‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 661 sur 1156 · Cambala laiteux. ( Cambala lactarius · texte numérisé non relu

Cambala laiteux. ( Cambala lactarius

Corps cylindrique brun en dessus avec une bande dorsale rousse et une autre obsolite de chaque côté ; dessous blanc jaunâtre ; des lignes saillantes sur tous les segments; antennes brunrouge ; yeux triangulaires, g> uniformes, noir foncé.

D’après Say, celte espèce vil à terre ; elle n'est pas rare et quand on l’irrite elle sécrète par chacun de ses pores latéraux une goutte blanchâtre qui répand une odeur extrêmement désagréable.

Remarques sur les genres Cambala et Spirostrephon. — Say a publié dans 1 eJourn. deV Acad, des sciencesnalureUes de Philadelphie Sa description d’une espèce de Myriapode del’Amériqueseptentrioriale, qu’il nomm clulus lactarius. MM. J. E. Gray et Jirandt ont fait de ce lulus lactarius le type du genre nouveau qu’ils nomment Cambala Gray) et Spirostrephon (Brandt), et cependant ils ne s’accordent pas sur le caractère qu’ils attribuent aux yeux de l’animal décrit par chacun d’eux : M. Brandt les donnant comme disposés en triangle , ce que fait également Say, et M. Gray disant qu’ils sont en série linéaire de chaque côté de la tête. Cette seconde assertion a été confirmée par l’observation attentive de M. Newport.

Nous avons reproduit plus haut ce que Say dit au sujet du/w?ws lactarius ( lococilato , t. II, p. 104).

M. J. Ë. Gray a figuré sous ie nom de Cambala lactarius , dans l’édition anglaise du Règne animal de G. Cuvier, publiée par Griffith (pl. 135, fig. 2), un Myriapode dont il n’a pas donné de description complète.

IfJLIDES.

En 1837, nous considérions les Cambala, d’après la figure donnée par M.Gray, comme des « Platyules dépourvus d’yeux, » et nous les rangions , avec quelque doute néanmoins, à !a suite de ceux-ci , en en faisant le dernier genre de l’ordre des Diplopodes.

En 1840, M. Brandt publia, dans le Bulletin scientifique de l’académie de Saint-Pétersbourg, la description du nouveau genre de la famille des ïulus, qu’il nomma Spikostrephon.

Ce genre a pour type, d’après M. Brandt lui-même , le ïulus laclarius de Sa y ( Journ . acad. nat . sc. Philad ., t. II , p. 104), dont il a observé un individu qui lui avait été envoyé du Musée de Berlin.

M. Brandt ajoute à sa description la remarque suivante : « Iulum lactarium pro typo generis Cambala Grayi habuis- » sem, quum figura ab hocce zoologo sub nomine Cambalœ » laciarii data animali nostro salis bene convcniret, nisi , in » figura oculos in lineam arcualam solitariam disposilos re- » præsentasset. »

En 1842 , nous pûmes nous assurer, en visitant la collection zoologique du Pristish Muséum à Londres, que le ïulus lac tarins et le Cambala laclarius étaient bien le même animal ; mais, d’après une note prise sur l'exemplaire lui-même de Say et de M. Gray, note publiée en 1844, et que nous reproduisons ici, nous lûmes conduit à considérer le Cambala «comme » des Iules sans yeux? à forme de Polydesmus pallipes (genre )> Strongylosoma), mais à anneaux nombreux comme ceux des » Iules , et plutôt comprimés que déprimés.

» L'espèce type mesure 0,035. Elle a la deuxième partie des » anneaux marqués de grosses rugosités longitudinales, peu ser- » rées. Son corps est brun foncé , un peu chocolat ; le dessous » est plus clair ainsi que les pattes. Il y a quarante-cinq an- » neaux au corps, les derniers étant un peu plus étroits, mais » sans crochet terminal. Le Cambala se rapproche, sous ce rap- » port du ïulus plicatus, »

Ainsi, nous considérions le Cambala comme allié aux Lysiopétales, dont le ïulus plicalus fait partie, et, de son coté, M. Brandt reconnaissait les mêmes affinités à son Spirostrephon, mais en lui donnant des yeux disposés en triangle.

Dans la même note, nous faisions remarquer l’erreur échappée à M. Jones, qui considère notre genre Platyule ou le Poly-

DIPLOPODES

zonium de M. Brandt, comme identique avec le genre Cambala.

En même temps (1844) M. Newport publiait sa liste des Myriapodes du British Muséum , et classait le Cambala après les Slrongylosomes , mais en lui appliquant des caractères qui concordent tout à fait avec ceux que nous avions notés, et de plus , en décrivant exactement les yeux de cet insecte, ce que nous n’avions pas fait.

Il ne sera donc pas inutile de reproduire ici la note de M. Newport :

« Yeux disposés de chaque côté de la tète sur une seule rangée transversale semi-lunaire ; antennes courtes, subclaviformes, à articles égaux.

« J’ai décrit les caractères de ce genre d’après l’exemplaire » originairement envoyé par Say au D. Leach. Les seuls carac- » tères donnés par M. Gray {Griffith'' s Animal hingdom ) sont » consignés dans l’explication des planches (Vol. II, Insectes , » p. 784), savoir : « 135 a, Cambala lactaria , 182. Brown with » the front edge of lhe rings dotted. Allied lo Tulis (Iulus ? ) ; but » the head is furnished with a row of minute okelli (ocelli) on » each side. » Il y a même une indication peu distincte des » ocelles dans la figure citée. » Ainsi les yeux affectent sur le Iulus lactarius du British Muséum une disposition particulière. Sont-ils la seule raison qui empêche M. Newport de réunir le Cambala à ses Platops qui ne diffèrent pas des Lysiopélales de M. Brandt? Nous le penserions , si M. Newport, dans le tableau de sa classification des Myriapodes, inséré dans les Transactions de la société linnéenne pour 1844 , ne plaçait les Cambala dans le groupe des Monozonies, à côté des Craspédosomes , et les Platops ou Lysiopétales beaucoup plus loin, en les sépa-

rant des Cambala par six genres du groupe des Iules propremen

On comprendra par ces détails pourquoi nous écrivions er 1844 (2) , après avoir fait ressortir l’incertitude dans laquelle nous

(1) Voici les caractères génériques assignés aux Cambala dans ce travail parM. Newport :

Y eux en double série courbe ; corps cylindriqae ; lamelles latérales courtes, terminées en plaque, simple.

(2) Ann. sc. nai.f 3e série, t. 8o, p. 6p.

dits (1)

IULIDES.

laissaient les détails qu’on vient de lire au sujet du Cambala: « Il est donc à désirer que les naturalistes anglais en publient une nouvelle étude. »

Le doute deviendra bien plus grand encore si Ton se rappelle que la description du Iulus lactarius publiée par Say donne à cette espèce des yeux disposés en triangle : « Eyes triangular, granulated, deep black , » ce qui est aussi dans la description de M. Brandt.

Il résulte de tous ces détails que peut-être on a confondu sous le nom de Iulus lactarius de Say deux animaux différents , quoique très-voisins , et que leurs yeux permettront de distinguer l’un de l’autre :

a) Iülus lactarius , Say , Journ . acad. nat . sciences Philadelph ., t. II, p. 104. — Id., OEuvr. entom ., publiées par Lequien , t. I , p. 16. — Iulus (Spirostrephon) lactarius , Brandt , Bull. sc. ac. Saint-Pétersbourg , 1844. — Id., Recueil , p. 90 :

Caractérisé principalement par ses yeux disposés sur une surface triangulaire.

&)Cambala lactarius, Leach, Z?n fis Muséum,.— J. -E. Gray, in Griffith, Anim. kingdom, Ins., pl. 135, fig. 2. — P. Gervais , Ann. soc. entom. France , 1844. — Newport, Ann. and Mag. ofnat. hist ., t. XIII, p. 266 :

Ses yeux , d’après M. Newport, sont disposés sur une ligne courbe bilatérale. MM. Gray et Newport disent cependant que l’animal qu’ils ont étudié a été déterminé et envoyé par Say.

Genre IULE. Iulus.

Caractères des Iulides. Lamelles pédigères des segments non mobiles ; yeux multiples; antennes, lèvre supérieure et lèvre inférieure variables.

Nous laisserons le nom de Iulus à toutes les espèces européennes ou exotiques de la familles des Iulides chez lesquelles les lamelles pédigères ne sont pas mobiles comme dans les Lysiopétales , et dont les yeux sont multiples , ce qui les distingue des Stemmiules et des Blaniules. Les genres que M. Brandt a nommés Spirostreptus , Spirobolus , Spiropœus et Spirocyclistus

DIPLOPODES.

rentrent dans celui-ci aussi bien que nos genres Acantkiulus et Glyphiulus . La difEcullé qu’on éprouve encore à établir avec certitude l’ordre naturel des nombreuses espèces du genre Iule nous force à recourir à la répartition géographique dans leur énumération.

Les habitudes et les actes reproducteurs des Iules n’ont été étudiés que sur un petit nombre d’espèces. MM. Savi, Latreilie, Duvernoy, Waga et quelques autres encore s’en sont occupés, mais on n’a pas encore assez de renseignements pour rien dire de gé-

l’admettons ici , qu’appartiennent les plus grandes espèces de Bipîopodes connues.

Comme nous allons parler des Spiroboîus , des Spirostreptus, elc., de AI. Brandt en même temps que des véritables Iules et sans les distinguer génériquement , nous donnons préalablement le tableau des divisions que ce naturaliste a établies parmi ses Spiroslreplus (1). Nous y joignons aussi la liste des espèces, au ! nombre de vingt-huit, qu’il a décrites , et de quinze autres publiées plus récemment par M. Newport.

Division /. — Écailles anales latérales tronquées ou subaiguës à leur angle supérieur , qui n’est pas mucroné : Nodopyge, Brandt, Recueil , p. 184.

Subdivision I. — Segment pénultième notablement mucroné sur le milieu de son bord postérieur , le mucroné ou l’épine dépassant les écailles anales.

a) — Premier anneau marqué de quelques stries, quelquefois en forme de plis, sur l'angle postérieur de son processus latéral. Toutes les espèces de ce groupe observées par M. Brandt manquent de stries sur la partie dorsale des anneaux.

lulus Javanicus , Ceilanicus, Capensis , gracilis.

b) — Processus latéral du premier arceau dorsal tétragone, non strié ni plissé.

lulus attenuatuSj pachysoma . quadricollis, N.

(i) Recueil , p. 91 et suiv.

IULÏDES.

Subdivision II. — Segment pénultième brièvement mucroné à la partie médiosupère de son bord postérieur ; le mucrone anguleux ou obtus ne dépassant pas les écailles anales.

a — Processus latéral du premier anneau dorsal télragone , montrant un seul pli à son bord inférieur , qui est épaissi :

Iuîus laticollis , melanopygus,maculalus , N., fasciatus , N., ciniatus, N , rubripes, N.

b — Processus latéral du premier arceau dorsal tétragone , présentant des stries et deux rudiments de plis tranvcrses:

Iulus laticollis y melanopygus , crylhropareius , ruficeps , subuniplicatus, curvicaudaîus , N.

c — Processus latéral du premier arceau dorsal tétragone, montrant l’indice de trois stries transverses ou d’un plus grand nombre, et entre ces stries des plis plus ou moins distincts :

Iulus triplicatus , flavo-fasciatus, brevicornis , Sebæ , validas, Bahiensis, Guerinii , Judouini, Surinamensis , appendiculatus, Walclienaerii, graciiipes, N., punclilabrum, N., microsticlicus , annulalus , N., obtusus, N.

d — Processus latéral du premier arceau dorsal trigone :

Iulus Irigonyger, rotundalus , nigrolaboalus , N.

Division IL — Écailles latérales de l’anus dentées ou pourvues à leur angle supérieur d’un mucrone : Odontopyge, Brandt, Recueil . p. 187.

Iulus bicuspidatus, flavotœnialus, gracilicornis , Kollari .

Espèces européennes du genre Iule.

*Le segment prêanal seprolongeant à sa partie postéro-supé rieure en une épine qui dépasse les valves anales.

Page 1