.— Newport, Trans . linn. .sec,, t. XIX, p.

DIPLOPODES.

Oniscodesmus ,

Cyrtodesmus ,

Poly desmus ,

Craspedosoma .

Platy desmus

Les trois premiers pourraient former une tribu distincte des deux derniers qui ont aussi des caractères assez particuliers.

Genre ONISGODESME. Oniscodesmus.

Corps de forme oniscoïde, c’est-à-dire convexe au dos , avec les carènes des anneaux tombantes en dehors, cachant les pattes et donnant aux côtés de l’animal une apparence serratiforme occasionnée par le prolongement angulaire postérieur de chaque anneau. Anneau préanal petit, obtus, saillant faiblement entre les deux éminences postérieures , également obtuses de l’anneau pénultième; vingt segments 5 vingt-huit paires de pieds; point d’yeux.

Oniscqdesme cloporte ( Oniscodesmus oniscînus).

(PI. 44 , fig. 4.)

Corps onisciforme ; bord inférieur des carènes en angle aigu , dentiforme; une série de tubercules ponctiformes subparalléîogrammiques à leur bord postérieur; couleur brun clair; longueur 0,015.

Onisc. onisc., P.Gerv. et Goudot, Ann. soc. entom. de France , 2e sér., t. II, p. xxviii — P. Gerv., Ann. sc. nat., 3e série, 1. 1, p. 64, pl. 5, fig. 7-9.

Du sommet des Andes colombiennes par M. Justin Goudot.

Cette espèce est de couleur brune, de forme oniscoïde, c’est-àdire convexe au dos, avec les carènes des anneaux tombantes en dehors, cachant les pattes, et produisant une disposition serratiforme par le prolongement angulaire postérieur de chaque anneau. L’anneau préanal est petit, prolongé faiblement en ar-

POLYDESMIDES.

rière en une saillie médiane obtuse et aplatie située entre les éminences angulaires postérieures également obtuses de l’anneau pénultième ; les deux angles de l’antépénultième sont au contraire aigus, et ils arrivent jusqu’au niveau de ceux du segment préanal ; le bord postérieur de chacun des anneaux montre une série unique de tubercules plus ou moins parallélogrammmiques dont les saillies donnent quelquefois à l’anneau lui-même une apparence dentée, surtout en dessous. Les anneaux rappellent jusqu’à un certain point la disposition de ceux des Myriapodes pentazonés. On reconnaît en effet à la face supérieure de ces anneaux, dépassée ici par la carène bilatérale comme elle l’est chez les Gloméris, deux paires de lames, l’une interne et l’autre externe, joignant celle-ci à lacarèhe, l’externe plus considérable que l’interne ; mais les diverses parties ne sont pas séparées entre elles comme elles le sont chez les Glomérides, et l’anneau reste, comme chez les Polydesmides, réellement monozoné.

Le premier anneau du corps ne se compose, comme d’habitude, que de son arceau supérieur, qui est scutiforme, subellip- ! soïde, presque droit à son bord antérieur, un peu concave au postérieur et curviligne obtus bilatéralement. 11 y a, sans compter ce premier arceau qui rappelle le collier des Glomérides, dixneuf anneaux entre la tête et l’anus , et les pattes , qui ne sont pas comprimées comme chez ces animaux , sont au nombre de vingt-huit paires.

La tête a son chaperon rectiligne ; elle manque d’yeux et de fossette auriforme.

Les antennes ont sept articles, dont les deuxième, troisième et quatrième sont les plus longs et subégaux entre eux ; les autres, c'est à-dire le cinquième et le sixième, étant plus courts et à peu près égaux entre eux , le septième , au contraire, plus petit et en bouton. Les derniers articles des antennes sont plus épais que les premiers, et la forme générale de ces appendices est en massue fusiforme. Leur longueur égale à peu près la largeur de la tête. Segments du corps sont marqués en dessus d’une série postérieure de tubercules ponctiformes.

VOniscodesmus oniscinus , ressemble d’une manière remarquable par son faciès aux Crustacés isopodes de la famille des Cloportes, et cette analogie apparente lui a valu le nom sous lequel nous le décrivons.

Un autre exemplaire du genre Qniscodesmus , également dû

à M. Goudot et maintenant déposé à la collection du Muséum, a les tubercules beaucoup plus aplatis et en fortes guillochures en forme de carrés longs sur la moitié postérieure des segments, qui est séparée de l’antérieure par une ligne transversale. Il a vingt segments , en comprenant le premier qui est plus petit que le second , comme dans les Gloméris , et le préanal qui est petit et dont la saillie postérieure se voit, comme nous l’avons dit plus haut , entre les deux carènes de l'antépénultième. La couleur est brun ferrugineux en dessus , pâle en dessous. C’est cet individu qui a été figuré entier à la fig. 4 de notre planche. Il est du sexe mâle. On voit une paire de forcipulescopulatrices à la place de la première paire de pieds du cinquième segment, caractère qui rapproche cette espèce des Polydèmes avec lesquels nous le plaçons, et l’éloigne au contraire des Gloméris.

Genre CYRTQDÈME. Cyrtodesmus (1).

Anneaux fortement carénés à carènes tombantes , coupées en lignes convexes en avant, échancrées en arrière près de leur insertion ; carène latérale du second article grande, arrondie et aliforme; anneau préanal en quart de sphère, entier à son bord postérieur, cachant, comme chez les Gloméris, les valves ou écailles anales. Corps assez allongé , un peu concave en dessous; pattes cachées par les carènes latérales. Apparence générale des Polydèmes, sauf une certaine analogie avec des Gloméris allongés ; point d’yeux.

Ce genre, dans lequel nous ne connaissons encore que deux espèces, pourrait être considéré comme une simple division des Polydèmes , avec lesquels il a une grande affini lé ; mais nous avons cru devoir Feu distinguer, parce que sous certains rapports il tient encore des Gloméris. Telles sont la disposition des carènes la-

(i) Kvprhç , convexe; c hs-poc, segment.

POLVDESMIDES.

térales et surtout la forme de l’anneau préanal, qui ressemble à celui de ces Myriapodes, quoiqu’il soit proportionnellement moins grand. Les Gyrtodèmes ont le corps plus allongé que celui des Gloméris, et, par l’ensemble de leurs caractères, ils appartiennent bien à la famille des Polydèmes. Ils mériteraient bien mieux le nom de P. gloméridiformes que ceux du groupe des Fontaria , auxquels nous l’avions appliqué avant qu’on les eût découverts.

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